Monseigneur Fellay est un âne !

Dans une conférence tenue par Mgr Fellay en avril 2008 au Gabon[1], celui-ci affirmait sous le titre « L’Histoire de l’Église nous renseigne » ce qui suit :
« L’histoire nous apprend que le Corps Mystique, rarement, très rarement, peut avoir mal à la Tête, celle qui est visible, à savoir le Pape car la tête invisible, le Christ, est parfaite et toujours en santé. Ainsi dès les débuts, St Pierre, premier Pape, a failli en reniant le Christ.
Plus tard St Paul s’opposera vigoureusement à la décision de Saint Pierre d’imposer le fardeau du Mosaïsme aux chrétiens venus du paganisme.
Au temps de l’arianisme, le Pape Libère signera une profession de foi semi arienne. Il excommuniera St Athanase d’Alexandrie, fidèle au Credo catholique, lequel avait continué de sacrer des évêques catholiques, malgré le Pape.
Le Pape Honorius favorisa l’hérésie à tel point qu’après sa mort, sous le pontificat de Léon II, Honorius sera jugé, condamné, ses restes exhumés, brûlés et jetés dans le Tibre.
Ces quelques faits de l’Histoire antique de l’Église disent assez que la Tête, le Pape, peut se tromper. »
Un de nos correspondants vient de nous adresser un échange de courrier qu’il a eu avec Mgr Fellay à se sujet, et ses réflexions quant à l’incompétence doctrinale de celui-ci au moment où vont s’ouvrir les « discutions doctrinales »[2] avec la secte Conciliaire dans le but de convertir celle-ci à l’Église Catholique. La FSSPX prétend être l’Église catholique et surtout l’Église ENSEIGNANTE :
Mon propos n’aura pas pour but de dire ou d’inciter les catholiques à se détourner de la FSSPX en tant que dispensatrice des sacrements. Il est certain que les sacrements ont été changés, qu’ils ont été pervertis, le plus souvent dans la matière et la forme, par les Révolutionnaires qui ont fait avec Vatican II « 1789 dans l’Église » comme le disait le F. M. prétendu cardinal, Suenens.
Ce dont il s’agit ici, c’est de démontrer que la FSSPX n’est pas l’Église catholique et surtout qu’elle n’est pas l’Église ENSEIGNANTE comme elle le prétend. Ce que je dis ici, et ce à quoi non seulement j’incite, mais j’incite instamment, c’est donc de se détourner absolument de l’ENSEIGNEMENT de la FSSPX : qu’il s’agisse des sermons, des retraites, des conférences, des cercles, et surtout des écoles, des universités et des ordres religieux, ils sont à fuir. L’enseignement de la FSSPX est à fuir et le milieu social qui s’est créé autour d’elle est à fuir. La FSSPX n’est pas l’Église, elle n’est pas l’Église enseignante, car « l’Église c’est le Pape », disait Mgr de Ségur.
Que la FSSPX s’auto attribue un rôle d’Église Enseignante « de suppléance » ce n’est pas douteux : « Pourquoi, les uns et les autres, avons-nous été attirés par cette Fraternité St Pie X… ? », demandait récemment de Cacqueray. « Pourquoi avoir choisi, », déclare-t-il[3] « pour les uns, de devenir prêtres, … pour les autres de fréquenter ses chapelles, pour tous de s’en remettre à son enseignement et à son action de suppléance dans la crise de l’Église ? » Et un autre, de la même FSSPX, nous parle le plus sérieusement du monde du « ministère critique de la Fraternité Saint Pie X »[4] !
Nous allons donc passer en revue un échange de courrier que nous avons eu ces six derniers mois avec Mgr Fellay, échange qui démontre d’abord que l’enseignement de la FSSPX est nocif, qui démontre ensuite que la FSSPX se substitue à l’enseignement ordinaire du Souverain Pontife. Cette substitution n’est pas admissible, d’abord parce que la FSSPX n’est pas le Pape et ensuite parce que son enseignement est faux. L’échange de courrier que nous allons voir démontre également et surtout que la conception de l’Église professée par la FSSPX n’est autre que celle de l’Université de Paris au temps de Ste Jeanne d’Arc.
Avant de passer à la lecture du courrier que notre correspondant envoya à Mgr Fellay, à la suite de cette conférence, examinons deux points sur lesquels notre correspondant n’est pas revenus dans ses échanges avec le supérieur de la FSSPX, mais qui ont néanmoins leur importance.
Voici les réflexions de notre correspondant (les accentuations gras et soulignés sont de nous) :
Y a-t-il deux têtes dans l’Église ?
Mgr Fellay indiquait donc, nous l’avons lu, : « L’histoire nous apprend que le Corps Mystique, rarement, très rarement, peut avoir mal à la Tête, celle qui est visible, à savoir le Pape car la tête invisible, le Christ, est parfaite et toujours en santé. »
Boniface VIII enseigne pourtant dans la Bulle Unam Sanctam : « L’Église une et unique n’a qu’un seul corps, une seule tête, non pas deux têtes comme pour un monstre, à savoir le Christ et le Vicaire du Christ, Pierre et le successeur de Pierre … [5]
Cette création de deux têtes dans l’Église c’est l’opposition, classique, de tous les hérétiques et de tous les schismatiques, entre N. S. Jésus-Christ et Son Vicaire, Il y a dix ans déjà, nous faisions état de cette même position ainsi formulée par l’abbé du Chalard dans son livre La tradition « excommuniée » : « Le Pape est le Vicaire et non le Successeur du Christ, disait-il et l’Église est le Corps Mystique du Christ, non le Corps Mystique du Pape. C’est pourquoi saint Jérôme écrivait au Pape Damase : « Moi, je ne suis personne d’autre que le Christ comme premier chef : Je suis ensuite lié par la communion à Votre Béatitude, c’est-à-dire à la chaire de Pierre, sachant que sur cette pierre est bâtie l’Église. « [6] En d’autres termes, le devoir de suivre le Christ est indépendant de celui de suivre le Pape. Je passe sur le fait que l’abbé du Chalard était contraint de fabriquer un faux pour soutenir sa position, car St Jérôme disait « Moi, ne suivant personne en premier sinon le Christ je suis lié par la communion à Votre Béatitude, c’est à dire à la chaire de Pierre. Je sais que sur cette pierre est bâtie l’Église. «
Cette position est bien celle des hérétiques puisque Marc Sangnier, chef du Sillon condamné par St Pie X, disait : « L’Église ce n’est pas le clergé ; ce ne sont pas les évêques, l’Église ce n’est pas le Pape ; l’Église c’est Jésus-Christ » [7] . Un autre moderniste, G. Tyrrell, ancien jésuite excommunié par St Pie X, qui mourra comme Loisy dans l’apostasie, écrivait : « Déférents, autant que le permet la conscience et la sincérité, vis à vis des interprètes officiels de la pensée de l’Église, nous devons cependant interpréter leurs interprétations d’après la règle plus haute et suprême de la vérité catholique, c’est à dire la pensée du Christ« .
« Cet appel, du Pape au Christ, commentait l’abbé Lebreton dans une étude sur le modernisme, est trop évidemment protestant pour ne point choquer un catholique : confiant aux promesses du Christ et soumis à ses ordres, il sait qu’en écoutant l’enseignement du Pape, il écoute l’enseignement du Christ, et qu’en méprisant l’enseignement du Pape, il mépriserait l’enseignement du Christ ; il sait que le chrétien n’est pas enseigné de Dieu individuellement et dans le silence de sa conscience, mais collectivement par le Magistère de l’Église. Mais ce qu’il faut remarquer surtout, c’est que la thèse protestante, qui se manifeste ici avec tant d’évidence, est la conséquence inéluctable de tout le système : si la révélation est communiquée immédiatement à chaque âme… il n’y a plus de place pour l’autorité dogmatique infaillible. » [8]
Voltaire et les Encyclopédistes à la rescousse.
Deuxième point, Mgr Fellay affirme : « Le Pape Honorius
favorisa l’hérésie à tel point qu’après sa mort, sous le pontificat de Léon II, Honorius sera jugé, condamné, ses restes exhumés, brûlés et jetés dans le Tibre ». Là, on en est à la propagande révolutionnaire de Voltaire et des Encyclopédistes. Le Pape Honorius est tranquillement enterré dans St Pierre de Rome depuis sa mort. Ses restes n’ont jamais été exhumés, n’ont jamais été brulés ni jetés dans le Tibre. C’est de la calomnie pure, sans envergure, débile. Elle ne peut même pas être objet d’une contestation argumentée vu son néant absolu de fondement. Mgr Fellay serait d’ailleurs bien en mal de nous en communiquer le moindre début d’élément historique.
Il faut donc se détourner de l’enseignement – non des sacrements, – mais de l’ENSEIGNEMENT de la FSSPX. Cet enseignement est faux. Il détruit les fondements de l’Église, il détruit surtout tout principe de relèvement de l’Église. On connaît la rengaine de la FSSPX : « S’il n y a plus de Pape, il n’y a plus de cardinaux, donc Roncalli, Montini, Wojtyla et Ratzinger sont Papes, sinon on ne peut plus faire de Pape » ! À cette affirmation naturaliste on doit opposer la question de savoir « un Pape pour quoi faire » ? « Avoir des cardinaux pour faire un Pape qui sert à quoi ? » À écrire des Encycliques auxquelles on ne croit pas ? À canoniser des Saints que l’on n’honore pas ? À commander dans les mœurs et la discipline sans qu’on lui obéisse ?
Mgr Fellay et la FSSPX vous répondront que le Pape est infaillible dans son enseignement extraordinaire. Mais à ce compte là le Pape est réduit à gouverner l’Église à coup de dogmes : un dogme pour condamner la liberté religieuse, un dogme pour condamner Vatican II ou plusieurs dogmes pour condamner tout ce qui n’y est pas traditionaliste, un dogme contre l’œcuménisme avec les fausses religions, un dogme pour condamner Assise, un dogme pour condamner la célébration de la Hanouka au Vatican ou plusieurs autres pour condamner les prières publiques dans les mosquées ou tes synagogues, un dogme pour ou contre la validité des nouveaux sacres épiscopaux et celle des nouvelles ordinations sacerdotales ; mais aussi un dogme contre la nouvelle messe, un dogme pour remettre les autels à l’endroit, un dogme pour condamner l’usage du vernaculaire et pour remettre en usage le grégorien, un dogme pour la prière du Vendredi Saint, etc. etc. …
Revenons donc à notre polémique avec Mr Fellay.
Notre première Lettre à Mgr Fellay, le 29 septembre 2008 :
« Excellence,
« Un de mes amis m’a fait parvenir photocopie de la recension, publiée par Le Saint Pie, de la conférence que vous avez prononcée, le 18 avril dernier [2008] à la mission St Pie X du Gabon. Selon le rapporteur, vous avez repris, au titre de l’Histoire de l’Église, comme arguments en faveur de la faillibilité possible du Saint Siège, la chute de St Pierre, l’opposition de St Paul à Antioche, l’excommunication de St Athanase par le Pape Libère et la condamnation du Pape Honorius.
« Ces faits historiques ont été remis en circulation, par le clan hostile à l’infaillibilité pontificale, durant la préparation du Concile Vatican I. Le Pape Pie IX et le concile n’en ont pas tenu compte, puisque le dogme de l’infaillibilité a été proclamé. Mais ces arguments avaient été combattu et réduits à néant par les partisans de l’infaillibilité, sous l’impulsion de Mgr Duchesne [lapsus calami : en réalité il s’agit de Mgr Deschamps Archevêque de Malines, Duchesne est un moderniste adversaire venimeux de l’infaillibilité], l’adversaire de Dupanloup et Dom Guéranger, abbé de Solesmes.
« Voici leurs arguments :
« 1. St Pierre n’était pas encore Pape, lors de son apostasie, dans la nuit du jeudi au vendredi saint.
« 2. St Pierre et St Paul se sont livrés à un jeu de rôle, dans cette prétendue opposition, ainsi que le démontrent St Jean Chrysostome et St Jérôme, comme le soutien également St Augustin, après avoir commencé par critiquer ce point de vue.
« 3. Le Pape St Libère n’a jamais excommunié St Athanase ainsi que le démontrent de nombreux historiens dont Darras (Hist. De l’Église t. IX, p. 512, n° 42) Berchillion (Dissertation sur la prétendue chute du Pape Libère). Mise en circulation par l’arien Philostorgue, cette calomnie prétend reposer sur une lettre de St Hilaire et une de St Jérôme, dont on a démontré qu’elles étaient des faux.
« 4. La question du Pape Honorius repose sur sa réponse au monothéiste Sergius. Le Pape a été lavé de tout soupçon d’hérésie par son, successeur, le Pape Jean IV, dans une lettre adressée à Constantin III. Le texte de cette lettre se trouve dans le Dic. De théologie catholique au mot Honorius col. 108 .
« Il m’apparaît tout à fait indigne de votre excellence de se borner à diffuser ce que tout le monde colporte aujourd’hui sans preuve. Aussi je sollicite, l’erreur étant humaine, une étude personnelle de votre part sur ce sujet.
« Veuillez agréer, Excellence, etc.
Réponse de Mgr Fellay le 19 décembre 2008 :
Cher Monsieur,
Votre lettre du 29 septembre m’est bien parvenue, veuillez me pardonner si je ne vous réponds qu’en ce jour.
En la dite courrier (sic), vous me reprochiez certains propos que j’ai tenus à Libreville à l’occasion d’une conférence le mois d’avril dernier. Vos reproches portent essentiellement sur des arguments que j’ai utilisés pour expliquer la position de la Fraternité Saint Pie X dans la crise actuelle.
Vous affirmez dans votre lettre que ces arguments ont été ceux des adversaires à l’infaillibilité pontificale à la fin du XIX° siècle, peut-être ! Mais d’une part il reste que les faits avancés sont historiques et d’autre part, étant donné que le concile Vatican I° a bien défini les critères de l’infaillibilité pontificale, nous pouvons dire aujourd’hui que l’infaillibilité pontificale n’était pas exercée dans le cas d’Honorius, dans le cas de l’excommunication de saint Athanase et dans l’incident d’Antioche.
Pour mémoire, je me permets de vous rappeler la définition de l’infaillibilité pontificale donnée au concile Vatican I° : « Lorsque le pontife romain parle ex cathedra,
c’est-à-dire
1- lorsque, remplissant sa charge de pasteur et de docteur de tous les chrétiens,
2- il définit, en vertu de sa suprême autorité apostolique,
3- qu’une doctrine en matière de foi ou de morale
4- doit être tenue par toute l’Église,
il jouit, en vertu de l’assistance divine qui lui a été promise en la personne de saint Pierre, de cette infaillibilité dont le divin Rédempteur a voulu que soit pourvue son Église lorsqu’elle définit la doctrine sur la foi ou la morale ; par conséquent, ces définitions du pontife romain sont irréformables par elles-mêmes et non en vertu du consentement de l’Église. » (DZ 3074, Constitution dogmatique Pastor aeternus)
Vous sollicitez une étude personnelle de ma part sur la question. Le temps qui m’est imparti est assez restreint, je m’en irai donc à l’essentiel, en analysant successivement le cas du pape Honorius, le cas de l’excommunication de saint Athanase et celui de l’incident d’Antioche.
1) Cas d’Honorius
Dans votre courrier, vous affirmez que le pape Honorius a été lavé de tout soupçon d’hérésie par le pape Jean IV et vous me donnez la référence du DTC correspondante.
J’aurai espéré que par honnêteté intellectuelle vous n’en soyez pas resté là, mais que vous ayez poursuivi la lecture de ce même DTC. Vous auriez ainsi appris qu’un concile (Concile de Chalcédoine) et des papes ont par la suite condamné Honorius comme ayant favorisé l’hérésie, à savoir saint Agathon, saint Léon, Léon II : « Et de la même manière Nous anathématisons les inventeurs de la nouvelle erreur, à savoir Théodore, l’évêque de Pharan, Cyrus d’Alexandrie, Serge, Pyrrhus … de même que Honorius qui n’a pas purifié cette Église apostolique, mais a tenté de subvertir la foi immaculée en une trahison impie (texte grec : a permis que l’Église soit souillée par une trahison impie). » (DZ563)
Le DTC termine ainsi son analyse de la question d’Honorius, Honorius I° col 129-130
« La définition du concile du Vatican fait entrer la question d’Honorius dans une phase plus sereine. Elle ne supprimera pas, bien au contraire, les attaques des protestants de toute nuance ; le cas d’Honorius restera toujours pour eux une arme de choix contre la doctrine de l’infaillibilité pontificale ; mais entre catholiques on est d’accord pour interpréter cet incident regrettable de l’histoire de l’Église, sans porter atteinte à la souveraineté du magistère ecclésiastique incarné dans le pontife romain. Quels que soient les moyens de défense adoptés, il reste vrai que jamais, dans un document ex cathedra, un pape n’a erré dans la foi. La théologie affirme que ce n’est pas possible, l’histoire est heureuse de souscrire à ce jugement en déclarant que cela n’a jamais été. »
2) Cas de l’excommunication de saint Athanase
Dans votre lettre, vous remettez en cause mes Propos (sic) sur l’excommunication de saint Athanase par le pape Libère, je vous invite donc à lire attentivement la Lettre « Studens paci » aux Évêques d’Orient du pape Libère.
« Dans le souci de la paix et de la concorde entre les églises, après avoir reçu la lettre écrite par Votre Charité à l’évêque Jules de bienheureuse mémoire au sujet de la personne d’Athanase et d’autres, et suivant la tradition des prédécesseurs, j’ai envoyé en députation les presbytres de la ville de Rome, Lucius, Paul et Helianus à Alexandrie auprès d’Athanase susnommé, pour qu’il vienne à Rome afin que soit établi en sa présence à son encontre ce qui correspond à la discipline de l’Église. Je lui ai fait transmettre également par les presbytres susdits une lettre dans laquelle il était dit que, s’il ne venait pas, il devait savoir qu’il serait exclu de la communion avec l’Église romaine. À leur retour, les presbytres rapportèrent qu’il refusait de venir. Finalement je me suis conformé à la lettre de Votre Charité, que vous nous avez adressée au sujet dudit Athanase, et cette lettre que j’ai composée dans le souci de l’unanimité avec vous, doit vous faire savoir que je suis en paix avec vous tous et avec tous les évêques de l’Église, mais que ledit Athanase est exclu de la communion avec moi, c’est-à-dire de la communion avec l’Église romaine, et de l’échange des lettres ecclésiastiques. (DZ 138)
3) Saint Pierre repris par saint Paul.
Vous appuyant sur certains pères de l’Église, vous affirmez que l’incident d’Antioche ne s’explique que par le fait qu’il s’agirait là d’un jeu de rôle. Certains pères de l’Église ont en effet pensé que saint Paul a repris saint Pierre en simulant, croyant en cela, sauvegarder l’autorité de saint Pierre … Mais d’autres pères, et non pas les moindres les ont réfutés : à savoir saint Augustin, saint Ambroise, saint Cyprien et saint Thomas d’Aquin. Ces saints auteurs expliquent que saint Pierre a péché véniellement en la circonstance, mais qu’il était nécessaire qu’il soit repris par saint Paul afin d’éviter un scandale plus grand.
D’autre part saint Paul lui-même est très clair. Dans son épître aux Galatiens (sic), chap II, verset 11 et suivants, il écrit qu’il a résisté à saint Pierre en face, parce que celui-ci était digne de blâme.
« Mais lorsque Céphas vint à Antioche, je lui résistai en face, parce qu’il était digne de blâme. En effet, avant l’arrivée de certaines gens de l’entourage de Jacques, il mangeait avec les païens ; mais après leur arrivée, il s’esquiva, et se tint à l’écart, par crainte des partisans de la circoncision. Avec lui, les autres juifs usèrent aussi de dissimulation. En sorte que Barnabé lui-même s’y laissa entraîner. Pour moi, voyant qu’ils ne marchaient pas droit selon la vérité de l’Évangile, je dis à Céphas en présence de tous : « Si toi qui es juif, tu vis à la manière des gentils et non à la manière des juifs, comment peux-tu forcer les gentils à judaïser ? »
Voilà donc quelques lignes, qui je l’espère, vous aideront à relire ma conférence de Libreville avec de meilleures dispositions.
Vous assurant …
Notre réponse du 18 janvier 2009 :
Monseigneur,
Votre réponse du 19 décembre dernier nous est bien parvenue et nous vous en remercions, toutefois elle ne peut rester sans réponse de notre part, comme si elle terminait la question. Non que nous prétendions nous poser en censeurs de votre excellence, mais très simplement parce que nous ne pouvons laisser les arguments avancés sans les réfuter, dans la mesure où ils doivent l’être. Sans doute reprocherez-vous à de simples laïques de s’aventurer sur de tels sujets. Nous ne faisons qu’imiter, et suivre très exactement sur le terrain dont il est question ici, d’illustres devanciers comme Joseph de Maistre ou Louis Veuillot. Ce dernier fut d’ailleurs très vigoureusement défendu par Mgr Pie, puis justifié par Sa Sainteté Pie IX dans une encyclique mémorable sur les devoirs des écrivains laïques catholiques, lorsqu’il fut attaqué et « interdit » notamment par Mgr Dupanloup.
Avant d’en venir aux arguments relatifs aux évènements passés, notamment ceux dont vous affirmez l’historicité, permettez-nous de souligner que rien, ni personne, ni ange, ni St Paul lui-même, ni une série d’antipapes, ni la pression sociale formidable du milieu traditionaliste, ne pourront contredire Pie XII dans Humani generis : « Et l’on ne doit pas penser que ce qui est proposé dans les lettres Encycliques n’exige pas de soi l’assentiment, sous le prétexte que les Papes n’y exerceraient pas le pouvoir suprême de leur Magistère. C’est bien, en effet, du Magistère ordinaire que relève cet enseignement et pour ce Magistère vaut aussi la parole : « Qui vous écoute, M’écoute … « , et le plus souvent ce qui est proposé et imposé dans les Encycliques appartient depuis longtemps d’ailleurs à la doctrine catholique. Que si dans leurs Actes, les Souverains Pontifes portent à dessein un jugement sur une question jusqu’alors disputée, il apparaît donc à tous que, conformément à l’esprit et à la volonté de ces mêmes Pontifes, cette question ne peut plus être tenue pour une question libre entre les théologiens. «
Si les Encycliques « exigent de soi l’assentiment », jamais les Papes n’ont pu y enseigner l’erreur, et aucun des prétendus exemples historiques brandis en trophée contre l’autorité du Saint Siège n’ont montré un seul Pape enseignant, dans l’exercice de ses fonctions et à toute l’Église, une quelconque hérésie condamnée. À cela s’ajoute la simple logique : si l’enseignement des Papes dans leurs Encycliques n’est pas infaillible, aucune des erreurs modernes, ni les Droits de l’homme, ni la maçonnerie, ni le communisme, ni l’américanisme, ni le Sillon, ni le modernisme, ni le nazisme, ne sont condamnés infailliblement. Les Papes pouvant se tromper dans tous et chacun des documents condamnant ces erreurs, y compris Pascendi, plus rien ne soutient les catholiques opposés à Vatican II, si ce n’est une question de choix personnel. Refuser l’infaillibilité des Encycliques c’est défendre implicitement, mais inéluctablement, la liberté de pensé.
Venons-en maintenant aux arguments, assurés comme historiques, qui nous sont opposés.
Concernant les reproches faits par St Paul à St Pierre, vous affirmez que « d’autres pères, et non pas les moindres … expliquent que saint Pierre a péché véniellement en la circonstance », St Augustin, St Ambroise, St Cyprien et St Thomas d’Aquin. Cela est inexact, au moins pour St Augustins[9], lequel affirme en terminant sa polémique avec St Jérôme :
« Après l’Ascension du Sauveur et la descente du St Esprit au cénacle, les cérémonies de l’ancienne loi n’étaient intrinsèquement ni bonnes, ni mauvaises. Elles avaient cessé d’être obligatoires, sans être encore réprouvées ; elles étaient mortes, elles n’étaient pas encore mortifères ; en un mot, elles étaient devenues choses indifférentes, dont on pouvait user dans une certaine mesure pour la conversion des juifs, de même qu’on les pouvait négliger vis-à-vis des gentils. C’est ainsi que l’apôtre St Paul, qui avait soumis Timothée à la circoncision [après ses reproches à St Pierre, et « à cause des juifs qui étaient en ce lieu »], ne l’imposa nullement à Tite, son autre disciple. »[10]
Nous ne contestons pas que d’autres Pères et Docteurs aient pu exprimer un autre avis que celui de St Jérôme et St Jean Chrysostome. Cet avis – délibérément occulté aujourd’hui – montre simplement que l’épître aux Galates ne peut trancher définitivement, comme on le fait, la question en faveur de la faillibilité de l’enseignement ordinaire des Souverains Pontifes. Cette faillibilité de l’enseignement ordinaire de St Pierre et de ses successeurs n’est en effet aucunement en question ici. Car jamais aucun Père de l’Église ni aucun Docteur n’a prétendu que ce que St Paul reprochait à St Pierre fut un enseignement, ni que cet enseignement fut proposé à toute l’Église comme une Encyclique ou une Déclaration Conciliaire, et encore moins que St Pierre ait enseigné une hérésie, trois éléments parfaitement remplis par nombre de documents des quatre derniers occupants du St Siège. Le parallèle n’est donc pas possible.
Je ne m’étendrai pas sur l’excommunication de St Athanase. La lettre Studens paci citée dans le Denzinger post-conciliaire est un faux. Le fait que la secte de faussaires – capables de rédiger la TOB et de réhabiliter Luther –, escrocs notoires, se bornent à affirmer péremptoirement que « l’authenticité de ces lettres … ont été autrefois mise en doute, à tort » (p. 46) n’y change rien. Cette lettre du Pape Libère, tous les auteurs, auxquels nous nous référons ci-dessous, ont prouvé qu’il s’agissait d’un faux[11]. Cette lettre du Pape Saint Libère est inexistante pour tous les hagiographes de St Athanase à commencer par les Bollandistes. Bossuet lui-même, dont on ne peut contester l’érudition et qui avait un intérêt puissant à défendre l’authenticité de cette lettre dans sa défense du gallicanisme, la raya de ses œuvres comme le prouve l’abbé Rochbacher[12]. Le constat est accablant : l’excommunication de St Athanase est un MYTHE fondé sur des faux rédigés par des ariens et réfutés il y a plus de trois siècles !
Ce genre de falsifications, combien n’en a-t-on pas vu ? Le catéchisme de St Pie X lui-même qui disait « Le Pape seulement est infaillible lorsque, en sa qualité de Pasteur, etc. » n’a-t-il pas été remplacé dans la traduction de Madiran par « Le Pape est infaillible seulement lorsque … » ?
Concernant le Pape Honorius, personne plus que le Père Gratry n’a accumulé les arguments et les documents contre ce Pape dans sa Première lettre à Mgr Deschamps[13]. De l’accumulation gigantesque de cet ennemi venimeux du Saint Siège contre le Pape Honorius il ne reste rien après ce qu’en ont écrit : l’abbé Rochbacher, dans son Histoire de l’Église éd. 1849 t. 10 ; l’abbé Darras dans son Histoire de l’Église t. 19 ; Mgr Fèvre dans son Histoire apologétique de la Papauté t. III ; Dom Guéranger dans Défense de l’Église Romaine contre les accusations du Père Gratry, De la monarchie Pontificale, Réponses aux dernières objections contre le définition de l’infaillibilité du pontife romain et De la définition de l’infaillibilité papale ; Mgr de Ségur dans Le Souverain pontife, Le Dogme de l’infaillibilité et l’article de l’Univers du 1er mai 1872 ; l’abbé Constant dans Honorius a-t-il été Monothélite ? ; Joseph de Maistre dans Du Pape et De l’église gallicane ; et, concernant les débats violents sur cette question durant le concile Vatican I, Louis Veuillot dans Rome pendant le Concile. Chacun de ces auteurs, tous défenseurs émérites de l’Église contre la Révolution contemporaine, n’ont en face d’eux que des catholiques libéraux allant chercher les arguments de leur partialité chez des hérétiques. Par conséquent, et quelle que soit ce que l’on peut trouver dans le DTC, la question d’une éventuelle profession de l’erreur par Honorius est réglée. Et il n’en reste rien, non pas seulement, comme vous l’affirmez, concernant le dogme de l’infaillibilité de l’enseignement ex cathedra des Papes, mais même en ce qui concerne l’enseignement pur et simple, l’enseignement ordinaire, du Pape Honorius.
Vous invoquez le Concile de Chalcédoine qui l’aurait condamné. Les actes de ce Concile contenant cette condamnation n’ont jamais été approuvés par un Pape. Ils sont donc nuls. Vous citez ensuite la traduction du Denzinger post-conciliaire de la lettre du Pape Léon II. Permettez-nous d’invoquer celle, donnée par tous les auteurs auxquels nous nous référons : « Honorius ne s’est pas efforcé de purifier l’Église apostolique par l’enseignement de la tradition des apôtres, il a laissé passer l’impur et hypocrite trahison qui a souillé la foi immaculée ». Entre « ne pas s’efforcer de purifier l’Église, laisser passer l’impur et hypocrite trahison » et « tenter de subvertir la foi immaculée en une trahison impie » comme le prétendent les modernistes, il y a un abîme !
