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Le Siège apostolique “occupé”

2013 juillet 4
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par Cave Ne Cadas

 

451px-BildHellerEn complément de la « Disputatio : THÈSE DITE DE CASSICIACUM » que vous avez pu suivre ces derniers jours, nous vous proposons aujourd’hui un article publié en 2002 (rien n’a changé depuis…) par le Dr. Eberhard Heller – philosophe et photographe allemand – qui est depuis 1975 (avec une pause), le Président du cercle Una Voce e.V, Munich, – éditeur de la revue EINSICHT – qui a été fondé en 1966 à Munich pour la conservation de la foi catholique.

Dans EINSICHT qui parut de 1971 à 2004, des collaborateurs du cercle d’amis des Una Voce et d’autres auteurs – prêtres et laïcs – se sont efforcés de documenter et d’analyser théologiquement la crise ecclésiastique, en confrontant les nouveaux concepts de l’église Conciliaire avec l’enseignement authentique de l’Église Catholique. À partir de 2006, les numéros de EINSICHT en diverses langues (anglais, espagnol, français) paraissent uniquement sur Internet. Ils sont consultables sur : www.einsicht-aktuell.de

Les anciens numéros (de 1971 à 2004) sont sur le CatholicaPedia.net à cette adresse : http://catholicapedia.net/Documents/Einsicht/einsicht.html

 

* * *

 

Le Siège apostolique “occupé”

 

Ou : la schizophrénie comme principe théologique

 

— Notes au sujet de la thèse « Papa materialiter non formaliter »
de Mgr. Guérard des Lauriers —

par Eberhard Heller
trad. Abbé Paul Schoonbroodt (†)

 

 

Ce n’est pas ce que vous pensez !

 

Non, il n’y eut pas d’élection nouvelle d’un pape. Rendons grâce à Dieu, penseront certains. En effet, il n’y a que trop de « saints Pères » : Bawden, Linus II, Grégoire (Palmar) etc.

 

Du reste, il n’y a pas nécessité d’en avoir un, car Jean Paul II continue d’occuper ce siège. C’est ce qu’affirment non seulement les modernistes et les novateurs, ou même les gens d’Écône et les membres de la Fraternité St. Pierre, mais aussi les disciples de Mgr Guérard des Lauriers qui se sont fixés en Italie du Nord et aux États-Unis d’Amérique. Ils sont tous de cet avis, en quoi ils s’opposent à nous sédévacantistes. Cette vision des choses est en définitive le résultat d’une reprise récente de la discussion avec un groupe appartenant à un mouvement de la résistance aux réformes que je supposais adhérer encore à cette fausse thèse de « Papa materialiter, non formaliter », pour des raisons de piété filiale à l’égard de Guérard des Lauriers, leur mentor théologique de jadis. Mais je me suis lourdement trompé ! Car la virulence de cette thèse formant le fondement d’un système théologique d’ensemble qui revêt pour ses adhérents une importance plus grande que le dépôt de la foi, reste inentamée chez le groupe qui entoure l’abbé Ricossa. Récemment le sacre de l’abbé Stuyver (Belgique), le 17 janvier 2002 par Mgr McKenna fut justifié par le fait qu’il adhère à cette thèse. Nous avons donc maintenant un « évêque pour la thèse » auquel est venu s’ajouter l’abbé Sanborn aux États-Unis. Le fait de justifier le sacre d’évêques en disant qu’ils adhèrent à un certain théorème, présente un phénomène assez singulier du point de vue théologique et ecclésiastique.

 

Introduction ou ceux qu’on croyait morts ont la vie plus longue

 

Le 17 décembre 2001 j’écrivais à l’abbé Ricossa :

… Vous avez l’intention de faire sacrer l’abbé Stuyver parce qu’il adhère à la thèse “Papa materialiter non formaliter” de Guérard des Lauriers, qui se trouve être en contradiction avec 1er jugement de fait publié par S.E. Mgr. Ngô-dinh-Thuc dans sa DÉCLARATION de 1982 où il précise que le Siège apostolique est vacant. Normalement vous savez que l’auteur de cette thèse Mgr. Guérard des Lauriers a revu plus ou moins cette thèse à la fin de sa vie (cfr. Une lettre à ce sujet dans les SAKA-Informationen). Malgré cette révision, vous et votre communauté vous continuez à y adhérer avec insistance alors que, à ma connaissance, vous n’avez pas justifié théologiquement pourquoi vous persistez à la défendre.

 

 

Il apparut dans le cadre du sacre de l’abbé Stuyver qui s’effectua grâce à l’abbé Ricossa, un ancien d’Écône, et ce malgré plusieurs protestations de prêtres belges et français auxquels je m’étais joint, malgré aussi l’insistance de quelques fidèles de son groupe – en effet, certains avaient fait une neuvaine afin d’obtenir l’abandon du projet (estimant qu’il serait difficile à ce prêtre de faire face aux devoirs de cette fonction) – Il apparut donc à cette occasion avec quelle obstination les membres de la communauté Mater Boni Consilii (= Mère du Bon Conseil) de Verrua Savoia en Italie adhèrent encore toujours à ce cadavre théologique. Jusque-là on pouvait penser que l’abbé Ricossa maintenait cette thèse par piété filiale, car sur le terrain il collaborait avec des prêtres sédévacantistes comme Mgr Dolan, le P. Barbara et l’abbé Schoonbroodt puisque ces deux derniers avaient prêché plusieurs fois une retraite dans la maison. D’ailleurs le dernier savait que l’abbé Ricossa avait dit à quelqu’un que si on lui proposait une solution meilleure à la crise actuelle de l’Église, il prendrait ses distances par rapport à cette thèse. C’était une erreur que d’y compter ! Ceux dont on pense qu’ils sont morts, ont d’ordinaire la vie plus longue, hélas !

Malgré de nombreuses objections et de réfutations de la thèse « Papa materialiter non formaliter » – je pense en particulier aux articles fouillés de Myra Davidoglou dans le périodique LA VOIE, mais aussi aux arguments exposés dans “Einsicht”, les disciples de Mgr Guérard des Lauriers et en particulier l’abbé Ricossa ne se sont pas prêtés jusqu’à présent à une véritable discussion. Ils continuent de prendre sur eux de paralyser par leur insistance sur cette position intenable, les efforts que nous faisons tous de travailler en vue d’arriver à la restitution de l’Église.

