Questions Objectives à Monsieur l’Abbé Jean-Luc Lafitte

(suite de http://wordpress.catholicapedia.net/?p=13019)

Mises au Point de Louis-Hubert Remy,

7 mars 2014, en la fête de saint Thomas d’Aquin

Quand comprendra-t-on que celui qui engendre la zizanie ou la division
n’est pas celui qui dénonce l’erreur,
mais celui qui enseigne l’erreur ou ne la combat pas ?

 

Ayant été surpris par certains commentaires de ce fil, et n’ayant pas pu intervenir pendant ces jours de débat, je me permets de le reprendre car il me semble que l’on est passé à côté de l’essentiel. Je ne règle pas mes comptes, comme vont dire les sots, je défends la vérité. Soyez exigeants avec vos prêtres, nous disait l’abbé Vérité.

 

Dom GuérangerDom Guéranger, au 9 avril de L’année Liturgique, cite quelques phrases de saint Cyrille dans son combat contre Nestorius qui devrait être apprise par cœur par tous les catholiques militants :

Saint Cyrille d'Alexandrie« Quand le pasteur se change en loup, c’est au troupeau de se défendre tout d’abord. Régulièrement sans doute la doctrine descend des évêques au peuple fidèle, et les sujets, dans l’ordre de la foi, n’ont point à juger leurs chefs. Mais il est dans le trésor de la révélation des points essentiels, dont tout chrétien, par le fait même de son titre de chrétien, a la connaissance nécessaire et la garde obligée. Le principe ne change pas, qu’il s’agisse de croyance ou de conduite, de morale ou de dogme. Les trahisons pareilles à celle de Nestorius sont rares dans l’Église ; mais il peut arriver que des pasteurs restent silencieux, pour une cause ou pour l’autre, en certaines circonstances où la religion même serait engagée. Les vrais fidèles sont les hommes qui puisent dans leur seul baptême, en de telles conjectures, l’inspiration d’une ligne de conduite ; non les pusillanimes qui, sous le prétexte spécieux de la soumission aux pouvoirs établis, attendent pour courir à l’ennemi, ou s’opposer à ses entreprises, un programme qui n’est pas nécessaire et qu’on ne doit point leur donner. »

(…) Cyrille tenta de ramener Nestorius. Mais le sectaire s’opiniâtrait ; à défaut d’arguments, il se plaignait de l’ingérence du patriarche. Comme toujours en pareille circonstance, il se trouva des hommes d’apaisement qui, sans partager son erreur, estimaient que le mieux eût été en effet de ne pas lui répondre, par crainte de l’aigrir, d’augmenter le scandale, de blesser en un mot la charité. À ces hommes, dont la vertu singulière avait la propriété de s’effrayer moins des audaces de l’hérésie que de l’affirmation de la foi chrétienne, à ces partisans de la paix quand même, Cyrille répondait :

(…) « Que ne puis-je, répondait Cyrille, satisfaire l’évêque de Constantinople, apaiser l’amertume de mon frère ! Mais c’est de la foi qu’il s’agit ; le scandale est dans toutes les Églises ; chacun s’informe au sujet de la doctrine nouvelle. Si nous, qui avons reçu de Dieu la mission d’enseigner, ne portons pas de remède à de si grands maux, au jour du jugement y aura-t-il pour nous assez de flammes ? Déjà la calomnie, l’injure, ne m’ont pas manqué ; oubli sur tout cela : que seulement la foi reste sauve, et je ne concéderai à personne d’aimer plus ardemment que moi Nestorius. Mais si, du fait de quelques-uns, la foi vient à souffrir, qu’on n’en doute point : nous ne perdrons pas nos âmes, la mort même fût-elle sur notre tête. Si la crainte de quelque ennui l’emporte en nous sur le zèle de la gloire de Dieu et nous fait taire la vérité, de quel front pourrons-nous célébrer en présence du peuple chrétien les saints martyrs, lorsque ce qui fait leur éloge est uniquement l’accomplissement de cette parole : Pour la Vérité, Combats Jusqu’à la Mort ! (Eccli. IV, 33) »

(…) « Quant à ce qui est de moi, écrit-il à ses clercs résidant pour lui dans la ville impériale, peine, vivre et mourir pour la foi de Jésus-Christ est mon plus grand désir. Comme il est écrit, je ne donnerai point de sommeil à mes yeux, je ne clorai point mes paupières, je n’accorderai point de repos à ma tête (Psalm CXXXI, 4 – 5), que je n’ai livré le combat nécessaire au salut de tous. C’est pourquoi, bien pénétrés de notre pensée, agissez virilement ; surveillez l’ennemi, informez-vous de ses moindres mouvements. Au premier jour je vous enverrai, choisis entre tous, des hommes pieux et prudents, évêques et moines ; dès maintenant je prépare les lettres, telles qu’il les faut et pour qui il convient. J’ai résolu pour la foi du Christ de travailler sans trêve, et de supporter tous les tourments, même réputés les plus terribles, jusqu’à ce qu’enfin m’arrive de subir la mort qui sera douce pour une telle cause. »

Et dom Guéranger finit par cette consigne :

(…) Ô vous qui portâtes à l’erreur des coups si terribles, montrez aux docteurs de nos temps la manière de vaincre : qu’ils sachent comme vous s’appuyer sur Pierre ; qu’ils ne se désintéressent de rien de ce qui touche à l’Église ; qu’ils regardent toujours comme leurs propres ennemis, et leurs seuls ennemis, ceux du règne de Dieu. Dans vos sublimes écrits, les pasteurs apprendront la vraie science, celles des saintes Lettres, sans laquelle leur zèle serait impuissant. Les Chrétiens comprendront à votre école qu’ils ne peuvent espérer croître dans la vertu, sans grandir dans la foi tout d’abord, sans développer en eux la connaissance du mystère de l’Homme-Dieu. En un temps où le vague des notions suffit à tant d’âmes, répétez à tous que « c’est l’amour du vrai qui conduit à la vie ». (Cyr. Al. Homil. div I).

 

Voilà les principes qui me font agir, qui m’ont toujours fait agir. J’aime Dieu plus que tout, j’aime la Vérité (qui est divine) plus que tout. Je haïs l’erreur plus que tout. Passons à un exercice pratique.

Je trouve insupportable de déplacer les responsabilités d’une erreur sur celui qui la dénonce pour essayer de blanchir celui qui la fait. J’ai souvent rappelé cette citation que je mets en exergue. Je croyais qu’elle était assimilée, je découvre une fois de plus que certains cerveaux lents ne l’ont pas comprise.

Car enfin M. l’abbé Lafitte met sur son site un texte gravement fautif que notre ami Cave Ne Cadas a bien fait de rendre public puisque les erreurs enseignées par la FSSPX sont gravissimes. Et je suis indigné de voir certains le lui reprocher déplaçant la faute de l’abbé Lafitte sur Cave Ne Cadas. C’est quand même un comble ! d’autant plus que l’auteur de l’article est Ludovicus.