Mais placer le débat qui nous oppose sur cette condamnation du Pape Honorius c’est déplacer le problème. Le fond de la question n’est pas tant cette condamnation pour grave qu’elle soit, que de savoir si, oui ou non, le Pape Honorius, Souverain Pontife de l’Église Romaine, a enseigné l’erreur. Car la polémique créée contre ce Pape (à commencer par l’hérétique Quesnel) et, à travers lui, contre la soumission envers le Saint Siège, consiste à dire que le Souverain Pontife a pu et peut errer dans son enseignement ordinaire à toute l’Église.
Dans cette exacte mesure, la prétendue chute du Pape Honorius, et même sa condamnation, sont absolument sans objet puisque tous, y compris les opposants les plus acharnés du Saint Siège, sont obligés de reconnaître que le Pape Honorius n’a pas, n’a jamais enseigné la moindre chose contredisant la doctrine catholique. C’est la conclusion péremptoire de Dom Guéranger. Cette accusation portée par le Pape Léon II – replacée dans son exacte portée, à savoir de ne pas avoir condamné un point, non encore dogmatique à l’époque, dans une lettre privée d’un Souverain Pontife à un seul évêque – ne peut en aucun cas être considérée comme un « précédent » à l’actuel enseignement constant de l’hérésie dans des Encycliques et des Actes d’un Concile Œcuménique.
Établir un quelconque parallèle entre l’éventuelle faute de St Pierre ou la non condamnation du patriarche Sergius par le Pape Honorius avec la situation actuelle de constante promotion par Roncalli, Montini, Wojtyla et Ratzinger d’hérésies condamnées comme telles, est invraisemblablement abusif ! Mater et Magistra, Dignitatis humanae, les multiples Encycliques explicitement hérétiques de Wojtyla et Ratzinger, sans parler d’Assise, des célébrations de la Hanouka talmudique au Vatican ou des ‘prières’ dans les mosquées et autres bénédictions réclamées à des rabbins ou à des pontifes d’autres religions diaboliques par des « Souverains Pontifes », n’ont aucune commune mesure avec les reproches faits à St Pierre ou à un Pape Honorius. Ces derniers n’ont jamais enseigné d’hérésies, ni ex cathedra ni dans leur enseignement ordinaire à toute l’Église. Non, Monseigneur, il n’y a dans l’histoire des Souverains Pontifes aucun précédent à la situation de guerre organisée contre l’Église Catholique par ceux que Mgr Lefebvre appelait des « anti-christs occupants le Siège de Pierre » !
Daigne Votre Excellence…
La « fin de non recevoir » du secrétariat de Mgr Fellay du 16 février 2009 : …
Messieurs,
Monseigneur Fellay vous remercie pour votre lettre du 20 janvier à laquelle il m’a demandé de répondre.
Il s’est étendu longuement sur la question dans sa réponse à votre lettre précédente. Votre position n’est pas celle de Monseigneur Lefebvre et ne sera jamais la nôtre ; l’extrait ci-joint de son homélie prononcé le 26 février 1983 à Zaitzkofen vous éclairera peut-être.
Je vous assure …
Yann Volanthen
Doit-on aller à Rome ?
Extrait de l’homélie prononcée par Mgr Lefebvre à Zaitzkofen le 26 février 1983
« Pour ma part, il m’a toujours semblé, en nous appuyant sur la sainte et fidèle Tradition de l’Église, que c’était mon devoir d’aller à Rome, de protester et de tout faire pour que le retour à la Tradition arrive un jour ? Alors certains membres aussi, quelquefois, de la Fraternité-hélas, ont estimé qu’il ne fallait plus aller à Rome, qu’il ne fallait plus avoir de contacts avec ceux, qui actuellement se dirigent vers l’erreur, qu’il fallait abandonner tous ceux qui ont adopté le concile Vatican II et ses conséquences, et par conséquent, puisque la Fraternité continuait à avoir des contacts avec Rome et avec le Pape, ils ont préféré quitter la Fraternité.
Eh bien mes chers frères ça n’a jamais été ce que la Fraternité a fait, ni jamais l’exemple que j’ai cru devoir donner. Au contraire, je ne cesse d’aller à Rome, je continue d’aller à Rome et je continue d’avoir des contacts avec le cardinal Ratzinger, que vous connaissez bien, dans le but de faire revenir Rome à la Tradition.
Si je considérais qu’il n’y a plus de pape, pourquoi aller à Rome ? Mais alors comment espérer faire revenir l’Église à sa sainte Tradition ?
Car c’est le pape qui doit faire revenir l’Église à la Tradition, c’est lui qui a la responsabilité et si aujourd’hui hélas il se laisse entraîner dans ces erreurs de Vatican II, ce n’est pas une raison pour l’abandonner, bien au contraire ! Il faut faire tous nos efforts pour le faire réfléchir sur la gravité de la situation, le faire revenir à la Tradition et lui demander de faire revenir l’Église dans le chemin qu’elle a poursuivi pendant vingt siècles.
Certains me diront sans doute, ceux qui nous quittent de cette manière : « C’est inutile, vous perdez votre temps ». C’est qu’ils n’ont pas confiance en Dieu ; Dieu peut tout. Humainement parlant c’est vrai, c’est décevant, mais le Bon Dieu peut tout et la prière peut tout obtenir. Et c’est pourquoi nous devons doublement prier pour le pape, pour que le bon Dieu l’éclaire, pour qu’il ouvre enfin les yeux, pour qu’il voit les désastres qui se répandent dans l’Église, pour qu’enfin les séminaires se remplissent à l’image des nôtres pour de nouveau faire des prêtres qui célèbrent la véritable messe et chantent la gloire du bon Dieu comme Notre Seigneur l’a fait sur la croix, et continuent le sacrifice de la croix. Voilà pourquoi je vais à Rome, voilà ce qu’est la Fraternité mes chers amis. »
On pourrait penser que cet échange de courriers est vain et sans objet. Chacun reste sur ses positions de départ. Chacun a ses arguments. Et il ne manquera pas de libéraux pour renvoyer dos à dos deux convictions personnelles.
En réalité cette fin de non recevoir du secrétariat de Mgr Fellay démontre que la notion de l’Église enseignante que professe la Fraternité saint Pie X est celle de l’Université de Paris qui a brûlé Ste Jeanne d’Arc au nom de cette fausse notion.
Car le secrétariat de Mgr Fellay pose clairement les choses : nous leur disons que leur position s’oppose à l’enseignement de Pie XII dans Humani generis ; ils nous répondent « votre position ne sera jamais la nôtre », parce qu’elle « n’est pas celle de Mgr Lefebvre ».
Autrement dit, « nous adhérons à la pensée de Mgr Lefebvre et nous rejetons l’enseignement de Pie XII. Nous préférons continuer à opposer Notre Seigneur Jésus-Christ et le Pape plutôt que de nous soumettre à l’enseignement de Boniface VIII ; nous préférons adhérer aux mensonges des modernistes de Vatican II publiés dans le Denzinger et prétendre qu’il s’agit de vérités historiques plutôt que d’étudier ceux qui ont approfondi ces questions bien avant nous. »
En quoi cette position est celle de l’université de Paris ? D’abord en ce que, comme pour l’Université de Paris, pour la FSSPX l’autorité dans l’Église ce n’est pas l’Église enseignante mais les clercs et plus exactement un collectif de clercs. Ensuite parce que cette autorité collective est le paravent de tous les noyautages. Enfin parce que la FSSPX prétend non seulement remplacer l’Église enseignante, mais surtout enseigner l’Église enseignante en se posant comme ceux qui feront revenir le Pape à l’enseignement traditionnel de l’Église à travers des discussions doctrinales.
La FSSPX remplace l’autorité de l’Église Enseignante par celle d’un collectif de clercs.
Le recours à la position de Mgr Lefebvre est un trompe l’œil, car d’une part personne, surtout pas Mgr Lefebvre lui-même, ne peut prétendre que le fondateur de la FSSPX ai été infaillible et d’autre part parce qu’il est mort depuis 20 ans. Aussi, depuis la disparition de Mgr Lefebvre, qui dispense cet « enseignement de la FSSPX auquel tous doivent s’en remettre dans la crise de l‘Église », comme dit de Cacqueray ? Que l’on ne nous réponde pas qu’il s’agit de Mgr Fellay. Personne ne dit que Mgr Fellay est infaillible, personne n’envisage une quelconque prépondérance entre l’enseignement de Mgr Fellay et celui de l’un des trois autres évêques ; personne même n’envisage que l’enseignement de l’un des quelconques quatre évêques de la FSSPX ait une prépondérance quelconque sur ce qu’écrit tel dominicain d’Avrillé dans Le sel de la terre ou tel prêtre de la FSSPX dans Fideliter.
Cet « enseignement de la FSSPX auquel tous doivent s’en remettre » est donc d’abord l’enseignement des clercs, l’abbé X ou le R P. Y. Il est manifeste d’ailleurs que tout clerc est pour eux « théologien », c’est-à-dire quelqu’un ayant autorité en matière doctrinale, et tout « théologien » est pour eux une autorité équivalente à celle d’un Pape. Exemple typique : lorsque nous invitons Mgr Fellay à consulter la lettre du Pape Jean IV sur le Pape Honorius en lui indiquant simplement que l’on trouve cette lettre dans le Dic. de Théol. Catholique, que lui répond Mgr Fellay ? « J’aurai espéré que par honnêteté intellectuelle vous ayez poursuivi la lecture du dictionnaire de théologie catholique ». On lui indique l’endroit où il peut trouver la lettre d’un Pape, car ce qui nous importe c’est ce qu’enseigne le Pape ; il répond : ce qui m’importe à moi, c’est l’avis du théologien de service qui réécrit l’histoire.
Cet enseignement des clercs ou « théologiens » est ensuite un enseignement collectif. Il s’agit d’une garantie collective de vérité. L’enseignement auquel de Cacqueray prétend que « tous doivent s’en remettre », c’est un « consensus » de clercs qui s’auto-proclame garant de la vérité, qui s’auto-attribue gratuitement le rôle d’Église Enseignante. Et qu’est-ce d’autre que le rôle propre de d’Église Enseignante que ce « ministère critique » dont nous parle l’abbé Chautard dans le Chardonnet ? Le ministère critique n’est-il pas le propre du Souverain Pontife qui dénonce l’erreur, qui la condamne pour en prémunir les catholiques ?
À ces deux points de vue – enseignement de clercs et enseignement d’un collectif de clercs – la position de la FSSPX rejoint très exactement celle de l’Université de Paris qui condamna Ste Jeanne d’Arc. Cette Université avait la même prétention d’enseigner la vérité : « L’honneur du Roi et du royaume demande que pareille question soit traité en France et à Paris ; car, à Paris, se trouvent en plus grand nombre qu’à Rome ou dans aucune autre ville de la Chrétienté, les excellents maîtres et docteurs en droit divin et en droit canonique », déclaraient-ils[14]. Cette Université avait la même prétention d’être ceux qui dispensent l’enseignement auquel « tous doivent s’en remettre » lorsqu’elle répondait à Ste Jeanne d’Arc qui en appelait au jugement du Pape : « Il faut que vous vous soumettiez à notre mère la sainte Église, et que vous teniez ce que les clercs et gens en ce connaissant ont dit et déterminé de vos dits et faits » [15].
La FSSPX comme l’Université de Paris sont des entités collectives, des groupes de personnes. Il s’agit de groupes sans chefs déterminés ou en tout cas sans aucune autorité doctrinale déterminante identifiée. L’enseignement auquel, selon de Cacqueray, « tous doivent s’en remettre », est en réalité un consensus moyen et anonyme d’individus qui se donnent à eux-mêmes leurs titres d’autorité doctrinale.
Il est évident qu’une telle situation est le terrain idéal pour un pouvoir occulte pour diriger l’opinion et imposer l’erreur. Virion rapporte d’ailleurs que les principaux acteurs de l’Université de Paris, comme ceux du Concile de Bâle, était de simples clercs à peine bacheliers dont les opinions furent imposées avec les mêmes méthodes que celles utilisées à la Constituante révolutionnaire : il s’agit de la direction occulte par des noyaux dirigeants de groupes réducteurs.
La situation de la FSSPX est exactement celle-là. Il s’agit, au niveau doctrinal, d’un collectif se rangeant derrière un consensus fabriqué de toute pièce par des média (Fideliter, Le Sel de la Terre, Le Chardonnet, etc.). Il règne dans ces media la plus complète des libertés de pensée et d’expression. Le milieu « traditionaliste », et les prêtres qui le desservent, sont dirigés par ce consensus où l’infiltration marranes est absolument libre de faire tout admettre ou presque.
Le milieu « traditionaliste », et plus spécialement les clercs, n’ont d’ailleurs aucune idée de ce qu’est cette guerre révolutionnaire menée par la Révolution contre l’Église. Mgr Tissier de Mallerais, interrogé par un fidèle au cours d’une conférence donnée à Mantes il y a deux ou trois ans sur la question du rôle de la Maçonnerie à propos de Vatican II, a répondu : « cela n’a jamais été prouvé ». Que dit d’ailleurs Mgr Fellay dans sa lettre aux Amis et bienfaiteurs de Pâques dernier : « souvent cette lutte [de l’Église militante] reste au niveau spirituel ; de temps en temps, du niveau des esprits et des âmes elle descend au niveau des corps et devient visible… ». Comme si l’action de la judéo-maçonnerie et du marranisme contre l’Église n’était pas constante, perpétuelle, comme si il ne s’agissait pas à chaque instant d’un matraquage psychologique titanesque pour faire considérer, soit l’Église, soit ce que l’on appelle les « intégristes », comme les pires ennemis de l’humanité en marche, comme ceux qui doivent se repentir d’avoir asservi le monde avec leur théocratie heureusement détruite par les Droits de l’Homme. Comme si d’ailleurs, Vatican II en était resté au niveau des âmes, comme s’il n’y avait pas eu, comme s’il n’y avait pas encore constamment, une persécution physique, comme si le vidage des couvents, l’interdiction de la messe, comme si Assise ou les JMJ n’était pas un combat visible de chaque instant.
La FSSPX est donc manifestement absolument incapable de comprendre l’action de la Révolution. Elle est donc incapable d’admettre une quelconque infiltration judéo-maçonnique en son sein. Cette société cléricale est donc par conséquent perméable à toutes les infiltrations, donc à toutes les manipulations. De Cacqueray en est l’illustration actuelle, mais il a été précédé par des dizaines d’autres, de Gottlieb à Aulagnier, de Madiran à dom Gérard, de Laguérie à Grégoire Cellier.
Enfin, le rapprochement entre la conception de l’Église professée par la FSSPX et par l’Université de Paris est manifeste dans cette conviction commune que c’est aux clercs de faire revenir le Pape et donc l’Église dans le droit chemin de l’orthodoxie catholique. L’Université de Paris, on l’a vu, se considérait comme l’autorité doctrinale supérieure, y compris au Pape. Mais au fond, cette volonté de le FSSPX de « maintenir le contact avec Rome » quel en est le motif ? Certains disent et diront encore que Mgr Fellay trahit, que son but est le retour à Vatican II. C’est une affirmation gratuite. Car au contraire, Mgr Fellay, comme le faisait Mgr Lefebvre d’ailleurs, pose le principe de « discussions doctrinales » préalables. Mgr Fellay le réaffirme dans la dernière Lettre aux amis et bienfaiteurs : « Nous comptons sur les discussions doctrinales annoncées pour tirer au clair aussi profondément que possible ces points [condamnés par la profession de foi et le serment anti-moderniste]. »
Qu’est-ce à dire sinon que les positions de la FSSPX exposées dans des « discussions doctrinales » doivent s’imposer à celui qu’ils considèrent comme le Souverain Pontife ? Que seront ces « discussions doctrinales » qui doivent tout résoudre, sinon l’exposition de la Vérité catholique par les clercs de la FSSPX à celui qu’ils considèrent comme le Chef de l’Église enseignante ? Que seront-ses discussions doctrinales, si elles aboutissent à la conversion de celui que Mgr Lefebvre appelait un « anti-Christ occupant le Siège de Pierre », sinon le renversement de tout l’ordre dans l’Église, renversement par lequel celui dont la charge propre est d’enseigner l’Église, comme le rappelle St Pie X au début de Pascendi, se soumet à l’enseignement de ses ouailles ?
Certes, les modernistes occupants Rome ont l’obligation grave de rejeter Vatican II et de se soumettre à l’enseignement des Papes de St Pierre à Pie XII. Certes la FSSPX, en ce qu’elle a conservé de cet enseignement, détient effectivement la Vérité. Mais ce dont il s’agit ici c’est bien de la position de la FSSPX vis-à-vis de l’Église enseignante et de la soumission des catholiques, les Évêques comme les fidèles, à l’enseignement du Pasteur suprême. Le fait même de poser la possibilité d’un retour à l’ordre par le biais de discussions doctrinales entre la FSSPX et le Pape, c’est poser le principe purement moderniste que l’Église enseignée doit gouverner l’Église enseignante. En cela la FSSPX s’oppose, ni plus ni moins que les modernistes de Vatican II, à toute la tradition de l’Église, à l’enseignement de tous les Papes et c’est pour cela d’ailleurs que c’est auprès des modernistes qu’elle va chercher les arguments de sa position vis-à-vis du St Siège, comme on l’a vu avec les citations titrées du Denzinger moderniste.
Conclusion
Pour conclure, à quoi peut s’en tenir le catholique voulant rester fidèle à l’Église. II n’y a plus d’organisation, et il n’y a plus d’organisation parce que – nous l’affirmons – il n’y a plus de chef, en tout cas de chef spirituel infaillible : il n’y a plus de Pape. Encore y en aurait-il un, d’ailleurs, comme plus personne ne croit à l’infaillibilité du Pape dans ses Encycliques, il ne servirait de fait à rien du tout, sauf à ce qu’il définisse un dogme chaque trimestre. On voit par là que refuser l’infaillibilité de l’enseignement ordinaire du Pape et le dogme de l’obéissance au Pape en matière non seulement de doctrine mais aussi de mœurs, de discipline, que nous rappelions l’année dernière, c’est condamner l’Église à rester dans la situation actuelle.
Donc, quel est le rôle du catholique, individu perdu dans la masse, sans chef, avec un environnement soit public (cf. le lynchage médiatique des « intégristes » chaque fois que c’est possible), soit occulte (le marranisme), qui empêche toute action ?
Je ne vois qu’une situation analogue à la nôtre dans le passé, c’est celle du Bon Larron. D’abord, c’est un scélérat, l’Écriture elle-même nous le dit en parlant de Notre-Seigneur : « Il a été mis au rang des scélérats ». C’est un scélérat justement puni pour ses crimes : le Bon Larron lui-même le reconnait lorsqu’il dit au mauvais larron : « Pour nous c’est justice ». Enfin, le Bon Larron, avant de se convertir, est un blasphémateur comme les autres. L’Évangile nous dit en effet, qu’en sortant de Jérusalem les deux larrons blasphémaient contre Notre Seigneur. Nous pouvons nous appliquer à nous-mêmes cette comparaison. Nous sommes tous condamnés pour nos crimes, soit publics, soit privés. Nous avons tous, plus ou moins, adhéré à ces inepties d’enseignement de l’erreur des Papes dans leurs Encycliques – nous avons donc tous, plus ou moins et à des degrés divers, « blasphémé » non contre Notre Seigneur Lui-même, mais contre son Vicaire.
Alors il nous reste une seule solution, celle adoptée par le Bon Larron : affirmer ce qui crève les yeux, c’est-à-dire que pour nous, la crise actuelle c’est JUSTICE. Premier préalable indispensable. Mais il faut ensuite affirmer que pour l’Église, pour le Vicaire de Jésus-Christ, c’est une injustice criante, les Papes sont absolument innocents du crime qu’on prétend leur imputer d’être les fauteurs de la crise actuelle par les erreurs qu’ils enseignent ou qu’ils ont enseigné[16]. Cette affirmation, ce n’est pas prétendre enseigner, et encore moins prendre la place de l’Église enseignante, c’est crier, dans l’indifférence absolue – car au Calvaire personne n’écoute le Bon Larron, il ne représente rien, sans sa croix – donc crier dans l’indifférence absolue que nous croyons en la divinité de l’Église et au miracle de sa résurrection future ; que nous croyons à l’infaillibilité de l’enseignement ordinaire des Papes, à l’obéissance qui leur est dûe, que ce soit en matière de Foi, de morale et de discipline.
C’est la seule manière de « sauver notre peau » comme le fit le Bon Larron qui, au Calvaire, était le seul, avec la Très Sainte Vierge qui opérait la co-rédemption, à avoir Foi en la divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ.
Par ailleurs, cette affirmation doit aller de pair avec une demande instante à Notre Seigneur Lui-même, c’est celle de bien vouloir nous admettre dans son Royaume lorsqu’Il y sera. Ce dont il s’agit, c’est de demander à Notre Seigneur de bien vouloir nous admettre au sein de l’Église une fois la crise finie. N’imaginons pas que cette intégration dans le Royaume de Dieu est un dû, ni même une conséquence naturelle de ce que nous vivons aujourd’hui. C’est l’objet d’une grâce surnaturelle que d’être les enfants soumis de l’Église Enseignante, de recevoir cet enseignement et d’y faire adhérer nos intelligences. Cessons donc de nous imaginer que nous allons participer à un relèvement quelconque de l’Église. C’est l’Église, ce sont le Grand Pape et le Grand Monarque qui relèveront les catholiques et les feront réintégrer l’organisation sociale, politique et religieuse dont ils sont privés aujourd’hui par leur faute. Ce n’est pas l’inverse.
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Pour en finir avec « l’affaire » d’Honorius, nous vous conseillons également la lecture du livre Le Chant du Cygne Gallican de Jean Loyseau, C. Dillet, Libraire 1870
et du livre Le pape Honorius : première lettre a M. l’Abbé Gratry de Joseph Chantrel, Victor Palme, Libraire-Éditeur, Paris 1870
[1] Compte rendu de la conférence de S. E. Mgr B. Fellay, Sup. Gén. de la Frat. S. St Pie X le Vendredi 18 avril 2008 à la Mission Saint Pie X, in Le Saint Pie X, voir : http://www.laportelatine.org/international/communic/presse/afrique/2008/gabonLSP/LSP165.pdf
[2] Rome a annoncé, le 8 juillet, la publication d’un Motu Proprio de Ratzinger-Benoît XVI (signé du 2 juillet) intitulé Ecclesiae Unitatem, réorganisant la Commission pontificale Ecclesia Dei à ce sujet. Voir : http://212.77.1.245/news_services/press/vis/dinamiche/d1_fr.htm
[3] Lettre aux amis et bienfaiteurs de la FSSPX, n°73, novembre 2008, p. 1 et 2.
[4] Abbé Chautard, in Le Chardonnet n° 239 juin 2008.
[5] Boniface VIII, Bulle Unam Sanctam, 18 nov. 1302, Denzinger Bannwart 1908, n° 468.
[6] La Tradition « Excommuniée », Juin 1989, p, 22.
[7] E. Barbier, Histoire du Catholicisme libéral, t. IV, p. 331.
[8] idem, art. modernisme, t. 3, col. 683-4.
[9] Argument déjà énoncé dans notre lettre du 18 09 2008, qui semble avoir échappé à l’attention de Mgr Fellay.
[10] Cité par l’abbé Darras, Histoire de l’Église, t. 12 p. 215.
[11] Cf. en particulier l’abbé Darras, op. cît. t. 9 p. 592 et s.
[12] Histoire universelle de l’Église catholique, de l’abbé Rohrbacher, liv. 33, t. VI, p. 414 (édition 1843)
[13] Cf. Histoire apologétique de la Papauté. Mgr Fèvre. t. III, p.448 et s.
[14] Du Boullay, V, p. 375, cité par le R. P. Ayroles, Idem. p. 31.
[15] Procès, I, p. 445, cité par Je R. P. Ayroles dans L’université de Paris au temps de Jeanne d’Arc et la cause de sa haine contre la libératrice, p. 30.
[16] Léon XIII et le Ralliement, Pie XI et la mise à l’index de l’Action Française.

favorisa l’hérésie à tel point qu’après sa mort, sous le pontificat de Léon II, Honorius sera jugé, condamné, ses restes exhumés, brûlés et jetés dans le Tibre ».
« Ces faits historiques ont été remis en circulation, par le clan hostile à l’infaillibilité pontificale, durant la préparation du Concile Vatican I. Le Pape Pie IX et le concile n’en ont pas tenu compte, puisque le dogme de l’infaillibilité a été proclamé. Mais ces arguments avaient été combattu et réduits à néant par les partisans de l’infaillibilité, sous l’impulsion de Mgr Duchesne [lapsus calami : en réalité il s’agit de Mgr Deschamps Archevêque de Malines, Duchesne est un moderniste adversaire venimeux de l’infaillibilité], l’adversaire de Dupanloup et Dom Guéranger, abbé de Solesmes.
« 1. St Pierre n’était pas encore Pape, lors de son apostasie, dans la nuit du jeudi au vendredi saint.
« 3. Le Pape St Libère n’a jamais excommunié St Athanase ainsi que le démontrent de nombreux historiens dont Darras (Hist. De l’Église t. IX, p. 512, n° 42) Berchillion (Dissertation sur la prétendue chute du Pape Libère). Mise en circulation par l’arien Philostorgue, cette calomnie prétend reposer sur une lettre de St Hilaire et une de St Jérôme, dont on a démontré qu’elles étaient des faux.
Le recours à la position de Mgr Lefebvre est un trompe l’œil, car d’une part personne, surtout pas Mgr Lefebvre lui-même, ne peut prétendre que le fondateur de la FSSPX ai été infaillible et d’autre part parce qu’il est mort depuis 20 ans. Aussi, depuis la disparition de Mgr Lefebvre, qui dispense cet « enseignement de la FSSPX auquel tous doivent s’en remettre dans la crise de l‘Église », comme dit de Cacqueray ? Que l’on ne nous réponde pas qu’il s’agit de Mgr Fellay. Personne ne dit que Mgr Fellay est infaillible, personne n’envisage une quelconque prépondérance entre l’enseignement de Mgr Fellay et celui de l’un des trois autres évêques ; personne même n’envisage que l’enseignement de l’un des quelconques quatre évêques de la FSSPX ait une prépondérance quelconque sur ce qu’écrit tel dominicain d’Avrillé dans Le sel de la terre ou tel prêtre de la FSSPX dans Fideliter.
Depuis plusieurs dizaines d’années, la FSSPX a hérité de Monseigneur Lefèbvre. Qu’a-t-elle fait ? Nada !!!
Elle a simplement hérité, sans avoir mérité ! Elle n’a jamais contesté la » Repentance » de JP II. Elle ne fait rien pour contester la future canonisation de WOYtila. Elle ne fait que courir ventre à terre à Rome, pour se rallier. Quelle trahison de Mgr Lefèbvre!!
Pour faire une telle chose, on peut supposer fortement que ses membres ont perdu la foi. Mais puisqu’elle s’est laissée gaver pendant des décennies par le fric sans le faire fructifier à bon escient, elle est devenue le nouveau marchand du temple, et Mgr Fellay, comptable de la Frat, le Judas de Monseigneur. L’histoire est un éternel recommencement….
montesinos
14 juil 09 at 0 h 04 min
À l’auteur de l’intéressant article » Mgr Fellay est un âne ! « , un certain » Cave ne Cadas » (= M. Louis-Hubert Rémy ?).
Un ami m’a incité à lires vos lignes, ce que j’ai fait attentivement.