Comme l’abbé Ricossa en qui je vois le principal responsable de toutes ces initiatives, n’a pas réagi jusqu’à présent à la proposition de réexaminer la thèse « papa materialiter non formaliter » aux fins d’arriver à une position commune ou bien de se séparer à cause de divergences théologiques insurmontables, je ne vois de mon côté que la possibilité d’opposer à nouveau mes arguments contre cette thèse en espérant arriver à une clarification définitive des esprits et de contribuer à une solution décisive sur ce sujet si important.

Je ferai suivre cet exposé systématique d’un compte-rendu sur les circonstances qui furent celles du sacre du P. Guérard des Lauriers en 1981.

 

Que veut dire la formule « Papa materialiter, non formaliter » ?

 

Que signifie donc la formule « Papa materialiter non formaliter », par laquelle Mgr Guérard des Lauriers tenta d’interpréter la situation de Jean Paul II par rapport à la foi et à l’Église. Le reconnaissant comme occupant légitime du siège de Pierre il le trouve dans une situation de conflit puisqu’il est normalement chargé de défendre la foi.

D’après l’opinion de Mgr des Lauriers qu’il publia dans le périodique CASSICIACUM, Wojtyla fut élu légitimement à la papauté – par une pars minor et sanior, c’est à dire 10 cardinaux environ, créés par Pie XII –, raison pour laquelle il est « Papa materialiter ». Mais étant donné qu’il enseigne habituellement l’hérésie – ce qui ne lui est pas permis comme docteur suprême, il n’est pas pape formellement : « Papa non formaliter » c’est à dire il n’agit pas comme pape. Mais il demeure pape matériel, ce qui signifie qu’il demeure en quelque sorte un pape potentiel. Car, si en tant que docteur suprême et comme pasteur il proclamait de nouveau des enseignements orthodoxes en matière de foi et de mœurs, Jean Paul II serait alors tant Papa materialiter que formaliter et pour le dire de manière que tout le monde comprend : il devient/est de nouveau tout normalement pape.

En janvier 1984 Mgr Guérard des Lauriers écrira dans les SAKA-INFORMATIONEN : « Actuellement l’Église militante est occupée et se trouve dans un état de privation. W. (c’est-à-dire Mgr Wojtyla) a été élu régulièrement, (ce que j’admets jusqu’à preuve du contraire) par un conclave qui était composé d’une dizaine de cardinaux authentiques (qui n’ont pas protesté contre l’élection) et il prit possession du siège apostolique ; il est donc ainsi materialiter (d’après les données juridiques externes) pape. À côté d’autres prévarications W. (Mgr Wojtyla) profère habituellement l’hérésie. Manifestement W. cause du préjudice au « bien commun » de l’Église militante, alors qu’il devrait promouvoir celui-ci. Par conséquent W. est inapte à exercer l’autorité tant sur la base du droit naturel que métaphysiquement et juridiquement. Comme le droit naturel tire en fait son origine de Dieu, W. ne possède pas l’autorité de fait. Il n’est pas et ne peut être pape “formaliter” (donc au sens propre du terme). L’on ne doit pas lui obéir, car ses pseudo-ordres sont nuls ». – Je fais remarquer que Mgr Guérard des Lauriers aurait dû au fonds présenter sa thèse uniquement comme hypothèse parce qu’il la relie à la condition d’une élection régulière.

 

L’Institut « Mater Boni Consilii » dont l’abbé Ricossa fait également partie, suit d’ailleurs cette position dans les termes que voici : L’Institut et la crise ouverte par Vatican II

« Hélas tout le monde peut constater que l’Église traverse une de ces tempêtes prédites par le Seigneur, sans doute la tempête la plus terrible de son histoire millénaire. Pour l’Institut, l’origine de cette crise se trouve dans Vatican II. L’enseignement de Vatican II sur la collégialité épiscopale, sur la liberté religieuse, sur l’œcuménisme et l’appartenance des non-catholiques au Corps mystique du Christ, sur les religions non-chrétiennes et particulièrement le judaïsme, sur les rapports entre l’Église et le monde moderne etc., est en contradiction avec le magistère de l’Église, de tant de Papes, de tant de Conciles œcuméniques. La réforme de la liturgie, spécialement de la Sainte Messe, et celle du droit canon sont nocives pour les âmes, favorisent l’hérésie protestante ; est déclaré parfois licite ce qui est au contraire illicite de droit divin (par exemple la communion avec les hérétiques dans les choses sacrées). Tout ceci ne peut venir de l’Église catholique guidée par l’Esprit-Saint, non plus que d’un légitime successeur de Pierre doté du charisme de l’infaillibilité. Face à cette crise sans précédent qui implique nécessairement ceux qui ont approuvé les documents conciliaires et les réformes qui ont suivi, l’Institut se rend compte qu’il ne peut accepter ces nouvelles doctrines contraires à la foi et aux mœurs, mais qu’il ne peut pas non plus inciter les fidèles à la désobéissance envers l’autorité légitime de l’Église. En adoptant la thèse dite de Cassiciacum (du nom de la revue de théologie qui la divulgua pour la première fois), l’Institut suit la position du regretté théologien dominicain, le Père M.L. Guérard des Lauriers, membre de l’Académie Pontificale de Saint Thomas, ancien enseignant à l’Université Pontificale du Latran et au Saulchoir en France ; selon cette thèse Paul VI et ses successeurs, bien que canoniquement élus au Pontificat, ne possèdent pas l’autorité pontificale. En termes scolastiques et selon la distinction enseignée déjà auparavant par le grand commentateur de saint Thomas au XVème XVIème siècle, le cardinal Cajetan, puis reprise par saint Robert Bellarmin, ils sont “papes” materialiter mais pas formaliter, pour la raison que, ne poursuivant pas le bien de l’Église et enseignant l’erreur et l’hérésie, s’ils ne rétractent pas d’abord leurs propres erreurs, ils ne peuvent en aucune façon recevoir de Jésus-Christ l’autorité pour gouverner, enseigner et sanctifier l’Église ».