On dit :

mais il aurait dû envoyer un mail à l’abbé Lafitte pour correction. Je ne suis pas sûr que cela aurait été rectifié après puisque la rectification ne s’était pas faite avant. Ce sera maintenant certainement rectifié car l’annonce publique l’y oblige. Mais dès le lendemain deux autres sites citaient ces textes non corrigés. Quinze jours après où en sommes-nous ? Et tous ceux qui ont écouté ce texte comment les joindre ? Oui, il y a eu une grave erreur de ne pas corriger ces textes avant. Oui, ce n’est pas Ludovicus ou Cave Ne Cadas les responsables de cette erreur.

et on aurait évité de dire du mal d’un prêtre. Mais Ludovicus n’a pas dit du mal d’un prêtre. Il a dit du mal d’un texte qu’un prêtre a enseigné. Que ce prêtre se reprenne, rectifie ses propos et tout sera oublié. Quelle est cette mentalité insupportable d’excuser l’inexcusable surtout quand il s’agit d’un prêtre ? C’est avec de tels raisonnements que depuis 50 ans on a couvert l’erreur et à chaque fois, voulant couvrir un clerc, emmené par pans entiers de nombreux fidèles à l’apostasie.

 

L’erreur doit être dénoncée quel qu’en soit l’auteur. Cf. don Sarda qui nous enseigne que l’on doit même donner le nom du coupable. J’ai écris des milliers de pages, je n’en ai eu aucune réfutation, mais si j’écrivais une erreur j’espère, je demande que l’on me reprenne.

Il reste donc à réparer :

  • Bien mettre sur le site de l’abbé Lafitte le texte original à corriger, le texte corrigé avec une note explicative, ce qui serait très pédagogique. On ne cache pas l’erreur, on la réfute. Demander aux deux sites qui ont déjà mis ce texte de le changer par le texte corrigé.
  • S’excuser publiquement sur les trois sites, pour permettre aux lecteurs et auditeurs de comprendre encore plus l’erreur et sa réfutation.
  •  Présenter des excuses à Ludovicus et Cave Ne Cadas (précisons : qui ne sont pas LHR)

et ne pas recommencer.

 

Mais ce n’est pas le plus grave. Et le plus grave n’a pas été dit.

Par cette dénonciation le lecteur aura compris, une fois de plus, combien l’enseignement lefebvriste et écônien est erroné ! Gravement erroné !

C’est ce que M. l’abbé Lafitte a enseigné pendant 35 ans ! Je répète : c’est ce que M. l’abbé Lafitte a enseigné pendant 35 ans !

Certes il a quitté la mouvance Lefebvriste ! Certes il a fait une abjuration (?), mais nous en reparlerons ; cependant, il a enseigné ces erreurs pendant 35 ans, les complétant par la conclusion mille fois entendue : Hors de la Fraternité pas de salut ! enseignement faisant de gigantesques dégâts, surtout pendant les 500 retraites qu’il a prêchées.

Lui se convertit, mais qu’en est-il de ses milliers de fidèles ? Il se convertit …et les abandonne presque tous ! Il se convertit, fait une déclaration pour le camp qu’il rejoint, mais oublie le camp qu’il abandonne, ne fait rien pour lui.

Il découvre qu’il les a fait errer Dans la Foi (ce qui n’est pas rien !) …et les abandonne presque tous. Je n’ai jamais entendu un sermon ou une causerie qui leur était destinée.

Pire : changeant de camp, il fait la leçon à tout le monde et veut s’imposer comme ʺle meilleurʺ, ce que croient ses nouveaux fidèles. Depuis 50 ans j’en ai vu des “meilleurs” ! Attendons !

Il me semble qu’il y a là quelque chose de grave.

 

On pourrait lui rappeler deux choses :

a) un peu d’humilité et de discrétion. Quand on s’est trompé si gravement et si longtemps, quand on a trompé tant de personnes, on commence par être discret ;

b) et surtout on essaie de réparer : en demandant humblement pardon et en s’occupant avant tout des fidèles que l’on a enfermés dans ces graves erreurs sur la Foi.

 

Cela méritait quelques conférences à mettre sur Internet, comme :

1. Mes enseignements erronés passés, réponses.

2. Pardon et suppliques aux fidèles que j’ai trompés.

3. À mes nouveaux fidèles, conseils d’un hérétique qui a retrouvé la Vérité.

4. À ceux qui combattent depuis si longtemps dans la Vérité et pour la Vérité : un grand merci.

5. Message à ceux qui sont calomniés, persécutés et que je rejoins.

6. Lettre à Mgr Fellay dénonçant ses erreurs, trahisons et scandales.

7. Lettre à Mgr Williamson pour les mêmes raisons.

8. Lettre à Mgr Tissier pour dénoncer ses lâchetés.

etc. etc.

 

Depuis trois ans qu’il s’est converti au non una cum, a-t-il converti un seul confrère ? N’avait-il pas des anciens confrères-amis à convertir ? A-t-il vraiment compris le problème primordial du non una cum. L’apostolat le plus urgent n’est pas de convertir les fidèles au non una cum, mais de convertir des prêtres.

Je suis toujours effrayé de constater que Mgr Guérard a converti une centaine de prêtres sur toute la planète à l’oblation pure ; où sont les conversions au non una cum des abbés Belmont, Guépin, Grossin, des prêtres de Verrua, etc. depuis …35 ANS ? N’avaient-ils aucun confrère à convertir ? On doit se poser des questions sur ce manque intégral de fruit de leur part ! Il existe une brochure sur le sujet (1), certes elle a été écrite par un laïc (Ah ! le mépris des laïcs par les clercs !), pourquoi aucun clerc ne la diffuse ? Et pourtant l’auteur sait que de très nombreux fidèles ont compris le problème après avoir lu ces pages.

 

Et ce n’est pas fini !

Je mets en annexe l’abjuration que Mgr Guérard a exigée des prêtres de Verrua quand ils ont quitté la FSSPX. On verra combien Mgr par cette ʺAmende honorable publiqueʺ a montré l’importance d’un tel acte. Oui, il faut demander Pardon, pour Dieu, pour les fidèles, ceux qu’on a trompés, ceux qu’on a combattus et que l’on rejoint maintenant…

À la suite j’ai mis le texte de l’abbé Lafitte quand il a lui-même quitté cette Fraternité. Il faut savoir que cherchant par tous les moyens un lieu de chute (on sait pourquoi), après le refus du R.P. Avril, la non-réponse du R.P. Raffalli, il avait demandé au R.P. Benoît de pouvoir le rejoindre, lui précisant (comme ce religieux me l’a confié), qu’il ne voulait en aucun cas aller chez les sédévacantistes. Refusé partout, il finit, après intervention de Mgr Williamson, chez l’abbé Guépin. On lira la lettre qu’il fit diffuser à son arrivée. Ni pardon, ni amende honorable, rien !

