Quand le Sel de la Terre parle de la “Thèse”……

 

Petit commentaire préliminaire : il convient de renvoyer dos à dos les tenants de la dite thèse et leurs doctes critiques envers celle-ci, en la personne des dominicains d’Avrillé.

Les mots et expressions mis en rouge, montrent à l’évidence que cette réfutation de la Thèse, ainsi que la Thèse elle-même, est :

— contraire au bon sens le plus élémentaire… ;

— contraire à la saine raison ;

— contraire au principe de non-contradiction ;

— participe de présupposés radicalement mensongers au regard de la doctrine catholique ;

— occulte complètement le caractère d’extinction de la Thèse émis par l’auteur même à l’origine de cette thèse… ;

— participe de la corruption doctrinale des notions d’autorité et d’intention ;

— évacue la finalité ultime du fait liturgique en tant que manifestation rituelle de la Vérité et donc de l’oblation pure…

 

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Que penser de la thèse sédéprivationniste dite « de Cassiciacum » ?

Publié le 14 décembre 2014 par bibliothequedecombat

Cahiers de Cassiciacum

Pouvez-vous expliquer ce que signifie être pape « materialiter » ?

La principale difficulté du sédévacantisme, c’est d’expliquer comment l’Église peut continuer d’exister de façon visible (car elle a reçu de Notre-Seigneur la promesse de durer jusqu’à la fin du monde), tout en étant privée de chef.

Les partisans de la thèse dite « de Cassiciacum » ont inventé une solution subtile : le pape actuel a été désigné validement pour être pape, mais il ne peut recevoir l’autorité papale, car il y a en lui un obstacle (« l’absence d’intention habituelle de procurer le bien de l’Église »). Il est pape materialiter, mais pas formaliter.

Pouvez-vous détailler l’argumentation de cette « thèse » ?

Voici l’argumentation telle qu’elle est résumée par un prêtre qui la professe :

– Le point de départ est une induction : l’ensemble des actes de Paul VI (puisque c’était alors lui qui siégeait à Rome) concourent à la destruction de la religion catholique et à son remplacement par la religion de l’homme sous une forme de protestantisme larvé. D’où suit la certitude que Paul VI n’a pas l’intention habituelle de procurer le bien / fin de l’Église, qui est Jésus-Christ plenum gratiæ et veritatis.

– L’intention habituelle de procurer le bien de l’Église est condition nécessaire (l’ultime disposition) pour qu’un sujet élu pape reçoive communication de l’autorité pontificale qui le fait être avec Jésus-Christ, et tenir le rôle de son Vicaire sur la terre.

– En conséquence, Paul VI est dépourvu de toute autorité pontificale ; il n’est pas pape formaliter ; il n’est pas Vicaire de Jésus-Christ. En un mot, il n’est pas pape (1).

– Ce qui nécessite d’affirmer que si Paul VI n’est pas pape formaliter, il le demeure cependant materialiter, comme simple sujet élu, assis sur le Siège pontifical, ni pape ni anti-pape.

Est-ce que cette solution résoud (sic !) les difficultés du sédévacantisme « pur » ?

Elle ne résout pas la difficulté principale du sédévacantisme : comment l’Église peut-elle continuer à être visible ? Pour certains partisans de « la thèse », il n’y a plus de hiérarchie du tout (« les nominations des cardinaux et des évêques sont des actes de la juridiction pontificale, qui est précisément absente et que rien ne peut remplacer »).

Pour d’autres, le pape materialiter aurait le pouvoir (comment ?) de constituer une hiérarchie materialiter. Mais une telle hiérarchie, privée de sa « forme », n’est pas la hiérarchie visible de l’Église (pas plus que la hiérarchie orthodoxe n’est la hiérarchie de l’Église).

Par ailleurs, cette théorie suscite de nouvelles difficultés – au moins pour ceux qui disent que le pape materialiter aurait le pouvoir de constituer une hiérarchie materialiter – car elle suppose que le pape materialiter, dénué d’autorité, aurait quand même assez d’autorité pour changer les lois de l’élection du pape.