(Des informations peuvent être obtenues auprès de l’Istituto Mater Boni Consilii Località Car-bignano 36, I – 10020 Verrua Savoia – Tél. 0161/839335 – Fax : 0161/839334, e-mail : <sodalitium@plion.it>, via la homepage : www. Plion.it/sodali)

 

Malgré l’affirmation exprimée plus haut comme quoi Mgr Wojtyla « enseigne l’erreur et l’hérésie », la tête pensante de l’Institut, l’abbé Ricossa rejette le reproche selon lequel Jean Paul II est un hérétique « formel » ce qui signifie en définitive que Ricossa est d’avis que Mgr Wojtyla n’a pas conscience de ce qu’il dit… et ce comme soi-disant docteur suprême ! Cette attitude est d’autant moins compréhensible que Ricossa, lors de son départ d’Écône avec trois autres pères : Munari, Nitoglia et Murro, avait justifié sa décision en condamnant les erreurs d’Écône concernant l’autorité du pape et du magistère. (1)

Puisque Wojtyla est encore toujours « Papa materialiter »et cela malgré son hérésie notoire (un auteur américain a dressé une liste de pas moins de 101 hérésies de Jean Paul II !) – j’ajoute pour compléter : malgré son apostasie, l’on ne peut pas affirmer que le Siège apostolique est vacant. Il n’est donc pas « activement » pape parce qu’il ne s’acquitte pas des obligations inhérentes à sa fonction. C’est la raison pour laquelle Ricossa et ses adeptes ne peuvent pas non plus inciter les fidèles à la désobéissance envers l’autorité légitime [à savoir Mgr. Wojtyla] de l’Église ».

Si l’on veut simplifier,  la thèse « Papa materialiter non formaliter » peut être ramenée à une formule très facile : Jean Paul II a été élu légitiment à la papauté. Il demeure pape même « s’il enseigne habituellement l’hérésie ». Seulement il n’est pas permis d’obéir à ses prescriptions hérétiques. Si ensuite Jean Paul II enseigne la doctrine de l’Église, il sera de nouveau pape à part entière. Il n’y a qu’à attendre sa conversion.

Or, cette position peut être mise en question de plusieurs manières :

1. Est-elle conforme aux arguments que l’Église a développés au sujet du « papa haereticus » ?

2. Est-ce que Jean Paul II a été élu légitimement en fait ?

3. Un hérétique peut-il être vrai pape ou rester pape ?

4. Quelles conséquences en résultent pour ce qui est de la reconstitution de l’Église ?

 

1. Une nouvelle création théologique

À première vue la thèse « Papa materialiter non formaliter » paraît vraisemblable : comme docteur suprême de l’Église un pape ne peut pas simultanément enseigner des hérésies. Mais s’il le fait, on ne peut pas lui obéir…tant qu’il ne revient pas à la foi orthodoxe ; il demeure pape potentiel parce qu’il a été élu.

Dans le cours des années j’ai constaté avec étonnement que la plupart des clercs et des fidèles ont des difficultés à admettre l’idée qu’un pape puisse tomber dans l’hérésie (papa haereticus). Aux yeux de beaucoup, le pape (ou « le pape ») est une fortification inexpugnable, et l’on n’aura guère de succès si l’on voulait la démolir. En le disant je ne vise pas l’opinion publique au sens large à laquelle les catholiques modernistes se sont rattachés – il suffit d’observer la déférence béate, partiellement enthousiaste avec laquelle la presse libérale (2) même ovationne Mgr Wojtyla, mais aussi beaucoup de traditionalistes, clercs et laïcs. N’est-ce pas le Christ lui-même qui promit à Pierre ; « Tu es pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église » ? ( Matth. 16,18) De plus, au concile Vatican I l’infaillibilité pontificale fut proclamée comme dogme :

« le Pontife romain, lorsqu’il parle ex cathedra c’est-à-dire lorsque, remplissant sa charge de pasteur et de docteur de tous les chrétiens, il définit, en vertu de sa suprême autorité apostolique, qu’une doctrine sur la foi ou les mœurs doit être tenue par toute l’Église, jouit, par l’assistance divine à lui promise en la personne de Pierre, de cette infaillibilité dont le divin Rédempteur a voulu que fût pourvue son Église, lorsqu’elle définit la doctrine sur la foi et les mœurs. Par conséquent, ces définitions du Pontife romain sont irréformables par elles-mêmes et non en vertu du consentement de l’Église. » (Denz. 1839)

Ce qui ne doit pas être, tout simplement ne pouvait pas être, savoir qu’un pape pourrait devenir hérétique ! Lorsqu’on parlait d’hérésie et de schisme dans le cas Paul VI – ici je pense aux études fouillées de l’abbé De Nantes avec son Liber accusationis ou son périodique CRC, l’on faisait savoir de manière légaliste et mystique que le pape demeure pape, même comme hérétique il reste pape en puissance, ou en acte s’il revient à la foi orthodoxe. Finalement l’on usa du truc théologique à propos de l’hérétique mais qui n’était pas hérétique « formellement ». Souvent l’on était à la recherche de preuves pour démontrer que Montini, au fond, n’avait jamais été pape. M. Gliwitzki a caractérisé avec pertinence cette attitude de la manière suivante : « Avoir renoncé depuis longtemps d’une manière habituelle à faire comprendre la foi c’est une des racines les plus profondes de la soi-disant crise, dans laquelle nous nous trouvons. Il faudra donc que nous nous efforcions, en respectant les signes, de faire progresser la connaissance, quand d’autre part l’on est simplement d’« avis » et « quand on souhaite, quand on espère, quand on croit et quand on connaît une chose en vérité ». (Einsicht, 1ère année, Nr. 12 p. 37 – article sur Garabandal).