… Pour commencer, je fais au lecteur mes plus plates excuses de ne pouvoir adresser mon » Commentaire » nommément à la personne qui a écrit l’article. Mais ce n’est pas ma faute, il est en effet tout-à-fait impossible de savoir qui est le responsable de » Le CatholicaPedia Blog « , et donc de l’article en question, lequel a l’air de tenir apparemment extrêmement à se cacher derrière son pseudonyme latin. Si, en effet, l’on clique sur » À propos » à droite de la page Internet, censé donner des renseignements sur les responsables dudit blog, on est tout-de-suite orienté, dès la 1ère ligne de style impersonnel, vers le site de M. Louis-Hubert Rémy, » catholiques semper idem « , avec, en conclusion, la non-équivoque & lapidaire formule : » Cette église Conciliaire n’est pas l’Église Catholique ! « . On peut donc en déduire logiquement qu’il s’agit d’un blog tenu par un ou des sédévacantistes, peut-être et même sans doute par ledit Louis-Hubert Rémy lui-même (si c’est bien lui, je lui précise ici que ce qui définit in radice le sédévacantiste, c’est qu’il nie la légitimité de celui qui occupe le Siège de Pierre, ne le reconnaissant pas comme le Vicaire du Christ & bien sûr, corollaire inévitable, il nie tout autant la légitimité de l’Église dont celui-ci est le chef ; et la réciproque définit tout autant le sédévacantiste : nier la légitimité de l’Église conciliaire, c’est nier celle de son pape. Affirmer donc, comme il est fait dans le blog, que » l’Église conciliaire n’est pas l’Église catholique ! « , c’est affirmer que son chef visible n’est pas le Vicaire du Christ, et faire là, qu’on le veuille ou non, profession de foi sédévacantiste formelle. Soutenir, comme le fait frauduleusement le prétendu » catholique semper idem « , sans doute secrètement effrayé en lui-même des conséquences de ses conclusions sédévacantistes pour le salut de son âme, qu’on n’est pas sédévacantiste sous le vain, fuyant, débile & fallacieux prétexte qu’on reconnaît qu’il existe un occupant physique sur le Siège de Pierre -mais dont on dénie la légitimité devant Dieu-, n’est qu’une vile échappatoire, c’est jouer indignement & malhonnêtement sur les mots parce qu’on n’a pas le courage de ses opinions -ce qui, soit dit en passant, est bien peu dans le caractère » franc royal très-chrétien » dont le susdit » catholique semper idem » se targue par ailleurs…-). De toutes façons, si l’on doutait de la profession de foi sédévacantiste des ou de l’auteur de l’article, il suffirait de le lire pour soulever tout doute : dans la » Conclusion « , Cave ne Cadas affirme sans équivoque : » Il n’y a plus de pape « …
Quoiqu’il en soit de l’auteur pseudonymique sédévacantiste de ce décapant et fort intéressant article, il est bien conscient qu’on ne saurait opposer Mgr Lefebvre, dont tout le monde est d’accord pour dire qu’il était l’homme d’Église que la Providence avait choisi pour mener le combat tradi., à ses fils spirituels actuels à commencer certes par Mgr Fellay. Il est tout-à-fait vain, en effet, de vouloir prétendre trouver une contradiction et/ou soi-disant trahison des fils spirituels de » l’évêque de fer « , par rapport au bonum certamen parfaitement orthodoxe qu’il aurait soi-disant tenu dès le début de la Crise de l’Église. C’est en effet dès le départ, lorsque Mgr Lefebvre se lève pour remplir sa mission » charismatique « , que l’on note immédiatement chez lui cette espèce de praxis qui caractérise la Fsspx, à savoir une attitude, une mentalité qui inclut la contradiction entre les principes pourtant les plus fondamentaux de la théologie. Ce que je ne dis pas du tout pour négativer la vénérée mémoire de Mgr Lefebvre aux yeux du lecteur. Car, si l’on veut bien accepter de s’élever un peu au-dessus de la pensée sédévacantiste, il faut souligner que personne de vraiment catholique ne saurait l’accuser d’agir ainsi, et pas plus ses fils spirituels actuels : ce comportement de ne pas pouvoir poser formellement le libérateur et certes très-ardemment désiré est, est, non, non de l’Évangile, ce qui est le grand reproche que font les sédévacantistes contre la Fsspx, véhémentement voire agressivement et même hystériquement répété (et en même temps leur grande obsession surréaliste), n’est pas en effet une faute morale à imputer au mouvement lefébvriste en général, un choix délibéré de leur part, il faut au contraire prendre soigneusement conscience que cette dite contradiction doctrinale est un aspect inhérent à la nature même de la Crise de l’Église issue de Vatican II, laquelle montre à nos yeux de catholiques ébahis, à la fois un pape certainement pape et en même temps, qu’il est hérétique dans son infaillible Magistère Ordinaire & Universel (= MOU)… Et l’on est obligé de constater que cette » si grande contradiction » (He XII, 3) entre les principes de la théologie fondamentale de la constitution divine de l’Église, qui s’entrechoquent certes fort bruyamment dans notre Crise, cette fameuse » fumée de Satan DANS l’Église » dénoncée par Paul VI (celui-là même par qui, au for externe, le scandale est arrivé), N’EST PAS LE FAIT DES HOMMES, ELLE EST LE FAIT DE LA PROVIDENCE DIVINE qui, par le jeu des causes secondes, a placé l’Église contemporaine dans cette contradiction. C’est peut-être que par-là, le Bon Dieu veut nous signifier que l’Église, sans cependant pécher le moins du monde (elle reste en effet toujours parfaitement sainte, je vais l’expliquer tout-à-l’heure), est placée dans l’économie particulière de LA PASSION DU CHRIST, ce Christ de la Passion que saint Paul a lapidairement décrit comme » étant fait péché pour notre salut » (II Cor. V, 21) : car bien sûr la contradiction entre des principes théologiques fondamentaux de la constitution divine de l’Église, c’est le péché DANS l’Église, c’est » l’Église faite péché pour notre salut « . Or, le sédévacantiste, précisément, lorsqu’il veut absolument & à toutes forces, mais contre la réalité profonde des choses de cette Crise, une solution théo-LOGIQUE d’icelle, c’est-à-dire sans intégrer cette » si grande contradiction » qui caractérise le modus de LA PASSION DE L’ÉGLISE, tombe là dans le grand piège de Satan pour notre époque ecclésiale…
Passé ce petit préambule sans prétention où je ne fais qu’effleurer les grandes problématiques, j’ai trois choses importantes à dire à l’auteur ou les auteurs (?) sédévacantiste(s) de l’article susdit, d’où ce » Commentaire » :
1/ Qu’il a cent mille milliards de fois raison contre la position lefébvriste et celle de Mgr Fellay en particulier, lorsqu’il leur reproche de nier, théoriquement & hélas pratiquement, l’infaillibilité du Magistère ordinaire & universel. Et hélas, il n’est que trop vrai qu’ils ont l’air de le faire avec une persévérance diabolique, perseverare DIABOLICUM. Car Dieu sait si, au fil des ans depuis plus de trente ans, ils ont sans cesse été avertis sur leur erreur doctrinale par bien des fidèles catholiques, souvent du rang, prêtres ou laïcs, mais sans jamais vouloir revoir leur position, que dis-je quand il appert de leur attitude qu’ils ne veulent même pas l’aborder, la réponse de Yann Volanthen en fin de non-recevoir sous la responsabilité morale de Mgr Fellay, qu’on lit dans votre article, qui fait frémir de peur pour lui et tous les prêtres de la Fsspx, tendrait même à vouloir montrer qu’ils s’entêtent mordicus avec la pertinacité qui fait l’hérétique formel, sur cette hérésie de nier l’infaillibilité du MOU. N’osent-ils pas écrire : » Votre position [= à savoir de professer l'infaillibilité du MOU… qui, au fait, n'est jamais que celle purement catholique…] n’est pas celle de Monseigneur Lefebvre et ne sera jamais la nôtre » (!) ? C’est vraiment terrible de lire ce » JAMAIS » dont il faut espérer très-fort pour nos frères de combat lefébvristes qu’il a été écrit distraitement, sous le feu de la passion humaine, dans l’irréflexion ! Mais malheureusement, il faut être bien conscient que c’est dès les premières années du combat tradi. que Mgr Lefebvre a soutenu implicitement la non-infaillibilité du MOU. Je n’en veux pour illustration que la mémorable conférence d’Angers en 1980, à laquelle j’assistais, jeune encore, et dont la seconde partie précisément sur cette question provoqua une grande tension dans la salle puis de grands soubresauts et même un tollé anti-sédévacantiste au final, Mgr Lefebvre tâchant à fort grand’peine d’ » expliquer » et hélas d’imposer que la nouvelle messe, la Liberté religieuse, etc., ne ressortissaient pas de l’infaillibilité de l’Église, car celle-ci ne bénéficiait de ce charisme, selon lui, que sous la forme extraordinaire ! Or, prenons bien note que Mgr Fellay & consorts ne font jamais rien d’autre actuellement que reprendre ce discours… ne varietur.
Venant une énième fois de plus d’écrire à un prêtre » haut placé » dans les rouages de la Fsspx pour tâcher de les amener à plus d’orthodoxie sur l’infaillibilité du MOU (à peu près dans les mêmes temps où, sur le même sujet, votre correspondant entretenait son échange de vue avec Mgr Fellay), ce prêtre, après deux courriers, a osé me répondre ceci, lui aussi en une fin de non-recevoir tout ce qu’il y a de plus jean-foutre, plutôt que d’aborder le problème et de revoir humblement non moins que salutairement sa copie lefébvriste : » Étant moi-même un homme de péché et d’imperfection, je (…) préfère ne pas répondre et rester tranquillement dans mon » aveuglement « . Avec mon religieux dévouement » (sic). Quant à l’abbé de Cacqueray que vous citez, auquel j’avais respectueusement exposé mes critiques sur le même sujet il y a quelques années, il me félicita chaleureusement sur la… forme » courtoise » (sic) de mon courrier… mais sans toucher le moins du monde au fond doctrinal, s’excusant de son peu de temps à consacrer à la théologie de la crise de l’Église, et surtout de ne pas avoir reçu d’ordre de ses supérieurs pour l’aborder…!!!!!!! On croit rêver, ou plutôt cauchemarder, de tant de désinvolture, de superficialité de la part des clercs de la Fsspx dans les choses cruciales de » la Foi aujourd’hui » comme disent les modernistes…
Au reste, les clercs de la Fsspx ne déforment pas seulement, le plus malhonnêtement du monde il faut bien le dire, la question historique des prétendues chutes des papes Libère, Honorius, etc., ils en font de même, et pour le même but de nier l’infaillibilité du MOU, avec la fameuse phrase prononcée par Paul VI un mois après la clôture de Vatican II : » Ce concile est pastoral » (sous-entendu par eux dans un contresens total : » Ce concile est non-infaillible « ). Je vous mets ci-dessous la réfutation que j’ai faite avec nerf de leur fausseté sur cela, à ce prêtre lefébvriste » haut placé » pour tâcher de le tirer de son… » aveuglement « … dans lequel donc il veut, il tient beaucoup à rester, ce n’est pas moi qui le dit mais lui-même, cette réponse pourra en effet vous intéresser :
» … Autre échappatoire, d’une profonde débilité, pardon, M. l’abbé XXX, c’est en effet à en rougir jusqu’à la crête et à en effacer l’éclat du soleil. Vous vous réfugiez derrière la pastoralité du concile, et par-là, vous entendez et voulez qu’on entende très-clairement sa non-infaillibilité. C’est du reste une prise de position dérivée bien sûr de votre profession de foi hétérodoxe quant au MOU. Mais, sur cela, on vous prendra par le bras avec un sourire goguenard, et l’on vous susurrera gentiment, avec une commisération plus ou moins hypocrite : » Mon ami, mon bon & bien cher ami, mais vous n’aviez donc pas remarqué que certaines constitutions du concile avaient dans leur titre même le qualificatif DOGMATIQUE (= Lumen Gentium & Dei Verbum) ? Allons, allons, réfléchissez, comment avez-vous bien pu imaginer seulement deux secondes qu’une constitution dogmatique puisse être… pastorale, c’est-à-dire dans votre langue, non-dotée de l’infaillibilité ? Autant parler d’un jour nocturne ou d’une nuit diurne, n’est-ce pas ? Pour vous remettre dans les bonnes idées, lisez plutôt ce qu’en disait feu le Cal Garrone : » Comme tous les autres, ce concile était dans l’ordre de l’autorité doctrinale un sommet et une valeur suprême. (…) Certains ont estimé qu’en se déclarant » pastoral « , le Concile signifiait qu’il ne voulait pas être doctrinal. C’est là une ABSURDITÉ » (in » 50 ans de vie d’Église « , DDB, 1983) « . On ne saurait mieux dire.
Alors, ce que je ne comprends pas, c’est que personne parmi vous les prêtres Fsspx n’a encore dit à Mgr Fellay qu’il fait un contresens hélas magistral de la fameuse phrase de Paul VI sur le concile » pastoral » en lui donnant le sens de » non-infaillible « , dans une inintelligence des choses théologiques les plus basiques qui fait vraiment honte pour un… évêque. Il l’a encore fait perseverare diabolicum dans sa dernière interview. Et de s’appuyer là-dessus comme Israël s’appuyait sur l’Égypte, fièrement en plus, en prenant la » pastoralité » du concile comme l’argument-massue, l’argument-choc’chocolat i-m-p-a-r-a-b-l-e !!
… Alors, quoi !, tuediable & morsangbleu !, PERSONNE, donc, à Écône, n’a lu cette phrase de Paul VI ??? C’est quand même incroyable, tonnerre de Boanergès !!! Vous donnez vraiment à l’ennemi les verges pour vous fouetter cul nu jusqu’à la racine de l’os.
Voici la phrase exacte de Paul VI, prononcée dans une Audience du mercredi en janvier 1966, un mois à peine après la clôture du concile : » Étant donné le caractère pastoral du Concile, celui-ci a évité de proclamer selon le mode extraordinaire des dogmes dotés de la note d’infaillibilité. CEPENDANT, le Concile a attribué à ses enseignements l’autorité du magistère suprême ordinaire, lequel est si manifestement authentique qu’il doit être accueilli par tous les fidèles selon les normes qu’a assignées le Concile, compte-tenu de la nature et du but de chaque document « .
Lisez bien le » cependant » qui déboute complètement l’interprétation lefébvriste de Mgr Fellay : » Cependant : conjonction qui exprime une OPPOSITION, une restriction » (Petit Robert). La phrase de Paul VI, bien lue, signifie donc très-clairement ceci : » En opposition au fait que, par motivation de pastoralité, le concile n’emploie pas l’infaillibilité du Magistère extraordinaire infaillible, ledit concile a bien l’INTENTION d’employer l’infaillibilité du Magistère ordinaire… infaillible » (infaillible, M. l’abbé XXX, infaillible… mais hélas, vous rejetez ce point hérétiquement puisque vous vous êtes créé toute une pseudo-théologie hétérodoxe sur le MOU, par laquelle le pape & les évêques en concile universel ne sont pas récipiendaires du MOU… Mais, pour vous en convertir, notez bien au passage comme Paul VI dans la seconde partie de sa phrase suppose l’emploi du MOU dans un concile oecuménique, lequel MOU donc, ne saurait être réservé aux évêques dispersés seuls comme vous le croyez, à Écône qui déconne…) !
Sur ce, voici mon commentaire dans l’un de mes livres : » Si l’on résume l’intention réelle de Paul VI manifestée par la phrase non-tronquée, lue toute en entier, elle est la suivante : » Ce concile étant pastoral, on n’y a pas fait de définition par le mode extraordinaire de l’infaillibilité, mais on y a fait un enseignement doctrinal du mode ordinaire qui, bien entendu, est infaillible, comme il l’est en tout temps, de par sa nature même, et doit être reçu comme tel par tous les fidèles « . Malgré l’intellectualisme affecté et, il faut bien le reconnaître, quelque peu abscons de la dernière partie de la phrase de Paul VI malhonnêtement escamotée par les lefébvristes (… forcément : l’affirmation de Paul VI comme quoi le concile Vatican II veut employer l’autorité infaillible du MOU contredit de plein fouet leur hétérodoxe thèse qui consiste à voir les évêques dispersés SEULS comme sujets formels dudit MOU…), sa pensée est claire : tout ce qui, dans Vatican II, a trait au Magistère ordinaire d’enseignement, ne subit aucun changement quant à l’obligation stricte et formelle pour les fidèles d’y adhérer, tout bonnement parce que le MOU est doté de l’infaillibilité. Or, DHP est une manifestation par excellence de ce Magistère-là !… Ici encore, comme l’on voit, on est donc loin, très, très loin, de l’interpolation mensongère des lefébvristes, du contre sens fait par eux aussi malhonnêtement, qu’on peut résumer ainsi : » Paul VI a dit que le concile était pastoral : il voulait dire par-là qu’il n’avait l’intention d’engager l’infaillibilité à Vatican II… d’aucune manière « . Or, si on lit ce qu’a dit Paul VI, il dit en fait TRÈS-EXACTEMENT LE CONTRAIRE de ce que lui font dire les lefébvristes !!! Il faut le faire.
Paul VI ira même beaucoup plus loin, pour ce qui est de l’obligation stricte de suivre l’enseignement ordinaire de Vatican II parce qu’il est infaillible de soi, il dira dans le » Discours de clôture » du concile lui même, qu’apparemment les lefébvristes n’ont pas lu : » … Mais il est bon de noter ici une chose : le magistère de l’Église, bien qu’il n’ait pas voulu se prononcer sous forme de sentences dogmatiques extraordinaires, A ÉTENDU son enseignement AUTORISÉ à une quantité de questions qui engagent aujourd’hui la conscience et l’activité de l’homme [= l'enseignement autorisé du magistère de l'Église en Concile universel approuvé par le pape est ipso-facto INFAILLIBLE quand il a trait à des questions de Foi ; or, bien loin de restreindre ce Magistère infaillible, le pape dit au contraire, qu'il l'a... " étendu " !! Il suffit de lire !!!] ; il en est venu, pour ainsi dire, à dialoguer avec lui ; ET TOUT EN CONSERVANT TOUJOURS L’AUTORITÉ ET LA FORCE QUI LUI SONT PROPRES, il a pris la voix familière et amie de la charité pastorale « . Dans cette dernière phrase de Paul VI, très-importante pour notre sujet, l’on voit bien que la place de la pastoralité est donc, par le pape Paul VI lui-même, fort soigneusement située dès Vatican II comme étant SOUMISE à l’Autorité qui est celle du Magistère infaillible inhérent à tout concile universel dès lors qu’il y a enseignement doctrinal ordinaire (comme dans… le décret sur la Liberté religieuse). On ne saurait donc, comme hélas me l’a écrit Mgr Fellay, mettre la pastoralité au-dessus et annihilant l’Autorité du MOU. Un tel raisonnement est tout simplement inepte, » absurde » comme disait le Cal Garrone…
Soulignons bien que Paul VI, un mois après le concile, ne fera donc que répéter ce qu’il disait dans le » Discours de clôture « , moins clairement c’est hélas parfaitement vrai, dans la fameuse phrase qui est en cause où il parle de pastoralité, preuve de sa volonté bien arrêtée sur ce point, Paul VI y précisant que les enseignements doctrinaux conciliaires sont ceux du magistère ordinaire infaillible. Mais mieux, encore : non seulement il le dira dans le Concile lui-même, non seulement il répètera cela un mois après le Concile, mais dix ans après, il redira encore la même chose dans le fameux Consistoire du 24 mai 1976 où il condamnait (indûment) la » révolte » de Mgr Lefebvre, à savoir cette obligation stricte pour tous les fidèles de suivre » les enseignements du Concile lui-même, son application et les réformes qui en dérivent, son application graduelle mise en œuvre par le Siège Apostolique et les Conférences épiscopales, sous Notre autorité, voulue par le Christ » (sic). Nulle trace, là, faut-il le faire remarquer, de laxiste » pastoralité « …!
Paul VI a donc bel et bien voulu que les Actes conciliaires d’enseignement ordinaire soient revêtus de l’infaillible Autorité du Christ (= il ne pouvait d’ailleurs théologiquement pas vouloir le contraire sans renverser la Constitution même de l’Église, car lorsque le pape et les évêques réunis en concile, confectionnant donc ipso-facto l’Église Universelle, parle Foi ou Mœurs à l’universalité des fidèles, c’est AUTOMATIQUEMENT doté de l’infaillibilité… contrairement à ce que vous professez hérétiquement), il l’a dit, il l’a ainsi voulu, ET CE, DÈS LE CONCILE (il ne fait que réinsister sur cela un mois après la clôture du concile, puis dix ans après, en 1976), nos adeptes de la » pastoralité de Vatican II » n’ont pas assez médité cela…
D’autre part, Mgr Fellay se montre bien piètre théologien quand il ose comparer, comme il me l’a fait par écrit, la théologie de l’acte doté de l’infaillibilité à celle de l’acte sacramentel [Mgr Fellay invoquait la nécessité prétendue de l'intention explicite de faire un acte infaillible pour qu'il le soit vraiment]. En vérité, les deux sont théologiquement très-différemment construits. S’il faut certes l’intention du prêtre pour valider l’acte sacramentel, il ne la faut nullement pour valider l’acte ecclésial doté de l’infaillibilité. Alors, même si le pape Paul VI avait vraiment voulu qualifier un acte de soi doté de l’infaillibilité de » pastoral » en ce sens précis de » non-infaillible » (ce qui, je viens de le démontrer, est totalement faux, mais supposons par hypothèse que le pape l’aurait ainsi noté), cela n’aurait de toutes façons strictement aucune incidence sur la notation d’infaillibilité du document en question ! Car en effet, l’acte doté de l’infaillibilité l’est DE SOI à partir du moment où il est dûment posé dans la liberté de l’Église par ceux qui en ont pouvoir & mandat dans l’Église (ce qui est le cas de la Liberté religieuse). Pourquoi ? Tout simplement parce que dans l’acte infaillible les membres enseignants sont simples suppôts passifs et que c’est Dieu qui est actif pour & dans tout l’acte (contrairement à l’acte sacramentel où le prêtre est suppôt actif, en ce sens que Dieu passe par la volonté de l’Épouse que représente le prêtre, et donc son intention est constitutive de la validité de l’acte sacramentel). Une fois que l’acte ecclésial a été dûment posé de droit dans l’infaillibilité, IL L’EST. L’analogie avec l’écrivain sacré dont l’écrit révèle infailliblement la Parole de Dieu dans la Bible, pourrait être évoquée : à supposer, ex absurdo, qu’Isaïe ait vécu jusqu’à l’époque où l’Église a défini la canonicité des Livres bibliques et qu’il déclarerait alors qu’il n’avait eu l’intention d’écrire dans son Livre que des métaphores mais pas la Parole de Dieu, son intention serait parfaitement nulle contre le caractère divin infaillible de ses Prophéties. Pour la raison très-simple qu’il n’était que suppôt entièrement passif du Saint-Esprit quand il a rédigé ses Livres, tels les Pères conciliaires posant un acte de droit infaillible, et que donc son intention ne compterait pas plus que pour ces derniers.
Le jésuite Perrone, dans sa Théologie dogmatique, t. V, pp. 642-643, confirme et conforte singulièrement l’argumentation théologique concernant l’acte infaillible, que je soutiens en catholique contre, hélas… Mgr Fellay. Voici ce qu’il dit : » Pour éclaircir cela [= la place de l'humain dans un acte de droit divin] par un exemple familier, il arrive par l’institution divine que le pain est changé par la consécration au corps de Jésus-Christ ; il dépend cependant de la volonté du prêtre de prononcer les paroles de la consécration sur un pain plutôt que sur un autre. Mais s’il a une fois consacré un pain, il n’est au pouvoir de personne d’enlever la consécration à ce pain, et c’est avec vérité qu’on dirait que c’est de droit divin, ou par l’institution du Christ, que ce pain est devenu le corps de Jésus-Christ, bien que ce soit par un fait purement humain, c’est-à-dire par la volonté d’un prêtre, qu’il s’est fait que ce pain a été changé par la consécration au corps du Christ « . Et, à l’appui de son propos, de citer le Cal Gerdil, qui professe ainsi dans son Commentarium a Justino Febronio in suam retractationem editum animadversiones, édit. cit. de ses œuvres, tome XIII, posit. 9, p. 241 : » (…) Il y a beaucoup de choses qui, pour être et exister, requièrent préalablement un fait humain ; mais dès qu’elles ont été produites par un fait humain, elles reçoivent IMMÉDIATEMENT la consécration du droit divin « . Et de conclure : » Il ne faut donc pas confondre le fait avec le droit, lequel se produit par l’institution divine DÈS QUE LE FAIT A ÉTÉ POSÉ ; il s’interpose effectivement un fait, et un fait humain ; mais ce fait une fois posé, et l’institution du Christ précédant, le droit divin se dégage et se développe » (fin de citation).
Ainsi donc, c’est par trop bien assis sur les fondements théologiques, un acte doté de droit de l’infaillibilité, c’est-à-dire fondé sur l’institution divine comme disent ces auteurs que je cite, est tel DE SOI, une fois qu’il est dûment posé par le fait humain, comme je l’ENSEIGNAIS à Mgr Fellay, ô honte sur lui et qui rejaillit sur moi !, il y a plus de dix ans maintenant. DÈS LORS, IL NE DÉPEND PLUS EN QUELQUE MANIÈRE QUE CE SOIT DE L’HUMAIN PAR LEQUEL CEPENDANT IL A ÉTÉ POSÉ, IL APPARTIENT IMMÉDIATEMENT ET FORMELLEMENT À DIEU. Quand bien même l’intention humaine y serait a-posteriori explicitement contraire, ce qui d’ailleurs supposerait de la folie chez ceux qui poseraient ainsi un tel acte. L’acte doté de l’infaillibilité est un acte DIVIN qui n’appartient plus à ses suppôts passifs une fois qu’il a été dûment posé par eux selon toutes les règles pour qu’il le soit (ce qui est le cas de DHP), précisément parce que, dans cet acte DIVIN, ils n’étaient que les suppôts, les organes passifs de Dieu.
Donc, conclusion : non seulement l’intention de Paul VI est bel et bien, à Vatican II, d’engager l’infaillibilité du MOU, comme on vient de le voir ensemble, un MOU qu’illustre excellemment DHP, mais, de plus, l’intention de ne pas poser un acte infaillible quand on en pose un réellement ne saurait… en rien, théologiquement, dédouaner de la note d’infaillibilité ledit acte ! C’est pourquoi, dans ma missive d’il y a plus de dix ans à Mgr Fellay, j’employais l’image suivante, certes un peu profane, parabole qui l’avait cependant moult frappée… mais hélas sans du tout le convertir : » Supposons que je tienne en mains un revolver. Si, le braquant sur vous, ô lecteur candide et naïf (à Dieu ne plaise !), je ne cesse de dénier par la parole d’avoir l’intention de vous tuer, mais que mon doigt appuie sur la gâchette, que va-t-il se passer ? Est-ce que c’est parce que je vous ai dit : » Je ne veux absolument pas vous tuer » en tirant, que vous ne mourrez pas ? L’âme a beau avoir une intention exprimée par la parole, c’est le geste du corps qui manifestera l’acte formel posé par la personne humaine… et c’est celui-là qui vous tuera si, avant de tirer, j’ai visé en plein cœur. Pan. De même, très-exactement de même, le pape Paul VI uni à tous les évêques de l’orbe catholique, formant avec eux cette unanimité morale réalisant l’universalité ecclésiale confectionnant IPSO-FACTO l’infaillibilité du MOU, EST l’Église Enseignante (ils EXISTENT, mille tonnerres de Boanergès !, ils ne sont pas des… fantômes ectoplasmiques, voyons !). Ils sont donc, à Vatican II, en puissance d’actes infaillibles quand bien même, en posant délibérément des actes qui sont formellement confectionnés dans le charisme d’infaillibilité, ils se récrieraient d’en poser. Ils » tirent « , et… le coup part. Infailliblement. C’est bien le cas de le dire ! Qu’y puis-je ? L’Église n’est ni une girouette, ni un asile d’aliénés, encore moins une » pétaudière » où les fous du roi agitent leurs grelots pendant qu’un comparse jongle (… avec les mots) : c’est la sainte Épouse du Christ dont tous les actes manifestent la Sagesse divine et éternelle, actes graves et surtout pleinement RESPONSABLES » (fin de citation).
… Alors, par pitié, M. l’abbé XXX, que quelqu’un d’entre vous aille enfin dire à Mgr Fellay d’arrêter d’employer cet illusoire, stupide & tout faux partout argument de la soi-disant » pastoralité » de Vatican II, sous-entendu sa prétendue » non-infaillibilité « … Sinon, il va finir par se faire moquer de lui. Et l’ennemi aura vraiment RAISON de le faire.
Prenez bien conscience, à Écône, que l’ennemi des âmes se rira de vos subtils distinguos & distinguos subtils par lesquels vous vous croyez autorisés à fuir l’autorité magistérielle ordinaire INFAILLIBLE du pape actuel ! Comme il aura beau jeu de les renverser ! C’est si facile !! Ce ne sera peut-être pas une servante du prétoire qui vous terrassera, mais un vulgaire enfant de chœur voire, en ces temps modernistes, une fillette enfant de chœur, une petite Jeannette, une petite Aurélie, une petite Amélie, sortant, ingénue, du catéchisme de première année !!! C’est pourquoi, M. l’abbé XXX, je vous écris cette lettre comme empressée & pressante. Non pas pour vous mépriser, c’est loin de mon idée (je serai méprisable à proportion), mais bien au contraire pour tâcher de vous aider, en mettant respectueusement le doigt sur VOTRE plaie. Car je sais mieux que personne que tout le monde est dans la malédiction de nos jours, donc dans l’erreur, mais sans forcément faute, coulpe, de sa part, Dieu ayant à la Fin des Temps » tout enfermé dans la désobéissance, afin de faire miséricorde à tous » comme dit saint Paul. Il est en effet dans l’ordre de l’économie de la Passion que nous vivons tous, consciemment ou non (mais il vaut mieux en avoir EXTRÊMEMENT conscience…), d’être » fait péché pour le salut » (II Cor. V, 21). Et plus on est fervent, plus on est enfermé dans ce péché matériel, dans la confusion de notre âme, comme Jésus couronné d’épines dans la dérision de son manteau écarlate. Non, je vous écris uniquement pour vous aider à » droitiser » votre bonum certamen, pour que vous fassiez enfin, vous-même & vos pairs, ce travail de redressement doctrinal important, capital, pour vous prémunir des attaques de la Bête.
