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Nous n’avons besoin que de saints Prêtres

2013 décembre 10

Nous n’avons besoin que de saints Prêtres

 

L’abbé Belmont ou le Père Ventura : qui choisir ?

 

Rév. Père <abbr>VENTURA</abbr> DE <abbr>RAULICA</abbr>

Rév. Père Gioacchino Ventura di Raulica (né le 8 décembre 1792 à Palerme et mort le 2 août 1861 à Versailles) fut un prédicateur et philosophe sicilien et un patriote italien.

 

Sur son blogue Quicumque (1), l’abbé Belmont écrit dans un articulet intitulé “L’organisation du savoir moral” (2) en date du 21 septembre 2013 :

« Un autre chose qui ressort de notre étude, c’est que la maladie de Maritain n’était pas, comme se plaisent à le dire nombre de paresseux qui prétendent le réfuter ou le critiquer sans analyse sérieuse, … n’était pas le rationalisme mais au contraire le pseudo-surnaturalisme. Cette maladie qui a rongé beaucoup de contre-révolutionnaires du dix-neuvième siècle, beaucoup d’auteurs de seconde zone dont certains font aujourd’hui des maîtres, cette maladie donc a empoisonné Maritain. Son personnalisme ravageur et dissolvant de toute société n’a été que la laïcisation de son pseudo-surnaturalisme. »

 

Il ne faut pas être grand clerc pour savoir que l’abbé Belmont attaque les auteurs de l’école anti-libérale (voir pour cela la bibliothèque des A.C.R.F. (3), les Cahiers Saint Charlemagne (4), le catalogue des E.S.R. (5) ou la bibliothèque en ligne Liberius (6)) ainsi que ceux qui s’essayent à ressusciter et promouvoir cette école aujourd’hui.

Face à cette attaque sournoise, un jeune catholique a voulu savoir qui étaient précisément les auteurs visés par l’abbé Belmont. Il téléphona pour cela directement à l’abbé Belmont qui ne put lui citer qu’un seul nom : « Le Père Ventura condamné sous Pie IX » (7). Il est évident que l’abbé Belmont n’allait pas s’essayer à citer les Mgr Gaume, Mgr de Ségur, les abbés Lemann, Louis Veuillot, …, sachant très bien qu’il allait derechef se ramasser une volée de bois vert.

 

Nous allons donc examiner si :

1)      Le Père Ventura était réellement un auteur de seconde zone

2)      Si sa condamnation sous Pie IX, l’argument-massue sorti par l’abbé Belmont pour mettre fin à toute discussion, le classifie comme auteur à fuir

 

* * *

 

Commençons par citer un article de l’abbé Chantome publié dans la Revue du monde catholique en décembre 1863 et intitulé Vie et Travaux Scientifiques du P. Ventura.

En voici deux longs extraits de cet article :

1er extrait :

« Faut-il être étonné maintenant si le Pape Grégoire XVI interrogé par un Français qui lui demandait quel était le premier savant de Rome, répondit : « C’est le P. Ventura. Nous avons sans doute, reprit le Pape, des théologiens, des apologistes de la religion, des philosophes, des publicistes, des orateurs et des littérateurs très-distingués ; mais il n’y a que le P. Ventura qui soit en même temps, et à lui seul, tout cela. »

Rome confirma le sentiment d’un juge aussi compétent. Elle entoura le savant religieux d’une considération dont il reçut des preuves nombreuses pendant sa longue carrière. Il fut, en effet, tour à tour élu général de l’ordre des Théatins, nommé membre de la sacrée congrégation des rites, examinateur des Évêques et du clergé romain, puis chargé de plusieurs autres missions importantes. Mais l’opinion publique l’honora surtout en lui imposant les fonctions les plus élevées qui puissent être offertes à un orateur chrétien.

Pendant de longues années, sur les instances réitérées du chapitre de Saint-Pierre-de-Rome, il prêcha la station du Carême dans cette basilique et y prononça cent quarante homélies rédigées plus tard et publiées par lui. C’est le saint Évangile expliqué tout entier par les Pères et les Docteurs de l’Église qui empruntent la voix et les inspirations de leur interprète.