Le P. Guérard des Lauriers avait bien résumé cette attitude – probablement psychologiquement compréhensible – par la formulation de sa thèse. Mais est-ce qu’elle correspond bien à la doctrine de l’Église et est-ce qu’elle reflète l’opinion de ses docteurs ? S. Paschase au 9e siècle fait déjà remarquer : « Quiconque cherche en dehors de la vérité, ne trouvera que des erreurs, et s’il n’accepte pas ce que le Christ a dit, il se place en dehors de la vérité » (3). Ce principe vaut évidemment aussi pour le pape. « Un pape peut se séparer de la tête c’est à dire du Christ par désobéissance en matière liturgique qu’il lui incombe de sauvegarder ». « Tous les chrétiens ont le devoir de résister à un pape qui cherche à détruire l’Église » (4). Suarez fait remarquer « qu’un pape qui proclame des hérésies, n’est plus pape, et s’il erre, il n’erre plus comme pape, comme l’Église n’erre pas non plus et elle pourra passer à l’élection d’un nouveau pape » (5). Dans “In Romani Ponitficis definiendo infallibilitas” il est dit : « Un pape se met hors de l’Église par le simple fait de se rendre coupable d’hérésie, car c’est Dieu lui-même qui le destitue automatiquement de son office » (6). S. Robert Bellarmin, docteur de l’Église, juge aussi « qu’un hérétique notoire ne peut pas être pape » (7).

C’est pourquoi l’on ne peut pas comprendre pourquoi Ricossa se réfère à S. Bellarmin pour justifier la thèse de Guérard des Lauriers, surtout que cet auteur ne connaît pas la distinction entre un pape « formaliter » ni « materialiter », mais qu’il exclut même explicitement la possibilité d’un pape qui serait hérétique. (dans “De Romano Pontifice”).

Si l’on compare la thèse de Guérard des Lauriers avec les jugements exprimés plus haut, l’on peut constater aisément qu’il n’y a pas de partage entre un pape « en acte » et un pape « en puissance », car de son hérésie il s’ensuit immédiatement la perte de sa fonction.

Dans son argumentation théologique, Myra Davidoglou montre bien que la thèse de « papa materialiter, non formaliter » est une nouveauté : « Tous les papes que l’Église catholique a connus depuis sa fondation sont papes formels ; l’idée d’un pape potentiel ayant droit au titre de Pontife romain et au Siège apostolique est une nouveauté, en ce sens que rien, absolument rien n’autorise à déduire de l’Écriture sainte ou de la Tradition apostolique, les deux seules sources de la Révélation divine, ni même de l’histoire de l’Église, la possibilité de l’existence d’un tel pape. Sous ce rapport, nous avons donc affaire à une doctrine purement humaine… » (LA VOIE 1991 n° 21, p. 2, Analyse logique et théologique de la thèse dite de Cassiciacum).

Myra Davidoglou continue : « Dira-t-on que celui qui a perdu la papauté n’en est pas pour autant déchu ?… Et pourtant c’est sur l’apparaître, comme il dit, que l’auteur va s’appuyer pour tenter d’établir l’occupation, non de fait (laquelle est évidente), mais de droit du Siège de Pierre par des hommes comme Montini ou Wojtyla, dont lui-même nous rappelle par ailleurs qu’ils sont des hérétiques, donc en droit, sinon en fait, hors de l’Église, parce qu’excommuniés et anathématisés par le Concile du Vatican (1870). »

Il est vrai que des Lauriers ne nie pas la possibilité de la vacance du Siège apostolique, mais selon lui, elle aurait existé, si l’élection au pontificat suprême de Montini et de Wojtyla avait été nulle, ce qu’il faudrait prouver.

Des Lauriers, ancien professeur à la Grégorienne et ses disciples ne comprennent pas que le reproche d’hérésie ne s’adresse pas au pape comme pape, car ainsi l’on jugerait pour ainsi dire le pape, ce qui n’est pas permis selon l’adage « le pape ne peut être jugé par personne », (car, comme pape il est le juge suprême) (8), mais il s’agit d’un jugement de fait par lequel on déclare qu’à cause d’une hérésie déterminée la personne concernée a cessé d’être pape.

2. Pape validement élu ?

Supposons – afin de suivre la position de Mgr Guérard des Lauriers – que Mgr Wojtyla ait été élu par une « pars minor et sanior ». Si l’élu avait été un évêque de foi orthodoxe, son élection aurait pu être valide. Mais l’on peut contester à juste titre l’orthodoxie de Wojtyla avant son élection.

Je fais l’économie d’énumérer les hérésies bien connues qu’il a exprimées bien avant son accession au trône de Pierre. Qu’il me suffise de rappeler qu’il a particulièrement favorisé les réformes (contrairement au cardinal Wyschinsky qui, même s’il n’a pas résisté non plus, a cependant le mérite d’avoir encouragé par son engagement les Polonais dans leur attitude anti-communiste).

Conformément à la bulle du 15 février 1559 « Cum ex apostolatus officio » de Paul IV les prélats et évêques qui ont dévié de la foi catholique avant leur élévation, perdent automatiquement leur autorité et tout office. Ils sont inaptes à exercer une fonction. Après avoir confirmé toutes les sanctions qui frappent les hérétiques et les schismatiques (9) Paul IV parle très explicitement des hérétiques :

«  … que si jamais il advient qu’un évêque, même ayant fonction d’archevêque, de patriarche ou de primat ; qu’un cardinal de l’Église romaine, même légat ; qu’un souverain pontife même, avant leur promotion ou leur élévation au cardinalat ou au souverain pontificat, ont dévié de la foi catholique ou bien sont tombés dans quelque hérésie, la promotion ou l’élévation, même si cette dernière a eu lieu avec l’assentiment unanime de tous les cardinaux, est nulle, invalide, vaine et on ne pourra dire qu’elle est devenue valide ou qu’elle deviendrait valide parce que l’intéressé accepte la charge, reçoit la consécration, ou entre ensuite en possession du gouvernement et de l’administration ou par l’intronisation du souverain pontife romain, ou par l’acte d’obédience rendu à lui par tous, et quelle que soit la durée de cette situation ».