Vous voulez convertir le Vatican de ses errements ? Bien, bien, fort bien. Mais je vais vous dire de par Dieu la règle du jeu. Vous convertirez le Vatican quand vous vous convertirez vous-même, chers lefébvristes pour lesquels je crois bien que je serai heureux de donner ma vie si Dieu me le demandait, de vos propres erreurs que je vous dénonce ici en toute Charité du Christ, en parlant respectueusement & fermement à votre âme, pour embrasser enfin la réalité ecclésiale concrète de la Fin des Temps, à savoir que l’Église vit la Passion du Christ, qu’elle est à cet effet » faite péché pour notre salut « , ce que révèlent les attendus de la Crise analysés simplement. C’est à proportion même où vous récuserez enfin votre pensée profondément hétérodoxe sur le MOU notamment, que vous pourrez espérer devant Dieu, que Benoît XVI » droitise » lui-même sa pensée sur les errements doctrinaux de Vatican II. Car tout le monde a à se convertir, dans cette putain de fichue crise dernière de la Fin des Temps (à commencer par votre humble serviteur), attendu que tout le monde est en état de péché matériel… comme l’Église elle-même l’est depuis Vatican II (… et sans doute même depuis le Concordat de 1801 : lisez mon tout dernier livre sur ce lien :
http://www.fatima.be/fr/editions/avm/accuse.php).
Autre chose. Arrêtez de croire que la Providence divine a suscité la Fsspx pour » éclairer les hommes d’Église détenteurs de l’autorité » (sic). Est-ce que vous comprenez bien ce que vous dites là ?! Théologiquement, comprenez enfin que c’est d’une rare indécence. Vous êtes en train de supposer que ceux qui ont reçu de par le Christ-Dieu pouvoir & mandat divins de posséder la Vérité pour en sauver les âmes jusqu’à la Parousie, TOUTES les âmes y compris donc celles lefébvristes, ne sont, présentement, plus… en possession de cette Vérité doctrinale ?!? Vérité donc, que vous auriez à leur redonner ??? Mais cette position revient tout simplement à dire que l’Église est MORTE, n’existe plus, dans la charnière de la crise vaticandeuse présente ! Et si elle est morte une fois, alors, » les portes de l’enfer ont prévalu contre elle « . Si l’on accepte un hiatus où l’Église est doctrinalement morte, alors, inutile de parler de Restauration future de l’Église, avec ou sans » saint pape & grand monarque « , puisqu’on saura une fois qu’elle n’est pas de constitution divine. Alors donc, prenez bien conscience que vous êtes en train, là, de faire une profession de foi tout simplement… ECCLÉSIOVACANTISTE (profession de foi bien autrement grave que celle seulement… sédévacantiste !!!). Plus haut, dans le même ordre d’idées, vous osez écrire qu’il y a » crise de l’Autorité « . Mais, cher M. l’abbé XXX, théologiquement parlant, on ne peut pas supposer qu’il y ait crise de l’Autorité sur le plan magistériel, en ce sens lefébvriste précis & ciblé que l’Autorité devrait être remise une fois en possession de la Vérité qui s’est une fois échappée de ses mains INFAILLIBLES !! Supposez cela, c’est ipso-facto supposer que les » portes de l’enfer ont une fois prévalu contre l’Église » ! Or, c’est malheureusement ce que vous n’êtes pas le moins du monde gênés de supposer, vous les lefébvristes… Et ce que je veux vous dire, c’est que c’est là-dessus que vous serez vertement remis dans le droit chemin par l’ennemi, si vous refusez de le faire par l’ami que je suis, veux être & rester » (fin de citation).
2/ Deuxième chose pour laquelle je vous écris mon » Commentaire « , cher rédacteur sédévacantiste pseudonymique occulte du fort intéressant article » Mgr Fellay est un âne ! » : l’accusation que la Fsspx supplante l’Église Enseignante infaillible, se mettant carrément à sa place, adoptant pour ce faire la même attitude profondément hétérodoxe de l’Université de Paris, aux temps de sainte Jeanne d’Arc. C’est fort, fort bien vu. En particulier, il faut souligner que lorsqu’on supplante l’Institution divine, on le fait toujours par les moyens de Satan. C’est très-visible dans la façon de faire de la Fsspx ! Dans l’Institution divine, on sait qui sont les » membres enseignants » : le pape actuel & les évêques qui lui sont unis, ils sont visibles, connus, ce sont des personnes humaines responsables dotés au vu & au su de tous, du charisme divin. Tout est clair, non-équivoque. Dans la supplantation lefébvriste de l’Institution divine, on ne sait plus qui sont les » membres enseignants « , et vous avez parfaitement raison de dire que ce » collectif de prêtres anonymes » supplantant la fonction de » membres enseignants « , fonctionne pratiquement à la manière maçonnique des groupes réducteurs & noyaux dirigeants comme dit Bonnet de Villers… Et bien entendu, moins ils ont d’Autorité infaillible quant à l’enseignement doctrinal (… la vérité, c’est qu’ils n’en ont pas du tout), plus ils l’imposent par autoritarisme, cette contrefaçon diabolique de l’Autorité vraie et réelle. Or, cette manière de faire, qui soit dit en passant caractérise les sectes, est en soi une porte toute grande ouverte à l’influence de Satan sur tout le mouvement lefébvriste… En vérité, et là je diverge avec vous, il n’y a vraiment nul besoin d’aller chercher des » initiés-infiltrés-comploteurs « , de vrais franc-maçons pénétrant la Fsspx, pour expliquer le fléchissement doctrinal dans la Fsspx, leur seule manière d’agir, leur mentalité, est amplement suffisant pour les exposer à toute influence ténébreuse… sans valets de Satan. Parce que, par certains aspects de leur comportement, ils agissent comme des franc-maçons sans tablier… qui, comme chacun sait, font beaucoup plus de mal à la chose catholique, et d’abord à eux-mêmes, que ceux avec tablier, c’est-à-dire officiellement affiliés à des loges.
… Mais je voudrais vous faire réfléchir sur une chose fort importante, cher rédacteur sédévacantiste pseudonymique occulte, à laquelle je suis sûr vous n’avez pas pensé, c’est à savoir que cette MÊME mentalité de se prendre pour les » membres enseignants » à soi tout seul, EXACTEMENT LA MÊME MENTALITÉ, possède (au sens diabolique du terme) le mouvement… sédévacantiste, je veux parler de cette nébuleuse de prêtres & de chapelles indépendantes qui professent comme vous que » les papes de Vatican II & post, ne sont pas papes, et l’Église conciliaire n’est pas l’Église du Christ « .
Eux aussi s’arrogent non moins scandaleusement & sacrilègement que leurs frères ennemis lefébvristes, le charisme divin de » membre enseignant » doté de l’infaillibilité. Eux aussi, ils ont des » dogmes » qu’ils se sont inventés de toutes pièces contre la théologie fondamentale qui régit la constitution divine de l’Église, et qu’ils n’acceptent pas plus de revoir que les lefébvristes, dont ils dénoncent pourtant à grands cris l’entêtement à vouloir rester accrochés à leurs erreurs. Et lorsqu’on leur démontre et surdémontre que leurs » dogmes sédévacantistes » sont faux et directement attentatoires à la constitution divine de l’Église, ils répondent exactement par la même » fin de non-recevoir » que leurs frères ennemis lefébvristes, refusant, ou plutôt fuyant honteusement, systématiquement, tout débat de fond, terminant les disputatio avant même qu’elles aient… commencées. Et si, pour mieux contrer leurs idées pernicieuses, l’on cherche qui est à l’origine de ces » dogmes sédévacantistes « , on se trouve, après rapide investigation, en présence d’un identique… » collectif de prêtres anonymes » ou même de laïcs, qui s’arroge sacrilègement le charisme d’infaillibilité, plus implicitement d’ailleurs qu’explicitement, mais très-réellement, exactement de la manière que vous dénoncez chez les… lefébvristes.
Vous dénoncez très-haut et très-fort l’entêtement des lefébvristes à nier l’infaillibilité du MOU. Et vous avez raison. Mais l’entêtement des sédévacantistes à nier l’infaillibilité de l’acte de reconnaissance ecclésiale universelle du pontife romain, qui intervient dans la cérémonie de couronnement du nouveau Vicaire du Christ par le moyen du Sacré-Collège cardinalice unanime, n’est pas moins fort ni moins fautif. Je suis bien placé pour en parler : cela fait des années que je dénonce à divers » chefs de file » sédévacantistes, laïcs, prêtres ou évêque, Mgr Dolan pour ne pas le nommer, le caractère HÉRÉTICO-SCHISMATIQUE (comme disait le R.P. Barbara) de la négation de l’infaillibilité de cet acte majeur posé par l’Église Universelle lorsqu’elle désigne & reconnaît à la face de toute l’Église qu’un tel est pape, ce qui ressort formellement du fait dogmatique. Mais je n’ai pas plus de succès avec les sédévacantistes que lorsque l’un d’entre eux, ou moi-même d’ailleurs, dialogue avec un lefébvriste pour tâcher de lui faire revoir sa copie sur l’infaillibilité du MOU. Idem pour l’interprétation indue que se font les sédévacantistes de la fumeuse beaucoup plus que fameuse » Bulle de Paul IV « , la prenant très-faussement pour un argument, alors que cette honteuse bulle, formellement hérétique en son § 6, un catholique véritable ayant le sensus Ecclesiae, et l’amour de Dame la Sainte Église romaine, devrait avoir à honneur de l’enfouir au plus profond des archives du Vatican, lui mettre dessus le voile de Noé, ceci dit pour ne pas employer une formule plus militaire, plus scrogneugneu, de tirer la chasse d’eau dessus. Vous pouvez lire à ce sujet mon ouvrage, auquel j’aurai sans doute quelques petits derniers compléments à faire : » La Bulle de Paul IV ? Une vessie plutôt qu’une lanterne pour éclairer la crise de l’Église « , au lien Internet suivant : http://www.fatima.be/fr/editions/avm/paul4.php
Considérez par exemple la » bible sédévacantiste « , je veux parler du livre préfacé par Mgr Dolan » Mystère d’iniquité « . À part donc la préface nommément signée par ledit évêque sédévacantiste marginal, quels en sont les auteurs ? Je vous cite l’introduction : » [Ce livre est le] fruit d’une longue recherche à laquelle ont participé des prêtres d’Europe et d’Amérique » (note 1, p. 3)… Mais ces prêtres anonymes renforcés d’un évêque en marge prétendent eux aussi, être LE Magistère ecclésial infaillible d’enseignement ! Si en effet, vous mettez en doute un des » dogmes sédévacantistes « , on ne vous répondra pas, on se contentera de se référer à la profession de foi sédévacantiste bien connue comme à une » Autorité » divine qui suffit à dirimer la contradiction cependant… catholiquement fondée.
Relisez sans a-priori les phrases que vous avez vous-même écrites pour dénoncer chez les lefébvristes cette tendance hétérodoxe occulte de supplanter le Magistère infaillible de l’Église, et admettez qu’elles s’appliquent tout autant à la nébuleuse sédévacantiste, elles s’y appliquent tellement bien qu’en vérité, je n’ai besoin de changer pratiquement rien du tout dans vos phrases pour ma paraphrase sédévacantiste :
» [Le mouvement sédévacantiste] comme l’Université de Paris sont des entités collectives, des groupes de personnes. Il s’agit de groupes sans chefs déterminés ou en tout cas sans aucune autorité doctrinale déterminante identifiée. L’enseignement auquel » tous doivent s’en remettre « , est en réalité un consensus moyen et anonyme d’individus qui se donnent à eux-mêmes leurs titres d’autorité doctrinale. Il est évident qu’une telle situation est le terrain idéal pour un pouvoir occulte pour diriger l’opinion et imposer l’erreur « . Ou encore celle-ci : » C’est un » consensus » de clercs qui s’auto-proclame garant de la vérité, qui s’auto-attribue gratuitement le rôle d’Église Enseignante « .
Et dites, considérez si ces phrases ne caractérisent pas autant le mouvement sédévacantiste que celui lefébvriste…
En fait, il est trop vrai de dire que les sédévacantistes ne sont que des clones de lefébvristes, dialectiquement opposés à eux, car le seul homme d’Église à avoir reçu grâce d’état dans cette Crise, de par Dieu (et sans forcément de mérite de sa part), c’était Mgr Lefebvre : tout ce qui est » tradi. » ne peut que dériver de lui, et n’exister que par rapport à lui. Il n’est que trop vrai de dire que les sédévacantistes ne sont jamais que des » brebis Dolly lefébvristes » parce que c’est par rapport à la théologie lefébvriste qu’ils fixent leur propre position théologique. C’est sans doute la raison pour laquelle les guérardiens de Turin (Sodalitium), autre inénarrable » brebis Dolly lefébvriste » eux aussi, ont pu forger une nouvelle catégorie de tradis., les… » lefébvristes-sédévacantistes « , je n’invente rien, ce néologisme est dans le dernier bulletin de Sodalitium ! Or, puisque la théologie lefébvriste est fausse et erronée, la théologie de ceux qui s’y opposent dialectiquement ne peut qu’être donc, comme elle l’est effectivement, que… fausse et erronée.
Vous voudrez évidemment des preuves de l’accusation d’hérésie que je porte contre le » dogme sédévacantiste « . C’est bien facile. Ayant quitté la chapelle sédévacantiste St Pie V de Rennes précisément suite à un abus d’autorité du prêtre Roger tout-à-fait dans la ligne du comportement autocratique exécrable, inique, et même antichrétien, que vous dénoncez chez les… lefébvristes, j’ai adressé à un certain nombre de mes anciens coreligionnaires, une » Lettre » pour leur dénoncer l’hérésie sédévacantiste à la source de ce genre de comportement catholiquement inacceptable, inadmissible, absolument incompatible avec la vie chrétienne la plus élémentaire. Je vais tout simplement vous recopier cette dénonciation que je leur ai fait du sédévacantisme, en leur disant où le bât blesse, peut-être, je le souhaite en tous cas, pourra-t-elle vous servir à quelque chose :
» Lorsque Notre-Seigneur Jésus-Christ a divinement institué son Église pour le Temps des Nations, Il la forma de manière hiérarchique (= hieros – arche ; deux mots qui signifient : commandement sacré). C’est-à-dire que, dans l’économie de ce Temps, le Don de Dieu est délivré aux âmes non pas directement de Dieu à l’âme particulière mais en passant par des intermédiaires divinement mandatés qui ont pouvoir, et eux seuls, de délivrer aux âmes ledit Don de Dieu. Dans l’Institution ecclésiale du Christ inhérente au Temps des Nations, il y a en effet subordination, et subordination sacrée, selon un ordre immuable. Tous les catholiques savent bien que la Foi vient vivifier surnaturellement l’âme non pas par un enseignement direct de Dieu mais par l’intermédiaire de ceux qu’on appelle les » membres enseignants « , qui sont le pape & les évêques actuels. C’est ex auditu, de bouche autorisée à oreille, que la Foi vient vivre dans l’âme du simple fidèle. Luther & les protestants ont voulu supprimer les mandataires que le Christ avait institués pour découvrir la Foi par eux-mêmes et l’inspiration divine directe, au moyen notamment du sola scriptura, l’Écriture seule, ils n’ont fait que se rendre hérétiques. Je rappelle pour mémoire saint Paul, qui est magistral sur cette loi fondamentale qui régit notre Église, écoutons-le : » La Foi vient de la prédication entendue, et la prédication se fait par la parole de Dieu » (Rom. X, 17). Tout est absolument dit dans cette phrase étonnamment lapidaire & magistrale, presque divine. Mais il faut bien saisir ce que dit saint Paul : l’Apôtre des nations ne dit pas que » la Parole de Dieu » ou Doctrine ou Foi ou Tradition, conditionne » la prédication » ou Légitimité de l’acte d’enseignement, parce que c’est très-exactement le contraire qu’il professe, comme d’ailleurs l’ordonnance de sa phrase le fait très-clairement entendre, saint Paul mettant l’acte de » prédication » AVANT » la Parole de Dieu « . Ce que l’Apôtre des nations veut dire, donc, c’est qu’une fois que la prédication autorisée se fait entendre, alors, Dieu est ipso-facto avec le prédicant, et bien entendu Il l’empêche de faillir, et cette prédication ne peut donc subséquemment QUE contenir la Parole de Dieu, la Foi. Ce n’est donc pas » la Parole de Dieu » qui conditionne dans l’infaillibilité » la prédication « , mais » la prédication » autorisée et donc dotée de l’infaillibilité qui contient subséquemment, ipso facto, » la Parole de Dieu « . Cette précision théologique est très-importante pour le sujet de la Légitimité pontificale qui nous occupe, je vais en tirer toutes les conséquences sans tarder.
Pour le moment, continuons un peu à lire ensemble saint Paul. Quelques versets plus haut, l’Apôtre des nations explique remarquablement bien dans cette même Épître toute l’articulation théologique de cette ordonnance par laquelle la Foi pénètre & arrive jusqu’à l’âme du fidèle : » Comment donc invoquera-t on Celui [= le Christ Jésus] en qui on n’a pas encore cru ? Et comment croira t on en Celui dont on n’a pas entendu parler ? Et comment en entendra-t on parler s’il n’y a pas de prédicateur ? Et comment seront-ils prédicateurs, s’ils ne sont pas envoyés [= au sens fort, c'est-à-dire divinement mandatés par l'Église pour prêcher la Foi au nom du Christ : Magistère infaillible] ? » (Rom. X, 14 15). Notez bien qu’à aucun chaînon du raisonnement, saint Paul n’invoque un concept doctrinal, il s’agit pour lui d’un ACTE d’enseignement, et un acte d’enseignement autorisé.
Mais, chers fidèles de la chapelle-église St Pie V de Rennes, il faut que vous preniez bien conscience que tout ceci concerne en plein la question de la Légitimité pontificale. Car non seulement le catholique orthodoxe reçoit la Foi des » membres enseignants » (= il ne se la donne pas à lui-même), non seulement il reçoit d’eux les sacrements (= qu’il ne peut pas se confectionner lui-même pour son salut ni celui de son prochain, sauf quant au baptême & au mariage), mais il reçoit aussi d’eux, et d’eux seuls, la désignation du Pontife romain, qui est la Tête de l’Église Universelle, et ceci, nonobstant tout aspect doctrinal (= il reçoit d’eux la personne du pape qu’il ne peut absolument pas se désigner, encore moins révoquer). Une fois que le Pontife romain est élu puis reconnu à la face de l’Église Universelle par, on pourrait dire les » membre enseignants » de la Légitimité pontificale, divinement habilités pour ce faire ( » envoyés » comme dit saint Paul), que je vais nommer tout-à-l’heure, il l’est très-certainement (il y a en effet deux temps dans toute élection pontificale : 1/ l’élection proprement dite, qui a lieu dans l’aula conclavique ; et 2/ la reconnaissance par l’Église Universelle qu’elle a une nouvelle Tête, à la face de toute l’Église, dans le cadre de l’intronisation solennelle du nouveau pape qui a lieu généralement le dimanche dans l’octave de l’élection conclavique). Et l’anathème est formel pour celui qui oserait dénier la qualité de pape à celui qui est une fois élu puis surtout reconnu par l’Église Universelle pour l’être. Quand bien même celui-ci serait hérétique dans la Foi (ce qui est un cas de figure en principe totalement impossible, cela ne peut pas arriver : et si cela arrive de nos jours, c’est parce que l’Église vit la Passion du Christ, » fait péché pour notre salut » -II Cor. V, 21- : je vais revenir sur ce point de théologie morale plus que dogmatique évidemment très-important dans notre situation, pour bien l’expliquer, pour lever le scandale d’une telle situation anormale ; mais pour l’instant, je m’occupe seulement de bien poser les règles fondamentales de la constitution divine de l’Église, hérétiquement bafouées par les sédévacantistes). Auquel cas de contradiction formelle entre les deux principes, il vaudrait mieux de toutes façons, encore que ce serait choisir entre la peste & le choléra, privilégier l’acte de désignation du Pontife romain sur sa doctrine, comme, notez-le bien, saint Paul le fait dans sa formule inspirée ( » La Foi vient de la prédication entendue, et la prédication se fait par la Parole de Dieu » = l’acte de prédication est théologiquement antécédent à la doctrine).
Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que le simple fidèle ou » membre enseigné » n’a, stricto sensu, aucun pouvoir propre dans l’Église, il doit TOUT recevoir de la main ou de la bouche des » membres enseignants » institués par le Christ pour son salut lorsqu’Il a engendré l’Église sur la croix, ex corde scisso Ecclesia, Christo jugata, nascitur… y compris, donc, recevoir la désignation du Vicaire du Christ… y compris recevoir sa déchéance du pouvoir pontifical, quand le cas s’en présente. Et c’est ce point que rejettent hérétiquement les sédévacantistes qui prétendent décider d’eux-mêmes qui est ou qui n’est pas pape, avoir le pouvoir de déchoir à leur propre jugement le Pontife romain, voire même de déclarer qu’il ne l’a jamais été. Malheureusement pour eux, par cette attitude, ils ne font que se rendre coupable de » libre-examen » hétérodoxe de la légitimité pontificale, tels de vils protestants hérétiques. C’est en soi, prenez-en soigneusement conscience bien chers fidèles de la chapelle-église St Pie V de Rennes, une hérésie aussi grave que celle de la Liberté religieuse professée par les papes actuels. Or, vous le savez, il ne sert à rien de croire tout le Dogme de la Foi si l’on rejette sciemment un seul point de cette dite Foi. Loin d’apporter une solution théologique à la crise affreuse de l’Église, les sédévacantistes ne font donc que rajouter… une hérésie, pour contrer… l’hérésie moderniste. En fait, il n’est que trop vrai de dire que le sédévacantiste TUE l’Église avant même de, et pour pouvoir, TUER les papes de Vatican II, ce qui est son but principal (… et c’est ainsi qu’ils osent prétendre sauvegarder la Foi véritable ! Et avec quel orgueil, généralement, faisant un complexe de supériorité sur toutes les autres mouvances de la Tradition en faisant cela !). En vérité, un sédévacantiste n’est donc pas seulement sédévacantiste, il est, beaucoup plus gravement encore, un » ecclésiovacantiste » : par son rejet de l’infaillibilité de l’acte de reconnaissance ecclésiale universelle du Pontife romain, le sédévacantiste, en effet, supprime l’Église Universelle pour se mettre à sa place, l’usurper.
Mais qui sont donc les » membres enseignants » de la Légitimité pontificale ? Ils ne sont pas les mêmes que ceux que le Christ nous a donnés pour l’enseignement de la Foi. Quant à la Foi, les » membres enseignants » sont, vous le savez, le pape & les évêques actuels en union avec lui, tous les autres fidèles y compris les simples prêtres, sont les » membres enseignés » qui doivent recevoir la doctrine des » membres enseignants « , sinon rien. Or, les » membres enseignants » de la Légitimité pontificale sont le Sacré-Collège cardinalice (dans la majorité des 2/3 + 1 depuis Pie XII), et eux seuls le sont en corps d’institution, qu’ils soient cardinaux-évêques suburbicaires, cardinaux-prêtres ou cardinaux-diacres pris tous ensemble. Et prenez-en bien conscience, si vous avez l’ambition d’être & de rester catholique : EUX SEULS ont mandat & pouvoir divins de désigner validement l’évêque de Rome qui est le pape, ou de… le déchoir (car qui a pouvoir sur l’élection pontificale a pouvoir sur sa déchéance).
Or, qui a divin mandat de désigner ou de déchoir le pape, a ipso-facto pouvoir quant à l’examen de la Foi dudit pape. Et lui SEUL, encore une fois, possède ce pouvoir. Puisqu’un pape donné par le Saint-Esprit à l’Épouse du Christ ne peut qu’avoir la Foi, ceux qui ont pouvoir & mandat divins d’élire puis de reconnaître infailliblement le pape au nom de l’Église Universelle, sont aussi les mêmes qui ont pouvoir pour examiner tout aussi infailliblement la Foi dudit pape, non seulement avant qu’il soit élu et pour valider son élection mais pendant tout le temps que dure son pontificat (sinon, il est facile de comprendre que si l’examen cardinalice de la Foi du papabile n’était pas doté de l’infaillibilité, alors, l’acte d’élection par lesdits cardinaux ne pourrait pas être lui-même doté de l’infaillibilité). Et la conclusion de l’examen cardinalice quant à l’orthodoxie ou bien non de la Foi du pape, a valeur d’enseignement formel pour TOUS les fidèles de l’orbe catholique, en ce compris les évêques qui, en matière de Légitimité pontificale, ne sont que des » membres enseignés » au même titre que le plus simple des fidèles. Si la majorité du Sacré-Collège cardinalice professe la pureté de la Foi du souverain pontife (ce qui, dans les temps ordinaires, s’opère négativement, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de déclaration explicite des cardinaux pour affirmer la pureté de la Foi du pontife romain, il y a simple adhésion tacite & pacifique des cardinaux à la doctrine du pape qu’ils ont élu, sans déclaration), alors, le simple fidèle doit obligatoirement, sous peine d’anathème formel, croire DE FOI, de fide, que le souverain pontife actuel est pur de toute hérésie. La constitution divine de l’Église est ainsi faite, chers fidèles de la chapelle-église St Pie V de Rennes, que l’examen de la Foi du pape est de droit divin commis au SEUL Sacré-Collège cardinalice, c’est-à-dire aux SEULS » membres enseignants » de la légitimité pontificale.
Aucun pape en effet n’est élu sans que son dossier soit soigneusement épluché par les cardinaux sur le chapitre de la Foi. Et c’est uniquement lorsque l’examen s’est avéré positif, qu’alors, le papabile, au bon vouloir du Saint-Esprit plus encore que des cardinaux qui n’en sont, dans cet acte, que les organes passifs, est élu le nouveau pape (et le simple fait de voir les cardinaux élire un pape présuppose implicitement, sans qu’il soit besoin de déclaration explicite, que l’examen de la Foi du papabile s’est avéré être formellement positif). Le Cal Billot dans sa Théologie dogmatique illustre cette loi que je rappelle en citant le cas de Savonarole qui accusait le pape Alexandre VI Borgia d’hérésie, mais, conclut-il rapidement sans même prendre la peine d’étudier les arguments de Savonarole, puisque Alexandre VI était reconnu comme pape par toute l’Église à commencer par les cardinaux unanimes, il était donc impossible qu’il soit hérétique formel puisqu’il était CERTAINEMENT pape par cette dite reconnaissance : et donc, l’adhésion ecclésiale universelle à la personne du pape Alexandre VI PROUVAIT & PRÉSUPPOSAIT FORMELLEMENT la pureté de sa Foi. Et Billot n’éprouve aucun besoin d’aller plus loin pour conclure formellement à l’orthodoxie parfaite de la Foi du pape Borgia : il lui suffisait de montrer que ledit pape bénéficiait de la reconnaissance ecclésiale universelle de la qualité de pape sur sa personne… Et voilà le VRAI raisonnement théologique à tenir en la matière, c’est-à-dire celui à l’endroit et non pas à l’envers comme celui sédévacantiste !
C’est un autre point subséquent que ne saisissent pas ou rejettent les sédévacantistes : ils s’imaginent en effet que, parce qu’ils constatent que les papes issus de Vatican II ont un Magistère défectueux sur le plan doctrinal, alors, ils ont le droit de les déchoir, et ils s’en font même une vertu héroïque, la manifestation de l’héroïcité de leur Foi, qu’ils brandissent très-haut dans le ciel comme gonfanon de combat, d’une manière orgueilleuse & vindicative quand on s’appelle le petit pape Roger, lequel va jusqu’à poser, dans son aveuglement peu ordinaire, que l’hérésie sédévacantiste » libèrerait beaucoup de consciences et fortifierait les troupes de la Tradition si elle était exposée sereinement par les chefs de file de la résistance catholique » (sic) !!! Hélas pour eux, si la prémisse de leur raisonnement est bonne, à savoir le fait de constater le caractère hérétique de la profession de Foi des papes actuels, la déduction qu’ils en tirent est complètement hérétique. Ce n’est pas, en effet, parce que je constate en catholique le caractère hérétique de l’enseignement doctrinal des papes modernes, que j’ai LE DROIT de les déclarer déchus. En fait, de la manière que le Christ a constitué son Église-Épouse, je n’ai JAMAIS le droit, moi simple fidèle catholique, » membre enseigné « , de prononcer la déchéance de tel ou tel pape. Le constat, cependant vrai et authentique, de l’hérésie doctrinale des papes modernes dans leur Magistère infaillible, est un simple constat que pose mon intelligence, je veux parler de l’intelligence de la Foi, mais en tout état de cause, eu égard à la constitution divine de l’Église, il n’a et ne peut avoir AUCUNE incidence, théologiquement parlant, sur la déchéance du pape magistériellement hérétique, pas plus pour mon âme privée que pour toutes celles des fidèles de l’orbe catholique. Pour faire court : j’ai, moi simple » membre enseigné « , droit, et même devoir, au » constat « , mais je n’ai pas le droit, encore moins le devoir, au » jugement » (= un constat AVEC peine judiciaire appliquée, en l’occurrence : la déchéance du pape).