L’élite de Rome, l’élite du monde venu à Rome pour les solennités de Pâques, le peuple lui-même en foule, entourait la chaire du prédicateur ou plutôt du Docteur, qui rappelait par son attitude, sa manière, sa parole, les grands Docteurs des siècles passés dont il reproduisait les pensées. Mais il donnait à ces pensées une lumière, une puissance nouvelle par le génie avec lequel il savait convoquer tous les Pères à la fois sur un même sujet, les faire briller l’un par l’autre, leur préparer un cadre toujours saillant et en faire jaillir les splendeurs du dogme, les beautés de la piété, la morale chrétienne.

C’est ainsi qu’en exposant l’évangile il glorifiait le Christ qu’il faisait parler revêtu de l’éclat des Docteurs de son Église, dans le temple le plus auguste qui lui ait été élevé, à quelques pas du tombeau de Pierre son apôtre et du siège de son vicaire ici-bas.

C’était un spectacle unique, dont j’ai souvent entendu raconter la grandeur pendant mon séjour à Rome peu de temps après cette suite de prédications merveilleuses. Là, tout trouvait à la même hauteur : le lieu, l’auditoire, le sujet, l’orateur, et c’est dire assez le mérite de celui qui ne fut pas au dessous de sa tâche redoutable. Si les savants l’admiraient dans sa doctrine, le peuple le comprenait, l’aimait, profitait de sa parole; on m’en a cité des preuves touchantes.

C’était l’éloquence vraiment évangélique, vraiment catholique s’adressant à toutes les classes, à tous les esprits pour, leur donner la même lumière avec mille reflets différents. »

 

2ième extrait :

« Mais ces considérations nous montrent le P. Ventura tel qu’il fut pendant sa longue carrière. Allons maintenant le retrouver dans son couvent des Tliéatins, où il menait, nous l’avons vu, cette vie de science active qui répandait ses clartés en ravivant sa flamme par des études continuelles. Ce fut alors que de graves événements suffisamment connus et que nous n’avons point à raconter ici, se passèrent à Rome dans les années 47, 48 et 49.

Ils eurent pour résultat de tirer le P. Ventura de sa vie purement scientifique, et de le jeter dans le tourbillon des affaires. Il fut amené, par l’estime même que lui portait Pie IX, à s’occuper des transformations essayées à Rome ; et la popularité dont il jouissait lui fit un devoir de se servir de son influence, dans l’intérêt de l’Église, sa grande, son unique préoccupation.

C’est ainsi qu’il fut lancé dans une carrière qui n’était pas la sienne, il l’avouait franchement.

Au milieu de cette tempête, quand l’incertitude régnait sur les moyens à prendre pour la conjurer, est-il étonnant que le P. Ventura ait pu se méprendre, exagérer ses craintes ou ses espérances, parler avec trop d’amertume, faire quelques démarches imprudentes. Il était homme, faillible par conséquent, il se trompa ; mais il le reconnut humblement, publiquement. Et qui donc, en nos temps orageux, parmi les soldats de la cause catholique qui se sont trouvés portés dans l’ardente mêlée des discussions, n’a pas eu plus tard de confession publique à faire ? Le point essentiel, c’est que dans les cœurs vivent intacts, l’amour de l’Église et la docilité à son chef.

Or, il est incontestable et, je pense, incontesté, que ces deux choses ne faillirent jamais dans l’âme du P. Ventura. Sa vie avant et après cette époque agitée, les sentiments qui ranimèrent dans les circonstances pénibles où il se trouva, sa soumission si prompte et si humble quand il fut averti, l’affection que lui conserva Pie IX, affection dont j’ai pu voir des preuves certaines, ne laissent pas le moindre doute sur son obéissance catholique et son dévouement profond à l’Église, qui n’ont jamais reçu d’atteintes dans son cœur.

Mais comment aurait-il pu se séparer, même un instant, de cette Église qu’il connaissait si bien, dont il avait glorifié tous les titres, dans laquelle il voyait vivre Jésus-Christ et à laquelle seule il attachait toutes les espérances de l’humanité ? D’ailleurs ne vivait-il pas entièrement de cette Église comme l’enfant vit dans le sein de sa mère ?