Là encore un comportement très insuffisant et là encore à rectifier. C’est ce que la Sainte Église a toujours exigé quand on quitte l’erreur et que l’on rejoint la Sainte Église.

 

On nous présente la Lettre 66 pour nous rassurer (en Annexe II). Là encore je suis déçu.

Tous les prêtres passés par Écône et qui essaient de retrouver le chemin de la Vérité sont déformés, surtout sur l’ecclésiologie. Ils n’appliquent pas la vérité que l’on répète chaque jour : que la Sainte Église ne peut ni se tromper, ni nous tromper et ils n’appliquent pas le principe de non-contradiction. On l’a mainte fois démontré et répété.

 

Que ce soit les abbés Lafitte, Belmont, Rioult, Pinaud, Zins, les prêtres de Verrua, Mgr Williamson, etc. etc., tous font une analyse fausse de la situation de l’Église. Tous ils nous parlent du problème des papes, hérétiques, infaillibles ou pas, ou du Siège Apostolique, ou de l’Autorité. Ce n’est pas le problème le plus significatif ; ce n’est pas le problème primordial ; ce n’est pas en s’y référant que l’on trouve la solution au problème de l’heure présente.

Ils n’ont donc rien compris ? Ils sont tellement déformés qu’ils ne voient pas la réalité.

Comment se fait-il que les laïcs comprennent ? et pas eux.

Tout leur enseignement est pollué : il y a une chronologie et une hiérarchie des événements qui est mal perçue, mal enseignée, mal réfutée.

 

Ils ne voient pas que des bandits (appelés periti) à partir du parjure (2) de Jean XXIII, non catholique, inéligible, (lire et faire connaître : http://www.a-c-r-f.com/documents/Abbe_RICOSSA_Le-Pape-du-Concile.pdf),

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1° se sont introduits dans l’Église ;

2° ont pris les places dans les positions clefs ;

3° ont imposé leurs réformes, faisant apostasier les évêques ;

4° ont fait éclipser la Sainte Église ;

5° ont mis leurs hommes partout ;

6° ont organisé le noyau de résistance pour empêcher la véritable résistance ;

7° ont tout changé (sacrements, droit canon, catéchisme, dévotions, tout…) pour surtout tout détruire.

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Qui a compris que la plus grande Révolution de Vatican II, le nœud de tout, est le nouveau rituel du sacre des évêques ? La destruction irréversible du sacerdoce ! Qui a étudié à fond ce problème ? Qui le diffuse et le rappelle ?

Qui s’inquiète des vocations ? Où sont les vocations des prêtres non una cum ? Combien depuis 35 ans ? On a l’impression qu’ils s’en moquent ! Comment se fait-il que les chapelles non una cum ne donnent aucune vocation ?

Ne serait-ce pas parce que les prêtres non una cum sont du sel affadi ?

 

Alors, avant de parler de l’infaillibilité, (oui il faut en parler), avant il est indispensable d’enseigner que c’est une nouvelle Église qui a pris la place de la Sainte Église, qu’elle a tout changé pour tout détruire. Il faut longuement enseigner les travaux de Rore Sanctifica. La loupe doit être mise sur ce sujet qui fut le but essentiel, primordial de Vatican d’eux.

Alors on comprend que le problème de ces papes, non catholiques, papes de la secte conciliaire devient secondaire !

C’est l’ennemi et l’aveuglement des clercs qui nous font tourner en rond autour de ce faux problème de papes hérétiques. Arrêtons de nous soumettre aux règles du jeu imposées par l’ennemi et crions haut et fort qu’ils sont les papes d’une secte qui détruit les âmes et les vocations. Un point c’est tout. Ne perdons pas plus de temps qu’il faut avec ces faux papes, ces faux saints, ces faux évêques, ces faux prêtres.

 

Après avoir enseigné un bon catéchisme (le meilleur est celui de Gaume !), oui, il y a une hiérarchie d’enseignement à respecter :

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1° L’Église catholique est sainte ;

2° L’Église catholique a la Vérité ; est la chaire de Vérité ;

3° Ses sacrements sont saints ; personne ne peut y toucher ;

4° Elle est infaillible ;

5° Ses Papes, Vicaires de Jésus-Christ, sont infaillibles ;

6° La liturgie, le droit canon, les canonisations, le magistère ordinaire universel sont infaillibles ;

7° Sa messe doit être très pure, l’oblation pure, le non una cum ;

8° La Très Sainte Vierge Marie a tout enseigné à La Salette ; leçons à en tirer ;

9° La secte conciliaire, ses papes, ses évêques, ses sacrements, ses célébrations (3), ses catéchismes, son droit canon : tout est faux ;

10° Le concile Vatican II est la destruction de l’Église ;

11° Cette destruction de l’Église a été annoncée, programmée ;

12° La pire des catastrophes a été le nouveau rituel du sacre des évêques ;

13° Un jour tout redeviendra en ordre, mais comment ? (4) et toute cette secte sera châtiée.

14° etc.

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Chacun de ces points a été étudié. On a tous les documents pour les expliquer, cf. bibliothèque acrf.

Malheureusement les clercs sont bien souvent paresseux, leur zèle est affadi, les fidèles ne sont pas enseignés ou le sont mal. Ajoutons le mépris des laïcs, juste corvéables à merci et condamnés à payer.

Plutôt que d’en faire des combattants de la Foi, presque partout, y compris dans les chapelles non una cum, on en a fait des consommateurs de sacrements. On voit le résultat : bien souvent la génération suivante abandonne tout.

Quels sont les clercs qui étudient ? Quels sont les clercs qui se remettent en question ?

Un prêtre aussi savant que l’abbé Lafitte a mis 35 ans pour sortir de ses erreurs ! ! ! …et encore il n’a pas tout compris. Pourquoi ? Qu’il nous explique !

 Abbé Jean-Luc Lafitte

Par exemple dans cette Lettre n° 66, M. l’abbé Lafitte conclut :

Il semble bien qu’il n’y ait qu’une solution plausible : ces papes depuis 1958 ne peuvent pas être papes. Certes c’est là un mystère d’iniquité, mais il n’est pas possible d’éviter le problème en se cachant la tête dans le sable.

C’est insuffisant ! Il aurait dû écrire : depuis 1958 cette nouvelle religion n’est pas la sainte Religion catholique, point final. Alors seulement il peut rajouter : et donc ces papes, qui ne sont pas catholiques, sont des papes de cette secte conciliaire anticatholique. Ce n’est pas du tout la même chose.

Pourquoi ? Parce que les prêtres de Verrua, comme l’abbé Belmont, ont fait prier lors de la succession de J-P II et de Benoît XVI, pour avoir un bon Pape. Ils n’ont pas compris qu’en aucun cas il ne peut sortir de cette bande de destructeurs un vrai Pape. On a d’ailleurs vu qu’on allait de pire en pire.