Parvenu ici, il me faut dire un mot sur l’excuse que croit se trouver l’abbé Roger en disant : » Ce n’est pas là un jugement sur la personne du pape [que nous faisons], mais un constat « . Il veut dire qu’il ne juge pas le for interne, les intentions secrètes de la personne privée du pape moderne. Cela, on s’en doutait, car de toutes façons le jugement au for interne est interdit dans tous les cas de figure. Mais il fait un amalgame vicieux dans son esprit, car en fait, il ne s’agit pas du jugement de la personne privée du pape, évangéliquement interdit, mais du jugement de la personne publique du pape, dans sa fonction magistérielle infaillible. Or, là, l’abbé Roger avec tous les sédévacantistes derrière lui, ose faire ce jugement puisqu’il déclare formellement déchu le pape dont il constate la défaillance doctrinale. Donc, puisqu’il déclare déchu le pape dont il a constaté la défaillance doctrinale, il JUGE le pape, il ne fait pas un simple constat des déviances doctrinales dudit pape. Sa phrase est donc trompeuse, et il commence sans doute par se tromper lui-même dans son âme pour se rassurer, avant de tromper ses ouailles. Car c’est là précisément que réside tout le péché gravissime des sédévacantistes : de juger le pape dans sa fonction de pape, c’est-à-dire de faire un constat AVEC peine judiciaire incluse… En fait & en droit, il faut bien saisir que les seuls membres divinement habilités à déchoir un pape magistériellement hérétique, seraient les » membres enseignants » de la légitimité pontificale, à savoir le Sacré-Collège cardinalice dans sa majorité des 2/3 + 1 (je mets : » seraient « , car en principe, dans les temps normaux de l’Église militante, ce cas de figure est théologiquement absolument impossible ; c’est uniquement parce que nous sommes à la Fin des Temps, que l’Église est à l’instar du Christ » faite péché pour notre salut » comme dit saint Paul, qu’on a un vrai pape, et cependant un pape hérétique : comme je l’ai déjà dit, je vais revenir là-dessus pour bien expliquer ce cas de figure sans que notre Foi en soit scandalisée).
Les sédévacantistes se trompent encore quand ils soutiennent que l’adhésion à la doctrine des papes de Vatican II est détruite par la protestation publique, à la face de l’Église, de Mgr Lefebvre, en en déduisant que cette rupture d’adhésion universelle à la doctrine du pape moderne entraîne ipso-facto sa déchéance pontificale, comme je l’ai lu dans l’argumentaire sédévacantiste : à partir de Paul VI pour le moins, disent-ils, il n’y a plus adhésion de l’Église Universelle à la doctrine du pape, et donc celui-ci n’est plus pape. Voilà un raisonnement tout faux partout, qui d’ailleurs tourne à l’envers comme je l’ai illustré avec Savonarole plus haut, pour deux raisons dont chacune d’elle est dirimante à elle toute seule : 1/ ce n’est pas l’adhésion à la doctrine du pape qui fait le pape, c’est PREMIÈREMENT l’adhésion à la personne du pape, l’adhésion à la doctrine du pape n’est théologiquement qu’un dérivé de l’adhésion à la personne du pape. 2/ Ceux qui sont habilités de droit divin à actuer cette adhésion à la doctrine du pape sont théologiquement uniquement le Sacré-Collège cardinalice. Le 1/ suffit à dirimer le raisonnement sédévacantiste, et quant au 2/ : puisque Mgr Lefebvre n’était pas cardinal de la sainte Église romaine, donc, sa véhémente contestation, certes très-fondée, n’avait théologiquement AUCUNE incidence pour détruire l’adhésion universelle de l’Église à la doctrine du pontife romain. Même après la protestation justifiée des évêques Lefebvre & de Castro-Mayer contre la doctrine hérétique des papes modernes, l’adhésion de l’Église universelle restait théologiquement intacte & inviolée, concernant cesdits papes modernes. Pour détruire théologiquement l’adhésion universelle à la doctrine du pape moderne, et donc, en remontant des effets au cause, pouvoir dénoncer sa légitimité d’une manière valide, il faudrait absolument sine qua non que les 2/3 + 1 du Sacré-Collège au minimum se désolidarisent de la doctrine du pape, puis, conséquemment, déclarent sa déchéance. Or, évidemment, faut-il le préciser, nous ne sommes pas du tout dans ce cas de figure avec les papes de Vatican II. C’est un simple constat… » que tout le monde peut faire « , comme dit superbement bien l’abbé Roger, ainsi que dans cet autre passage : » Voyons la réalité telle qu’elle est et non pas comme certains veulent la décrire « , ou encore bien : » Ce n’est pas là une affirmation gratuite ou simpliste comme le disent ceux qui n’ont pas d’arguments étayés et sérieux [!]. Plus qu’une opinion, c’est une conclusion théologique certaine ; pour la nier, nos contradicteurs doivent nécessairement -au moins de façon implicite- nier la doctrine catholique sur « … l’infaillibilité de la reconnaissance ecclésiale universelle du Pontife romain.
Mgr Dolan ayant évoqué la mémoire du Père Gaillard en des termes élogieux, je dois hélas apporter un bémol, sans par ailleurs vouloir en rien décrier la bonne mémoire de ce bon prêtre qui faisait certes ce qu’il pouvait dans cette crise de nature apocalyptique (il n’est pas bon en effet de mettre sur les autels un tel ou un tel, c’est ce que font de leur côté les lefébvristes qui placent déjà Mgr Lefebvre au ciel… en s’empressant bien évidemment d’en déduire l’infaillibilité de sa position théologique dans la Crise, excommuniant tout celui qui critiquerait ses prises de position – j’en sais quelque chose par la plume de Mgr Williamson ; alors, sédévacantistes, puisque vous critiquez les lefébvristes, pourquoi reprendre leurs défauts… Mais, bon, je note plus loin que Mgr Dolan recommande aux fidèles de prier pour le P. Gaillard, et non pas le prier…).
Un jour, en effet, cela remonte bien à quinze ans & peut-être même à bien plus, l’entretenant de la loi fondamentale de l’infaillibilité de la reconnaissance ecclésiale universelle du Pontife romain par l’organe du Sacré-Collège cardinalice, le Père Gaillard, hélas lui aussi infecté & infesté de l’hérésie sédévacantiste, me rétorqua que l’institution du Sacré-Collège est purement humaine, sous-entendu que les cardinaux ne sauraient poser un acte infaillible en désignant le pape au sein du conclave… et pas plus en examinant la Foi dudit pape. C’est une erreur profonde. Car si l’institution du Sacré-Collège cardinalice est effectivement somme toute assez récente dans l’histoire de l’Église, au XIIIe siècle seulement, si cette institution est d’ordre canonique, par contre, l’acte lui-même que les cardinaux posent en choisissant la Tête visible de l’Église Universelle dans la personne du pape, loin d’être nouveau, est hérité des antiques archidiacres & autres primiciers des tout premiers siècles chrétiens et est en fait basé immédiatement sur la constitution divine de l’Église telle que le Christ l’a ordonnée : c’est en effet de DROIT DIVIN que les cardinaux désignent le nouvel évêque de l’église de Rome, parce que cette dite église » est le nom d’humilité de l’Église Universelle » comme dit si bellement le Cal Journet. Et que tout ce qui a immé
Morlier Vincent
21 juil 09 at 16 h 09 min
Cher Monsieur,
Je vous remercie pour votre lecture attentive de nos lignes et pour vos commentaires intéressants.
1) Pourquoi j’utilise un pseudonyme sur le CatholicaPedia Blog ?
Mais pour me dévoiler bien sûr ! Tels les vénitiens qui pour aller vivre leurs fantasmes plaçaient sur leur visage un loup qui ne dissimulait pas grand-chose, mais disait : « Attention liberté ! ».
Plusieurs fois, sur l’Internet, des personnes qui utilisent leur véritable identité s’en sont pris à ceux qui, comme moi, utilisent des pseudonymes. Quand on est en désaccord avec quelqu’un qui utilise un pseudonyme, cela peut être une technique, au lieu d’argumenter, de lui sortir quelque chose du genre « vient le dire en face si t’es un homme ! ».
Étant plutôt quelqu’un qui, dans la vie n’a pas peur de dire les choses en face, je voudrais faire part de mes réflexions sur l’utilité d’utiliser un pseudonyme. Tout d’abord remarquons que s’il s’agissait de la trouille des autorités, il faudrait être bien naïf car le pseudo ne tiendrait pas trois secondes. Non, je pense que le pseudo permet seulement de faire parler une autre facette de soi-même. Si on ne masque pas son état civil, c’est forcément une autre partie de soi que l’on cache. Sur Internet les journalistes ne sont évidemment pas masqués, c’est normal, ils engagent leur responsabilité professionnelle. La véritable identité est une responsabilité dont on a le droit de se décharger un moment. Moi, sous le nom de Cave ne Cadas, je me prive précisément de tout argument d’autorité dans tel ou tel domaine. En échange je garde la liberté de me livrer un peu plus. Il est faux de penser que, dès que l’on est situé dans le temps, l’espace et la société, on puisse tout dire, ce serait utopique, je peux le dire d’autant plus facilement que dans le vie, je dépasse souvent les limites de ce que je pourrais dire sans avoir des retours de bâtons. Si j’ai choisi de m’appeler Cave ne Cadas, c’est pour vous signaler que je « prends garde de tomber », que je veux rester fidèle dans la Foi catholique.
Le masque du carnaval permet de jouer un autre rôle, celui du pseudonyme aussi.
Sous notre véritable identité nous sommes forcément dans un réseau, un contexte, nous engageons nos proches, nos relations dans la vie réelle. Il ne s’agit pas d’être impersonnel, mais pudique.
En édition, il nous est possible d’écrire « manuscrit non révisé » sur notre texte et toutes les erreurs nous sont permises. Dans Internet, l’erreur est-elle permise ? L’erreur persiste, survie et peut ressurgir.
Peut-être avez-vous raison de vouloir préserver votre identité. Car une identité est plus qu’un nom. C’est une existence. Malheureusement, nous disséminons des bribes de notre existence dans les archives numériques des institutions (ministères, banques, assureurs, services publics, commerçants, etc.), comme des pièces d’un puzzle qu’on laisserait tomber pour marquer notre chemin. Depuis quelque temps, il en tombe de plus en plus. Et il y a des gens pour les ramasser. …
Le plus inquiétant, c’est que les archives numériques ont la mémoire longue. Elles savent même des choses que nous avons depuis longtemps oubliées. Du coup, on se méfie principalement de Big Brother. Mais on devrait aussi garder l’œil ouvert sur son petit frère : l’entreprise privée. Sans trop savoir ce qui se trame dans les coulisses du Net, les moteurs de recherche peuvent déjà en dire long sur les individus, surtout quand ils sont branchés. Le dernier venu, et non le moindre, est ZabaSeach, lequel a indexé plus de 25 000 bases de données publiques aux États-Unis seulement (Wired : Your Identity, Open to All).
D’un autre côté, leurs pseudonymes n’ont évité ni à Molière ni à Voltaire divers ennuis, et son absence de pseudonyme n’a pas empêché Shakespeare de voir mise en doute son existence même (à titre posthume il est vrai, ce qui relativise les choses). Et je pourrais très bien signer mes articles sur ce blog « Xavier Morlier » ou « Hubert Remy » mais qu’est-ce cela apporterait de plus ! ou prouverait de plus ? ne sont-ce pas là d’autres pseudonymes !
2) Ne voyez pas toujours « la main de LHR » derrière tout ce qu’il s’écrit sur Internet, dès qu’il est fait référence à la notion de « catholique semper idem » ! et ce n’est pas un lien vers le site des ACRF qui pourrai faire signature !
Si j’utilise le terme « catholique semper idem » c’est pour prouver que je suis resté un « fidèle catholique » qui demeure dans la Foi catholique. Je vous invite à retourner sur la page ‘À propos’ que je viens de mettre à jour pour expliquer « La vertu de foi du fidèle catholique semper idem ».
3) Je reprendrai et répondrai à vos autres commentaires ultérieurement dans ce blog, mais vous signale néanmoins que la dernière partie de celle-ci à été « tronqué » par la technique, dû certainement à la longueur de votre message.
À bientôt, j’espère pour la suite…
Cave Ne Cadas
22 juil 09 at 14 h 29 min
Cher « Cave ne Cadas »,
Votre longue apologie de l’emploi d’un pseudonyme me semble un peu trouble, peu convaincante, surtout vus les reproches de comportement « occulte » que vous faites, à très-juste titre d’ailleurs, aux gens de la Fsspx. Dans ces cas-là, pour enlever de mauvaises armes dans les mains de vos adversaires, ne croyez-vous pas qu’il vaudrait mieux autant supprimer pour soi-même toute possibilité d’accusation du défaut… que vous reprochez à votre adversaire. Cela me fait penser à un certain Xavier de Roche qui écrivit une vie de Louis XVII en tâchant de prouver la très-difficultueuse identité Naundorff-Louis XVII, alors que lui-même avait personnellement une identité plus que douteuse, travestie, en ce compris sa date de naissance…! Ce qui, évidemment, négative ce qu’il pouvait dire de très-juste par ailleurs pour réhabiliter la mémoire de Naundorff, car les hommes de mauvaise foi peuvent bien entendu se servir de sa trouble identité pour refuser de croire ses preuves sur l’identité « Naundorff-Louis XVII ». De même, cher « Cave ne Cadas », laissez-moi vous dire qu’autant votre critique de la mentalité « je m’avance caché » de la Fsspx est juste et à propager, autant il me semble important que vous n’adoptiez pas vous-même cedit comportement ténébreux ! Car vous enlevez ainsi VOUS-MEME du poids à vos arguments…
J’ai employé un pseudonyme, un « masque vénitien », moi aussi dans le passé (= « Louis de Boanergès », pour ne rien… vous cacher), mais surtout parce qu’à l’époque, je ne rédigeais mes ouvrages que dans un cadre associatif et nous étions plusieurs personnes à écrire au nom de ladite association : il fallait donc bien une signature collective. Or, je me rappelle, dans une polémique, un contradicteur avait voulu nous mettre mal à l’aise en tâchant d’amalgamer « anonyme » & « pseudonyme », mais ce fut en pure perte, il nous fut facile de lui dire qu’un pseudonyme (qui peut faire l’objet d’un « acte de notoriété » notarial), n’est pas du tout comparable à un anonyme. La responsabilité juridique d’un pseudonyme est engagée, pas celle, évidemment, d’un anonyme. Mais notez bien que c’est par professionnalisme que j’employai un pseudonyme, et nullement par goût personnel, n’aimant pas cette méthode de se CACHER derrière un masque vénitien, comme vous dites : cela ressemble trop aux procédés et mentalités gnostico-maçonniques qu’on dénonce, et qui mettent toute leur malice dans le « Je m’avance masqué »… J’ai donc, dès que j’ai pu, quitté ce procédé que je trouvais peu digne du nom catholique, et vous conseille d’en faire autant.
Bref, ceci dit, vous n’êtes donc pas, apparemment, Louis-Hubert Rémy, il n’écrit pas ainsi, ce n’est pas du tout son style…
Vous êtes sans doute même plusieurs derrière cet article puisque vous m’écrivez : « … votre lecture attentive de NOS lignes… » (sur lequel article, soit dit en passant, vous pourriez vous faire attaquer devant les tribunaux de la -mauvaise- justice républicaine, car votre titre « Mgr Fellay est un âne ! », surtout illustré par le bonnet d’âne de l’image, est une injure… quand bien même ce coup de fouet est pour le fond plus que justifié, j’y souscris en effet sans réserve des deux mains & des deux pieds).
J’ai été revoir votre « A propos » sur Le CatholicaPedia Blog, comme vous me le demandiez, mais en fait, vous n’avez strictement rien changé du tout de la référence au site ACRF de M. Louis-Hubert Rémy ! Je suis donc plus que fondé à penser que c’est lui qui inspire votre blog, surtout quand je vois que vous y professez toutes ses idées… les bonnes et hélas les mauvaises. Vous n’avez fait que rajouter un long texte dans le même mauvais sens que je vous dénonçais pourtant fort clairement dans mon « Commentaire », à savoir de vous appeler toujours, à tort, « catholique semper idem », en suivant l’échappatoire indigne et peu honorable de LHR, alors, que, selon votre profession de foi, vous êtes bel et bien SEDEVACANTISTES puisque vous récusez la légitimité des papes modernes & bien sûr, concomitamment, celle de l’Eglise conciliaire…
C’est là, certes, Cave ne Cadas, qu’il faut avoir le courage de ses opinions, et ne pas faire comme LHR justement, lequel, tout en affirmant le sédévacantisme pur et dur, se récrie, en trouillant dans sa culotte (pardon, mais c’est agaçant, à la fin, les gens qui se défilent), d’être… sédévacantiste ! Comme je vous l’ai déjà dit dans la 1ère page de mon « Commentaire », ce qui fait PREMIEREMENT un sédévacantiste, c’est qu’il dénie la légitimité de l’Eglise conciliaire et celle de son pape, ou inversement. Or, c’est TRES-EXACTEMENT ce que vous professez, Cave ne Cadas, les propos de votre site en témoignent, c’est aussi la profession de (mauvaise) foi de LHR dont je subodore que vous êtes des « fils spirituels ». Que voulez-vous, il faut qu’un chat accepte de se faire appeler chat, un chien, chien, et un sédévacantiste, de s’appeler… sédévacantiste. Sinon, on ne peut entamer aucune discussion sérieuse. Si vous n’avez pas le courage de vos opinions théologiques dans la Crise actuelle de l’Eglise, comment voulez-vous qu’on vous prenne au sérieux ?!
Par ailleurs, vous êtes bien à même de constater, par mon « Commentaire », que je n’ai nul besoin de m’appuyer sur le procédé pseudonymique pour vous mettre en faiblesse sur votre thèse sédévacantiste… Pas besoin de cette « technique »-là, en effet, de biais & peu franche (ce qui n’est pas mon genre, il s’en faut), pour vous démontrer le caractère pernicieux du sédévacantisme, les arguments théologiques de mon « Commentaire » en témoignent et sont bien suffisants pour prouver formellement le caractère hérétique de cette thèse sédévacantiste aussi réprouvée devant Dieu que celle lefébvriste.
… Mais bon, sufficit !, basta !, cette question anecdotique, annexe, de l’emploi d’un pseudonyme pour signer des articles sur la Foi, n’est pas l’important de notre entretien, vous en conviendrez. Nous en avons, il me semble, assez parlé, et même trop. L’important de notre éventuel futur dialogue doit évidemment porter sur la question de Foi. Sur cela, je me tiens à votre entière disposition si vous désirez échanger sur le fond du débat, sur quelque question que ce soit, à partir de remarques, notes, critiques, etc., que vous pourriez faire sur mon « Commentaire » de votre bon article « Mgr Fellay est un âne ! »
Comme il semble que vous n’avez pas reçu l’intégralité de mon « Commentaire », ce qui ne m’étonne pas vue sa longueur (à peu près 31 pages en format 21×29,7), je vous le remets ici dans les pièces jointes, sous deux formes informatiques, ne sachant trop ce que vous avez comme logiciel sur votre ordinateur (1/ Word ; 2/ AdobeAcrobat).
Croyez-moi bien vôtre dans la prière, Cher « Cave ne Cadas », in Christo Rege. L’important est en effet de garder la Foi en Notre-Seigneur Jésus-Christ, et de ce côté-là, le choix de votre pseudonyme, « prends garde de tomber », est judicieux.
Vincent Morlier
Morlier Vincent
29 juil 09 at 9 h 44 min
SUITE 1 de mon « Commentaire » tronquée du 21 Juillet 2009 ci-dessus sur ce blog. Je scinde cette suite en deux parties pour qu’elle ne soit pas elle-même tronquée. Immédiatement après cette SUITE 1, le lecteur pourra donc prendre connaissance d’une SUITE 2 & FIN qui terminera mon « Commentaire » par ma signature… non-pseudonymique. Voici donc, pour commencer, cette SUITE 1 :
« … le Cal Journet. Et que tout ce qui a immédiatement trait à l’Église Universelle est doté ipso-facto de la note d’infaillibilité. C’est pourquoi, lorsque le nouveau évêque-pape de Rome est élu puis reconnu comme tel par le Sacré-Collège cardinalice au nom & pour le compte de l’Église Universelle, receptus et probatus, on a la certitude qu’il l’est très-véritablement, DE FOI (ce qui par ailleurs présuppose formellement que l’examen de la Foi de l’élu est positif, que ledit pape est pur de toute hérésie), par le fait dogmatique (= le fait dogmatique incarne le dogme : il ne servirait à rien en effet de prétendre croire à l’institution de la papauté, si par ailleurs l’on se permettait de récuser la personne concrète que l’Église Universelle choisit pour remplir actuellement le siège de Pierre). Le Cal Journet, dans son » Église du Verbe incarné « , résume fort bien la question par ces mots synthétiques : » L’ACCEPTATION PACIFIQUE DE L’ÉGLISE UNIVERSELLE S’UNISSANT ACTUELLEMENT À TEL ÉLU COMME AU CHEF AUQUEL ELLE SE SOUMET, EST UN ACTE OÙ L’ÉGLISE ENGAGE SA DESTINÉE. C’EST DONC UN ACTE DE SOI INFAILLIBLE, ET IL EST IMMÉDIATEMENT CONNAISSABLE COMME TEL « . Notez bien, sédévacantistes, et saisissez bien ce que vous lisez, comme Journet ne dit pas : « … s’unissant actuellement à la doctrine de l’élu « , mais il dit : « … s’unissant actuellement à l’élu « , sous-entendu : » … à la PERSONNE de l’élu « .
Et, chers fidèles de la chapelle-église St Pie V de Rennes, si vos prêtres & évêque contredisent cette doctrine catholique sur la Légitimité pontificale que je viens de vous rappeler en fils fidèle de l’Église, qu’ils sachent bien qu’ils sont sur cela formellement ANATHÈMES, hors de l’Église, anathema sit.
Et qu’ils vous rendent ANATHÈMES si vous les suivez là-dessus.
Ceux qui douteraient de l’infaillibilité des cardinaux dans l’acte d’élection du nouveau pape théologiquement complété, confirmatur, par l’intronisation-reconnaissance qui a lieu le dimanche dans l’octave de l’élection, jour solennel bien significatif, qu’ils sachent bien qu’ils révoqueraient en doute par le fait même la Parole du Christ à son Église : » Je suis avec vous TOUS LES JOURS « . Car si les cardinaux, en corps d’institution dans le Sacré-Collège canoniquement unanime (= 2/3 + 1), n’étaient pas récipiendaires de l’infaillibilité de l’Église dans les périodes de vacance du Siège de Pierre, pour, et bien sûr uniquement pour, l’acte d’élection du futur pape, alors, où résiderait donc bien l’infaillibilité PERPÉTUELLE de l’Église durant ce temps-là ? Dans l’Église Universelle ? Mais, mais, comment l’Église Universelle pourrait-elle faire en sorte que l’infaillibilité, de passive qu’elle devient à chaque mort de pape, redevienne active dans l’Église ? Par quel organe et surtout par quel procédé d’accréditation d’icelui théologiquement valide ? Par l’organe du futur pape, que l’Église Universelle nourrirait en son sein virtuellement sans le connaître, avant son élection ? Et comment, précisément, sa personne pourrait-elle bien être » RÉVÉLÉE » au sens fort à l’Église, si l’on exclut l’infaillibilité de l’acte de sa nomination ?! La » puissance des ténèbres « , c’est-à-dire les péchés des hommes & le démon, ne le laisserait jamais être désignée pour monter sur le Siège de Pierre au Nom du Christ, in nomine Domini.
N’oublions pas que c’est le pape qui est le suppôt (= une substance, avec son mode d’exister) ordinaire, vivant, premier & capital, de l’infaillibilité dans l’Église : une fois mort, il faut bien que l’infaillibilité trouve un suppôt extraordinaire dans l’Église Universelle qui puisse passer le divin flambeau au futur pape pour que la Parole du Christ d’assister son Église TOUS LES JOURS, y compris donc les jours de vacance du Siège de Pierre par mort ou démission de pape, soit effective et vraie ; donc, un suppôt VIVANT, soit personne physique soit personne morale, pouvant re-manifester à l’Église par un acte formel (seuls les suppôts vivants, les formes diraient les scolastiques, peuvent actuer un acte formel), l’infaillibilité dont elle est dotée. Et c’est précisément ce suppôt vivant qu’est le corps institutionnel des cardinaux ou Sacré-Collège, dans l’acte d’élection du futur Vicaire du Christ. Il est bon de savoir que dans ses travaux théologiques, le Cal saint Robert Bellarmin a été jusqu’à émettre la thèse qu’à cause de la suréminence de la mission qui lui revient d’élire infailliblement le Vicaire du Christ, le cardinalat était d’institution divine, quand bien même son officialisation canonique dans l’Église est tardive.
Quoiqu’il en soit de cette thèse bellarminienne qui a certainement de très-grands points d’appui pour elle dans la dogmatique, le premier rituel funéraire des papes connu, daté de la fin du XIIIe siècle, suggère bien ce transfert de l’infaillibilité du pape mourant aux cardinaux, pour élire le pape successeur : » … Deux ou trois jours avant qu’il ne perde la parole, le camerlingue doit convoquer les cardinaux afin que le pape mourant dicte son testament en leur présence, et choisisse le lieu de sa sépulture. Après avoir prononcé la profession de foi, le pape doit » recommander l’Église » aux cardinaux, appelés à choisir en paix et tranquillité un nouveau pasteur » (Le conclave, Lucius Lector). Ce mot que nous venons de lire, » recommander l’Église « , est, dans un rituel, à lire au sens fort, c’est comme la » recommandation de l’âme » dans le rituel des agonisants : cela signifie une livraison complète de ce qui est recommandé dans les mains de ceux à qui elle est recommandée, exactement comme le lien féodal ou commendatio moyenâgeuse, par lequel le vassal se livrait corps & biens à son seigneur ; autrement dit, le rituel moyenâgeux que nous venons de lire laisse entendre que l’Église est remise TOUT ENTIÈRE par le pape mourant dans le sein des cardinaux en corps d’institution : et c’est alors que le Sacré-Collège cardinalice jouit tout naturellement de… l’infaillibilité dont est dotée cette Église qui lui est confiée tout entière, donc, pour lui redonner… infailliblement un nouveau pape… infaillible (en vérité, admirons comme l’Église est bien organisée ! Comment n’y point voir le Sceau du Saint-Esprit ? Et c’est tout cela que saccagent & détruisent les sédévacantistes, tels de vils sangliers, des pourceaux plutôt, ravageant la Vigne du Seigneur…).
Ainsi donc, c’est par trop bien assis sur les lois théologiques fondamentales qui régissent la Constitution divine de l’Église, tout pape élu puis reconnu comme tel par l’Église Universelle dont l’organe ordinaire est le Sacré-Collège cardinalice depuis le haut Moyen-Âge, est INFAILLIBLEMENT vrai pape, » VERUS papa » comme dit Pie XII dans sa constitution sur les élections pontificales. Anathème formel à qui ose soutenir le contraire, s’appelassent-ils l’abbé Roger avec son orgueilleux » nous » pontifical de majesté, ou Mgr Dolan.
Par conséquent, chers fidèles de la chapelle-église St Pie V de Rennes, si vous avez à cœur de bien vivre votre Foi catholique de nos jours, laquelle, seule, sauve les âmes à commencer par les vôtres, vous avez, quand bien même cela vous crucifie comme cela crucifie tout catholique véritable, en ce compris votre très-humble serviteur, À RECONNAÎTRE LA LÉGITIMITÉ DE TOUS LES PAPES MODERNES DE VATICAN II, Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul 1er, Jean-Paul II & Benoît XVI. C’est par-là, et par-là SEULEMENT, que COMMENCE votre communion véritable à la vie (… ou plutôt à la mort mystique) de l’Église contemporaine, VOTRE Église, celle de vos jours terrestres, cette Église qui est ce pélican sacré qui nourrit vos âmes sinon RIEN. Tout simplement parce que ces papes-là ont tous été infailliblement élus puis reconnus par l’Église Universelle, dont l’organe ordinaire est le Sacré-Collège cardinalice. C’est par-là qu’on COMMENCE, de nos jours, à vivre EN TOUTE VÉRITÉ de la VIE de l’Église, et non pas dans une illusion de vie d’Église qui n’existe pas, dans une bulle de savon sédévacantiste surréaliste. Pour les mémoires défaillantes, je rappelle que le dernier en date s’appelle Benoît XVI, non pas certes glorieusement régnant, oh non !!!, mais très-ignominieusement régnant (… comme le Christ de la Passion n’en était pas moins régnant quoique vivant ignominieusement sa Passion, Il l’a dit à Pilate : » Je suis roi » ; oh bien sûr, certes, quant à Benoît XVI, contrairement au Christ qui est sans faute, il y a de sa part faute pontificale d’être ainsi ignominieusement régnant, ou plutôt faudrait-il dire, pour être juste, faute de tous ses prédécesseurs vaticandeux, qu’il ne fait, pour sa part, qu’endosser, tel le malheureux roi Louis XVI endossant la faute de tous les rois d’Ancien-Régime ses prédécesseurs…).