Nous l’avons déjà dit, son catholicisme n’était pas une pure théorie, une abstraction, un thème propre à fournir des spéculations philosophiques, ou des peintures d’imagination ; ce catholicisme bâtard, qui en a perdu plusieurs, le P. Ventura l’avait en horreur. Pour lui le catholicisme était la vie totale ; cette vie, il la voulait toute entière, théorique et pratique, remplissant l’esprit et le cœur. Et il ne la voyait, et il ne pouvait la voir ainsi que dans l’Église, puisque là seulement, Jésus vit et donne la vie. Il tenait donc à cette Église par des liens que ni la tribulation, ni les épreuves ne peuvent briser, parce que cet amour absolu que donne la grâce vraiment acceptée est comme indissoluble. »

 

 

* * *

 

À la lecture de ces deux extraits, on ne peut que sourire devant l’affirmation de l’abbé Belmont qui n’a manifestement pas lu ni “L’école des miracles” ni “Les femmes de l’Évangile” pour porter un tel jugement sur le R.P. Ventura. Au jugement de l’abbé Belmont, on préfèrera celui du Pape Grégoire XVI. Au blogue de l’abbé Belmont, on préfèrera lire les ouvrages du Père Ventura, autrement plus riches que les articulets du blogue de l’abbé Belmont.

Cependant citons maintenant ce témoignage que l’on peut lire dans la deuxième édition en date de 1865 de “La Petite somme théologique de saint Thomas d’Aquin” de l’abbé Lebrethon.

« Le R. P. Delaporte, de la Société de la Miséricorde, Professeur de dogme à la Faculté de Bordeaux, à la fin d’une première lettre à M. l’abbé Lebrethon, curé d’Airan, qu’il ne connaissait que par la Petite Somme, disait :

« En terminant, je vous soumettrai, en toute simplicité, une double observation, ou plutôt une double prière, J’aimerais, dans une prochaine édition, quelques mots de plus sur saint Thomas, en faveur des laïques qui liront votre livre ; et encore, dans l’Introduction, toujours en faveur des laïques, un exposé bref, mais substantiel, de la nature et de la méthode de la théologie. Vous y pourriez peut-être faire entrer le Prologue de la Somme contra gentes, véritable diamant, Mais je ne veux pas oublier que je parle à un auteur qui a longuement mûri ses plans, et qui sait mieux que moi pour quel motif il parle et pour quel motif il se tait. » (Petite Somme, 2e édition, p. 22.)

M. l’abbé Lebrethon ayant prié le docte professeur de remplir lui-même le cadre qu’il lui avait tracé, en a reçu les réflexions suivantes, bien dignes de servir d’Avant-Propos à son bel ouvrage.

 

Lettre à l’Auteur de la Petite Somme Théologique de Saint Thomas d’Aquin sur la Nécessité Sociale des Connaissances Théologiques.

 

[…]

Il est, dans les trésors de l’Église catholique, un livre unique qui renferme, non la théologie tout entière (la théologie, comme toute autre science, est progressive, et la Somme du XIII° siècle peut et doit être dépassée) ; mais les véritables fondements de ce monument lumineux auquel chaque siècle chrétien doit s’efforcer d’ajouter une assise. Il est un livre, incomparable chef-d’œuvre de rectitude, dans lequel la raison humaine, visiblement assistée d’en-haut, classe et développe les dogmes révélés avec une telle sûreté que six siècles de discussions parfois ardentes n’ont pu en entamer la charpente vigoureuse. Il est une exposition de la science catholique acceptée officiellement par l’Église catholique : si l’on doit chercher les dogmes dans les définitions du Saint-Siège et des Conciles, c’est dans la Somme du Docteur Angélique qu’il faut chercher la théologie.

Les intelligences élevées l’ont toujours compris. Sans parler des Suarès et des Bossuet, quel est, à l’heure présente, l’évêque ou le prêtre éminent qui n’ait pas nourri son génie dans la méditation de la Somme ? Le savant le plus extraordinaire de notre époque, le P. Ventura, la savait par cœur. Ses magnifiques conférences n’étaient souvent que saint Thomas sous forme oratoire.

[…]

Grâce à vos labeurs, il est aujourd’hui possible de constituer la petite bibliothèque d’un chrétien sérieux.

D’abord l’Évangile, dans l’une des trois excellentes traductions annotées et approuvées de MM. Glaire, Gaume et Crampon, et autant que possible une bonne Vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ comme celles de MM. Veuillot ou Wallon.