Je répète : le problème n’est pas celui du Pape sur lequel ils se focalisent tous, mais cette nouvelle religion qui doit être châtiée et disparaitre, et qui sera châtiée et disparaitra.

 

La grille amis-ennemis. Dis-moi qui tu crosses, je te dirai qui tu es ?

J’ai écouté avec attention les différentes interventions audio des abbés Rioult et Pinaud sur les derniers événements. J’ai lu les livres de l’abbé Pivert sur la question : Nos rapports avec Rome et Quel droit pour la Tradition catholique ? Je conseille de les lire, bien qu’il y ait à redire. Je regrette qu’il n’ait pas assez souligné le rôle des abbés Célier, Aulagnier, Lorans, Schmidberger.

J’ai été scandalisé par le comportement des Mgrs Fellay et Tissier, des abbés de Cacqueray et de ceux qui ont participé à ce jugement. On se croirait revenu au temps du procès de Jehanne. Abominable ! On se pose même parfois la question : n’a-t-on pas à faire à des malades mentaux ? L’abbé Pinaud parle de malfaiteurs ; non, ce sont des bandits. Et que de mensonges (parler avec l’intention de tromper) ! par des clercs ! Comment peuvent-ils ne pas être en état de péché mortel ? On en a honte pour eux.

Il est évident que Mgr Fellay dérive depuis longtemps vers un comportement sectaire qui finira mal. Quelles responsabilités aussi pour Mgr Tissier et l’abbé de Cacqueray ! Quelle honte !

 

C’est un bon exemple pour comprendre que la grille amis-ennemis qui se dévoile dans ces débats, dénonce et prouve encore mieux leurs positions doctrinales. Et quand je vois ces abbés-victimes et d’autres, s’allier contre Mgr Fellay, c’est bien ; mais suivre Mgr Williamson, le chef du second anneau de la fausse résistance (5), le spécialiste de l’enfumage comme dirait Farida Belghoul, mais qui n’est vraiment pas du camp de la vérité – ce qui veut dire qu’il est du camp de l’erreur –, je me demande : quand comprendront-ils ? Eux aussi se trompent sur la grille amis-ennemis.

 

Je viens de lire le dernier n° de Sous la Bannière (n° 171 de janvier-février 2014). Y est joint une adresse à Mgr Fellay. C’est gentil, bien poli, mais trop tard. Quand avec mes amis nous défendions dès 1998 la Tradition contre ceux qui n’avaient qu’un but : la détruire, nous étions alors potentiellement nombreux. Mais où étaient les combattants d’aujourd’hui : contre nous. Ils reprennent nos arguments, nos documents, mais, …il est trop tard. À l’époque les ennemis infiltrés dans la FSSPX étaient peu nombreux. Les “bons” auraient pu gagner. Aujourd’hui, ils sont à la rue, n’ayant ni chapelles, ni prieurés, ni écoles. Ils sont mort-nés. Merci à ceux qui comme Bonnet de Viller, Max Barret et autres clercs se sont alors trompés sur la grille amis-ennemis et ont passé leur temps à combattre ceux qui résistaient. Leurs troupes sont mal formées, sont unies contre Mgr Fellay, mais pas d’accord entre elles sur de nombreux sujets. Il n’en sortira rien.

 

Aujourd’hui, pour nous les laïcs du dernier carré (annoncé par Holzhauser), ne nous trompons pas non plus sur cette grille, particulièrement pour les clercs. Restons fermes sur les principes. Sont amis ceux qui sont dans la vérité, toute la vérité ; sont ennemis tous les autres.

Par exemple chaque fois qu’un clerc fait un sermon sur la charité sans d’abord parler de la vérité, 50 ans nous ont appris qu’il se prépare un mauvais coup. Il existe deux sortes de sermons sur la charité qui sont très différents. L’un est fait par des prêtres libéraux pour des fidèles libéraux (centré sur la paix et l’union), l’autre est fait par des prêtres antilibéraux pour des fidèles antilibéraux (centré sur la vérité). L’antilibéral aura donc pour souci premier : la Vérité, qui est la condition de la charité. Le libéral aura pour souci premier : la Paix et l’Union, qui sont les fruits de la charité et commencera par imposer ses inimitiés amenant la division. À bon entendeur salut !

 

La Salette.

La Salette

Je vois que tous oublient ce message essentiel. On n’a pas compris que tout est dans La Salette (6). On n’a pas compris que si la Sainte Trinité permet à notre Reine de venir nous avertir, nous mettre en garde, c’est pour nous ouvrir grand les yeux. A-t-on compris la place de la TSVM ? son rôle primordial ? sa fonction de mère qui avertit ses enfants ? A-t-on médité son message comme il se doit ?

Dans son message elle dénonce les responsabilités : ce sont les clercs qui sont responsables. Elle nous met en garde contre les clercs. Tous les clercs. Elle a la bonté de leur préciser comment éviter la vengeance de Dieu. Qu’en font-ils ? Oser dire qu’on l’aime et faire fi de son message, quelle abomination ! surtout pour un clerc.

Elle n’est pas obéie et aimée, et au concile (voir lettres de l’abbé Berto [7]) ils osèrent même La renvoyer. La sanction fut terrible : la Sainte Église fut éclipsée et occupée par des bandits qui abandonnèrent la chaire de Vérité pour mettre en place la société diabolique multi-raciale, multi-religieuse dont on commence juste à voir toutes les conséquences.

Quelques clercs eurent le courage de résister. Mais là encore sans rendre à la TSVM son rôle primordial. Eux aussi se moquent de La Salette ou tout comme. Ils n’ont pas compris le message, ne vivent pas en fonction de ce message, ne l’enseignent pas. Où sont les sermons, les articles, les admonitions, les  explications de nos clercs ? Alors qu’ils devraient méditer ce message, à genoux devant le saint-Sacrement, au moins une fois par an, pour faire Leur examen de conscience ! Clercs d’hier et d’aujourd’hui, c’est vous qui êtes responsables de nos malheurs. Vous êtes affadis depuis longtemps et vous connaissez la sanction : vous serez foulés aux pieds. Mélanie a vu pire : vous serez cloués aux portes des églises. Alors, déçus par les positions de Mgr Fellay, ne passez pas sous silence le message de La Salette ou pire ne vous y opposez pas, comme certains prêtres non una cum, et convertissez-vous. Pas à moitié, complètement. Votre salut ou votre damnation en dépend ; notre salut ou notre damnation en dépend.

 

Enfin, nous ne sommes pas des sédévacantistes (8). Ce terme horrible et faux a été imposé par l’ennemi. Il nous colle à la peau comme quelque chose de négatif et de répugnant, d’autant plus qu’il est inexact.

 

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Nous sommes des Catholiques Semper Idem !

