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Saint Martin, alias…Martin le Miséricordieux

2013 novembre 11

Alors que le “président” (de la Gueuse) François Hollande (l’autre François ZérØ) a été hué ce lundi à son passage sur les Champs-Élysées lors de la cérémonie du 11 novembre…a constaté une journaliste de l’AFP sur place, la chrétienté fête un saint Évêque que la Vox populi (1) a choisit délibérément.

Il est l’un des quatre patrons de la France, avec saint Remi, saint Denis et saint Louis (saint Michel étant, non patron, mais protecteur. La Très Sainte Vierge Marie (depuis le Vœu de Louis XIII), sainte Jeanne d’Arc et sainte Thérèse de Lisieux étant les trois patronnes).

Les autres évêques de son époque ne l’aiment guère car il a un aspect pitoyable dû aux mortifications et aux privations excessives qu’il s’inflige, il porte des vêtements rustiques et grossiers. (La vrai église des pauvres… Bien avant la fausse secte de Bergo(go)glio !!!) À cette époque les campagnes sont païennes, il les parcourt donc faisant détruire temples et idoles. Il prêche avec efficacité les paysans, forçant le respect par l’exemple et le refus de la violence. Il prêche par la parole et par sa force, il sait parler aux petits et il utilise à merveille la psychologie par sa connaissance des réalités quotidiennes et l’utilisation de paraboles simples que le petit peuple comprend, tel que le Christ le faisait.

S’il est reconnu pour avoir pratiqué le précepte évangélique de partage et d’amour du prochain (ci dessous, détail de la fresque dite Vie de Saint Martin, de Simone Martini), l’importance historique de Martin de Tours tient davantage au fait qu’il a créé les premiers monastères en Gaule, et qu’il a formé des clercs par la voie monastique.

Détail de la fresque dite Vie de Saint Martin, de Simone Martini

Dès le Ve siècle, Tours était le premier lieu de pèlerinage des Gaules ; le choix de Martin de Tours comme seigneur tutélaire des Mérovingiens est fait sous Clovis. Tours reste par la suite un foyer spirituel important. À l’époque carolingienne, Alcuin, conseiller de Charlemagne, fut nommé abbé de Saint-Martin de Tours et de Cormery. Ces abbayes furent des foyers importants de la renaissance carolingienne aux alentours de l’an 800. La cathédrale de Mayence, au cœur de la Germanie franque, est également dédiée à saint Martin.

La cape de saint Martin de Tours, qui fut envoyée comme relique à la Chapelle palatine d’Aix-la-Chapelle pour Charlemagne, est elle-même à l’origine du mot « chapelle », c’est-à-dire l’endroit où l’on gardait la « c(h)ape » du saint qui était emportée lors des batailles et portée en bannière.

Elle est aussi à l’origine du mot « Capet », nom de la dynastie des Rois de France : Francs Capétiens. Ainsi, du royaume d’Austrasie jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, saint Martin reste le symbole de l’unité franque (française).

Saint Martin de Tours,  Evêque et Apôtre de la Gaule

Aujourd’hui plus de 236 communes portent son nom en France et plus de 4.000 églises sont placées sous son vocable ; son nom de baptême est devenu le nom de famille le plus fréquent de France.

La Fête de la Saint-Martin en Flandre et en Belgique

On fête sur le territoire de la Flandre historique (principalement dans le Westhoek, la vallée de la Dendre et à Beveren), la Saint-Martin le soir du 10 novembre (ainsi que le soir du 11 novembre avant la Seconde Guerre mondiale).

Selon la légende, en effet, saint Martin portant la bonne parole sur les côtes flamandes, aurait perdu son âne parti brouter ailleurs, alors qu’il tentait d’évangéliser les pêcheurs d’un petit village, futur Dunkerque. À la nuit tombée, les enfants du pays se mettant à sa recherche, avec force lanternes, l’ont retrouvé dans les dunes, en train de manger des chardons et des oyats. Pour les remercier, saint Martin a transformé toutes les petites crottes de l’âne en brioches à la forme particulière, que l’on appelle folard (Voolaeren, en flamand occidental), ou craquandoules.