 

« On ne pourra tenir l’élection pour légitime en aucune de ses parties, et elle ne confère ni ne peut être censée conférer quelque pouvoir de commander, ni dans le domaine spirituel, ni dans le domaine temporel, à de tels hommes, promus évêques, archevêques, patriarches ou primats, ou élevés au cardinalat ou au souverain pontificat. Toutes leurs paroles, tous leurs faits et gestes, tous leurs actes administratifs, avec tout ce qui en découle, n’ont pas le moindre effet juridique, et ne confèrent à personne le moindre droit. Ces personnes ainsi promues ou élevées seront, par le fait même, sans qu’il faille quelque autre déclaration ultérieure privées de toute dignité, position, honneur, titre, autorité, fonction et pouvoir à la fois… » Bulle “Cum ex apostolatus officio” § 6.

Depuis la promulgation de cette bulle l’on ne peut plus alléguer le principe de la « pars minor et sanior » des cardinaux électeurs légitimes, car eux aussi avaient perdu leur fonction à cause de l’hérésie. (Mgr. Guérard des Lauriers adopta en ce qui concerne l’hérésie des évêques et cardinaux italiens une position à part relevant de son expérience avec eux lorsqu’ils étaient ses étudiants : un jour il dit à M. Hiller et à moi-même que les séminaristes italiens qui avaient suivi ses cours étaient tellement bornés qu’ils ne seraient pas capables d’adhérer à des hérésies parce qu’ils ne savent pas ce que c’est.) . En l’occurrence la loi du CIC qui stipule que le droit des cardinaux au vote n’est pas limité par les censures sanctionnant les délits canoniques, ne s’applique pas dans ce cas parce qu’il ne s’agit pas de délits canoniques mais de délits contre la foi.

L’on avance comme argument que Jean Paul II est seulement hérétique matériel, mais non formel c’est-à-dire il adhère à l’hérésie sans s’en rendre compte. Qu’est-ce que cela peut bien signifier ? Le docteur suprême et le gardien de la doctrine de la foi ignore ce qu’il a comme devoir d’enseigner et de garder ! Voilà les issues théologiques auxquelles des gens comme Ricossa recourent afin d’être dispensés de tirer les conclusions définitives. Et pourtant, le Canon 16 § 2 du code de droit canonique exclut l’opinion qui veut qu’un hiérarque, en particulier, s’il s’agit de quelqu’un qui est investi du magistère dans l’Église peut faire valoir qu’il ne connaît pas les vérités de la foi !!! Du fait que Wojtyla a été sacré évêque du vivant de Pie XII il y avait obligation de faire une enquête d’information et de définition afin de prouver son orthodoxie. (cfr CIC can. 330 et 331)

3. Un hérétique peut-il être pape, peut-il être successeur de S. Pierre ?

Les docteurs de l’Église et les théologiens qui se sont occupés de l’hérésie du pape ont, comme montré plus haut avec Bellarmin, Cajetan et Suarez, clairement nié la question de savoir si un hérétique peut être pape. M. l’abbé Katzer, docteur en théol., défendit dans les pays germanophones une position théologique semblable à celle du P. Saenz y Arriaga au Mexique ; il s’est occupé plus en détail de cette question dans l’article « Unbesetzter Apostolischer Stuhl » (= le Siège apostolique inoccupé) (EINSICHT VIII / 5 décembre 1978, p. 168 ss. Réimpression EINSICHT XXXII /1 p. 13 ss). Il explique que le Siège apostolique peut être vacant

1. par la mort naturelle du pape,

2. par la mort morale du pape.

Le pape est mort moralement, s’il a péché manifestement contre la foi et la morale. Mais le Siège apostolique n’est pas vacant pour autant. Comme le pape Pie VI l’explique dans la célèbre Constitution apostolique “Auctorem fidei”, si importante pour notre époque, se référant à S. Pierre Chrysologue (10) : « Pierre, vivant sur son trône et possédant aussi la primauté, présente à ceux qui l’interrogent la vérité de la foi. Cela se réalise par les décrets infaillibles et irrévocables du Siège Apostolique. »

La définition de Bellarmin, selon laquelle « Papa haereticus depositus est » (c’est-à-dire un constat : il est déposé ») est complétée par la formule de Cajetan « deponendus est » (« doit être déposé ») ; il faut comprendre que le constat doit être rendu public. Autrement dit, l’Église doit déclarer que la personne en question est déposée parce que l’Église est une société visible et juridique qui a besoin d’être informée au sujet de la situation de son chef… Or c’est exactement ce que S. E. Mgr. Ngô-dinh-Thuc a fait en publiant sa déclaration du 25 février 1982. Nous ne voulons pas dire par là que la vacance du Siège Apostolique a été constatée une première fois par cette déclaration et que les conséquences en aient été tirées, mais le seul document émanant d’un dignitaire autrefois élevé et très-estimé par lequel ce constat a été établi et proclamé publiquement. Même si Mgr Ngô-dinh-Thuc a agi ex caritate c’est à dire par souci du bien de l’Église, et non en raison de sa fonction, il a prononcé ce constat comme évêque de l’Église catholique romaine ce qui oblige juridiquement en conscience.

Cette Déclaration est bien le document qui nous permet de justifier juridiquement notre résistance et les autres activités, en dépassant même les raisons personnelles que nous avons de comprendre que la hiérarchie est déchue (11).

La thèse de Guérard des Lauriers « un pape tombé dans l’hérésie » – attention ! un pape légitimement élu ! – un « pape materialiter » c’est à dire un pape qui peut être potentiellement pape est de ce fait clairement réfutée. La fonction de pape est donc définitivement terminée dès que le dépositaire de la fonction tombe dans l’hérésie c’est-à-dire il se destitue lui-même. Le truc qui consiste à dire qu’il n’est pas conscient de son hérésie c’est-à-dire non hérétique formel n’est pas d’application dans ce cas ; nous le montrerons. Pourquoi bien ? Parce que celui qui est installé comme successeur du vicaire de Jésus-Christ sur terre comme docteur suprême et gardien de la pureté de la foi ne peut pas proclamer simultanément la vérité et son contraire. Il est impossible de diviser l’identité du pape de manière schizophrénique comme matérielle d’une part et comme formelle d’autre part, car il lui serait impossible de conserver son identité comme personne. Le fait de diviser de manière schizophrénique une personne, – du point de vue de son être – n’est pas seulement contradictoire, mais encore un contre-sens.

