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Le mystère d’iniquité est déjà parmi nous…

2014 novembre 7

 

Le mystère d’iniquité est déjà parmi nous…

 

Chers amis lecteurs, j’ai trouvé sur un site concurrent, et qui aurait pu être ami, ce grand texte, tout à fait d’actualité en cette époque de châtiments, dont le plus terrible, « voisin de la damnation éternelle » est l’aveuglement spirituel.

J’ai mis en gras ou en couleur les passages et expressions qui m’ont paru être les plus emblématiques des réflexions et méditations que nous devons avoir sur l’état du monde présent, de la fausse église et de cette malheureuse tradition dont l’aveuglement spirituel, vrai châtiment, montre à l’évidence que le mystère d’iniquité est déjà à l’œuvre parmi nous

 

Pierre Legrand.

 


 

À la Justice de Dieu

 

« QUI connaît la puissance de Votre colère ? Quelle terreur mesurera vos vengeances ? (psaume 89,13) Qui pourrait peser comme il le faut la grandeur et la multitude des supplices que Vous avez préparés aux pécheurs, et que Votre Toute Puissance leur infligera en son temps ?

« Car, comme Votre Miséricorde est infinie, Votre justice l’est aussi. Elle se manifeste en une infinité de manières, non seulement en l’autre vie, mais encore en celle-ci, qui néanmoins est à proprement parler le temps de la Miséricorde, afin que tous les hommes apprennent à Vous craindre, et que ceux qui ne sont pas touchés de Votre Douceur le soient du moins de Votre sévérité.

« Vous avez fait connaître Votre justice et Votre Colère contre le péché, lorsque, pour un seul péché, Vous avez précipité du ciel dans l’enfer tant de milliers d’anges incomparablement plus excellents que tous les hommes, et que Vous les avez condamnés à des supplices éternels, sans nulle espérance de pardon. Votre justice n’a été arrêtée ni par un grand nombre, ni par l’excellence et la beauté de leur nature, ni par l’étendue de leur génie, qui avait une claire connaissance de toutes choses. Vous n’avez eu nul égard aux louanges, aux bénédictions, à la reconnaissance, à l’honneur et à la gloire que Vous auriez pu recevoir d’eux durant toute l’éternité, si Vous leur aviez pardonné cette offense. Quelque grande que fût la perte d’un si beau chef-d’œuvre de Vos mains, et de la gloire qu’il eût pu Vous procurer, Vous avez mieux aimé subir cette perte que de pardonner cet unique péché.

 

« Vous avez de nouveau fait éclater Votre Justice et Votre colère contre le péché, lorsque, en punition du péché de nos premiers parents, Vous avez dépouillé, tout le genre humain de la justice originelle et de la félicité du premier état, et que Vous l’avez condamné à d’innombrables misères et à la mort même. Votre sagesse prévoyait que, par suite de ce châtiment, une multitude infinie d’hommes se damnerait ; et cependant, à cause de ce premier péché de nos parents, Vous avez voulu permettre tout cela dans leur postérité. Qui ne serait saisi d’effroi devant cet abîme de Vos jugements ?

« Vous êtes, en vérité, le Dieu grand et terrible, infiniment élevé et, surélevé au-dessus de toutes les créatures, Vous suffisant souverainement à Vous-même pour toute louange, toute gloire et toute félicité, n’ayant, besoin ni de nos services et de nos louanges, ni des services des anges, mais demandant une seule chose : qu’on obéisse à Votre volonté.

« Vous avez également montré Votre colère contre les pécheurs lorsqu’en punition d’un déluge de péché, Vous avez envoyé le déluge des eaux, par lequel Vous avez détruit tout le genre humain, à la réserve de huit personnes, destinées à repeupler le monde, et que vous avez ainsi purifié la terre, souillée de crimes. Votre courroux a encore éclaté lorsque, par une pluie de soufre brûlant tombée du ciel, Vous avez entièrement consumé et réduit en cendres Sodome et les villes voisines, avec leurs habitants, donnant ainsi aux hommes, dès cette vie, une image de l’incendie éternel que Vous avez préparé aux pécheurs impénitents après leur mort.

« Quatre cents ans après, Votre colère sévit de même contre les Égyptiens qui, par une servitude injuste, opprimaient votre peuple. Les voyant persister dans leur obstination avec leur prince, malgré les terribles et mystérieuses plaies dont Vous les aviez frappés, Vous les submergez dans les eaux de la mer Rouge.

« Vous n’épargnez pas même Votre peuple, que vous aviez choisi pour vous entre tous ceux du monde. Vous commandez que les rebelles soient ou engloutis vivants par la terre qui s’entr’ouvre, ou consumés par un feu descendu du Ciel, ou exterminés par le glaive. Et, à cause de leur péché de murmure, Vous les condamnez tous à errer pendant quarante ans dans les sables et les affreuses solitudes du désert.