 La Saint Martin à Watten, près de St Omer et non loin de Dunkerque

Enfant, je chantais en Flandre française, cette chanson (pas très catholique… mais depuis, je me suis convertis !!!), le soir de la Saint-Martin :

« Saint Martin
Boit du vin
Dans la rue des Capucins
Il a bu la goutte
Il a pas payé
On l’a mis à la porte avec un
Coup d’balai »


 en défilant dans la rue, avec une lanterne en forme de tête, creusée dans une betterave à sucre. Après le défilé, on nous donnait un folard et une orange, et le concours de la plus belle lanterne était organisé…

Note de mise à jour : Je pensais depuis ma conversion à l’Église de toujours (la tradition) que cette chansonnette enfantine n’était “pas très catholique”… En fait après recherche, elle n’est pas tant irrévérencieuse que je le pensais. Le grand Saint-Martin est en effet le patron (entre autres) des “buveurs”, “hôteliers”, “tonneliers”, “courtiers en vin” et “marchands de vin”…

Le patronage des “buveurs” doit sont origine à ce que nous a rapporté Grégoire de Tours (chap. XX, Miracles) : « Un agent de l’église de Saint-Martin de Tours, nommé Ammonius, étant sorti de table pris de vin, tomba dans un précipice en revenant chez lui. Comme il avait pendant sa chute invoqué le nom de saint Martin, il fut comme déposé à terre par des mains étrangères sans autre mal qu’une foulure au pied. »

En outre, une locution : “Vin de la Saint-Martin” trouve son origine dans la coïncidences des réjouissances du onze novembre avec le fêtes des vendanges qui, dans les pays de vignobles, ont lieu à la fin de cette récolte. Comme le 11 novembre on buvais souvent avec excès, on appelait aussi l’ivresse “le Mal de saint Martin”. Saint-Martin a aussi, aux environ de Milan, renouvelé le prodige de Cana. Après sa mort, il avait procuré miraculeusement du vin à un passeur de la Loire et très souvent il avait fait croître ce liquide dans des vases déposés sur son tombeau par les pèlerins.

(D’après “Les Saints Patrons des corporations et Protecteurs” par Louis du Broc de Segange. Tome II – 1887) Disponible aux Éditions Saint-Remi : http://www.saint-remi.fr/details-catalogues.php?id=%201211

 

Les enfants défilent dans la rue, avec une lanterne...

Cette façon de fêter la Saint-Martin montre bien que l’on a cherché à christianiser des usages anciens liés à la « fête païenne de Samain » qui survit sous le nom d’Halloween aux États-Unis. À la différence d’Halloween qui est une fête de la nuit et de la mort, la Saint-Martin est la fête de la vie et de la lumière. Samhain représente le renouveau et donc les 2 aspects à la fois. De plus, selon le calendrier de Coligny, cette période était celle du nouvel an chez les Gaulois.

Une tradition similaire existe aussi en Alsace et en Allemagne dans le Pays de Bade ainsi qu’aux Pays-Bas.

Bien que commémoration chrétienne, en Flandre, la Saint-Martin est comme Noël, fêtée dans les écoles laïques !!! Il est aussi fêté à Visé (Liège) puisqu’il est le patron des arquebusiers depuis 1579, lesquels le fêtent toujours depuis l’origine de leur guilde.

Dans les cantons de l’est également il reste comme en Allemagne un saint très populaire dont la fête donne lieu à des réjouissances similaires à celles qu’on trouve en Flandres.

 

  1. En 371 à Tours, l’évêque en place Lidoire vient de mourir ; les habitants veulent choisir Martin mais celui-ci s’est choisi une autre voie et n’aspire pas à l’épiscopat. Les habitants l’enlèvent donc et le proclament évêque le 4 juillet 371 sans son consentement ; Martin se soumet en pensant qu’il s’agit là sans aucun doute de la volonté divine ! []
11 réponses
  1. gg
    novembre 12, 2013

    Cher cave,
     
    ne serais ce pas plutôt à un “passeur” de la Loire (plutôt qu’à un “pasteur” ???) que st Martin aurait fait miracle ?
     
    Cordialement !

    • Cave Ne Cadas
      Cave Ne Cadas lien permanent*
      novembre 12, 2013

      Effectivement !