Puis l’histoire de l’Église. En attendant l’achèvement du beau travail de M. l’abbé Darras, on a l’abrégé en quatre volumes de ce savant auteur, celui de M. l’abbé Drioux, et la grande histoire de Rohrbacher. Je ne parle pas de Fleury, écrivain dangereux qu’il faut abandonner à M. Dupin.

Comme philosophie, le P. Ventura a laissé sous le titre “de Philosophie catholique” une bonne exposition de la doctrine philosophique de saint Thomas, qui n’a pas été surpassée.

Enfin, pour couronnement, la Somme, dans votre résumé si substantiel, si clair, si attrayant, appelé : la Petite Somme.

Quiconque possédera bien ces quatre ou cinq ouvrages sera un véritable savant, un véritable philosophe, un véritable politique, un véritable théologien. Et, puisque notre époque réclame surtout de tels hommes, je bénis encore une fois la Providence d’avoir mis en vous la pensée, le courage et le talent nécessaires pour mener si heureusement à sa fin votre importante entreprise.

Veuillez agréer, Monsieur le Curé, la nouvelle expression de mon très-respectueux dévouement, en la charité de Notre-Seigneur et de sa Mère immaculée.

A. Delaporte, de la Société de la miséricorde, Docteur en théologie, Professeur de dogme à la Faculté de Bordeaux. »

 

* * *

 

Continuons toujours à examiner la valeur des écrits du R.P. Ventura qualifié « d’auteur de seconde zone dont certains font aujourd’hui des maîtres » par l’abbé Belmont…

Voici ce que l’on peut lire dans la préface de l’ouvrage Les Beautés de la Foi ou Le Bonheur de Croire en Jésus-Christ et d’Appartenir à la Véritable Église” du R.P. Ventura. Cette préface fut rédigée par le Chanoine Clavel, traducteur du dit ouvrage.

“Les Beautés de la Foi ou Le Bonheur de Croire en Jésus-Christ et d’Appartenir à la Véritable Église” du R.P. Ventura

En 1846, lorsque le souverain pontife Pie IX, pape régnant, fut appelé à occuper la chaire de Saint-Pierre à Rome, l’auteur de cette traduction eut l’avantage bien précieux d’être l’un des premiers Français admis à recevoir la bénédiction du chef suprême de l’Église, déposant à ses pieds l’humble hommage de notre amour et de notre respect pour le Saint-Siège apostolique et pour ses décisions. Dans une audience particulière que le Saint-Père daigna nous accorder, il nous conseilla de nous mettre en rapport, pendant notre séjour à Rome, avec le très-révérend père Ventura, théatin, qui habitait alors le monastère de Saint-André della valle. Nous avions d’ailleurs des lettres de recommandation de plusieurs de nos confrères de France pour ce savant religieux, qui nous accueillit avec la plus exquise bienveillance, voulut bien nous honorer de plusieurs entretiens intimes, sur les questions ecclésiastiques les plus importantes de notre époque ; et, après avoir accepté plusieurs de nos publications, il nous offrit, de sa propre main, la dernière et la plus complète édition en trois volumes de son ouvrage important : Le Bellezze délia Fede : Les Beautés de la Foi, ovvero la félicità di credere in Gesù Cristo e di appartenere alla vera Chiesa, ou le bonheur de croire en Jésus-Christ et d’appartenir à la véritable Église. Sollicité par l’auteur même de traduire en français cet ouvrage, nous acceptâmes cette tâche d’autant plus volontiers que la reproduction textuelle, relatant des passages de l’Écriture saintes des saints Pères, nous la rendait plus facile : ayant par là un double moyen, des plus commodes, pour vérifier la fidélité de notre traduction, soit sous le rapport linguistique, soit sous le rapport de l’orthodoxie catholique, en rapprochant notre travail français alternativement du texte latin et du texte italien, si ressemblants pour le fonds aux idiomes nationaux de la France. Elle a été remplie le mieux que nous avons pu en la solitude d’un humble presbytère en Bourgogne, dans le but de faire jouir les personnes chrétiennes de notre pays du fruit de l’une des meilleures et plus solides apologies de la religion. L’esprit de piété, de bienveillance et de bon sens qui l’a conçue au fond de l’âme de l’une des plus nobles, des plus sensibles et des plus graves intelligences de notre époque, en fait un ouvrage unique.