Que pensez-vous des arguments sur lesquels s’appuie cette solution ?

Cette solution n’est pas fondée dans la Tradition. Les théologiens (Cajetan, saint Robert Bellarmin, Jean de Saint-Thomas, etc.) ont examiné la possibilité d’un pape hérétique, mais aucun, avant le Concile, n’avait imaginé cette théorie de « l’absence d’intention habituelle de procurer le bien de l’Église » qui formerait un « obex » (empêchement) à recevoir « l’être-avec-le-Christ », forme de la papauté.

Elle joue sur une ambiguïté du mot « intention ». Les partisans de la thèse reconnaissent que l’intention doit être dans la personne du pape (« cette intention est l’ultime disposition du sujet pour recevoir communication de l’autorité pontificale »), mais en même temps ils affirment qu’il ne s’agit pas de l’intention personnelle du pape.

Nous pouvons être d’accord avec eux quand ils disent que les papes récents nuisent au bien commun de l’Église – et c’est précisément ce qui fonde l’état de nécessité (2) –, mais il reste à prouver que telle est vraiment l’intention personnelle des papes, et ensuite qu’une telle intention les prive de l’autorité.

in Le Sel de la Terre N° 79, HIVER 2011-2012 – Télécharger le pdf

 


Notes :

(1) — Ses actes sont donc dépourvus de toute autorité tant magistérielle que canonique ; du coup, on voit comment il n’est pas impossible que les actes de Paul VI soient contraires à la foi catholique et incompatibles avec l’autorité pontificale, et que l’affirmer n’est en rien nier les prérogatives d’un pape, en particulier son infaillibilité et sa juridiction universelle et immédiate.

— Cependant, cette preuve ne dit rien de la personne de Paul VI, car l’intention qui lui est déniée n’est pas son intention personnelle (finis operantis, qui demeure hors de cause) mais l’intention objective qui est habituellement immanente à ses actes (finis operis). Elle ne permet donc pas d’affirmer que Paul VI est personnellement hors de l’Église catholique, pour raison de péché d’hérésie ou de schisme. (Note du défenseur de la « thèse ».)

(2) — « Pour qu’il y ait état de nécessité, il faut et il suffit que le bien commun de la foi catholique ne soit plus considéré par les autorités que comme l’objet d’un simple attachement personnel. Or, c’est bien ce que nous voyons dans le gouvernement des papes Jean-Paul II et Benoît XVI. Le motu proprio Ecclesia Dei afflicta (1988), puis le motu proprio Summorum pontificum (2007) considèrent le libre usage de la liturgie traditionnelle comme une simple alternative facultative, à laquelle on peut recourir de façon extraordinaire, mais qui ne doit pas remettre en cause l’acquis foncier de la nouvelle liturgie, encore moins les enseignements et les réformes du concile Vatican II. Or, cet héritage de Vatican II et de la réforme liturgique est la négation même du bien commun de l’unité ecclésiastique. » (Abbé GLEIZE, Vu de Haut 14 (2008), p. 101-102).

 


 

Source “Bibliothèque de combat” : https://bibliothequedecombat.wordpress.com/2014/12/14/que-penser-de-la-these-sedevacantiste-de-cassiciacum/

 


 

Ndlr du CatholicaPedia Blog :

Au moment où l’abbé Francesco RICOSSA, directeur de la revue Sodalitium, a donné une conférence sur la Thèse de Cassiciacum à Paris ce 30 novembre 2014, ce texte du Sel de la Terre N° 79 a déjà été réfuté de longue date… et l’incompétence de ce Pierre-Marie des BonsHommes d’Avrillé, alias “Dominicus” démontré et démonté aussi bien par le CIRS (Comité International de Recherches Scientifiques, Rore Sanctifica) que par Louis-Hubert Remy des ACRF (Amis du Christ Roi de France). Il en est de même pour l’abbé Gleize, démontré et démonté aussi bien par Virgo-Maria et Bruno Saglio des ESR (Éditions Saint-Remi)…

Nous y reviendrons pour tout cela…