Et il faut arrêter de voir le pape Benoît XVI comme » le grand méchant loup « , le » super initié-infiltré-comploteur » n’ayant qu’une idée en tête : détruire la Tradition, » neutraliser la réaction traditionaliste » comme dit l’abbé Roger. La vérité est beaucoup plus simple, moins sectaire : Joseph Ratzinger est né dans une très-bonne famille catholique bavaroise, et ce bulldozer de la pensée a hélas été perverti dans la suite de ses études par des professeurs comme Karl Rähner, etc., dans le sens oecuméniste, mais il n’en reste pas moins un homme de bonne volonté voulant, autant qu’il est en lui, le bien de l’Église. Le problème, c’est qu’il est impuissant à lever la » puissance des ténèbres » d’abord dans son propre esprit avant de pouvoir le faire dans l’Église, peut-être bien du reste… parce qu’il faut que l’Écriture s’accomplisse pour l’Église comme pour le Christ, c’est-à-dire qu’elle soit » faite péché pour notre salut » elle aussi, en notre temps. Je conseille à celui qui douterait de la Foi qui réside dans l’âme de Benoît XVI, de lire ses sermons & autres allocutions sur le plan spirituel (mais, évidemment, pas ceux sur le plan doctrinal, théologique) : ils sont quasi tous très-édifiants, très-catholiques (pour le constater, il suffit de s’abonner à » Vatican Information Service « , qui fait un envoi quotidien gratuit par Internet, c’est facile, et là au moins, on est en prise directe, on sort des interprétations malveillantes de tel ou tel petit gourou sédévacantiste qui se prend pour un oracle). C’est tellement, tellement simpliste de voir les choses en noir & blanc !! Il y a les gens bons (sans jeux de mots), les sédévacantistes bien sûr, et puis, les méchants qui sont… tous les autres. Les esprits fanatiques, primaires, bornés, obscurantistes & orgueilleux ont toujours besoin de boucs émissaires… Mais, en ce qui concerne Benoît XVI, la vérité n’est absolument pas dans cette grille de lecture sectaire que véhiculent les sédévacantistes à qui mieux mieux, avec un zèle de zélote qu’il n’est pas besoin de souligner.
Vous me direz sans doute que, s’il en est ainsi, si l’on a d’une part vraiment un pape dont on ne peut douter qu’il est vrai pape sous peine d’anathème mais que d’autre part, cedit pape est hérétique dans son Magistère infaillible, cela pose un problème insoluble DANS l’Église, cela introduit la CONTRADICTION dans l’Église. Mais, mais, chers fidèles de la chapelle-église St Pie V de Rennes, précisément !, c’est CELA, la Crise de l’Église, c’est très-précisément cela : la CONTRADICTION-CRUCIFIXION DANS L’ÉGLISE ENTRE DES PRINCIPES CONTRAIRES. Bien sûr, je vous demande un peu de patience pour expliquer comment il peut être compatible avec la Foi de voir la contradiction DANS l’Église sans en conclure immédiatement que » les portes de l’enfer ont prévalu contre elle « , nous affinerons la question plus loin en finale ensemble. Pour l’instant, je vous demande simplement de prendre acte & retenir que la VRAIE situation que nous révèlent TOUS les attendus de la crise de l’Église, et pas seulement ceux qui nous plaisent, est justement cela, cette contradiction-crucifixion DANS l’Église. Et c’est elle que fuie orgueilleusement & sectairement votre clergé sédévacantiste, à l’instar des onze Apôtres sur douze qui fuirent le Christ lorsqu’Il eut à vivre sa Passion (… dont l’un s’appelait Judas), scandalisés comme eux, voulant à toutes forces mais contre la réalité des choses, se trouver une solution théologique de repos, logique avec le droit canon & et les manuels classiques, ALORS QU’IL N’Y EN A PAS, ALORS QU’IL N’EN EXISTE PLUS AU TERRIBLE & AFFREUX TEMPS OÙ L’ÉGLISE VIT SA PROPRE PASSION ! Il n’y a pas plus de solution théologique de repos dans la crise de l’Église actuelle qu’il n’y en avait physiquement pour le Christ crucifié sur la croix : s’Il tâchait de trouver du soulagement au pied droit en portant le poids de son corps sur le pied gauche, Il augmentait la douleur de ce pied, et vice-versa ; et ne parlons pas de l’écartèlement des bras : entre les deux ce n’était que souffrance indicible sans aucune position de repos.
De même, très-exactement de même, dans notre crise qui réplique, en décalcomanie pourrait-on dire, la Passion du Christ, il n’y a pas de solution en accord avec les règles canoniques & théologiques normales : c’est l’écartèlement, comme sur la croix du salut, entre l’infaillibilité de la reconnaissance ecclésiale universelle du Pontife romain & l’infaillibilité du Magistère ordinaire et universel. Et il n’y en a plus, parce que cette crise de l’Église que Notre-Dame à La Salette dépeignait » affreuse « , et qui l’est vraiment, manifeste la PASSION DU CHRIST dans son Église-Épouse, jusqu’à ce que mort mystique s’ensuive par & dans le règne de l’Antéchrist, ce qui signifie que cette crise est la dernière avant la Parousie, avant le Retour du Christ glorieux sur les nuées du ciel. Si l’on soumet son esprit & son âme humblement à ce que nous montrent TOUS les faits ecclésiaux contemporains, et pas seulement ceux qui nous plaisent, alors, il faut bien se rendre à l’évidence (qui est la marque essentielle du Saint-Esprit) : l’Église, l’Épouse très-sainte du Christ, à l’instar de son Époux il y a 2 000 ans, » est faite péché pour notre salut » (II Cor. V, 21), la contradiction entre des principes théologiques contraires DANS l’Église étant en effet le péché.
Or, face à cette situation RÉELLE, que font d’autres les sédévacantistes, sinon de rejeter un des attendus RÉELS du problème, à savoir l’infaillibilité de l’acte de reconnaissance ecclésiale universelle du Pontife romain, pour l’esquiver. Alors, ainsi, tout devient facile évidemment : si, comme ils osent le soutenir hérétiquement, le simple » membre enseigné » a théologiquement le droit de déchoir le pape pour cause d’hérésie dans la Foi de cedit pape, alors, bien sûr, il n’y a plus de problème, l’Église n’est pas atteinte dans sa constitution divine, elle n’est pas crucifiée, il n’y a aucune contradiction théologique atteignant en soi la constitution divine de l’Église : il suffit de déclarer du haut de sa grandeur que les papes modernes ne sont pas papes, et puis jouer aux chouans dans son petit ghetto puritain bcbg, faire la petite guéguerre avec les frères ennemis lefébvristes et/ou ralliés dans des combats évidemment très-glorieux, pif-paf-pan-vlan !!!, les méchants étant le monde entier puisque tout le monde, catholiques & impies, reconnaissent que Benoît XVI est pape ! Alors, bien sûr de sûr, quels mérites n’ont pas les sédévacantistes devant Dieu !! Il y a vraiment de quoi bomber le torse, comme le fait sans vergogne l’abbé Roger, jusqu’à s’en éclater la bouzine comme la grenouille de la fable (ce qui ne lui est pas encore arrivé, mais il en approche s’il continue sur sa lancée…). Une solution logique, humaine, de la crise présente, qu’on s’est inventée mais qui n’existe pas, permet en effet de se poser en champion de la Foi sans peur & sans reproche, » mains propres & tête haute » comme disait un certain animal politique que je ne nommerai pas, permet de faire le personnage important, le héros couvert de blessures & plus encore de gloire, qui lutte vaillamment, palsambleu !, contre les méchants, rempli de mérites que Dieu Lui-même n’arrive pas à dénombrer ni décompter… C’est bien sûr le cadre formel idéal dans lequel se délectent les esprits sectaires, fanatiques, bornés, obscurantistes & remplis d’orgueil, dont hélas les sédévacantistes ne donnent à contempler que trop d’exemplaires.
Mais je ne veux pas faire une focalisation sur les seuls sédévacantistes, ce serait très-injuste de ma part. TOUTES les autres mouvances tradis. imitent cette FUITE de la réalité de la crucifixion-contradiction de l’Église actuelle. Les lefébvristes, de leur côté, afin d’esquiver cette contradiction-crucifixion DANS l’Église, professent hérétiquement la non-infaillibilité du Magistère ordinaire & universel : ainsi donc, si le Magistère ordinaire n’est pas infaillible, alors, ce n’est pas trop grave de voir une hérésie formelle, la Liberté religieuse, professée à Vatican II, même si c’est par ailleurs fort regrettable, cela n’attente en rien à la constitution divine de l’Église. Hélas, vous les sédévacantistes, le savez bien : sur cela, Écône déconne. Mais ne vous » gonflez » pas dans votre sédévacantisme : vous ne déconnez pas moins qu’eux quand vous récusez l’infaillibilité de la reconnaissance ecclésiale universelle du Pontife romain, à la suite damnable & réprouvée de votre clergé. En fait, vous n’êtes que des avatars de lefébvristes, des clônes de lefébvristes, des » brebis Dolly » lefébvristes… Et tout ça s’entredéchire dans des mauvais combats dialectiques dont seul Satan fait son miel, beurre & profit, au grand péril du salut des âmes…
Ce que le sédévacantiste ne comprend pas c’est que un pape n’est pas pape d’abord parce qu’il a la Foi, mais D’ABORD parce qu’il est désigné & reconnu par l’Église Universelle pour l’être, c’est cela qui est la règle prochaine, ou criterium premier & capital pour parler une langue moins théologique & plus moderne, de la Légitimité pontificale. Pour employer la terminologie paulinienne : c’est la » prédication » de la légitimité pontificale par les » prédicants envoyés « , c’est-à-dire le Sacré-Collège cardinalice, qui précède théologiquement la » Parole de Dieu « , c’est-à-dire la Foi magistérielle du pape. La Foi infaillible que le pape a, en effet, dans son Magistère, n’est qu’une subséquence de l’infaillibilité de la Reconnaissance ecclésiale universelle de sa fonction de Vicaire du Christ, elle lui vient par le canal tout divin de cette dite Reconnaissance par l’Épouse doctrinalement très-sainte du Christ. Et non l’inverse. Le sédévacantiste fait donc un raisonnement théologique à l’envers (je rappelle que l’inversion est le propre de Satan…), que tient bien sûr, pour sa très-auguste part pontificale, Sa Sainteté le petit pape Roger : » Pour nous, le siège de Rome est vacant en ce sens qu’il est usurpé par un personnage non-catholique « . Donc, pour lui, c’est clair, c’est la non-catholicité de l’occupant du siège de Pierre qui fait qu’il n’est pas pape ; or, ce criterium n’est ni premier ni capital pour décider de la chose, c’est la désignation-reconnaissance ecclésiale universelle qui fait PREMIÈREMENT le pape, qui est la règle prochaine de la légitimité pontificale. Sa phrase souverainement pontificale aurait été catholique, et non hérétique, s’il avait écrit : » Pour nous, le siège de Rome est vacant en ce sens qu’il est usurpé par un personnage qui n’est ni désigné ni reconnu par l’Église Universelle dont l’organe ordinaire est le Sacré-Collège cardinalice dans la majorité des 2/3 + 1 « .
La note d’Apostolicité pourra également bien vous faire prendre conscience, bien chers fidèles de la chapelle-église St Pie V de Rennes, du caractère hérétique de la thèse sédévacantiste. Cette quatrième note qui caractérise l’Église catholique ne regarde pas en effet seulement la doctrine qui se transmet, de génération ecclésiale en génération ecclésiale, du Christ et des Apôtres jusqu’à notre génération ecclésiale actuelle, sans hiatus. Cette note regarde aussi la transmission des pouvoirs divins, soit sacramentel soit juridictionnel, des » membres enseignants » aux nouveaux » membres enseignants » de la génération ecclésiale suivante, sans plus de hiatus, jusqu’à nos jours (pour parler un langage un peu technique, je dirai que la note d’Apostolicité ne regarde pas seulement l’Église-Âme, mais elle regarde tout autant l’Église-Corps). Pour bien comprendre ce qu’est la note d’Apostolicité, il faut se représenter une chaîne aux nombreux chaînons dont aucun ne manque (sous peine de pouvoir dire que » les portes de l’enfer ont prévalu contre l’Église « ), et qui sont autant de générations chrétiennes se passant le flambeau, un chaînon le prenant des mains du précédent avant de le transmettre au chaînon suivant, » je vous ai transmis ce que j’ai reçu « .
Mais c’est que la note d’Apostolicité regarde aussi la Légitimité pontificale. Il ne saurait y avoir aucun hiatus dans la transmission de la charge de souverain pontife, où l’on verrait par exemple tout-à-coup des cardinaux élirent infailliblement de droit divin un pape magistériellement formellement hérétique, comme le disent les sédévacantistes sans comprendre qu’ils souscrivent par-là ipso-facto au fait que l’enfer a prévalu sur l’Église. Mais je vais prendre un exemple pratique, ce sera immédiatement compréhensible. Tous, parmi vous, considèrent que Pie XII était vrai pape, verus papa. Alors donc, la suite continue infailliblement : les cardinaux que le pape Pie XII a créés au cours de son pontificat, sont certainement VRAIS cardinaux, cardinales, c’est-à-dire gonds de la Porte de l’Église, ils sont formellement grands-électeurs DE DROIT DIVIN du futur pape. Pie XII meurt en octobre 1958. Donc, les cardinaux que lui & son prédécesseur Pie XI, tout aussi légitimes que Pie XII selon la thèse sédévacantiste elle-même, ont créés, réunis ensemble en conclave, élisent puis reconnaissent INFAILLIBLEMENT le pape qui lui succède, un certain Roncalli qui prendra le nom de Jean XXIII. Et la » chaîne » continue sans hiatus par le chaînon suivant. Le nouveau pape crée lui aussi des cardinaux (Jean XXIII ne fit qu’un consistoire de cardinaux, on a pu dire que c’était pour pouvoir créer Montini cardinal, ce qui est sûrement vrai), qui, à la mort de Jean XXIII en 1963, s’unissent à leurs pairs créés par Pie XII, etc., et… le chaînon suivant continue, sans hiatus bien sûr, jusqu’à, jusqu’à, jusqu’à, jusqu’à… Benoît XVI. Sans qu’il soit possible de trouver le moindre hiatus dans la chaîne apostolique de la transmission pontificale INFAILLIBLE sous peine de devoir dire que » les portes de l’enfer ont prévalu contre l’Église « .
… Je vais m’arrêter là, espérant que ce petit exposé à bâtons rompus, construit à la va-vite, sans prétention aucune à l’exhaustivité, n’est cependant pas trop imparfait. Je pourrai rajouter bien d’autres considérations dans le même sens pour invalider formellement la thèse sédévacantiste (par exemple, en analysant la fameuse mais surtout très-fumeuse » Bulle de Paul IV « , très, très, très mal lue par les sédévacantistes qui s’en font indûment un argument majeur pour soutenir leur hérésie, il n’est hélas que de lire la » bible sédévacantiste » de Mgr Dolan » Mystère d’iniquité « , livre qui n’est qu’une compilation d’arguments brouillards-brouillons et, plus gravement encore, de raisonnements la plupart spécieux, sur la question, bien qu’il y ait de très-bons passages dans ce livre, dont d’ailleurs je me suis servis pour mes propres ouvrages). Mais je ne peux, évidemment, le faire ici. Vous pourrez trouver sur le sujet un exposé plus ex professo dans les livres que j’ai écrits sur toutes ces questions, en cliquant sur le lien Internet suivant : http://www.fatima.be/fr/editions/avm/index.php
Je vous conseille très-fortement, en particulier, pour évanouir tout poison mortel sédévacantiste » comme cire fond devant le feu » (exorcisme de Léon XIII), la lecture des pp. 104 à 168 de » L’impubliable « .
En tous cas & pour conclure, je DÉFIE SOLENNELLEMENT & PUBLIQUEMENT PAR CETTE LETTRE les sédévacantistes de réfuter ce que je viens d’exposer en bon catholique sur la Légitimité pontificale. Qu’ils osent donc me désigner un de leurs prétendus » docteurs « , » champions « , pour soutenir une disputatio par écrit avec moi, que tout le monde pourra lire, il me sera, Deo adjuvante, bien facile, hélas pour lui, de pourfendre d’outre en outre ses arguments spécieux & controuvés. Tout simplement parce qu’on ne lutte pas contre la Vérité catholique, qui est cette Pierre d’angle contre laquelle les hérétiques buttent ou qui les écrasent » (fin de citation).
Ce défi, bien sûr, je l’adresse également à vous, cher rédacteur sédévacantiste pseudonymiquement occulte de l’intéressant article » Mgr Fellay est un âne ! « …
Morlier Vincent
29 juil 09 at 11 h 08 min
SUITE 2 & FIN de mon « Commentaire » initialement mis sur ce blog le 21 juillet, puis le 29 juillet (SUITE 1) :
Ce défi, bien sûr, je l’adresse également à vous, cher rédacteur sédévacantiste pseudonymiquement occulte de l’intéressant article « Mgr Fellay est un âne ! »…
3/ Mais j’en viens à présent à la troisième chose que je voulais vous dire, et que je considère comme la plus importante des trois à vous dire, peut-être avec la deuxième.
J’ai été très touché par la fort belle parabole que vous prenez concernant le Bon Larron. Ce sont sûrement les phrases les plus spirituellement fortes et inspirées par Dieu que vous avez écrites dans votre article. Ô combien il est vrai que nous avons tous péché pour en arriver là, et que pour nous, cette crucifixion-contradiction de notre Église contemporaine, C’EST JUSTICE ! Vos phrases sont si spirituellement belles, si inspirées, que je ne peux m’empêcher de les recopier ici, en les méditant à nouveau à genoux pour ma propre & fort édifiée gouverne :
« Je ne vois qu’une situation analogue à la nôtre dans le passé, c’est celle du Bon Larron. D’abord, c’est un scélérat, l’Écriture elle-même nous le dit en parlant de Notre-Seigneur : « Il a été mis au rang des scélérats ». C’est un scélérat justement puni pour ses crimes : le Bon Larron lui-même le reconnaît lorsqu’il dit au mauvais larron : « Pour nous, c’est justice ». Enfin, le Bon Larron, avant de se convertir, est un blasphémateur comme les autres. L’Évangile nous dit en effet, qu’en sortant de Jérusalem les deux larrons blasphémaient contre Notre Seigneur. Nous pouvons nous appliquer à nous-mêmes cette comparaison. Nous sommes tous condamnés pour nos crimes, soit publics, soit privés (…). Alors il nous reste une seule solution, celle adoptée par le Bon Larron : affirmer ce qui crève les yeux, c’est-à-dire que pour nous, la crise actuelle c’est JUSTICE. Premier préalable indispensable ».
Mais ceci dit, et fort bien dit, dont chacun d’entre nous doit prendre sa part, pourquoi diable excluez-vous immédiatement après ce préalable, les chefs de l’Église, les papes, dans cette responsabilité, cette culpabilité de la Crise actuelle de l’Église ? Alors que ce sont EUX, au premier chef c’est bien le cas de le dire, qui sont coupables de la Crise, ce sont d’abord eux qui, au vu & su de tous les catholiques, doivent battre leur coulpe sur leur propre poitrine de Vicaire du Christ, mea culpa, mea culpa, mea MAXIMA culpa !!! En vérité vraie, vous prenez là très-exactement le contre-pied des fondements de la Crise.
« Le poisson pourrit PAR LA TÊTE ». N’oubliez pas, cher Cave ne cadas (= prends garde de tomber), cette formule lapidaire. Or, l’Église est ce poisson qui était l’image que prenaient les premiers chrétiens comme signe de reconnaissance entre eux dans l’hostile société romaine antique ; et la tête de l’Église, faut-il vous le dire, ce n’est pas vous, ce n’est pas moi, c’est LA PAPAUTÉ. Et c’est bien ce que l’Histoire la plus authentiquée nous fait constater. La papauté est en effet tombée dès immédiatement la période post-révolutionnaire, et bien entendu, en tant que catholique, la première chose dont j’ai à rendre compte à mon âme, à lui expliquer, c’est : comment peut-il se faire que la papauté puisse tomber in personna Ecclesiae sans que, ipso-facto, on puisse dire que « les portes de l’enfer ont prévalu contre l’Église » ? Cette question, cher Cave ne Cadas, je sais très-bien en tant que catholique que j’ai à me le poser au premier degré à partir du moment où j’affirme que les papes sont tombés. Et, rassurez-vous, je ne fais pas que la poser, j’y réponds, ce qui est beaucoup mieux. Je dis qu’il en est ainsi, parce que l’heure de l’Épouse du Christ, l’Église, est venue (cette fameuse Heure de la Passion pour laquelle le Christ a dit « Je suis venu POUR cette Heure »), où elle doit être mise en état de péché matériel, « faite péché pour notre salut » (II Cor. V, 21), épouser en co-Rédemptrice la matière du péché du monde, être « sous la puissance des ténèbres », non pas certes pour être vaincue et faire triompher Satan et l’impie sur le Christ et l’homme pieux, mais exactement tout au contraire pour un plus grand triomphe du Bien sur le mal, « afin que l’Écriture s’accomplisse », afin que l’Église devienne par-là même « co-rédemptrice » par des mérites qui lui seront propres et non plus dérivés de son Christ-Époux. Je sais, c’est de la Mystique, mais il faudrait quand même s’y mettre un peu de temps en temps, à la Mysti¬que, si l’on veut comprendre le fond des choses de notre « Crise affreuse de l’Église » (La Salette), et sortir un peu de ses niaiseries, de ses enfantillages de raisonnements, des stériles voire diaboliques combats de zélotes, non seulement spirituellement vains mais fort dangereux pour l’âme… En principe, je sais que c’est un prêtre qui devrait expliquer cela, et que je ne suis qu’un petit laïc. Mais, hélas !, hélas !, sur le plan de la théologie de la crise de l’Église, les prêtres sont actuellement d’une nullité abominable que Mgr Fellay hélas n’illustre que trop bien pour sa honteuse part tradi.-lefébvriste, du véritable sel affadi, et lorsqu’il en est ainsi, le Saint-Esprit prend un prophète pour dire la Vérité à l’Église. Car lorsqu’un laïc dit la Vérité à l’Église, ce n’est plus un laïc, c’est un prophète du Dieu des Armées (certes, je race plus sur l’ânesse de Balaam que sur Élie, Isaïe ou saint Jean-Baptiste, j’en ai parfaitement conscience, mais je parle en prophète, que cela plaise ou bien non, puisque, d’ailleurs tout SEUL avec un seul bon compagnon que la Providence m’a sûrement envoyé, je dis à l’Église la Vérité vraie de Dieu sur elle-même, ce qu’elle a à vivre de nos jours, en lui révélant hic et nunc qu’elle vit au sens fort LA PASSION DU CHRIST).
« Le poisson pourrit par la tête ». C’est ce que j’expliquai encore tout dernièrement à M. l’abbé Ricossa, qui, dans son dernier n° de Sodalitium, se scandalise lui aussi, et jette pharisaïquement, tout comme vous, son manteau dans la poussière, quand on porte l’accusation de la Crise de l’Église actuelle sur la papauté. Comme vous avez vous aussi besoin de cette explication, je vous la recopie ici (je vous préviens, si vous voulez rester dans votre papolâtrie, vous allez souffrir — d’ailleurs, si vous êtes Louis-Hubert Rémy, je vous demande de vous souvenir d’une conversation téléphonique que nous avions eue ensemble il y a bien des années maintenant, après que je vous ai fait l’envoi de L’Impubliable : vous m’avez avoué, quant au fameux bref Pastoralis Sollicitudo de Pie VI, lequel osait intimer l’ordre aux catholiques français d’être soumis aux « autorités constituées » du… Directoire, le gouvernement le plus impie de la Révolution satanique, que vous aviez été convaincu des arguments historiques que j’avançais pour prouver son authenticité ; AVANT de me lire, vous ne croyiez point à son authenticité, vous rangeant avec ceux qui préfèrent se raconter des histoires, croire à des fables, plutôt que de se rendre aux faits avérés, en l’occurrence, que ce fameux Bref était bien de Pie VI, APRÈS m’avoir lu, vous vous rendiez au fait que ce bref très-scandaleux, faussement appuyé sur l’autorité paulinienne pour mettre les catholiques français sous le joug réprouvé d’un gouvernement impie, était bel et bien authentique -car saint Paul, dans Rom. XIII, n’intime pas du tout le devoir d’obéissance politique envers les gouvernements constitutionnellement athées, mais seulement envers ceux qui poursuivent le « bien commun » et donc qui sont légitimes, je vais en donner la preuve scripturaire plus loin-. Donc, normalement, après cela, vous auriez dû admettre qu’il y a là une gravissime faute commise par le pape qui, réitérée en grand par son successeur dans le concordat napoléonien, va, de Charybde en Scylla, engendrer toute la Crise de l’Église… c’est-à-dire : en tirer les conséquences. Mais hélas, vous n’avez pas fait ce travail de vérité dans votre âme, puisque je vois que vous continuez à écrire des phrases du genre : « les Papes sont absolument innocents du crime qu’on prétend leur imputer d’être les fauteurs de la crise actuelle par les erreurs qu’ils enseignent ou qu’ils ont enseigné » : vous êtes donc illogique avec vous-même… Mais lisez, cher Cave ne Cadas, ce qui suit, que j’écrivais à l’abbé Ricossa, et vous n’allez plus pouvoir être illogique) :
« … Les papes ?! Responsables de la crise de l’Église !? Malheureusement oui : les papes responsables de la crise. Et pas ceux de Vatican II & post, comme il est si facile, primaire & simpliste, de les en accuser (surtout en rajoutant indûment comme vous le faites, M. l’abbé, contre la constitution divine de l’Église, qu’ils ne sont pas légitimes : en vérité vraie, ayant tous bénéficié de l’acte infaillible de la reconnaissance ecclésiale universelle de leur qualité de pape, qui est la règle prochaine de la légitimité pontificale, ils ne sont pas moins légitimes que ceux d’avant Vatican II… c’est-à-dire qu’ils le sont autant « materialiter » que « formaliter » pour reprendre vos catégories aberrantes — au fait, j’attends toujours de votre part le texte de Cajetan posant in concreto, selon vous, la distinction « materialiter-formaliter »…), mais ceux d’AVANT Vatican II, plus précisément ceux post-révolutionnaires, ou plus exactement dit encore : post-concordataires (ceux de Vatican II & post ne sont en effet jamais que les « Louis XVI » de la papauté, des papes martyrs -je pense tout particulièrement à Paul VI-, qui, quoiqu’ils fassent, ne pouvaient de toutes façons tôt ou tard que tout prendre sur la figure de situations catastrophiques résultant d’aiguillages désastreux, calamiteux, pris, non pas par eux, mais par leurs prédécesseurs irresponsables, de Pie VII à Pie XII ; CAR CE SONT CES DERNIERS QUI SONT LES VRAIS RESPONSABLES -oui, y compris les plus saints en leur privé, tel Pie IX, Pie X…-, ce sont eux les « Louis XIV & Louis XV » de la papauté, qui vont gripper toute la machine : après eux… LE DÉLUGE !).
Vous en voulez la preuve ? Cela va être bien facile, hélas, de vous la donner, je viens de parler de mon dernier livre J’accuse le Concordat !, et celui-ci le prouve éminemment en mettant le doigt sur la plaie affreuse du concordat napoléonien qui depuis s’est propagée dans tout le Corps de l’Église, en dénonçant sans faiblesse, sans faux-semblants ni échappatoires malhonnêtes, cette « fumée de Satan DANS l’Église » (Paul VI) qui a été, au for externe du moins, la cause première de toute la crise de l’Église, engendrant comme mère sa fille, la très-hétérodoxe Liberté religieuse de Vatican II un siècle et demi plus tard (laquelle nous mènera très-sûrement au règne de l’Antéchrist, l’engrenage est déjà plus qu’engrené…).