Toutes les annotations scripturaires, patrologiques, ou de théologie scolastique du traducteur de ce livre, sont placées par numéros d’ordre et de renvoi à la fin de chaque volume.

Pénétré des sentiments qui ont inspiré l’auteur des Beautés de la Foi, son modeste, mais dévoué traducteur s’est efforcé de le suivre dans le cours de ses idées et de ses raisonnements le plus fidèlement possible ; mais il n’irait se flatter d’avoir entièrement réussi à reproduire dans notre langue française, incomparable pour la chaleur et la clarté du style, toute la tendresse et les expressions si affectueuses de la langue italienne, qui seule au monde peut rendre, de moins loin, les sentiments d’amour que le cœur du chrétien engendre pour Jésus-Christ dans l’âme dévote. La connaissance si profonde des divines Écritures, des Pères de l’Église, et de leurs interprètes ou commentateurs, dont les ouvrages du révérend père Ventura sont empreints, prêtait admirablement à l’exécution de son sujet sur le plan qu’il avait conçu, et lui seul pouvait en doter le monde catholique, de sorte que parmi ses traducteurs, celui qui trace ces lignes surtout, a pu retenir pour lui-même, l’un des premiers, en parcourant les Beautés de la Foi dans l’original, les fruits d’édification qu’il essaie de transmettre à ses lecteurs par cette traduction en français de ce beau livre. Aussi, en terminant cette préface, reproduirons nous volontiers la grande pensée, le profond sentiment que l’illustre Théatin a répandu dans toutes les lignes de son ouvrage, depuis le titre jusqu’à la conclusion : nous supplions donc tous ceux qui liront cette reproduction en français des Beautés de la Foi, œuvre si chrétienne de notre époque, « de ne pas oublier de recommander chaleureusement à la divine Providence le faible instrument dont elle se sert pour leur transmettre, en langage du pays natal, les plus beaux sentiments de la foi chrétienne : Le Bonheur de Croire en Jésus-Christ, Et d’Appartenir à la Véritable Église. »

 

Le R.P. Ventura, « auteur de seconde zone » selon l’abbé Belmont, a été recommandé en personne par S.S. le Pape Pie IX au Chanoine Clavet. Le Pape Pie IX est-il donc à qualifier de “pape de seconde zone” ? (Formellement et/ou matériellement ??? Nous laissons le choix à l’abbé Belmont !) N’ayons pas peur de le dire : L’abbé Belmont a perdu ici une bonne occasion de se taire.

Ajoutons que dans “L’Histoire de l’Église” de l’abbé Darras, Tome 42 rédigé par l’abbé Fèvre (Édition de 1888) et agrémenté d’une lettre du Souverain Pontife Léon XIII à ce même abbé Fèvre, 112 pages sont consacrés aux écrivains ecclésiastiques sous le Pontificat de Pie XI. Sur ces 112 pages, 13 pages sont consacrées au Père Ventura. Ce seul fait qualifie l’importance du Père Ventura et discrédite complètement l’abbé Belmont qui le qualifie d’“auteur de seconde zone”.

L’abbé Fèvre nous apprend que le Père Ventura fut désigné par Léon XII, alors tout juste successeur de Pie VII pour prononcer l’éloge funèbre de ce dernier. Après Pie IX ou Grégoire XVI, voici Pie VII qui contredit encore ce pauvre abbé Belmont.

 

Il se dit que le prochain film tourné en Gironde pourrait avoir comme titre “Trois Papes et un abbé”.

 

Voici un autre fait rapporté par l’abbé Fèvre : « En dehors de ces travaux d’orateur et de controversiste, le P. Ventura avait, dans la société, sa part d’influence. Les catholiques libéraux et même tous les libéraux l’avaient d’abord acclamé ; il se montra bientôt tel qu’ils ne purent espérer trouver en lui, les uns, un ami, les autres, une dupe. Les sympathies de Ventura était à l’Univers, à l’abbé Bouix, à Rohrbacher, à Mgr Gaume, à toute cette phalange des catholiques purs, qui ne demandaient rien au monde, et qui ne demandent à Dieu que l’honneur de le servir. »

L’abbé Fèvre nous décrit encore d’autres traits du Père Ventura :

« Le P. Ventura se présente à nous sous deux aspects, comme philosophe et comme prédicateur.