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C’est tout autre chose. Nous croyons et faisons ce qui a toujours été cru et fait. Par cette formule nous sommes inattaquables. Nous sommes héritiers de 1968 ans de cette Foi qui n’a jamais changée ; c’est à partir de cette Foi que nous jugeons cette secte nouvelle dont nous rejetons toutes les nouveautés. Arrêtons de répéter à tout vent ce mot péjoratif. Il fait peur à juste titre : tout mais surtout pas sédévacantiste ! disent-ils.

Essayons de le contrer : nous ne sommes pas sédévacantistes. Je me reproche de l’avoir trop dit dans ce document.

 

En conclusion : Nous nous approchons chaque jour de la fin de la crise. Croyant fermement au Règne du Sacré-Cœur il nous faut de grands prêtres et de grands chrétiens. Croyez-vous une minute que l’on peut reconstruire quelque chose de sérieux avec des prêtres pusillanimes comme ceux d’Écône, avec des moines, rois de la bidouille, comme ceux d’Avrillé ! etc. Ils seront tous abandonnés de Dieu.

Il faut de grands chrétiens fermes sur les principes et donc bien formés par les antilibéraux, des Fils de France semper idem.

 

Très sainte Vierge Marie, envoyez-nous un saint prêtre, un seul, un nouveau saint Dominique !

Qu’il soit le marteau des hérétiques de Vatican II

 

Bon carême.

 

 

 

 

¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤


 

 

Annexe I

 

Sodalitium n° 13, mars 1988

Sodalitium n° 13, mars 1988 - « Amende Honorable Publique »

« Amende Honorable Publique »

 

Les soussignés don Franco Munari, don Francesco Ricossa, don Curzio Nitoglia et don Giuseppe Murro, obtempérant aux enseignements de la morale catholique, qui enseigne la nécessité de la rétractation publique suite à la diffusion de doctrines erronées concernant la foi et les mœurs, déclarent faire publiquement

 

Amende Honorable

 

Pour avoir enseigné, ou du moins laissé implicitement croire comme conformes à la vérité, pendant la période 1982-1985, alors qu’ils appartenaient à l’a Fraternité St Pie X, les erreurs suivantes :

– Le Pontife romain jouit de l’infaillibilité seulement quand il enseigne « ex cathedra » (c’est-à-dire lorsqu’il définit des dogmes)

– Le Magistère ordinaire et universel de l’Église n’est pas infaillible.

– Le Concile Vatican II, en tant que concile pastoral et non dogmatique, ne peut être infaillible.

– Il est légitime et c’est un devoir de désobéir ordinairement à l’enseignement doctrinal, moral et liturgique de l’Autorité légitime (Pape et Évêques) tout en reconnaissant à la même Autorité tous les pouvoirs qui lui sont propres selon la divine constitution de l’Église.

– Il est possible que l’Autorité légitime (le Pontife romain) promulgue et impose à l’Église universelle des lois (rite de la messe, des sacrements, code de droit canon) contenant des erreurs, des hérésies ou des lois simplement nocives au bien des âmes.

– Il est possible qu’un authentique Pontife romain, vrai Vicaire de Jésus-Christ, soit en même temps schismatique, apostat, en rupture avec la Tradition, et que ses actes soient considérés comme nuls.

 

Les présentes déclarations erronées blessent mortellement le dogme catholique concernant la divine constitution de l’Église, son Magistère, l’infaillibilité de l’Église et du Pontife romain.

 

Les signataires de la présente « Amende publique » demandent pardon à tous ceux (et spécialement aux catholiques fidèles) qui auront pu être scandalisés par ces erreurs alors que les soussignés – faisant à ce moment là partie de la Fraternité Saint Pie X – soutenaient ces thèses explicitement ou implicitement ; ils demandent donc pardon pour ces erreurs contraires à la Foi, auxquels ils ont pu participer précédemment ; ils demandent aussi aux lecteurs de ces lignes de prier pour eux de manière que, avec l’aide de la Grâce Divine, d’aussi graves insinuations (ou d’autres de gravité semblable) ne soient plus jamais répandues par eux dans leur Ministère Sacerdotal.

Les soussignés certifient sur la Foi avoir rédigé et paraphé cette déclaration publique en leur âme et conscience devant Dieu et devant la Sainte Église.

 

Fait à Turin,

don Franco Munari
don Francesco Ricossa
don Curzio Nitoglia
don Giuseppe Murro

 

Note LHR : malgré un tel serment (imposé par Mgr Guérard), don Franco Munari, devenu Mgr Munari, a défroqué ; don Curzio Nitoglia est retourné à la fsspx. Ah ! les clercs !

Heureusement que nous avons l’exemple des Mgr Guérard, des abbés Mouraux, Vérité, Vinson, Coache, etc. sédévacantistes qui ont tenu jusqu’à la mort.

Même Mgr Lefebvre est mort sédévacantiste : il répétait les dernières années de sa vie : il n’est pas possible que ces papes soient les successeurs de Pierre.

 

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Abbé Lafitte - <abbr>POUR</abbr> L'AMOUR DE LA VÉRITÉ

 

Chapelle du Christ-Roi
88, rue d’Allonville
44000 – Nantes
sans date

 

Pour l’amour de la Vérité

 

Afin de rassurer les fidèles de la chapelle du Christ-Roi et de Notre-Dame des Dons, paroissiens qui pourraient à juste titre être inquiets de voir arriver un nouveau Prêtre inconnu, permettez-moi de vous faire part en toute simplicité des faits suivants dont monsieur l’Abbé Guépin peut témoigner.

– Je suis rentré au séminaire d’Écône en octobre 1974, et pendant toute ma formation ai toujours fait partie, grâce à Dieu, de l’aile ouvertement antilibérale du séminaire, ce qui a bien failli me coûter mon ordination…

– Depuis cette ordination reçue des mains de monseigneur Lefebvre le 29 juin 1979, malgré mes misères, je crois être toujours demeuré fortement enraciné dans ce groupe antilibéral.

– J’ai toujours pensé que les « papes » modernistes qui occupent le siège de saint Pierre depuis la mort du pape Pie XII ne peuvent plus être excusés d’hérésie formelle, notamment dans le domaine de la liberté de conscience et des cultes, et de l’œcuménisme. Ils enseignent et propagent des doctrines condamnées par Pie IX, Léon XIII, saint Pie X et tous les papes jusqu’en 1958, mort du pape Pie XII.

– C’est pourquoi je n’ai aucun scrupule de conscience de ne plus nommer Benoît XVI au Canon de la sainte Messe, bien que je reconnaisse l’avoir fait auparavant en raison de la confusion doctrinale qui règne actuellement dans la Fraternité sacerdotale Saint Pie-X.

– J’ai la conviction que le long cheminement qui m’a amené ici à Nantes a été voulu par Dieu, et qu’Il m’a littéralement conduit par la main jusqu’au 98 de la rue d’Allonville.