Qu’exposai-je, dans ce livre ? J’expose que le pape de l’Église catholique n’avait théologiquement pas le moindre droit, en tant que Vicaire du Christ & de son Épouse très-sainte, de signer un concordat, c’est-à-dire un « traité solennel passé de puissance à puissance », synallagmatique, avec, pour la première fois dans l’histoire de l’Église, un État constitutionnellement athée comme étant basé sur les « droits de l’homme » révolutionnaires (la déclaration des « droits de l’homme » en effet, vous le savez, n’entend pas parler des droits de l’homme seulement sans Dieu, ce sont des droits de l’homme essentiellement contre Dieu qu’elle entend proclamer — Une illustration parmi tant d’autres : l’abominable commentaire de l’ex-président Chirac, lors des édifiantes manifestations anti-avortements du docteur Dor en France : « Il y a danger, dans ces manifestations, à ce que la loi morale prévaut sur la loi légale » !!! Or, en déclarant cela, il ne faisait qu’assumer sa fonction de Gardien des droits de l’homme républicains qui, quand ils se trouvent en contradiction avec les droits de Dieu & et ceux de l’homme naturel, doivent prédominer sur eux & les supprimer : c’est pourquoi l’on dit qu’il s’agit des « droits de l’homme » CONTRE Dieu, parce qu’ils ne s’effacent nullement, ne cèdent nullement la place, lorsqu’ils sont mis en présence de ceux de Dieu & de l’homme naturel…). Et le pape n’avait pas le droit de passer concordat avec un État constitutionnellement athée, parce que la structure juridique de tout concordat, traité diplomatique, suppose obligatoirement la parité de légitimité de toutes les parties contractantes, « de puissance à puissance » (= il y a en effet une obligation synallagmatique inhérente à tout concordat : or, seules des parties légitimes ont pouvoir d’actuer dans un traité solennel & officiel un engagement réciproque de cette nature). Or, théologiquement, il est réprouvé au plus haut point de considérer un État constitutionnellement athée comme… légitime.
La faute, en soi gravissime & aux conséquences incalculables, est donc là, pour initier les choses de la subversion. Et elle n’est pas ailleurs. Et cette faute est hélas pontificale.
Notez bien, M. l’abbé, que je ne dénonce pas le concordat napoléonien comme le fait très-mal M. Bonnet de Villers dans son ouvrage (= pour lui, il professe cette thèse aberrante que tout concordat signé par le pape est de toutes façons en soi toujours une faute, car le pape n’est pas dans son domaine lorsqu’il traite de politique… ce qui est faux). Quant à moi, je professe que le concordat napoléonien fut une grave faute du pape, non pas du tout parce que le pape n’a pas le pouvoir en soi de contracter avec les États en tant que chef de l’Église catholique, mais uniquement parce qu’il fut signé avec une partie contractante qui était un gouvernement constitutionnellement athée, quand le pape n’a théologiquement le droit de passer concordat qu’avec des États & gouvernements constitutionnellement catholiques ou, à tout le moins, ordonnés à la poursuite du « bien commun » inhérent à la Révélation. La bévue de Bonnet de Villers a certes fait la partie belle aux lefébvristes Joël Morin & Emmanuel Vicart, cela leur a permis de le réfuter aisément & à peu de frais dans leur ouvrage révoltant de mensonges, de faussetés tous plus graves les uns que les autres, profondément mondain, pervers, superficiel & tendancieux (… ce bouquin semble être toute votre référence pour prouver l’orthodoxie du concordat napoléonien, minusculus, minable référence en vérité, parturient montes, nascetur ridiculus mus, dont vous vous contentez superficiellement bien à tort, ne la glissez-vous pas dans une note comme une étude décisive & définitive…), mais c’était quant à eux pour mieux tomber dialectiquement dans une erreur beaucoup plus grave que celle qu’ils dénonçaient dans Bonnet de Villers, à savoir : ne faire aucune différence entre les concordats passés AVANT la Révolution, qui sont tous signés avec des États constitutionnellement catholiques & ordonnés au Règne du Christ, et ceux passés APRÈS la Révolution, qui sont tous signés avec des États constitutionnellement athées, ne reconnaissant pas Dieu ni son Christ à l’origine du pouvoir politique, au moins implicitement antichrists puisque basés sur les « droits de l’homme ».
Et il ne sert de rien d’opposer à cela un prétendu & fallacieux enseignement de saint Paul, soi-disant contenu dans Rom. XIII, tel que le débitent les scolastiques & les papes à leur suite, à savoir que le catholique serait soi-disant obligé d’être soumis à TOUT pouvoir politique « constitué », quelqu’il soit, y compris ceux constitutionnellement athées donc, car cette interprétation scolastico-pontificale de Rom. XIII, que, il fallait s’y attendre, vous soutenez vous-même comme une chose qui va de soi dans un passage (« … et enfin que la soumission au gouvernement constitué [sous-entendu de votre part : TOUT gouvernement constitué, quelqu’il soit, fût-il constitutionnellement antichrist] est présent dans la pratique et l’enseignement de l’Église depuis l’aube du christianisme ») est fausse, mensongère, réprouvée, damnable & condamnable : saint Paul en effet, quant au devoir d’obéissance du catholique à « la puissance », comme il dit, ne l’entend absolument que des pouvoirs politiques QUI SONT CONSTITUTIONNELLEMENT ORDONNÉS À LA POURSUITE DU « BIEN COMMUN » ET QUI DONC SONT LÉGITIMES, il n’entend nullement ce devoir d’obéissance politique, certes très-important, envers les pouvoirs politiques qui ne sont pas ordonnés constitutionnellement audit « bien commun », et qui donc, subséquemment, ne sont point légitimes. Il ne suffit absolument pas, en effet, que le pouvoir politique soit humainement « constitué » pour exiger le devoir d’obéissance, il faut surtout qu’il soit constitutionnellement ordonné au « bien commun » inhérent à la Révélation (car, après le passage du Christ sur la terre, le « bien commun » n’est pas seulement ordonné à « l’animal social » dans l’homme, il est ordonné à aux fins dernières de l’homme révélées par le Christ, à tout l’homme racheté dans & par le Christ).
Si en effet saint Paul avait entendu parler d’un pouvoir politique qui tire essence & existence du seul « animal social » d’Aristote, et qui donc n’est pas forcément ordonné constitutionnellement au « bien commun » & à la légitimité qui en découle, il n’aurait pas écrit, après avoir posé le devoir d’obéissance politique dans les versets 1 & 2 : « CAR les princes ne sont pas à craindre pour les œuvres bonnes mais pour les mauvaises ; veux-tu donc ne pas craindre la puissance ? Fais le bien, et elle te louera » (Rom. XIII, 3). Notez soigneusement, M. l’abbé Ricossa, comme saint Paul, là, entend la louange d’une manière universelle, systématique, automatique : si tu fais le bien, alors la puissance te louera, nous enseigne-t-il sans équivoque. Mais si, comme le supposent les scolastiques, le pouvoir politique « qui vient de Dieu » et dont parle saint Paul dans les v. 1 & 2 n’était pas forcément constitutionnellement ordonné au bien commun, alors, bien sûr, moi, quand je fais le bien, je ne devrais pas forcément m’attendre à en être… automatiquement loué par elle ! Il est en effet impossible qu’une puissance politique qui n’est pas ordonnée constitutionnellement au bien commun puisse vouloir à tout coup, tout le temps & sur toutes choses ledit bien commun : il ne reste en effet pas assez de grâce à l’homme déchu, tout seul ou uni à ses semblables dans uns structure sociopolitique, pour réaliser une telle perfection au for public (supposer le contraire serait tomber dans l’hérésie du moine Pélage, qui professait qu’il restait encore assez de grâce dans l’homme après la chute originelle, pour qu’il puisse se sauver tout seul, par ses propres forces ; or, ce n’est pas seulement dans l’ordre surnaturel-éternel que l’homme ne peut plus se sauver lui-même après le péché originel, mais encore dans celui naturel-(politique)-temporel). Or donc, puisque saint Paul me dit que je dois m’attendre à être loué de la puissance politique DÈS LORS & À CHAQUE FOIS que je fais le bien, c’est donc bien que, dans Rom. XIII, il entend parler exclusivement d’une puissance politique qui est constitutionnellement ordonnée au « bien commun » (et non pas accidentellement, sporadiquement), la chose étant impossible de la part d’une puissance politique qui n’y serait pas ordonnée ou qui ne s’y ordonnerait qu’accidentellement, quand ça lui chante ou quand il faut séduire ces imbéciles de catholiques post-concordataires juste avant un vote important.
C’est bien pourquoi d’ailleurs il continue très-logiquement par ces mots : « 4. CAR elle [la puissance] est le ministre de Dieu pour le bien ». Comprenons bien là encore ce que nous dit saint Paul ; il ne dit pas, comme l’entendent très-faussement les scolastiques (et malheureusement Léon XIII derrière eux, pour ne parler que de ce pape concordataire) : la puissance est le ministre de Dieu seulement quand elle poursuit le « bien commun », il nous dit tout au contraire qu’elle est le ministre de Dieu dans son être même qui la constitue politiquement & la fait tenir dans l’existence, ce qui se déduit rigoureusement de sa proposition précédente, à savoir que dès lors & à chaque fois que je fais le bien, je peux & dois m’attendre à être loué par elle (… allez donc demander au docteur Dor s’il a été loué par « la puissance » pour son édifiant combat contre l’avortement ! Je parle bien sûr par antiphrase puisque cet homme édifiant a été combattu & condamné par « la puissance » pour ce combat ! Ainsi donc, le gouvernement français post-révolutionnaire n’est pas compris dans l’épître de saint Paul puisqu’à chaque & toutes les fois que je fais le bien au for public, je ne suis pas loué par lui).
Et c’est bien pourquoi, toujours aussi logiquement, l’Apôtre des Nations continue : « Que si tu fais le mal, crains ; car ce n’est pas sans motif que la puissance porte le glaive, puisqu’elle est le ministre de Dieu dans sa colère contre celui qui fait le mal ». Notons comme saint Paul fait exactement le même raisonnement pour celui qui fait le mal que pour celui qui fait le bien : celui qui fait le mal doit s’attendre à chaque & toutes les fois qu’il le commet, à être châtié par la puissance, comme il dit. Or, si à chaque & toutes les fois que je fais le mal, je dois m’attendre à être châtié par la puissance, c’est donc bien que ladite puissance est constitutionnellement ordonnée au « bien commun », et non accidentellement. Il est donc absolument clair & tout ce qu’il y a de plus indiscutable que dans Rom. XIII, saint Paul n’entend parler du devoir d’obéissance qu’envers les pouvoirs politiques qui sont constitutionnellement ordonnés au « bien commun » & qui par-là même sont légitimes, À L’EXCLUSION FORMELLE DE TOUS LES AUTRES.
Or, hélas, le problème, la questio magna, c’est que les papes concordataires nous ont dit exactement… tout le contraire : ils ont absolutisé les v. 1 & 2 de Rom. XIII sans tenir aucun compte des v. 3 & 4 qui sont l’explication de texte que donne saint Paul desdits premiers versets 1 & 2 (= les v. 3 & 4 de Rom. XIII, en effet, sont introduits par le « nam » latin, conjonction de coordination qui signifie « car, parce que », « qui introduit une explication (preuve, raison de la proposition qui précède) » -Petit-Robert-), en les appliquant à TOUT pouvoir politique quelqu’il soit, même en ce compris, ô abomination de la désolation dans le Lieu-Saint !, ceux antichrists, comme par exemple le Directoire ou celui d’Hitler (pour n’évoquer que cela, il y a en effet un abominable serment d’obéissance, assorti d’un plus abominable encore devoir de délation des opposants au régime, exigé de tous les grands-clercs allemands envers le gouvernement nazi, dans le concordat de 1933 signé par Pacelli au nom de Pie XI, AU NOM DONC DE L’ÉGLISE, M. l’abbé Francesco Ricossa, AU NOM DE L’ÉGLISE, prenez-en bonne note…). Pour eux en effet, ce qui fonde l’existence métaphysique du pouvoir politique, c’est l’être en soi, « l’animal social » d’Aristote, et non pas l’homme racheté, rédimé plénièrement par le Christ qui, lorsqu’il se réunit avec son semblable lui-même racheté par le Christ pour fonder une société politique, NE peut QUE fonder une société constitutionnellement ordonnée au « bien commun » inhérent à la Révélation…
Or, et bien sûr, et comment s’en étonner, tout État constitutionnellement athée, c’est-à-dire non-ordonné à la poursuite du « bien commun » inhérent à la Révélation, à commencer par celui de Napoléon, professe, en théorie comme en pratique, la… Liberté religieuse. Pour cet État, puisqu’il n’y a que l’homme à exister vraiment dans la chose publique, il n’y a, c’est bien sûr évident, pas de Révélation, toutes les religions se valent. Et on ne peut certes pas reprocher à un État constitutionnellement athée de professer la Liberté religieuse, lui, au moins, il est logique avec ses principes (on ne peut certes pas en dire autant du pape qui signe avec eux concordat !).
Le concordat napoléonien, et comment s’en étonner, est donc fait dans le cadre doctrinal hétérodoxe de la Liberté religieuse, du côté de la république française constitutionnellement… athée. Or, le grave, c’est que le pape Pie VII a cautionné tout ce contexte-là par sa seule signature apposée au concordat qui répute ipso-facto à tous les yeux, pies & impies, de par la seule structure juridique concordataire, la légitimité du gouvernement constitutionnellement athée de la république française, qu’on le veuille ou bien non, que cela plaise ou bien non. En fait, et bien que ce ne soit évidemment pas le but poursuivi par lui, le pape Pie VII a forcé les catholiques français, d’ailleurs déjà à la suite de Pie VI initiant ce damné mouvement avec le Directoire dans son très-scandaleux bref Pastoralis Sollicitudo, à vivre leur Foi désormais sous la coupe de l’hétérodoxe Liberté religieuse sur le plan sociopolitique, c’est-à-dire quant aux Mœurs… pour commencer.
Et il est bien inutile d’opposer que le pape s’est récrié à grands cris des Articles organiques, qu’il ne les a jamais acceptés, etc., quand la vérité historique vraie oblige au contraire à dire que, là encore comme pour la déclaration de Religion d’État formellement déficiente dans le texte concordataire, le pape, en définitive, « s’est contenté » comme ont osé le dire les thuriféraires du concordat napoléonien, de la situation telle qu’elle était imposée, certes aux forceps, par le gouvernement français. Oh ! bien sûr, c’est parfaitement vrai que le pape, au fil des ans, a fait réclamation sur réclamation au gouvernement français, mais celui-ci a fait la sourde oreille, et ce qui est encore plus vrai, c’est que Pie VII n’ayant pas subséquemment dénoncé le concordat lui-même comme il aurait dû le faire suite à cette « surdité » volontaire… alors, donc, concrètement, les choses concordataires ont fonctionné dans le cadre de la Liberté religieuse dès 1802 & les Articles organiques. Au reste, notons bien que l’État français enregistre par l’organe du Conseil d’État & du Tribunat, « l’ensemble de la loi » (DTC, art. « Concordats », col. 765), c’est-à-dire le Concordat avec les Articles organiques, et non pas l’un sans l’autre. Depuis lors, l’église de France, et par la suite, je l’expose dans J’accuse le Concordat !, progressivement toutes les autres églises nationales dans le monde entier, qui ont quasi toutes fait l’objet de concordats par après jusqu’au XXe siècle sur le modèle archétypal napoléonien, vit, dans sa relation à l’État, sur le plan politique constitutionnel, donc sur le plan des Mœurs, sous le régime de la Liberté religieuse (ne serait-ce la gravité du sujet, il serait tout-à-fait cocasse de lire ceci dans Wikipédia, art. « Concordat » : « Après le Concile Vatican II et surtout sa déclaration sur la Liberté religieuse Dignitatis Humanae du 7 décembre 1965, les concordats y doivent s’inspirer » !!! Ainsi, la boucle du mal est bouclée : après avoir été générée par le concordat napoléonien, la Liberté religieuse doit à son tour, « formater » les concordats ultérieurs…!).
Mais bien sûr, et c’est à ce constat que je voulais arriver, de réputer aux yeux des catholiques la légitimité de ce genre de gouvernement, comme l’a fait le pape Pie VII par le seul fait de signer concordat avec lui, sans même parler du reste qui ne fait que renforcer & confirmer cette réputation par le pape de la légitimité d’un gouvernement constitutionnellement… athée (= comme les sacrilèges articles concordataires des « serment » & « prières rituelles à l’Église » envers la république française constitutionnellement… athée), c’est évidemment, par le biais des Mœurs auxquelles est inhérente la politique constitutionnelle, forcer les catholiques à vivre la Liberté religieuse au for public.
La vivre, avant de… la penser. Car, c’est de l’ordre de l’évidence, si je m’autorise à vivre la Liberté religieuse au niveau du Politique constitutionnel, il faudra bien qu’un jour je la pense au niveau du Religieux. Pour la raison très-simple que si mon corps vit sous un certain nouveau mode, il va obliger mon âme à épouser ce mode, tôt ou tard, si mon âme ne se décide pas à rejeter formellement ce nouveau mode adopté par mon corps (car la Politique constitutionnelle est inhérente au corps dans l’être humain, quand la Religion l’est à l’âme). Si je professe de bouche la pureté des mœurs catholiques, mais que je m’autorise en même temps à vivre avec une prostituée, évidemment, ça ne va pas pouvoir durer longtemps comme ça, dans la contradiction formelle entre mon âme & mon corps… à moins de tourner fou. L’origine principale du décret Dignitatis Humanae Personae sur la Liberté religieuse de Vatican II, n’est malheureusement pas autre que celle-là : depuis 1801, et de plus en plus jusqu’en 1965, le catholique est obligé de vivre sa Foi dans le contexte sociopolitique, à la fois constitutionnel et très-pratique, de l’hétérodoxe Liberté religieuse, qui finit, et comment s’en étonner, par imprégner, puis hélas convertir, métanoïer son âme. C’est alors que, tout naturellement si je puis dire, les Pères de l’Église d’une cinquième voire sixième génération concordataire marinant par les Mœurs dans la Liberté religieuse depuis plus d’un siècle et demi, forcément de plus en plus mûris dans l’hétérodoxie, détrempés, gorgés d’elle, vont trouver comme tout naturel, très-normal, de professer en droit ce qu’ils pratiquent depuis… plus d’un siècle et demi. En fait, pour résumer lapidairement l’affreuse situation de notre crise de l’Église, la Liberté religieuse a été vécue dans les Mœurs depuis 1801, pour être finalement vécue & professée dans les Mœurs & la Foi par Vatican II. On connaît l’axiome : si je ne vis pas comme je pense, je vais être, tôt ou tard, obligé de penser comme je vis. C’est hélas décrire là lapidairement tout le processus par lequel la Liberté religieuse a pu être signée à Vatican II. On est évidemment très-loin, je vous le concède, des « initiés-infiltrés-comploteurs » compris comme cause première & capitale de la crise de l’Église…!
Je ne vous fais là, M. l’abbé Ricossa, vous le comprenez aisément, qu’un exposé sommaire & incomplet de ce que j’expose dans J’accuse le Concordat !, je ne peux que vous inviter très-fort, si, pour le plus grand bien de votre âme sacerdotale, vous vous décidez à sortir de votre scandale humain quant à LA PASSION DE L’ÉGLISE, si vous vous décidez à suivre saint Jean au pied de la croix d’ignominie & non pas à fuir ignominieusement avec les onze autres Apôtres (car de toutes façons, l’ignominie, la honte, est le lot du catholique contemporain, quelque voie qu’il suive : mais, avec saint Jean, c’est l’ignominie pleine de mérite & finalement de gloire, quand, avec les onze apôtres fuyards, c’est l’ignominie coupable & moralement… ignominieuse — à propos des onze Apôtres fuyards, je me permets de vous rappeler que l’un d’entre eux s’appelait… Judas : c’est donc dangereux de suivre les onze Apôtres dans leur fuite ; qui sait si, au bout du très-mauvais compte, le fuyard ne va pas se retrouver dans les vêtements & la corde de Judas ? Personne ne peut l’assurer moralement du contraire…), je ne peux que vous inviter très-fort disais-je, à lire l’exposé complet, c’est-à-dire le livre lui-même, que j’ai mis sur internet au lien suivant :
http://www.fatima.be/fr/editions/avm/accuse.php
Je vois, question corrélative à la précédente, que dans votre note 70, vous aussi faites l’amalgame entre les gouvernements AVANT le passage du Christ sur la terre, et ceux APRÈS… comme si le Christ n’avait pas visité aussi la sphère politique qui, depuis son passage doit elle aussi, puisque tout appartient au Christ, Le révéler, sinon rien, ni validité, ni légitimité ! Vous vous rencognez dans votre esprit sur le fait que l’Empire romain ne révélait pas le Christ, et cependant saint Paul le considère comme étant le sujet du devoir d’obéissance intimé dans Rom. XIII aux catholiques. Voici ma réponse, dans ma note 114 de J’accuse le Concordat ! : « Ne nous étonnons pas de la prise de vue de saint Paul quant au pouvoir romain, envers lequel donc, il intime aux fidèles le devoir d’obéissance comme à un pouvoir politique poursuivant constitutionnellement le « bien commun ». L’empire romain en effet, établi AVANT le Christ qu’il ignore sans faute de sa part, peut être considéré comme poursuivant le « bien commun » quand bien même c’est d’une manière fort imparfaite. Il y a un élan vers le Bien dans l’Antiquité, surtout plus la venue du Messie approche, un désir de mieux en tous cas, dans tous les domaines, y compris celui sociopolitique. Il y a donc dans tous les gouvernements de l’époque, même celui de Néron (car si lui est un chef politique très-mauvais, indigne, cela ne change pas la nature de son gouvernement qui tend vers le bien commun), ce que les théologiens appellent une inchoation vers le Bien, à tout le moins un désir, c’est-à-dire un commencement même fort imparfait de « bien commun ».
Certes, lorsque le romain va être interpellé par le Christ, on va le voir se raidir orgueilleusement et s’opposer à Lui, mais cela ne change rien au fait que la nature de son gouvernement prépare les voies du Seigneur (tout le monde a remarqué la préparation géographique que constitue la civilisation romaine, pour l’établissement des grandes places du christianisme, mais ce n’est pas seulement sur ce simple plan matériel, que la civilisation romaine prépare les voies du christianisme, sur le plan sociopolitique, il y a aussi, malgré de prodigieux & révoltants défauts, toute une plate-forme d’ordre que saura bien utiliser en l’améliorant, le christianisme : c’est singulièrement évident dans la société gallo-romaine sur laquelle s’édifiera le christianisme mérovingien voire même carolingien). Je suis bien aise ici de pouvoir citer le pape Benoît XVI, qui dans une allocution « Actualité du Règne de Dieu », a judicieusement expliqué qu’au temps de Jésus « le terme évangile était utilisé par les empereurs romains pour leurs proclamations. Indépendamment de leur contenu, ils étaient appelés bonnes nouvelles, c’est-à-dire des annonces du salut, car l’empereur était considéré comme le seigneur du monde et chacun de ses édits comme précurseur de bien » (Vatican Information Service du 28 janvier 2008, 18e année, n° 19).
C’est précisément ce que suppose saint Paul en ses Épîtres, à savoir que les chefs politiques romains de son temps poursuivent « le bien commun », quand bien même, nous qui avons le recul de l’Histoire, nous sommes obligés de constater qu’ils étaient fort loin de le trouver tou¬jours. Or, justement, ce n’est pas du tout le même cas de figure pour les républiques post-révolutionnaires APRÈS le Christ : elles, elles L’ont constitutionnellement et sciemment rejeté de la Politique, et donc « le bien commun » avec Lui, en détruisant et faisant table rase des sociétés qui, précisément, manifestaient constitutionnellement le Christ, et « le bien commun » avec Lui ; par conséquent, rejetant l’Autorité divine en Politique, et singulièrement celle du Christ, on ne peut absolument pas supposer qu’elles poursuivent « le bien commun », même une simple & imparfaite inchoation dudit « bien commun »… Donc, puisqu’elles ne poursuivent pas le « bien commun », puisque subséquemment, elles ne sont pas légitimes, en aucun cas on ne peut leur appliquer l’omnis potestas a Deo paulinien. C’est, il faut le dire, un vrai scandale de voir la papauté concordataire le faire, et, on vient de le voir, avec quelle agressivité !, quelle puissance d’anathème ! C’est inouï !! » (fin de citation).
4/ Je ne saurai finir mon long « Commentaire » de votre intéressant article, cher Cave ne Cadas, sans conclure moralement tout ce que je vous ai exposé. En effet, si je mettais ici le point final, vous pourriez me reprocher de n’avoir rien fait d’autre que remuer la bouteille à l’encre et rendre encore plus obscure une situation théologique qui ne l’est déjà que trop.
… Mais puisque je concluais à peu près les mêmes choses dans ma « Lettre » aux fidèles de la chapelle sédévacantistes de Rennes, vous ne m’en voudrez pas, je l’espère, de vous copier à nouveau ce que je leur disais :
« La première démarche du tradi., que j’ai essayé de faire au mieux avec vous, est d’abord de bien se remettre en mémoire comment le Christ-Rédempteur a divinement institué son Église. Car c’est en mettant humblement ses petits pas dans ceux du Christ que la lumière libératrice délivre & épanouit notre âme de catholique, ce n’est pas, comme le font les sédévacantistes, en prétendant apprendre la vie au Saint-Esprit. Après, nous pouvons voir ce que le Bon Dieu veut que nous en déduisions, en nous servant de la raison qu’Il nous a donnée. Je vais le faire avec vous. Et vous allez voir que la déduction est des plus simples.
Parvenu ici, ce qui retient votre esprit j’en suis sûr, chères âmes fidèles à votre Foi catholique, c’est cette contradiction DANS notre Église contemporaine, que révèlent les lois théologiques fondamentales de la constitution divine de l’Église appliquées à notre situation ecclésiale (TOUTES les lois, pas seulement celles qui nous plaisent…) : la loi de l’infaillibilité de la reconnaissance ecclésiale universelle du Pontife romain couplée avec celle de l’infaillibilité du Magistère ordinaire & universel, montre cette contradiction formelle. Tout d’abord, prenons bien conscience qu’au vu de cette contradiction DANS l’Église, l’impie contemporain a parfaitement raison de soutenir, dans son analyse au premier degré de la situation basée sur la figure du monde qui passe, que « les portes de l’enfer ont prévalu contre l’Église ». Rien à lui rétorquer, effectivement, quant au for externe de l’examen… Il a RAISON de le dire, autant que les pharisiens au pied de la Croix à la vue du Christ, du Messie, du Dieu fait homme abandonné de son Père & de l’Église juive de Yahweh réunis, avaient bien RAISON de se conjouir & congratuler entre eux que cette mort ignominieuse d’un esclave sur une croix sans que miracle ne vienne l’interrompre, PROUVAIT que Jésus n’était pas le Messie, encore moins Dieu, comme Il avait osé blasphématoirement l’affirmer…
C’est exactement pareil pour nous, Dieu N’EST PAS INTERVENU au concile Vatican II pour empêcher la contradiction-péché de rentrer DANS l’Église, cette fameuse « fumée de Satan » à laquelle avait fait allusion d’une manière fort inspirée le pape Paul VI en 1972… Mais cela ne signifie pas l’échec de Dieu dans son Église, cela signifie tout simplement que l’Église rentre par-là dans sa Passion… Car l’Église après Vatican II n’en reste pas moins Église, vrai Épouse du Christ, exactement de la même manière que le Christ restait identiquement le Christ même après avoir passé le portillon du jardin de Gethsémani, c’est-à-dire après avoir été « fait péché pour notre salut » dans sa Passion, sous la « puissance des ténèbres ». Et c’est justement contre cette contradiction dans le for externe, certes humainement insupportable et même inadmissible, que tous les tradis. ont voulu bâtir des thèses où la raison humaine a le dessus, où elle s’y retrouve… À Dieu ne plaise, comme disait un certain Simon-Pierre pas tellement saint à ce moment-là, que Tu doives être crucifié, Seigneur ! À Dieu ne plaise, répondent en écho tous les tradis. 2 000 ans après, que l’Église-Épouse du Christ doive un jour elle aussi être crucifiée ! Or, puisque l’Église à la suite de Notre-Seigneur Jésus-Christ est bel et bien crucifiée de nos jours, et c’est cela la réalité profonde de notre crise de l’Église, alors, toutes les thèses bâties à chaux & sable pour prouver le contraire, dont celle sédévacantiste bien évidemment, voulant nier cette grande vérité, ne peuvent qu’êtres fausses et toutes s’appuyer sur l’hérésie. Quand on quitte la Vérité, on le fait toujours par l’hérésie.
Ainsi donc, tel l’aigle qui regarde le soleil en face, quand nous ne nous cachons pas la Vérité profonde de la « Crise AFFREUSE de l’Église » (Secret de La Salette), justement pour bien respecter la grâce de la Foi que Dieu a mise dans nos âmes par le moyen de l’Église, on se retrouve avec cette terrible situation, certes humainement incompréhensible, inadmissible pour le catholique, que l’Église est frappée à mort dans sa Constitution divine même. Car, c’est bien sûr de sûr, si ce que nos yeux de catholiques ont vu à Vatican II ne nous trompent pas, et ils ne nous trompent pas, et le Saint-Esprit est derrière nos yeux, on a donc un pape LÉGITIME uni à toute l’Église Enseignante promulguant dans le cadre du Magistère infaillible une… formelle hérésie. Comment alors éviter la déduction qui semble invinciblement s’imposer, à savoir que « les portes de l’enfer ont prévalu contre l’Église » ? Que notre Foi était vaine ? Que les impies de tous les temps avaient bien raison de le clamer en colère à tous les vents, mus par Satan ? Et que c’est bien dommage que l’imposture du Christianisme ait at¬tendu deux millénaires pour être manifestée à l’humanité ?