Comme prédicateur, il est l’orateur traditionnel par le fond et apostolique par la forme. […] Ce qu’il dit n’est pas de lui, il n’a en propre que la mise en œuvre, le travail d’application ; pour le tout, il emprunte à l’Écriture et aux Pères ; il prêche vraiment la parole de Dieu.

Après sa conférence sur Dieu, Montalembert disait : “C’est admirable ; je n’ai jamais rien entendu de plus beau dans notre langue”. En sortant de l’Assomption, après une autre conférence, Berryer s’écriait : “J’ai entendu S. Paul parlant à l’Aréopage et remuant, avec son cœur d’étranger, tous les esprits et tous les cœurs.”

Après de tels éloges, nous pouvons dire que Ventura est un maître de la parole. Sa méthode est large, sa théologie d’une magnifique abondance. À l’entendre, on sent qu’il sait et l’on s’aperçoit qu’on apprend. Le soleil d’Italie a passé par là et aussi le feu des tourmentes sociales ; les émotions de l’exil s’y font sentir, et les vastes ressouvenirs de notre Bossuet et, si l’on peut ainsi dire, l’hérédité du sang intellectuel de Saint Thomas.

Comme philosophe, le P. Ventura n’est point un chercheur, un disciple quelconque de Descartes ou de Platon ; il procède directement de saint Thomas et de saint Augustin ; il se borne à synthétiser leur doctrine et à offrir ce qu’il appelle la philosophie traditionnelle. En métaphysique, en pneumatologie, en théodicée, en morale, en science politique, comme en éloquence, le P. Ventura n’est que l’interprète de la tradition. »

 

Que n’aurait-on pas alors dit si le Père Ventura avait été un auteur de première zone ? Heureusement, nous avons maintenant l’abbé Belmont pour nous ramener à la raison et pour enfin faire comprendre aux catholiques que le Père Ventura ne vaut pas grand-chose.

Certes le P. Ventura fauta lors de la révolution romaine. Cette faute politique fut la cause de son exil en France durant les dix dernières années de sa vie. L’abbé Fèvre a une conclusion très dure sur le Père Ventura, conclusion que nous n’hésitons pas à retranscrire afin que l’on ne puisse nous accuser d’avoir été impartial dans le choix de nos textes :

« Ces souvenirs, on le voit, suffisent pour indiquer ce qu’il y a de grand et d’incomplet dans cette riche nature. Le P. Ventura, en des temps réglés, eût été un religieux savant et exemplaire, et il eût eu une grand part d’action sur les hommes et sur les affaires, sur l’Église même et sur les rois. Venu en un temps d’agitation où l’orgueil égare les meilleurs, il a vu sa vie troublée par des ambitions stériles. Voué à l’Église, il s’est exposée à être frappée par elle ; ami du Pape, il a percé son âme d’amères douleurs : philosophe de l’autorité, il a caressé l’anarchie, exemple à ajouter à tant d’autres, et qui montre que le génie est impuissant à gouverner l’homme. »

 

Se servir de cette faute dont il se repentit aussitôt, il faudrait être foncièrement malhonnête (mais avons-nous affaire à un quelqu’un d’honnête lorsque l’on fait recevoir les sacrements à ses fidèles par de vieux évêques modernistes à l’autre bout du monde ?) pour rejeter les œuvres du Père Ventura et principalement ses homélies et conférences, chefs-d’œuvre de science et d’éloquence.

Nous recommandons à nos lecteurs de se faire eux-mêmes une opinion en empruntant ou achetant (par exemple sur abebooks.fr) une des œuvres suivantes du Père Ventura :

  • La femme catholique (2 vol.) — en PDF ici : Tome I ; Tome II
    ou version condensé des deux tomes en 13 pages (ACRF) en PDF ICI.
  • Homélies sur les femmes de l’Évangile (2 vol.) — en PDF ici : Tome I ; Tome II
    ou version condensé des deux tomes en 13 pages (ACRF) en PDF ICI.
  • Gloires nouvelles du catholicisme (1 vol.) — en PDF ici : Tome I
  • L’École des miracles (3 vol.) — en PDF ici : Tome I ; Tome II ; Tome III
  • Les beautés de la Foi (3 vol.) — en PDF ici : Tome I ; Tome II ; Tome III
  • Conférences sur la passion de N.S. Jésus-Christ (2 vol.) — en PDF ici : Tome I ; Tome II