Un pape qui réclame l’infaillibilité en matière de foi et de mœurs et qui personnifie par sa fonction la vérité, dans ces domaines, ne peut pas adhérer simultanément à l’erreur et à la vérité. En appliquant ce principe à la personne qui nous occupe cela ne signifierait non seulement qu’on accepte le principe de contradiction, mais que l’on adopte le principe de la schizophrénie en théologie. Il faut bien se dire qu’au moment où Jean Paul II propage l’erreur – ce que Mgr Guérard des Lauriers a affirmé quand il dit que Jean Paul II enseigne habituellement l’hérésie –, il cesse d’être le défenseur de la vérité immuable… même potentiellement.

 

Ajoutons à cela que la thèse « Jean Paul II est pape lorsqu’il proclame quelque doctrine orthodoxe, mais il ne l’est pas lorsqu’il enseigne une doctrine hérétique » signifie aussi qu’ il appartiendrait à tout fidèle de se prononcer à chaque fois sur l’orthodoxie ou l’hérésie du pape.

De la sorte le Magistère romain passerait à chacun des fidèles ; l’adage « Roma locuta, causa finita » (Rome a parlé, l’affaire est entendue) ne vaudrait plus, mais : lorsque Rome aura parlé, les fidèles pourront se lancer dans des discussions en règle. Alors l’autorité « suprême » résiderait dans la personne de la très célèbre « Elise Müller » – pardon : de « Madame le docteur Elise Müller ».

4. Il faut attendre la conversion du pape ou choisir une attitude empruntée à Becket

Comment se présenterait la restitution ou la restauration de l’Église si l’on partait de la thèse « Papa materialiter, non formaliter » ? (12) Étant donné que le pape « materialiter » reste potentiellement pape – et ce malgré le fait qu’il diffuse l’erreur voire même l’apostasie – il suffira de s’efforcer à ce qu’il devienne Pape « formaliter ». Cela veut dire qu’il sera alors simultanément « papa formaliter » et « materialiter » à partir du moment où il enseignera (de nouveau) des doctrines orthodoxes. Les tenants de cette position tels que l’abbé Ricossa, attendent donc que Jean Paul II se convertisse. Pour cela il faut évidemment avoir une grande confiance en la Providence divine, qui nous fait défaut, nous les sédévacantistes ! Notons que Mgr Storck s’énervait lorsque nous développions un certain activisme en parlant de restauration ou même de l’élection d’un pape !

Ainsi la crise – par rapport à la restauration de l’Autorité – aurait trouvé une solution, du moins en ce qui regarde Jean Paul II. Mais l’on ne serait pas encore au bout des peines pour ce qui est des évêques (ou entre-temps « évêques ») « episcopi materialiter, non formaliter », hérétiques et apostats, car ils devraient être traités de manière analogue. (Peut-être le retour à la foi orthodoxe du pape « materialiter » implique-t-il aussi celui des « évêques materialiter » ? Mais ni Guérard des Lauriers ni Ricossa ne soufflent mot de la certitude juridique ou du recouvrement de la juridiction de ces nouveaux convertis. Qu’en sera-t-il si, dans ses décrets, Jean Paul II mélange vigoureusement la doctrine orthodoxe et l’hérésie ? Car, il faut savoir que Wojtyla est passé maître en fait de dialectique ! Est-il alors en même temps pape « materialiter » et pape « formaliter/non formaliter » ? C’est un jeu auquel l’on pourrait se livrer indéfiniment.

J’ai toujours comparé cette attitude d’attente de la conversion de Mgr Wojtyla avec la pièce de théâtre de Samuel Becket : En attendant Godot. Le thème est le suivant : on attend Godot, mais l’on sait qu’il n’arrivera jamais. Il s’agit donc d’une attente tout à fait insensée. Bien sûr, on peut composer des pièces de théâtre pour représenter le non-sens à partir de telles absurdités, mais il n’est pas possible ni de faire de la théologie ni de restaurer l’Église à partir d’un tel principe. Est-ce que Mgr Guérard des Lauriers aurait perdu de vue que l’apostasie fait partie des péchés irrémissibles parce qu’elle est un refus de la vérité vivante en elle-même ? Est-ce que ses disciples, dont Mgr Sanborn aux États-Unis ont oublié cela ?

Entre-temps les fidèles continueront leur vie religieuse/ecclésiale ; ils critiqueront ce qui mérite d’être critiqué, ils en appelleront « aux évêques » et au « Saint Père ». Et lorsque les ordres donnés sont en contradiction avec la Foi, ils n’obéiront pas. Mais, si l’on procède alors par « un zèle excessif » ou « par impatience » à l’ordination de prêtres ou au sacre d’évêques, ne s’agit-il pas là d’indices schismatiques du fait qu’on manque tout de même de confiance en la Providence divine ?

Essayons d’expliquer par un exemple du domaine militaire les conséquences absurdes qui résultent de la position de Ricossa et sa communauté « Mater Boni Consilii » – qui tient peut-être ses conseils d’une autre source – semble être plus importante que le reste de la foi catholique. Supposons qu’un général se rende coupable de haute trahison et livre à l’ennemi sa patrie ainsi que toute l’armée qu’il commande. Au lieu de faire condamner ce général par le tribunal militaire et d’en faire élire un nouveau, les disciples de des Lauriers recommandent d’attendre jusqu’à ce que ce traître décide de changer de front afin qu’ils puissent de nouveau « le servir fidèlement ». Entre-temps les soldats, comptant pleinement sur un changement d’attitude de leur général (théologiquement pleins de confiance en Dieu) laissent faire l’ennemi en toute liberté.

J’espère donc vous avoir montré à suffisance que

a) la thèse « papa materialiter, non formaliter » est impossible à tenir théologiquement et

b) que le fait de ne pas lâcher la thèse dresserait un obstacle à la restitution ou la restauration de l’Église, qui s’impose d’urgence.

Par conséquent il ne reste aux disciples de Guérard des Lauriers qu’à laisser tomber cette thèse et de rejoindre le sédévacantisme tel qu’il se trouve formulé dans la déclaration de Mgr Ngô-dinh-Thuc, d’accepter et d’appliquer les directives qui y sont édictées pour restaurer l’Église. Sans quoi nous, les sédévacantistes, nous nous verrons obligés de cesser de voir en eux des alliés de notre action pour l’Église. Une coopération, même sur le plan pastoral, ne serait dès lors plus possible.