« Ensuite, sous les Juges, Vous permettez que Votre peuple, à cause de ses péchés, soit six fois vaincu par ses ennemis, traîné en servitude et gémisse sous le poids de toutes sortes de calamités.

« Enfin, pour punir les péchés du genre humain, Vous l’avez très souvent châtié par la famine, par la guerre, par les incendies, par les tempêtes, par les inondations, par les tremblements de terre. Car, comme il n’est point de lieu où il ne se commette des péchés, il est juste aussi que partout sévissent des fléaux qui châtient les pécheurs, afin que les hommes, frappés et sentant les coups de Votre Main, deviennent sages et soient excités à rentrer dans le devoir. Vous ne vengez pas seulement les péchés par des calamités extérieures, mais encore par d’intérieures et spirituelles, lorsque Vous retirez des pécheurs Votre Lumière et la protection de Votre grâce, et que Vous permettez qu’ils soient poussés par le démon à toute sorte de méchanceté. Ce châtiment est un des plus terribles, parce qu’il est très voisin de la damnation éternelle. Ainsi, Vous avez permis que les Gentils, c’est-à-dire le monde presque tout entier, soient entrés et aient marché dans les voies de l’iniquité, et que le démon, comme le prince et le dieu de ce siècle, ait occupé Votre Royaume, et qu’il ait été honoré et adoré dans le monde comme le véritable dieu.

« Ainsi, Vous avez réprouvé Votre peuple à cause de ses crimes, et principalement parce qu’il avait rejeté la charité de Jésus-Christ, Votre Fils, qui est le vrai Dieu, et fait mourir Celui qui est la Vérité. Vous l’avez réprouvé par la soustraction de Votre grâce, et en permettant aux démons de le tenir asservi par l’esprit d’erreur et d’aveuglement. De la même manière, Vous avez abandonné, à cause de leurs crimes, et surtout pour leur hérésie, plusieurs royaumes chrétiens et Vous les avez livrés aux infidèles ou aux démons.

 

« Ce sont là les jugements de Votre justice et le salaire de la désertion des impies : que, ceux qui Vous abandonnent et Votre doctrine soient abandonnés de Vous et livrés aux illusions des démons, en sorte qu’ils prennent les ténèbres pour la lumière et la lumière pour les ténèbres, qu’ils rejettent le bien comme mal et qu’ils embrassent le souverain mal comme le souverain bien. Quoique ce châtiment soit le plus grand de tous en cette vie, néanmoins, comme il n’est pas visible et qu’on ne le sent pas, on n’y fait pas attention, et au lieu de le réputer un châtiment, on le regarde comme un bienfait. Ce qui est la preuve, d’une misère extrême.

« C’est par ces châtiments et par d’autres encore que Vous punissez les péchés en cette vie, et que Vous montrez Votre courroux et Votre justice. Mais qui pourrait expliquer les supplices, les afflictions, les misères que Vous avez réservés aux pécheurs impénitents dans l’autre vie, lorsque Vous lâcherez les rênes à Votre colère, et qu’elle ne sera plus retenue par Votre miséricorde ? Là, ils seront enfermés dans une prison très profonde et où tout fera horreur. Là, ils seront plongés dans un étang de soufre et de feu. Là, les corps mis en monceaux brûleront comme du bois sec au milieu de l’étang de soufre. Là, il y aura des pleurs et des grincements de dents causés par la torture de la douleur et par l’impatience. Là, sous des formes de monstres horribles, les démons, revêtus d’un corps de feu, exerceront leur cruauté contre les malheureux damnés. Là, dans le corps, des douleurs extrêmes, et dans tous les sens, d’extrêmes afflictions. Là, l’âme sera saisie d’une incompréhensible tristesse et d’un incompréhensible désespoir, en considérant la perte infinie qu’elle fait, la grandeur de ses maux, et surtout l’éternité pendant tout le cours de laquelle toutes ces pertes et tous ces maux se feront sentir sans ombre d’adoucissement. Ô éternité ! Bien infini pour les justes, mal infini pour les méchants ! …. Qui, en méditant ces supplices, ne serait saisi d’épouvante ? Qui, pour éviter de si grands maux et pour aborder à un port assuré, ne méprisera du fond de l’âme les richesses, les voluptés, les honneurs de ce monde ? Qui n’entrera dans la voie étroite du salut ? Qui ne regardera comme le dernier terme de la démence de s’exposer pour des choses terrestres et qui ne durent qu’un moment, au péril d’un mal immense et éternel ?