– Je suis également persuadé qu’une collaboration étroite et franche est tout à fait possible avec monsieur l’abbé Guépin. Nous avons tous les deux bu à la même source au séminaire d’Écône et avons l’amour de la Vérité ainsi que la volonté de rester fidèles à l’enseignement de la sainte Église notre Mère.

– C’est monsieur l’abbé lui-même qui m’avait contacté pour que je vienne le visiter sur place et qui m’a proposé cette collaboration sacerdotale que je souhaite de longue durée. Il est évident que je ne suis pas venu ici pour prendre sa place, mais pour l’aider dans son ministère sacerdotal. C’est de grand cœur que je lui apporte l’expérience acquise par une trentaine d’années d’apostolat missionnaire aux quatre coins du monde.

Permettez-moi, en concluant, de vous demander la charité de vos prières pour ma persévérance, afin que cette collaboration sacerdotale entre monsieur l’abbé Guépin et moi-même soit toujours pour la plus grande gloire de Dieu et le plus grand bien de vos âmes.

Abbé Jean-Luc Lafitte

 

 

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Annexe II

 

Abbé Jean-Luc Lafitte

Lettre n°66 (sans date)

 

L’Infaillibilité du Pape

Parlons-en !

 

État de la question

On appelle « sédévacantistes » ceux qui pensent que le siège apostolique est actuellement vacant. À tort ou à raison, ils sont considérés dans les milieux de la tradition dite bien pensante comme les responsables de pratiquement tous les maux.

Ainsi par exemple, le 18 mai 2012 à Nantes, monsieur l’abbé de la Rocque, fsspx, a osé dire dans une conférence publique :

« La différence entre le sédévacantisme et la fsspx, c’est la reconnaissance du magistère suprême de l’Église. La fsspx reconnaît ce magistère, et n’est donc pas sédévacantiste » !

Sommé de rétracter sa calomnie, il refusa. Voltaire n’aurait ni mieux fait, ni mieux dit :

« Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose ».

 

Si l’on demandait aux fidèles de la fsspx pourquoi les sédévacantistes refusent de reconnaître Benoît XVI comme pasteur légitime, la plupart d’entre eux seraient bien incapables de répondre à cette question.

Pourtant Monseigneur Lefebvre reconnaissait que ce qu’il considérait comme une “opinion théologique” avait droit de cité dans la Tradition Catholique :

« Il n’est pas possible que le Pape, inspiré par le Saint-Esprit et soutenu par l’Esprit-Saint, par les paroles de Notre-Seigneur Jésus-Christ, puisse faire une chose semblable (pactiser avec la franc-maçonnerie). Ça, je suis d’accord avec vous, ce n’est pas possible, c’est incompatible. En effet, ce n’est pas possible qu’un Pape puisse faire cela ! Donc il n’est pas pape ! Ah, le raisonnement vaut ! » (Écône, février 1976, aux associations Saint-Pie-V).

Puis, à Écône de nouveau, à Pâques 1986 :

« Quelle conclusion devrons-nous tirer, peut-être dans quelques mois, devant ces actes répétés de communication à des faux cultes ? Je ne sais pas. Je me le demande. Mais il est possible que nous soyons dans l’obligation de croire que ce pape n’est pas pape. »

 

Le simple fait que la fsspx fasse actuellement des pieds et des mains pour occulter ces textes d’anthologie, pour empêcher la publication de ces textes de son fondateur prouve au moins que ladite Fraternité n’a pas la conscience tranquille.

J’en veux pour preuve que Monseigneur Fellay s’est abaissé jusqu’à traîner en justice en 2011 monsieur Bruno Saglio (9) pour l’empêcher de publier aux Éditions-Saint-Rémi les sermons de Monseigneur Lefebvre, publication faite pourtant avec l’accord et les encouragements des deux derniers frère et sœur encore vivants de ce dernier.

 

Le problème théologique

La question du sédévacantisme est d’abord et avant tout un problème d’ordre théologique, comme le laissait entrevoir Monseigneur Lefebvre.

L’Église Catholique enseigne que le Pape est infaillible tant dans son Magistère Ordinaire que dans son Magistère Extraordinaire. Il n’est donc pas possible qu’un Pape puisse errer dans l’un ou l’autre magistère.

Or les hommes qui sont sur le siège apostolique de saint Pierre depuis la mort du pape Pie XII en 1958 ont erré surtout dans le magistère ordinaire, en contredisant le magistère antérieur. Notre-Seigneur ne pouvant nous mentir, il n’est donc pas possible que ces hommes soient Papes et ils ne doivent donc pas être nommés au Canon de la Messe.

La plupart des Prêtres de la fsspx enseigne que le Pape n’est infaillible que dans son magistère extraordinaire (lorsqu’il parle ex Cathedra, la dernière fois en date étant le pape Pie XII avec la promulgation du dogme de l’Assomption de la Sainte Vierge). Ces mêmes Prêtres nient que le Pape soit infaillible dans son Magistère Ordinaire. Ils ajoutent que le Concile Vatican II, n’étant que pastoral, n’est pas infaillible.

Ainsi pour eux, les papes depuis 1958 sont certes de mauvais papes, mais sont toujours les vicaires de Notre-Seigneur Jésus-Christ sur la terre. Ils les nomment donc au Canon de la Messe tout en leur désobéissant habituellement et continuellement.

 

L’enseignement divin

Voyons avant tout l’enseignement de la Sainte Écriture.

« Vous êtes Pierre, et sur cette pierre Je bâtirai Mon Église, et les forces de l’enfer ne prévaudront point contre elle » (Mt 16, 18).

« Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous cribler comme le froment ; mais J’ai prié pour toi afin que ta foi ne défaille point » (Lc 22, 31).

« Celui qui vous écoute, M’écoute ; celui qui vous méprise, Me méprise » (Lc 10,16).

« Toute puissance M’a été donnée dans le Ciel et sur la terre. Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit, en leur enseignant à pratiquer tout ce que Je vous ai commandé. Et Moi, Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la consommation des siècles » (Mt 28, 18-20).

« Allez dans le monde entier, et prêchez l’Évangile à toute créature. Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé ; mais celui qui ne croira pas sera condamné » (Mc 16, 15).

« Vous recevrez la force du Saint-Esprit qui descendra sur vous, et vous serez Mes témoins à Jérusalem, et dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » (Act 1, 8).

 

Notons que Notre-Seigneur Jésus-Christ donne ce privilège à saint Pierre et à ses successeurs « tous les jours, et jusqu’à la fin des temps » !

Voyons ensuite l’enseignement du magistère de l’Église.

« Le Saint-Esprit n’a pas été promis aux successeurs de Pierre pour qu’ils fassent connaître, sous Sa révélation, une nouvelle doctrine, mais pour qu’avec Son assistance, ils gardent saintement et exposent fidèlement la révélation transmise par les Apôtres, c’est-à-dire le dépôt de la Foi » (Vat. I, Dz 1836).