Chapitre sur les chances manquées ou de l’urgence au chaos

 

Pour terminer voici quelques notes sur la situation actuelle. Si l’on considère l’attitude des fidèles, mais en particulier des prêtres et des évêques qui prétendent travailler pour le maintien de la foi et la restauration de l’Église, force est de reconnaître qu’hélas, un peu partout, c’est le sectarisme et la résignation que l’on peut observer. Suite à la proclamation de la Déclaration – si l’on ne tient pas compte des tentatives de rassemblement des fidèles au début des années 90 par Mgr Carmona, qui est décédé sur ces entrefaites, et que Mgr Davila voudrait poursuivre – rien n’a été fait pour restaurer l’Église comme institution de salut. Lors de sa visite à Munich, l’an dernier, Mgr Davila a donné, d’une manière plutôt polie son avis sur la situation : « Depuis les dernières 20 années nous, prêtres, nous nous sommes limités à nous occuper de problèmes pastoraux ».

Or, le ministère des âmes ne peut être fructueux que s’il s’insère dans les structures d’Église ; car, l’administration des sacrements n’est légitime que si l’on a l’intention de les donner comme actes de l’Église ! Le Christ a donné les sacrements à l’Église parce qu’elle seule en assure l’administration. Tout le reste devrait être mis sur le compte du sectarisme. C’est pourquoi le but premier de tous nos efforts doit être l’avancement de la restauration de l’Église. En effet, le Christ a fondé l’Église comme institution de salut et non seulement comme une simple communion de croyants, afin de garantir la transmission non-falsifiée de sa doctrine et des secours de la grâce. C’est pourquoi la restauration de l’Église comme institution de salut est une exigence qui correspond à la volonté du divin fondateur. Mais, c’est ici que surgit le dilemme. D’une part il manque, pour ce faire, la juridiction nécessaire de l’Église parce que la hiérarchie a apostasié, d’autre part précisément la reconstitution de cette autorité de l’Église en est la condition nécessaire. Il faudra donc trouver une solution claire et théologique à ce problème.

Le simple fait d’insister sur la situation d’urgence au niveau mondial (l’absence d’autorité et d’unité) ne justifie pas l’action personnelle et l’activisme de certains clercs ; du reste la situation théologique n’est définie qu’imparfaitement. Cette attitude implique le danger de sectarisme, d’autant plus qu’il est loisible à quiconque de tirer les conclusions qu’il voudra. Tout prêtre qui fait ministère doit savoir et certifier – c’est un devoir à l’égard des fidèles – qu’il agit en tant que prêtre de l’Église catholique ! Sans quoi il se désigne ipso facto comme sectaire, qui s’arroge de manière illégitime des pouvoirs sacerdotaux. Il ne suffit pas de rappeler que les ordres reçus sont valides (concedo la validité), pour se présenter comme prêtre catholique. Personne n’aurait l’idée p.ex. de se procurer un uniforme et un fusil pour se présenter ensuite comme soldat de l’armée allemande ou mexicaine.

En quels termes une solution pourrait-elle être envisagée ? Pour continuer l’exemple cité : il ne serait vrai soldat qu’au cas où il aurait été enrôlé par cette armée et après qu’il aurait prêté serment. En appliquant cet exemple à l’Église il ne serait vrai prêtre que s’il pouvait attester d’être en possession d’un mandat de la véritable Église. Le problème c’est de montrer où se trouve cette Église dans la situation actuelle et dans quelle mesure l’on peut estimer que l’on a été mandaté par elle.

À cela on objecte que, pour surmonter des difficultés actuelles on n’a pas besoin d’une stratégie particulière, mais que l’on peut se réclamer du principe de nécessité. Cette opinion n’est non seulement fausse, mais encore très dangereuse. En prenant une initiative en cas de nécessité l’on voudrait empêcher qu’une situation déterminée ne se produise : je veux que quelque chose ne soit pas. Seulement, par cette affirmation je n’indique pas ce qu’il faut qu’il soit. Si par exemple je construis une digue, j’ai l’intention d’empêcher qu’une rivière ne déborde et dévaste les champs. Ce faisant je n’ai cependant pas indiqué, de quelle manière je vais ensemencer mon champ. Cela veut dire qu’il me faut concevoir une idée personnelle positive sur la manière d’exploiter et de cultiver mon champ.

Revenons à notre propre passé récent dans l’Église : il était nécessaire, comme Mgr Ngô-dinh-Thuc l’a fait, de sacrer des évêques sans mandat pontifical, afin de sauvegarder la succession apostolique. Ce serait cependant une grave erreur de penser qu’à l’avenir l’on pourrait se passer d’une situation régulière, et finalement du mandat pontifical. Car, en se réclamant du cas de nécessité on se livre à toutes sortes d’actions relevant du sectarisme qui peuvent aller jusqu’au sacre condamnable de prêtres mariés comme évêques. Si vous regardez autour de vous, chers auditeurs, ce qui devait résulter d’une initiative en cas de nécessité, ne s’est même pas produit : sauver la succession apostolique et l’Église. En effet, nous nous trouvons en plein sectarisme : nous en sommes coupables et c’est de notre faute ! J’attire votre attention sur l’occasion de cette conférence (13), ce sont les sacres scandaleux par Mgr McKenna qu’il a justifiés par cette thèse dont j’ai voulu vous apporter la preuve de son inanité. Que d’abîmes se sont ouverts ! Nous avons donc besoin, afin de reconstruire l’Église et pour sa reconstitution comme institution de salut, de conceptions particulières :

— ces conceptions doivent être fondées théologiquement ;

— devant obligatoirement tenir compte des réalités actuelles ;

— il faut qu’elles soient aptes à transformer ces réalités de façon telle que finalement l’Église soit de nouveau le lieu de la Révélation de Dieu et de la communion des fidèles sous l’autorité d’un pape élu légitimement.