      Merci de votre attention…

      • Avatar
        novembre 12, 2013

        Dans vôtre article : mise au point de l’abbé Lafitte, Laugier me demande : “où et comment attaquez vous l’erreur ?”
        Je pourrai lui répondre : “en lisant Catholica Pédia, pardi !!!”
        À propos de St Martin vous dites :
        “il prêche avec efficacité les paysans ( les prêtres ? ), forçant le respect par l’exemple, et le refus de la violence ( verbale ? )
        il prêche par la parole et par la force
        il sait parler aux petits ( prêtres ? )
        il utilise à merveille la psychologie (je me tue à essayer de vous l’expliquer) par sa connaissance des réalités quotidiennes
        et l’utilisation de paraboles simples que le petit peuple ( prêtre ? ) comprends
        ITE MISSA EST
         

        • Laugier
          Laugier lien permanent
          novembre 12, 2013

          Vous comparez les prêtres aux petits et au peuple ?
          Voilà qui ne va pas plaire, d’une manière générale, à leur orgueil démesuré.
          Et si tout simplement vous compreniez qu’on ne tape pas sur les prêtres pour rien, pour le fun, pour se défouler, mais parce que ceux qui sont attaqués sont mauvais et dangereux, par les bêtises qu’ils disent et que par définition donc, ce sont des malfaisants.

          Et qu’il convient, face aux entêté (aveuglé) de taper du poing sur la table et d’employer avec Charité la force, la fermeté, la dureté ?

          Non résolument vous ne semblez pas prêt à le comprendre.

          Il me semblerait judicieux, pour le bien de tous et surtout le votre que vous preniez des vacances, forcées s’il le faut, au vert, loin de votre clavier.

           

  2. Jean-Marie de la Salle
    Jean-Marie de la Salle lien permanent
    novembre 12, 2013

    Waw! vous faites une fixette là.

    • Avatar
      novembre 12, 2013

      À chacun ses fixettes !!!
      Je ne pouvais quand même pas rater une occasion pareille.

      • Laugier
        Laugier lien permanent
        novembre 12, 2013

        Si, si, vous pouviez, vous deviez même. Mais vous préférez passer pour un clown et au fond ça vous regarde.

  3. Avatar
    steyer jean-martin lien permanent
    novembre 12, 2013

    Cher Cave Ne Cadas,
     
    Je suis très heureux de tout ce que vous écrivez sur Saint MARTIN qui est mon saint patron préféré ! Vous m’apprenez beaucoup de choses que j’ignorais. Vous avez fait revenir à la surface de ma mémoire une coutume de ma région d’origine “le pays de Bitche” et qui est maintenant tombée dans l’oubli : la betterave sucrière en forme de tête et contenant une bougie. Merci pour cette résurgence d’un souvenir qui m’était cher.
    Il y a quelques temps, je vous ai envoyé un dossier sur les déboires que j’ai connu avec la Fraternité fondée par Monseigneur LEFEBVRE (Mgr.  FELAY et l’Aulagnier) – dossier envoyé suite à votre article ” le pape de la Fraternité”. Puis-je espérer une réponse ?
    Loué soit Jésus-Christ !
     

    • Cave Ne Cadas
      Cave Ne Cadas lien permanent*
      novembre 12, 2013

      Cher Jean-Martin,
      Le manque de temps (je gère une dizaine de sites) m’a empêché d’étudier votre dossier et de vous répondre…mais je n’y manquerai pas.
      Heureux d’apprendre que vous fêtiez aussi “la Saint Martin” enfant avec des loupiotes en betterave !!!

  4. Charles
    Charles lien permanent
    novembre 12, 2013

    N’accablons pas notre cher Cave Ne Cadas qui fournit un immense travail et mérite toute notre admiration. Je le dis sans esprit de courtisanerie car cet esprit ne règne nullement dans ce blog catholique. Notre seule quête courtisane est la recherche de la vérité et de la foi catholique intégrale…n’en déplaise à beaucoup !
    Néanmoins,  je souscris à la demande impatiente de Jean-Martin car si son dossier s’avère validé, il sera d’un grand profit pour le bien des âmes dont nous devons écarter les dangers les plus voyants y compris ceux qui accablent aussi le monde traditionaliste enferré dans son aveuglement, ses préjugés et son déni psycho-affectif, comme j’aime à le répéter, sans craindre de passer pour un vieux radoteur…
    Ainsi pouvons-nous être assuré, qu’au moment opportun, notre savant webmestre se penchera sur ce dossier…ad majorem gloriam Dei !

    • Edouard-Marie Laugier
      Edouard-Marie Laugier lien permanent
      novembre 13, 2013

      Il est des vérités qu’il convient, cher Charles, de “radoter” jusqu’à épuisement.
      Et si cela n’a aucun effet sur les ânes bâtés à qui nous les radotons, et qu’ils se montrent être d’indécrottables sourds volontaires, alors prenons nos sandales, bien secouées, et allons radoter ailleurs pour d’autres. 
      Ne serait ce que pour notre propre sanctification et pour le bon exemple.
        :lol:

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