« Le magistère de l’Église, établi ici bas d’après le dessein de Dieu pour garder perpétuellement intact le dépôt des vérités révélées et en assurer la connaissance aux hommes, s’exerce chaque jour par le pontife romain et les Évêques en communion avec lui » (Pie XI, Mortalium Animos).

« On doit croire de foi divine et Catholique toutes les vérités qui sont contenues dans la parole de Dieu écrite ou transmise par la tradition et que l’Église, soit par un jugement solennel, soit par son magistère ordinaire et universel, propose comme divinement révélées » (Concile Vatican I, Constitution Dogmatique sur la Foi Catholique, Dz 1792).

Le Pape parle « “ex Cathedra” lorsque, remplissant sa charge de pasteur et de docteur de tous les Catholiques, il définit, en vertu de sa suprême autorité apostolique, qu’une doctrine sur la Foi ou les mœurs doit être tenue par toute l’Église ; le Pape jouit alors par l’assistance divine à lui promise en la personne de saint Pierre, de cette infaillibilité dont le divin Rédempteur a voulu que fût pourvue Son Église, lorsqu’elle définit la doctrine sur la Foi et les mœurs » (Concile Vatican I).

 

Le Pape et son infaillibilité

Le Pape appelé aussi le Souverain Pontife, ou encore le Pontife Romain, est le successeur de saint Pierre sur le siège de Rome, le Vicaire de Jésus-Christ sur la terre et le chef visible de l’Église.

Il est le Vicaire de Jésus-Christ parce qu’il Le représente sur la terre et qu’il tient Sa place dans le gouvernement de l’Église. Il est le chef visible de l’Église, parce qu’il la dirige visiblement avec l’autorité même de Jésus-Christ qui en est le chef invisible.

La dignité du Pape est la plus grande de toutes les dignités de la terre, et elle lui donne un pouvoir suprême et immédiat sur tous les pasteurs et les fidèles.

Le Pape est infaillible dans les définitions qui regardent la foi et les mœurs à cause de la promesse de Jésus-Christ et de l’assistance continuelle du Saint-Esprit.

L’infaillibilité est une préservation de toute erreur dont jouit le magistère dans son exercice, grâce à une assistance spéciale de Dieu. C’est donc une inerrance de fait et de droit en vertu de laquelle l’autorité enseignante dans l’Église est préservée de toute erreur par l’assistance surnaturelle qu’elle reçoit du Saint-Esprit, chaque fois que le Pape et les Évêques accomplissent ce que Jésus a commandé.

Le Pape est infaillible, mais n’est pas impeccable, car il peut commettre en privé n’importe quel péché.

 

Quand le Pape est-il infaillible ?

Le Pape, comme nous l’avons déjà dit, est infaillible tant dans son Magistère Ordinaire que dans son Magistère Extraordinaire.

Le Concile Vatican I, déjà cité plus haut, est formel : sont infaillibles les vérités transmises par la tradition et enseignées par l’Église soit par un jugement solennel, soit par son magistère ordinaire et universel.

La doctrine qui enseigne que le Pape est infaillible même dans son magistère ordinaire est de la plus grande importance pour notre résistance catholique. L’infaillibilité du magistère ordinaire du Pape est une doctrine de foi.

Ce n’est pas seulement pour porter des décrets et des définitions solennelles que le magistère papal est infaillible. Il l’est aussi dans son magistère ordinaire tant personnel qu’universel avec tous les Évêques unis à lui.

On appelle Magistère Ordinaire Universel le mode d’enseignement donné par le Pape et les Évêques à tout moment et dans tous les pays. Lorsque Notre-Seigneur a dit à Ses Apôtres : « Allez, enseignez toutes les nations », Il n’a pas limité leur pouvoir à un temps et à un endroit donnés.

Le Pape et les Évêques doivent donc exercer leurs fonctions de docteurs, non pas seulement à de rares intervalles et dans des circonstances solennelles, mais partout et toujours.

Le Pape exerce son Magistère Ordinaire en répétant ce qui a toujours été enseigné dans l’Église.

On peut donc distinguer quatre cas d’infaillibilité du pontife romain :

– du Pape seul (Magistère Pontifical) :

– ordinaire (tous les jours)

– extraordinaire (définition solennelle, par exemple canonisation ou promulgation d’un nouveau dogme)

– du Pape avec tous les Évêques unis à lui (Magistère Universel) :

– ordinaire (tous les jours)

– extraordinaire (concile)

 

 

Application par un exemple

Le Pape Pie XII, le 29 octobre 1951, dans son discours aux sages-femmes, explicite la doctrine pérenne de l’Église sur le contrôle naturel des naissances.

« Une prestation positive (avoir des enfants) peut être omise si de graves motifs, indépendants de la bonne volonté de ceux qui y sont tenus, établissent que cette prestation est inopportune, ou bien prouvent que le requérant, dans le cas présent le genre humain, ne peut, en justice, la réclamer.

« De cette prestation positive obligatoire, certains peuvent donc être dispensés, même pour longtemps, bien plus même pour toute la durée du mariage, pour des motifs sérieux, comme ceux qu’il n’est pas rare de compter dans ce qu’on appelle l’indication médicale, eugénique et médico-sociale ».

 

Ce texte du magistère ordinaire est-il infaillible ? Reprenons l’enseignement du concile Vatican I cité plus haut. Le Pape doit remplir quatre conditions pour parler « ex Cathedra » :

– Il parle comme pasteur et docteur suprême de l’Église (non pas comme docteur privé) ;

– Il parle sur la Foi ou les mœurs (objet premier de l’infaillibilité) ;

– Il a l’intention d’obliger (ce n’est pas un conseil, mais un ordre) ;

– Cette doctrine s’adresse à l’Église Catholique toute entière (et pas seulement aux Évêques d’un pays déterminé par exemple).

Dans le cas du texte de Pie XII, il est évident que le Pape parle comme pasteur suprême sur la morale avec l’intention d’obliger tous les Catholiques. Il ne s’adresse pas seulement aux sages-femmes mais à tous les chrétiens dans le monde entier.

Ce texte, bien que ne faisant pas partie du magistère extraordinaire, est néanmoins un texte ex Cathedra qui est réellement infaillible.

 

Conclusion

Mgr de Ségur, confident de Pie IX, dans sa brochure Le Pape est infaillible, écrit :

« Le Pape est infaillible en tout cela ; mais, en dehors de cela, il n’est nullement infaillible. En d’autres termes, il est infaillible quand il parle comme Pape, mais non pas quand il parle comme homme. Et il parle comme Pape, lorsqu’il enseigne publiquement et officiellement des vérités qui intéressent toute l’Église, au moyen de ce qu’on appelle une Bulle, ou une Encyclique, ou quelque autre acte de ce genre. »

 

Il est évident que ceux qui occupent le siège de saint Pierre depuis 1958 (ou au moins depuis 1963) nient une bonne partie de l’enseignement de l’Église Catholique, notamment dans le domaine de la liberté religieuse, de l’œcuménisme et de la collégialité. Ils nient ainsi tant le magistère extraordinaire de l’Église Catholique que son magistère ordinaire sur plusieurs points de doctrine. Jean-Paul II ne disait-il pas explicitement : « Nous entendons nous référer à Vatican II comme à un seuil. »

Comment les papes d’aujourd’hui peuvent-ils renier les Papes qui ont fait l’Église Catholique pendant près de vingt siècles ?