« Je Vous supplie, Seigneur, par Votre Bonté et par Votre Miséricorde infinie, par les mérites et par les mystères de Votre très sainte Humanité, d’éloigner de moi une telle démence. Éclairez mon esprit de Votre lumière et de la salutaire sagesse de vos élus, afin, qu’à ce flambeau, je puisse connaître plus clairement la gravité du péché qui mérite de si effroyables châtiments. Faites, ô mon Dieu, que je considère souvent avec toute la vigueur de mon esprit le malheur des réprouvés, que j’approfondisse salutairement quel immense océan de malice est contenu dans chaque péché mortel, puisqu’il fait déborder sur l’âme et sur le corps un si effroyable océan de misères ; enfin, que je m’efforce de l’éviter avec soin et de Vous plaire, puisque c’est à ce prix que je fuirai le souverain mal et que je tendrai efficacement au souverain Bien. »

Léonard Lessius S.J. (1554-1623) in “Les Noms divins”.

Leonardus Lessius (1554-1623)

Leonardus Lessius (1554-1623)
Grentidez — du livre de A.Hamy : Galerie illustrée de la Compagnie de Jésus, 1893.

 


 

Élévations à Dieu
Tirées du Traité
des Perfections Divines

“Les Noms divins” Page 183

Chapitre XIII :
À la Justice de Dieu.
Élévation et Prière
pages 294-303

 

 

Ainsi-soit-il !

 

 

5 réponses
  1. Ludovicus
    Ludovicus lien permanent
    novembre 8, 2014

    Que personne ne vous égare d’aucune manière ; car auparavant viendra l’apostasie, et se manifestera l’homme de péché, le fils de la perdition, l’adversaire qui s’élève contre tout ce qui est appelé Dieu ou honoré d’un culte, jusqu’à s’asseoir dans le sanctuaire de Dieu, et à se présenter comme s’il était Dieu.
    Ne vous souvenez-vous pas que je vous disais ces choses, lorsque j’étais encore chez vous ? Et maintenant vous savez ce qui le retient, pour qu’il se manifeste en son temps.
    Car le mystère d’iniquité s’opère déjà, mais seulement jusqu’à ce que celui qui le retient encore paraisse au grand jour.
    Et alors se découvrira l’impie, que le Seigneur exterminera par le souffle de sa bouche, et anéantira par l’éclat de son avènement.
    Dans son apparition cet impie sera, par la puissance de Satan, accompagné de toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, avec toutes les séductions de l’iniquité, pour ceux qui se perdent, parce qu’ils n’ont pas ouvert leur cœur à l’amour de la vérité qui les eût sauvés. C’est pourquoi Dieu leur envoie des illusions puissantes qui les feront croire au mensonge, en sorte qu’ils tombent sous son jugement tous ceux qui ont refusé leur foi à la vérité, et ont au contraire pris plaisir à l’injustice.
    2Th 2, 3-12

  2. Ludovicus
    Ludovicus lien permanent
    novembre 9, 2014

    Je vous adore, ô Dieu éternel, et je vous remercie de m’avoir créé, de m’avoir racheté par Jésus-Christ, de m’avoir fait enfant de la sainte Église, de m’avoir attendu quand j’étais en état de péché, de m’avoir tant de fois pardonné, et puis de m’avoir préservé de tant de fautes dans lesquelles je serais retombé sans le secours de votre grâce. Hélas ! Mes ennemis ne cesseront de me tenter jusqu’à la mort ; si vous ne me soutenez, je vous offenserai encore plus qu’auparavant. Pour l’amour de Jésus-Christ, donnez-moi la sainte persévérance. Ce bon Sauveur nous a promis toutes les grâces, pourvu que nous vous les demandions en son nom ; je vous demande donc, par les mérites de votre Fils bien-aimé, la grâce de ne plus me séparer de vous, et cette grâce, je vous la demande aussi pour tous ceux qui jouissent de votre amitié.
     
    Je suis certain, ô mon Dieu, que si je continue à vous demander la persévérance, je l’obtiendrai, parce que vous avez promis d’exaucer celui qui vous prie ; mais voici ce que je crains : je crains que, dans quelque occasion dangereuse, je n’aie pas soin de me recommander à vous, et qu’ainsi je ne succombe. La grâce donc que je vous demande, au nom de Jésus et de Marie, c’est de ne pas négliger la prière. Faites que, dans les tentations, je ne manque jamais de recourir à vous, en invoquant les saints noms de Jésus et de Marie. Par ce moyen, ô mon Dieu, j’ai le ferme espoir de mourir dans votre grâce et d’aller vous aimer en paradis, où je serai assuré de n’être jamais plus séparé de vous et de vous aimer pendant toute l’éternité.
     
    Ainsi soit-il.
     
    St Alphonse-Marie de Liguori

  3. Avatar
    novembre 9, 2014

    Merci beaucoup !!!

     

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