Le lecteur trouvera d’autres titres du Père Ventura sur la page qui lui est consacré sur le CatholicaPedia.net. Il lira aussi avec profit « Vie et Travaux Scientifiques du P. Ventura, Études de Philosophie Chrétienne », par l’Abbé Chantome (cité plus haut). Décembre 1863, Revue du Monde Catholique :

 

Ayant ensuite lu (l’abbé Belmont a-t-il seulement lu une page du Père Ventura ?? Possède-t-il même un seul de ces ouvrages ?) le Père Ventura, notre lecteur pourra ainsi mieux apprécier le jugement de l’abbé Belmont… et décider si il préfère lire l’abbé Belmont ou le Père Ventura. De notre côté, nous avions déjà choisi depuis longtemps !!!

 

Nous n’avons besoin que de saints Prêtres !

 

 

 


[7] Témoignage d’Édouard-Marie Laugier sur le forum foicatholique.cultureforum.net : « Il s’agit d’auteurs du 19e Siècles, condamnés par Pie IX tels le père Ventura. Curieuse chose que ce refus de donner une liste plus exhaustive ce qui permettrait de fuir ces auteurs apparemment peu recommandables puisque condamnés. »

2 réponses
  1. Avatar
    • Edouard Marie Laugier
      Edouard Marie Laugier lien permanent
      décembre 18, 2013

      Encore une belle ânerie, que « l’intégroïsme ». C’est un nouveau concept qui relève plus de la marotte que de l’analyse Catholique sérieuse.

      Quand Notre Dame de La Salette dit :

      Les prêtres, ministres de mon Fils, les prêtres, par leur mauvaise vie, par leur irrévérence et leur impiété à célébrer les saints mystères, par l’amour de l’argent, l’amour de l’honneur et des plaisirs, les prêtres sont devenus des cloaques d’impureté.

      La laïc de base, qui sait lire, comprend que Notre Dame fait des reproches aux clercs, déjà en 1846.
      Combien plus cela devrait toucher le clergé actuel, en 2013.
      En effet, depuis le haut moyen âge la situation ne cesse d’empirer. (Gallicanisme de Ph le Bel, Renaissance, Réforme, Révolution, Communisme, Concile, Traditionalisme, « Guérardisme » (Pauvre Mgr)… que des horreurs !!! )

      Le clerc lui, (et par « suivisme » les cléricolâtres indécrottables) s’il ne rejette pas La Salette (ex Abbé Belmont, Verrua), ira dire que le Secret est condamné, ou qu’il n’est pas une explication absolue de la situation (ex Abbé Seuillot).

      Bien sur qu’un Secret n’est pas une explication Infaillible d’une situation de crise.
      Mais lorsqu’il colle avec la réalité actuelle, et surtout qu’il vient de Notre Dame, le minimum à faire c’est de se poser des questions.

      Au lieu de cela on préfère s’enfermer dans des illusions sur le « pouvoir de la soutane » qui rend(rais) infaillible, et s’imaginer des prérogatives de chefs de troupes, d’enseignants, de « maitres sur ».
      Le clergé avant 1958, dument missionné, n’avait pas ces pouvoirs là, ne se donnait pas cette « toute puissance ».
      Il n’agissait que par délégation de l’évêque, sous son autorité.
      Combien plus aujourd’hui les prêtres devraient agir prudemment au lieu de s’imaginer que lorsqu’ils parlent, il suffit au laïc de se taire et d’écouter.

      La Révolution passe toujours par le clergé :

           — Les hérésies sont le faits de clercs ou religieux. (Arius, Luther, Loisy, etc. etc.)
           — La constitution Civile du Clergé avait pour but d’avoir de la soutane aux ordres pour faire passer les idées révolutionnaires au petit peuple.
           — Vatican d’eux est une assemblée de clerc et non de laïcs.

      Faut-il continuer à taper la tête dans le mur jusqu’au coma cérébral ?

      Les prêtres, qu’on soutiendrait bien plus s’ils ne nous méprisaient pas, ne sont finalement que des distributeurs de Sacrements. Cela leur a été longtemps reproché, c’est un tort, ils ne peuvent faire que cela.

       
      C’est un miracle de garder la Foi (ou de se convertir) dans des conditions pareilles.

       

Les commentaires sont fermés.