Comment est-il possible qu’un pape puisse infailliblement dire le contraire de ce que tous les Papes ont infailliblement enseigné pendant toute l’histoire de l’Église depuis Notre-Seigneur Jésus-Christ jusqu’à aujourd’hui ?

Il semble bien qu’il n’y ait qu’une solution plausible : ces papes depuis 1958 ne peuvent pas être papes. Certes c’est là un mystère d’iniquité, mais il n’est pas possible d’éviter le problème en se cachant la tête dans le sable.

La fsspx qui reconnaît ces mêmes hommes comme des papes légitimes mais qui, dans la pratique, ne fait que leur désobéir, ne peut se sortir du dilemme et se place dans une situation intenable.

En effet le pape Boniface VIII enseigne : « L’obéissance au Souverain Pontife est nécessaire au salut. »

Les personnes qui ont encore quelques grammes d’honnêteté intellectuelle sont bien obligées de reconnaître que la position dite « sédévacantiste » est une position parfaitement logique. Comme le disait Monseigneur Lefebvre, « le raisonnement vaut ».

Même les personnes très opposées à la position sédévacantiste se doivent, s’ils sont honnêtes, de reconnaître que cette position est tout à fait possible et réaliste. Les sédévacantistes sont tout simplement des Catholiques qui ne veulent pas perdre la foi !

Tout dévoué en Notre Seigneur Jésus-Christ et Sa Très Sainte Mère.

 

 

* * *

 

 


[2] Voici un des trois serments qu’il a prononcés :

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Serment du Souverain Pontife le Jour de son Couronnement

(Serment adressé à Notre-Seigneur dont il est le Vicaire)

« Je promets…

1) De ne rien diminuer ni changer de ce qui m’a été transmis par mes vénérables prédécesseurs. Comme leur fidèle disciple et successeur, je m’engage à N’Admettre Aucune Nouveauté, mais au contraire à vénérer avec ferveur et à conserver de toutes mes forces le dépôt qui m’a été confié.

2) De corriger tout ce qui pourrait contrevenir à la discipline canonique ; de garder les saints Canons et Constitutions Apostoliques de nos Pontifes, comme s’ils étaient des commandements divins et célestes.

Car je suis conscient de devoir rendre un compte sévère à Votre jugement divin de tout ce que je professe, moi qui occupe Votre place par Votre divine condescendance, et qui agis en qualité de Votre Vicaire, avec les secours de Votre grâce.

Si je prétendais me comporter différemment (ou diversement) ou si je permettais que d’autres le fassent, Vous ne me seriez pas propice au jour redoutable de Votre jugement divin.

En conséquence, qu’il s’agisse de Nous ou d’un autre, Nous soumettons au plus sévère anathème de l’interdiction quiconque aurait la présomption d’introduire une Nouveauté quelconque, qui serait opposée à cette Tradition évangélique, ou à l’intégralité de la Foi et de la religion catholique… ou tenterait de changer quoi que ce soit, en acceptant le contraire, ou en laissant attaquer le dépôt de la Foi avec une audace sacrilège ».

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Liber diurnus des Pontifes Romains, Extrait de la revue Introïbo, avril 1978, p. 6.

Jean XXIII, le dernier à avoir fait ce serment est un parjure et ennemi de la Vérité, ne peut-être Vicaire de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

[3] Souvenons-nous de la confidence de l’abbé Vérité, qui après avoir dit le nom, revenu à la messe de son ordination nous confiait : j’ai dit la nouvelle messe plusieurs années, je peux vous assurer qu’il n’y a pas la présence réelle.

[4] J’ai écouté avec attention tout ce qui se dit sur la survivance de Paul VI. Je n’y crois pas. Cela fait trente ans que j’entends qu’il va revenir l’année prochaine. Je n’y crois pas.

[5] Rappel : dans l’Eglise éclipsée, est cité l’initié Roca, qui « après avoir annoncé ce que serait Vatican II, définissait les camps. Il prophétisait il y a plus de cent ans : “… Ils (les catholiques) forment en ce moment un anneau qui se rompra par le milieu et chacune de ces deux moitiés formera un autre anneau. Cette scission va se faire ; il y aura l’anneau des rétrogrades et l’anneau des modernistes (ou progressistes)” (Le Glorieux Centenaire, p. 452). La Tradition va se rompre et Mgr Williamson essaie d’organiser le nouveau faux anneau des rétrogrades. Heureusement il est trop tard et il n’y a plus de troupes, plus d’argent, plus de chapelles. Leur réaction est morte-née. L’abbé Rioux a tout juste rassemblé une vingtaine de personnes à Toulouse, dont combien proches de nous ? Même les lecteurs de Sous la Bannière, mal formés, ne suivront pas.

Tout est fini, arrive l’heure de la justice de Dieu. Rappelons que la crise est due aux clercs : ils vont devoir rendre leurs comptes, y compris les non una cum.

[8] Invité huit jours chez Mel Gibson à New-York (en 2005, la semaine de la mort de J-P II), lors de ma présentation j’ai commencé par dire : je ne suis pas sédévacantiste. Tête de Mel et de son père Hutton ! Mais j’ai de suite précisé :

car ce n’est pas le problème du siège, vacant ou occupé ; ce n’est pas le problème du pape hérétique ; ce n’est pas le problème du pape infaillible ; ce n’est pas le problème de l’autorité ; c’est un problème beaucoup plus grave et important ; une nouvelle religion s’est installée en lieu et place de la sainte religion catholique. L’Église a été éclipsée.

[9] NDLR : Ici l’abbé Lafitte ne fait mention que du procès intenté aux ESR en ne mentionnant bien sûr pas les poursuites indignes contre son aîné dans le sacerdoce, le curé Paul Schoonbroodt poursuivi au pénal par Mgr Fellay, l’Abbé Schmidberger, l’association Saint Pie X de Suresnes (association cultuelle présidée par l’abbé de Cacqueray en France pour le compte du District de France de la FSSPX) et M. Maximilien Krah (co-gestionnaire avec Mgr Fellay) de la société financière Della Sarto AG auprès du Procureur du Roi de Belgique pour l’accuser d’avoir fait connaître les sermons publics de Mgr Lefebvre qu’ils tiennent cachée depuis 30 ans. Les actions de l’infâme site Virgo-Maria lui procurait-il aussi du dégoût et de la répugnance ?