Or, non, ce n’est pas la bonne solution : à la Fin des Temps, « les portes de l’enfer n’ont pas du tout prévalu contre l’Église », d’aucune manière, pas plus qu’en d’autres temps, et Dieu reste Dieu, l’Église aussi reste l’Église, elle est d’ailleurs « au commencement de toutes choses » (saint Épiphane), et nous avons toujours à assurer le salut de nos âmes en Dieu et par l’Église. Par tous les temps de chien, y compris celui de la Fin des Fins.
Mais, pour comprendre ce qui se passe de nos jours dans l’Église, il faut, chers amis, à partir d’ici, rentrer résolument dans le Jardin de Gethsémani (ce qui ne veut pas dire qu’il faille désespérer). Pas possible de prendre un chemin de traverse, conseillé ou non par Bison Futé (les chemins de traverse hérétiques sont conseillés seulement par les Bisons Butés… et… à buter !). Le vin que Dieu nous a donné à tirer dans et par la Crise de l’Église, Il va nous le faire boire dans le Calice présenté au Christ de la Passion. Que donc les orgueilleux, les lâches, les jouisseurs & autres mondains, se retirent, dans un chemin que seuls les catholiques courageux, avec les armes d’une grande humilité, de la sainte patience, de la pénitence, de l’Amour & de la pureté de la Foi, ont pouvoir d’emprunter. Car bien loin que la Foi soit vaine, c’est justement LÀ, tout au contraire, que seule une Foi forte ou bien plutôt divine, peut vaincre, une Foi sans faille, que ne surent pas avoir onze Apôtres sur douze (aux temps de l’Antéchrist, « la Foi SEULE vaincra », avertissait Notre-Dame à La Salette, autrement dit : « la Foi nue » pour employer la langue des auteurs spirituels, c’est-à-dire sans humanisme ni aucun signe sensible extérieur d’aucune sorte). « C’est POUR CETTE HEURE que Je suis venu » a dit le Christ de sa propre Passion, et on pourrait dire que le chrétien a de même été conçu sur la Croix par le Christ il y a 2 000 ans pour vaincre à la Fin des Temps. Ainsi donc, quelle destinée glorieuse est la nôtre ! À nous de bien rentrer dans le Plan divin. Or, pour le comprendre, ce Plan divin, il faut résolument subordonner l’ordre des réalités humaines à celui des réalités divino-humaines.
La réponse à la question d’un pape LÉGITIME professant magistériellement l’hérésie formelle, question plus encore renversante qu’elle est indiciblement troublante pour l’âme catholique, la voici :
Théologiquement, la solution du problème est extrêmement simple et se récapitule absolument par le syllogisme suivant. Majeure : l’Église est SAINTE, pure de tout péché (c’est d’ailleurs la deuxième note qui la caractérise formellement et qui permet à tout homme venant en ce monde de la reconnaître comme l’Épouse du Christ, parmi toutes les fausses églises) ; mineure : Vatican II, au moins dans Dignitatis Humanae, le décret sur la Liberté religieuse, me montre vraiment un péché d’hérésie commis infailliblement par l’Église in personna ecclesiae ; conclusion : ce péché d’hérésie commis par l’Église ne peut être que et est donc seulement MATÉRIEL, c’est-à-dire excluant formellement toute coulpe, toute faute réelle contre Dieu. Il n’y a pas d’autre solution syllogistique possible. LA SOLUTION THÉOLOGIQUE DE LA CRISE DE L’ÉGLISE, C’EST QUE L’ÉGLISE EST EN ÉTAT DE PÉCHÉ MATÉRIEL DEPUIS DIGNITATIS HUMANAE, DEPUIS VATICAN II. Mais l’Église ne peut être recouverte d’un manteau de péché ou péché simplement matériel, c’est-à-dire « faite péché pour notre salut » comme s’exprime saint Paul en II Cor. V, 21, que lorsqu’elle vit la Passion de son Époux, le Christ, ce qui, prophétiquement, est annoncé pour la grande & dernière Crise eschatologique de la Fin des Temps, devant se terminer par le règne de l’Antéchrist : cette Crise vaticandeuse de l’Église est donc la Crise dernière avant la Parousie.
En langue mystique, cette ultime déduction théologique & prophétique que je viens de faire dans ce paragraphe révélateur, étymologiquement « apocalyptique », s’énonce ainsi : il y a un moment dans la vie terrestre du Messie où il est configuré au péché dans tout son extérieur, revêtu d’un vêtement de péché qui le fait invinciblement voir comme un pécheur, Lui, pourtant toujours le Saint des saints, précisément pour opérer par-là le Salut universel des âmes, la Rédemption du monde. C’est ce qu’on appelle « LA PASSION DU CHRIST ». Cette Passion du Christ est suivie de la Mort du Christ (car la configuration au péché, même simplement matériel & sans coulpe, entraîne la mort du Saint de Dieu), puis de sa Résurrection. AINSI DE L’ÉGLISE CATHOLIQUE, CETTE ÉPOUSE IMMACULÉE QUI DOIT EN TOUT IMITER LE DIVIN ÉPOUX SUR CETTE TERRE.
Dans ces derniers §, je ne fais que vous « copier-coller » un passage conclusif de mes livres, auxquels je vous renvoie pour un exposé plus suivi de la thèse de LA PASSION DE L’ÉGLISE.
Je ne peux bien sûr continuer. J’espère en tous cas très-fort que mon propos aura pu, avec la grâce de Dieu, bien éclairer vos âmes. Non seulement négativement, pour bien saisir le caractère hérétique formel de la thèse sédévacantiste, mais surtout positivement, pour bien comprendre le fond spirituel de cette crise, lequel consiste en ce que l’Épouse du Christ, l’Église, vit la Passion du Christ en tant que co-Rédemptrice. Veritas liberavit vos » (fin de citation).
Oui, que la Vérité vous libère, non seulement du lefébvrisme mais encore du sédévacantisme, Cave ne Cadas, afin d’embrasser résolument en votre âme & conscience de catholique, la PASSION DE L’ÉGLISE, qui, en donnant la mort donne la Vie surnaturelle, mors et vita duello, conflixere mirando ; dux vitae mortuus, REGNAT VIVUS (Hymne pascal) !
Vincent Morlier,
vmorlier@club-internet.fr
Morlier Vincent
30 juil 09 at 6 h 07 min
[...] Bernard Fellay, en plus d’être un âne ! , est un autoritaire qui ne supporte pas la contradiction ! et encore moins que l’on conteste [...]
Démission de l’abbé Juan Carlos Ceriani de la FSSPX at Le CatholicaPedia Blog
11 août 09 at 7 h 44 min
c’est simple:
-le pape ne peut errer
-Jean/ Paul/ Jean Paul/ Benoit errent
-donc Jean/ Paul/ Jean Paul/ Benoit ne sont pas papes. C’ est du sedevacantisme? Non , c’est de la logique….( pour pouvoir continuer à croire )
bbruno
10 jan 10 at 21 h 26 min
[...] à la reprise de notre article « Monseigneur Fellay est un âne » par notre confrère Virgo-Maria.org, nous avons reçu une mise au point d’un de nos [...]
Pour en finir avec les mensonges à propos des hérésies des papes Honorius et Libère et… at Le CatholicaPedia Blog
11 jan 10 at 11 h 37 min
bbruno:
tout à fait d’accord avec vous !!
Une pareille situation, si elle est méritée comme châtiment, ne saurait être incompréhensible pour les fidèles. Or comment croire qu’il soit exigé de chacun des fidèles, pour qu’il comprennent et prenne position, qu’il soit capable de manier les exposés théologicos philosophiques et canoniques. Non les choses sont simple car le Bon Dieu est « simple » dans ses jugements.
C’est oui oui ou non non ! C’est FIAT ou Non serviam. On ne se tortille pas un coup à gauche un coup à droite, un peu à Rome un peu à saint nicolas un peu chez les sédévacs.
Non il faut rester simple: Depuis roncalli le Vatican n’est plus tournés vers Dieu, vers la Vérité qui rend libre, mais vers le monde et l’erreur. L’erreur officialisée, acceptée et fréquentable. Dès lors les conclusions s’imposent, de tels personnes ne peuvent être les bons pasteurs qui conduisent les brebis au Salut, si eux même errent, si eux même sont hérétiques, et à convertir.
On ne donne pas le commandement du navire à un incompétent.
rené pierre
18 avr 10 at 20 h 57 min
Un lecteur m’ayant fait part hier de l’éclairage spirituel & théologique que lui avait apporté mon commentaire à l’article « Mgr Fellay est un âne ! », écrit il y a un an, et que j’encourage le lecteur neuf à lire ci-dessus (découpé en trois parties, vu sa longueur), j’ai eu la curiosité de revenir aujourd’hui sur le site. Dans une sainte-colère fort justifiée, beaucoup plus que dans l’affliction, je découvre à la suite de mon commentaire détaillé & théologiquement fort bien construit, qui normalement devrait remplir d’aise & de reconnaissance les âmes de bonne volonté qui cherchent la vérité dans la crise actuelle de l’Église, j’ai la honte & la douleur cuisantes de découvrir disais-je, seulement quelques rares borborygmes inarticulés plus qu’insignifiants, profondément débiles, et en tous cas tous claquemurés, bêta-bloqués sur l’obnubilation sédévacantiste, que le pseudo-raisonnement de « bbruno » résume malheureusement fort bien :
« C’est simple:
- le pape ne peut errer
- Jean/ Paul/ Jean Paul/ Benoît errent
- donc Jean/ Paul/ Jean Paul/ Benoît ne sont pas papes. C’est du sédévacantisme ? Non, c’est de la logique… (pour pouvoir continuer à croire) » (sic).
Malheureusement, non, le raisonnement tenu par « bbruno » n’est pas « simple », ce qui est une qualité, son raisonnement est seulement « simpliste », un grave défaut qui est la contrefaçon erronée & parfois diabolique de la simplicité véritable (la prétendue logique dont il ose se targuer n’est en effet, eu égard à la constitution divine de l’Église, rien d’autre qu’une logique de Satan). Le raccourci de « bbruno » est même du simplisme hérétique en ce qu’il tue tout simplement l’Église dans son âme… « pour, dit-il le plus sottement du monde, pouvoir continuer à croire » (on se demande bien à quoi, car quand on a tué l’Église dans son âme, que reste-t-il à croire sinon rien puisque « l’Église est au commencement de toutes choses » comme disait saint Épiphane ; l’Église est donc au commencement de la Foi, et dès lors qu’on a tué l’Église dans son âme, il n’est donc plus possible d’avoir la vraie Foi, plus possible de croire à rien, et surtout pas à Dieu ni à son salut…). Si vous aviez lu mon commentaire qui a éclairé ce lecteur qui m’a écrit, et qui ne demande qu’à éclairer vos âmes entêtées dans l’hérésie en les exorcisant du sédévacantisme (ce qu’il ferait pour le très-peu que vous y mettriez de bonne volonté), vous auriez déjà compris pourquoi le raisonnement « simple » de « bbruno » tue l’Église.
Je vais y venir par charité pour vous tous, quoique vous ne le méritiez nullement puisque vos réponses affectent de faire l’impasse la plus totale sur les raisonnements théologiques fondés de mon susdit commentaire, qui détruisent pourtant in radice la doctrine perverse sédévacantiste.
Mais auparavant, pour bien vous montrer que des raisonnements « simples » et à « l’emporte-pièce » peuvent s’avérer en fait, sous des dehors fort catholiques & libérateurs, de véritables pièges de Satan, j’ai envie d’écrire : des pièges à cons, je veux vous rappeler le raisonnement extrêmement « simple », lui aussi, que tenait l’hérésiarque Nestorius, l’archevêque de Constantinople qui, dans la première moitié du Ve siècle, engendra l’hérésie consistant à professer deux personnes en Jésus-Christ. Voici son raisonnement « SIMPLE » de base, aussi « simple » que le vôtre, « bbruno », notez-le avec soin : Marie étant une créature de Dieu-Créateur, il est impossible qu’une créature engendre le Dieu-Créateur qui l’a créée. Donc, donc, donc, Marie ne saurait être la Mère de Dieu en Jésus-Christ, la Theotokos, ce qui est une doctrine abominable. Avouez que ce raisonnement « simple » était imparable, indéboulonnable, brillant comme l’or pur de la Foi. Dieu est Dieu ; la créature est créature. Et il ne sera jamais possible qu’une créature, fût-elle immaculée comme la très-sainte Vierge Marie, devienne la génitrice, la mère de son Créateur. Il n’y avait rien de plus « simple » à comprendre, convenez-en ! C’était même doublement « simple », et par-là même, doublement contraignant : 1/ non seulement toute créature ne peut engendrer son Créateur ; mais, plus fort encore : 2/ le genre humain auquel appartient Marie, ne peut engendrer Dieu, métaphysiquement c’est plus impossible encore. Pour ces deux raisons, dont chacune d’elle suffisait, il était, pour Nestorius, formellement proscrit d’appeler Marie, la Theotokos, la mère de Dieu. C’était un affreux blasphème.
Avec cette raison « simple », Nestorius se croyait donc inexpugnable dans son hérésie de ne pas vouloir admettre que Marie était mère de Dieu en Jésus-Christ. Et ici, cela devient très-intéressant, car, pour le réfuter, les champions de la cause catholique ne purent faire l’économie de raisonnements complexes pour faire briller la vérité catholique ; il fallut bien, comme dit péjorativement « rené pierre », « manier les exposés théologicos philosophiques et canoniques » (sic). Si nos Pères dans la Foi ne l’avaient pas fait, ils n’auraient pas pu réfuter le mensonge « simple » de Nestorius. De la même manière que, dans mon commentaire, je ne peux réfuter le « simplisme » sédévacantiste hérétique que par un exposé approfondi de la doctrine catholique sur la légitimité pontificale.
Un mot ici, sur ce qui différencie la complexité de la complication, car vous semblez avoir besoin bougrement d’enseignements de ce genre, vus vos raccourcis infantiles, débiles, primaires & faux. La complexité n’est pas opposée à la simplicité ; ce qui définit une chose complexe, c’est qu’elle est un composé naturel de choses… simples (et par simple il faut entendre : réel). Par contre, la complication est exactement à la complexité, ce qu’est le simplisme à la simplicité, à savoir : sa contrefaçon, basée sur la fausseté et l’irréel. Une chose compliquée (souvent par le péché intellectuel de l’homme) est une chose rendue faussement complexe par de faux raisonnements, alors qu’elle est d’elle-même, en soi, simple.
Or donc, disais-je, on ne put réfuter l’hérésie « SIMPLE » de Nestorius, en vérité simpliste, qu’en distinguant dans la Personne de Jésus, à la fois le Dieu-Verbe, et l’homme parfait, deux natures différentes, et surtout en faisant communiquer les propriétés respectives propres à chacune desdites deux natures, dans la Personne Une de Jésus ; c’est ce qu’on a appelé la communication des idiomes ou identités. Cette théorie a une pratique immédiate : puisque Marie était absolument mère de l’homme dans Jésus, ce que même Nestorius admettait, par-là même, ipso-facto, elle était aussi mère de Dieu dans Jésus, car les deux natures, divine & humaine, communiaient, communiquaient ensemble très-parfaitement dans l’Unité de Personne du Christ (on pourrait prendre ici la communion intime des époux dans le mariage, certains Pères l’ont explicitement bien dit, pour saisir analogiquement les relations entre la nature divine & celle humaine), et subséquemment se communiquaient réciproquement leurs propriétés respectives sans rien en retenir. À cause de cela, parce que Marie était mère de Jésus-homme, elle était aussi rigoureusement mère de Jésus-Dieu, et donc « mère de Dieu », Theotokos. Mais seule cette doctrine théandrique ou déivirile complexe (cependant pas compliquée), que je viens d’exposer sommairement, permettait d’arriver à cette conclusion, à savoir que Dieu dans Jésus communiquait toutes ses propriétés à l’homme dans Jésus, et vice-versa, dans l’Unité d’une seule Personne.
Or, obsédé à la manière sédévacantiste de la prétendue « SIMPLICITÉ » de sa prétendue vérité, à savoir que « Marie ne saurait être mère de Dieu », Nestorius, loin de se rendre à la raison théologique exposée par les Pères, vérité certes complexe mais réelle, qui manifestait un grand Mystère, celui de l’Incarnation, ne voulut jamais l’admettre. Ce faisant, il devenait hérétique formel. En effet, si l’on soutient, comme il le faisait, que Marie ne peut pas être appelée mère de Dieu, alors, cela sous-entend immédiatement que Jésus n’est pas Dieu, ce n’est qu’un homme ! Son discours ramenait donc, d’une manière pratique et détournée, à l’hérésie arienne qui ne voulait voir qu’un homme parfait dans Jésus… Pour pallier à cette objection que lui faisaient les champions de la cause catholique, Nestorius subtilisa alors son hérésie en professant que Marie était bien mère de Jésus-homme, et que d’un autre côté, il y avait Dieu dans Jésus, mais que ces deux natures différentes formaient… deux Personnes intégrales en Jésus ! Et que bien entendu, c’était là où il voulait arriver, il n’y avait aucune communication des propriétés de la nature divine avec celles de la nature humaine, dans Jésus. Ainsi, cqfd, il ne faut donc pas dire que Marie est mère de Dieu, Theotokos. Il croyait ainsi se dissocier de l’hérésie arienne pure, mais il ne le faisait, c’est facile à comprendre, qu’en créant une autre, à savoir que Jésus-Christ n’était pas une Personne humaine puisque, selon lui, il y avait deux Personnes en Jésus. Nestorius, pour ne pas vouloir admettre que son raisonnement « SIMPLE » de base était faux, n’était en fait que du simplisme, ne faisait que s’enferrer plus avant dans son hérésie. Et, hélas, au for externe du moins, il mourut dedans.
Ce n’est pas ce que je vous souhaite, vous les sédévacs., mais hélas pour vous & votre salut, je vois que vous prenez très-exactement la même direction que Nestorius : vous vous obsédez perseverare diabolicum dans une « vérité » que vous croyez « simple », alors qu’elle n’est que « simpliste », et hélas surtout schismatico-hérétique, jusqu’à vous boucher les oreilles de ce qu’on peut vous dire pour tâcher de vous en exorciser.
Rien ni personne ne pourra nous sortir de notre position inexpugnable, dit « bbruno », s’en conjouissant visiblement très-fort, mais malsainement, avec « rené pierre », mettant sa gloire dans ce qui est pourtant sa honte, le plus grand malheur de son âme :
« C’est simple :
- le pape ne peut errer
- Jean/Paul/Jean Paul/Benoît, errent
- donc Jean/Paul/Jean Paul/Benoît, ne sont pas papes. C’est du sédévacantisme ? Non, c’est de la logique…. (pour pouvoir continuer à croire) ».
Reprenons donc ensemble, pas à pas, cette argumentation « SIMPLE » :
« 1/ Le pape ne peut errer ». C’est parfait, « bbruno », ici, vous êtes dans le vrai (contre les lefébvristes qui s’imaginent hérétiquement que le pape peut errer dans son Magistère ordinaire & universel) ;
« 2/ Jean/Paul/Jean Paul/Benoît errent ». Bien, là aussi, c’est hélas parfait, vous avez hélas raison : ces papes vaticandeux errent, vous êtes là encore dans le vrai de vrai (contre les ralliés qui s’imaginent hérétiquement que la Liberté religieuse n’est pas une hérésie formelle, voulant croire à une soi-disant « herméneutique de continuité » avec la doctrine traditionnelle, laquelle hélas n’est rien d’autre que le mirage hallucinatoire & hypnotique d’un mourant de soif dans le désert croyant voir scintiller une nappe d’eau, là-bas, au loin… mais plus il s’en rapproche, plus elle s’éloigne !). Et ils errent dans un cadre infaillible.
« 3/ donc Jean/Paul/Jean Paul/ Benoît ne sont pas papes ». Oups !! C’est là qu’il manque un boulon dans votre raisonnement, « bbruno ». Vous avez oublié de prendre conscience d’une chose fort importante : c’est à savoir que le constat que votre intelligence a posé tout-à-l’heure dans le 2/ quand vous avez pris acte de l’errement des papes modernes, n’est qu’un constat INTELLECTUEL, il n’est pas THÉOLOGIQUE, il n’est pas ECCLÉSIAL, c’est-à-dire que votre constat n’a pas la moindre incidence ni portée réelles sur la déchéance des papes dont il est pourtant parfaitement bien vrai, vous avez hélas raison, qu’ils défaillent doctrinalement dans un cadre infaillible.
Comme je le disais dans mon commentaire, qu’apparemment vous n’avez pas lu & que vous auriez eu avantage à lire, les seuls membres de l’Église habilités de droit divin à déchoir validement un pape magistériellement défaillant, seraient… les mêmes qui sont habilités de droit divin à procurer l’élection valide & légitime d’un pape. Or, il appert formellement de la constitution divine de l’Église, que ce sont les SEULS cardinaux de la sainte Église romaine, qui sont cesdits membres. Et personne d’autres. Pas plus vous que moi. Pas plus Mgr Lefebvre, ou tel prêtre voire laïc sédévacantiste. Quant à la légitimité pontificale, tous les membres de l’Église qui ne sont pas cardinaux de la sainte église romaine ne sont en effet que des « membres enseignés ». Ils ont tous à apprendre ex auditu, de la bouche unanime des cardinaux, qui est le pape actuel de l’Église de Jésus-Christ. Et le « membre enseigné », le mot le dit si bien, doit, sur cela, toujours être… enseigné. Tous et chaque jour que Dieu fait, singulis diebus. Et par qui doit-il l’être ? Par le « membre enseignant », par celui qui a reçu pouvoir & mandat de droit divin, d’enseigner le « membre enseigné ». Et AUCUNE situation ecclésiale ne peut permettre de passer outre cette grande loi fondamentale. Surtout pas la nôtre. Car il n’y a aucun moment de la vie de l’Église, pas le plus petit hiatus, où le « membre enseigné » n’ait pas à être enseigné. Il ne faudrait pas s’imaginer en effet que lesdits « membres enseignants » de la légitimité pontificale ont pouvoir & mandat divin de désigner le pape à l’Église Universelle au seul et unique jour de l’élection pontificale, et qu’ensuite, leur rôle s’arrêterait là. Loin de là ! Leur rôle de désigner théologiquement le pape à l’Église Universelle s’exerce non seulement au moment de l’élection pontificale, positivement, mais encore, négativement, durant tout le temps que dure le pontificat du sujet ainsi élu puis reconnu par eux comme pape, par le seul fait de leur non-dénonciation de l’occupant du Siège de Pierre. Car « Je suis avec vous TOUS LES JOURS ». S’autoriser donc, à supplanter le « membre enseignant » quand on n’est que « membre enseigné », c’est tomber ipso-facto dans l’hérésie & le schisme, peu ou hélas prou. Tel Luther en son temps l’avait fait, non pas certes quant à la légitimité pontificale, mais sur le chapitre de la Foi, supplantant par le moyen du « sola scriptura », les « membres enseignants » qu’étaient le pape & les évêques unis à lui.
Concernant donc les papes de Vatican II, la SEULE question théologiquement valable à poser, est la suivante : les « membres enseignants » de la légitimité pontificale, à savoir les cardinaux, ont-ils, dans la majorité des 2/3 + 1, déclaré la déchéance d’un ou de tous les papes modernes ? La réponse, au moment même où j’écris ces lignes libératrices & exorcisantes de l’hérésie sédévacantiste, est connue de toute l’Église : NON, ils ne l’ont pas fait. Et le constat indubitable est présent à la face de toute l’Église et a valeur de règle prochaine et formelle pour la légitimité des papes modernes. Donc, les papes modernes sont légitimes. Quand bien même, à cause de ce THÉOLOGIQUE constat, cela semble être la bouteille à l’encre depuis Vatican II (mais ça cesse de l’être quand on a compris que cette situation manifeste la Passion de l’Église, que le Bon Dieu me fait l’honneur ignominieux d’exposer magistralement seul dans toute l’Église, avec un bon compagnon de route, je dois me rendre ce témoignage).
En disant : « donc Jean/Paul/Jean Paul/Benoît ne sont pas papes », vous commettez, « bbruno », le péché de Luther : celui du « libre-examen » hétérodoxe de la légitimité pontificale, qui vous met par-là même, ipso-facto, hors de l’Église de Jésus-Christ, prenez-en bien conscience. Et c’est pourquoi je disais en commençant ces lignes que votre raisonnement sédévacantiste vous fait tuer l’Église dans votre âme. Supprimer les « membres enseignants » de la légitimité pontificale en se mettant en leur lieu & place, c’est en effet attenter mortellement à la constitution divine de l’Église, et donc assassiner, tuer très-véritablement l’Église dans son âme.
Comme je l’exposais en finale de mon commentaire que vous n’avez pas lu, la véritable solution du problème ecclésial moderne ne peut être trouvée par les règles normales de la théologie ou du droit canon. Tout simplement parce que la situation est apocalyptique, qu’elle dépasse le cadre historico-canonique normal dans lequel l’Église évolue dans les temps ordinaires. En fait & en droit, l’Église vit la Passion du Christ, c’est-à-dire qu’elle est « faite péché pour notre salut » (II Cor. V, 21), un péché bien entendu seulement matériel, matière de péché, car l’Église reste aussi sainte, voire plus encore, s’il était possible de le dire, dans l’économie de la Passion qu’avant de la connaître. Et, bien que notre « hommerie » cherche tout naturellement à ne pas se rendre le compte exact de cette situation, voulant à toutes forces trouver à cette contradiction-crucifixion une explication logique, « SIMPLE » (mais en vérité simpliste & non réelle), il faut au contraire ne pas en chercher ; car alors, c’est Satan qui nous trouvera des « solutions simples », le grand Malin n’est pas en peine d’en concocter & de nous faire miroiter devant les yeux de l’âme des pseudo- »solutions » dialectiques, comme je vois tous les tradis., toutes tendances confondues, en embrasser, baiser goulûment jusqu’aux amygdales serait le mot plus juste, pour tâcher de « s’y retrouver ». Mais justement, sur la Croix du salut, on ne « s’y retrouve » pas, c’est ça qu’il faut comprendre, on est écartelé entre les principes contraires, et on meurt (certes, en vue de ressusciter dans une vie plus glorieuse que celle qui était la nôtre avant de mourir, à l’instar du divin Maître). Et c’est cela que la crise de l’Église nous montre : sa mort mystique sur la croix du salut, en co-rédemptrice.
Pour vivre une authentique spiritualité de la crise de l’Église, exempte de tout sectarisme obscurantiste & hérétique, de tout fanatisme orgueilleux & réprouvé, ou, à l’opposé, de tout laxisme tiède dans une « union sacrée » qui fait vomir de dégoût le Christ, il faut donc suivre saint Jean, les saintes femmes, et la très-sainte Vierge, au pied de la Croix, s’unir par la Compassion à cette mort mystique ecclésiale salvifique, en s’efforçant de la vivre soi-même du mieux que l’on peut. Et rien d’autre n’est salvifique. Il n’y a pas d’autre voie (comme disait le fou chinois armé d’un sabre, dans « Le lotus bleu », cf. Tintin & Milou pour ceux qui connaissent encore leurs classiques : « As-tu trouvé la voie ? Lao-Tzeu l’a dit : il faut trouver la voie. Si tu ne l’as pas trouvé, je vais te couper la tête, après tu trouveras la voie » ; tous les tradis. devraient comprendre qu’ils doivent se dépêcher de se couper eux-mêmes la tête de leurs petites théories hérétiques quant à la théologie de la crise de l’Église, par le sabre salvifique de la Passion de l’Église ; se dépêcher de le faire eux-mêmes avant que Satan ne la leur coupe, la tête, mais en vue de les damner). Surtout ne pas s’imaginer remplir son devoir de catholique en faisant la petite guéguerre avec les frères ennemis tradis. d’autres obédiences avec l’arme d’une dialectique « SIMPLE », contre leurs propres & bien sûr différentes dialectiques de « solutions » de la crise, elles aussi bien entendu tellement « SIMPLES », c’est-à-dire tout aussi peccamineuses que la sienne propre, quoique diamétralement opposée…
Faites donc l’effort de me dire si mon propos vous a intéressé, « bbruno », dont le pseudo me semble assez transparent. Ca m’enlèvera la tentation horrible, que je réprime méritoirement tant que je peux vous pouvez m’en croire, de penser que j’ai jeté les perles aux pourceaux & autres faux-culs.
Vincent Morlier,
vmorlier@club-internet.fr
Vincent MORLIER
12 sept 10 at 6 h 59 min
[...] non-catholiques diffusés actuellement par la FSSPX et Mgr Fellay. Avec toujours la même erreur et bêtise de Mgr Fellay sur l’Infaillibilité du pape, voulant réfuter la position [...]
LE PAPE EST INFAILLIBLE at Le CatholicaPedia Blog
6 mai 11 at 0 h 03 min