 

 

http://www.einsicht-aktuell.de/index.php?svar=5&artikel_id=541&searchkey=Schoonbroodt

 


[1] Les soussignés don Franco Munari, don Francisco Ricossa, don Curzio Nitoglia et don Giuseppe Murro, obtempérant aux enseignements de la morale catholique, qui enseigne la nécessité de la rétractation publique suite à la diffusion de doctrines erronées concernant la foi et les mœurs, déclarent faire publiquement AMENDE HONORABLE

Pour avoir enseigné ou du moins laissé implicitement croire comme conforme à la vérité, pendant la période 1982-1985, alors qu’ils appartenaient à la Fraternité St Pie X, les erreurs suivantes :

1. le Pontife romain jouit de l’infaillibilité seulement quand il enseigne « ex cathedra » (c’est à dire lorsqu’il définit des dogmes)

2. Le Magistère ordinaire et universel de l’Église n’est pas infaillible.

3. Le Concile Vatican II, en tant que concile pastoral et non dogmatique, ne peut être infaillible.

4. Il est légitime et c’est un devoir de désobéir ordinairement à l’enseignement doctrinal, moral et liturgique de l’Autorité légitime (Pape et Évêques) tout en reconnaissant à la même Autorité tous les pouvoirs qui lui sont propres selon la divine constitution de l’Église.

5. Il est possible que l’Autorité légitime (le Pontife romain) promulgue et impose à l’Église universelle des lois (rite de la messe, des sacrements, code de droit canon) contenant des erreurs, des hérésies ou des lois simplement nocives au bien des âmes.

6. Il est possible qu’un authentique Pontife romain, vrai Vicaire de Jésus-Christ, soit en même temps schismatique, apostat, en rupture avec la Tradition et que ses actes soient considérés comme nuls. Les présentes DÉCLARATIONS ERRONÉES blessent mortellement le dogme catholique concernant LA DIVINE CONSTITUTION DE L’ÉGLISE, SON MAGISTÈRE, L’INFAILLIBILITÉ de l’Église et du Pontife romain. Les signataires de la présente « Amende publique » demandent pardon et prières à tous ceux qui auront pu être scandalisés, en assurant que, avec l’aide de Dieu, d’aussi graves erreurs ne seront plus jamais répandues.

[2] Ainsi la SÜDDEUTSCHE ZEITUNG écrit dans l’édition du 26/07/02 : « Cet homme âgé de 82 ans peut à peine tenir la tête droite, il ne fait plus que bredouiller, la salive sort de sa bouche. Malgré cela Jean Paul II a pris l’avion pour Toronto, afin d’y recevoir les ovations de 200000 jeunes. Il a entrepris ce voyage astreignant alors que les médecins le lui avaient déconseillé car ce voyage allait épuiser ses réserves d’énergie. Il est persuadé d’agir sur la base d’un mandat venant d’en haut et il est pratiquement seul à croire fermement, d’être l’instrument de Dieu. En effet, Dieu l’a choisi pour introduire l’Église dans le XXIème siècle ; Marie l’a protégé contre la balle de celui qui perpétrait l’attentat contre lui et maintenant il lui faut porter la maladie qui lui a été imposée. “Un homme de douleurs habitué à la maladie” dit-on dans le livre d’Isaïe sur le serviteur souffrant ; Karol Wojtyla, marqué par la souffrance, se voit manifestement comme un reflet de cette prophétie : il lui faudra marcher dans cette voie, jusqu’au bout. »

[3] P.L. 120, Paschasius Radbertus, Liber de Corpore et Sanguine Domini, co ;.1317

[4] Ad sacrosancta Concilia a Philippo Labbe et Gabriele Cossartio edita Apparatus alter, Venetiis 1728

[5] Defensio Fidei, lib. V. De antichristo, Tom. XX., Cap. XXI,7.

[6] Romani Pontificis in definiendo infallibilitas breviter demonstrata. Thursi Gonzales S.J. Parissi 1698.

[7] Controversio de Romano Pontifice, lib. II. Cap. XXX.

[8] Que l’on veuille bien comparer avec cela la bulle de Paul IV : « Cum ex apostolatus officio », § 1 : « Devant la situation actuelle si grave et si dangereuse, il ne faut pas que l’on puisse reprocher au pontife romain de dévier dans la foi. Il est sur terre le Vicaire de Dieu et de Notre Seigneur Jésus-Christ ; il a la plénitude de l’autorité sur les nations et les royaumes ; il est le juge universel et n’a à être jugé par personne ici-bas. »

[9] « Cum ex apostolatus officio », § 2 : « Elles s’appliquent à tous ceux qui, jusqu’ici, auront été pris sur le fait, auront avoué ou auront été convaincus d’avoir dévié de la foi catholique ou d’être tombés en quelque hérésie ou d’avoir encouru le schisme ou de l’avoir suscité ou commis. Elles s’appliquent encore à ceux qui, à l’avenir, (ce que Dieu dans sa miséricorde et sa bonté veuille leur épargner), ou bien dévieront de la foi catholique, ou bien tomberont dans l’hérésie, ou bien encourront le schisme ou qui auront avoué ou en seront convaincus – nous voulons et décrétons qu’ils s’attirent tous les jugements, censures et sanctions, quelque état, grade, rang, fonction ou dignité excellente qu’ils occupent, même s’ils ont la dignité épiscopale ou archiépsicopale ou la dignité de patriarches, de primats, ou quelque autre dignité ecclésiastique majeure comme le cardinalat ou s’ils sont légats du Saint Siège, en permanence ou temporairement ».

[10] P.L. 54,743 ss.

[11] En faisant la comparaison avec la position d’Écône nous pouvons dire ceci : ils sont confrontés au problème du défaut d’autorité papale, car ils refusent également nombre de décrets du concile Vatican II et les réformes qui en sont issues. Mais ils les refusent pour des motifs différents. Ils n’ont pas contesté qu’un pape hérétique a cessé d’être pape, mais ils contestent que Jean Paul II ait délibérément propagé des hérésies. Selon eux il ne serait que “libéral” ou “moderniste” et, de cette manière, il causerait du préjudice à l’Église. C’est pour cette raison qu’ils résistent à ses ordres. En tenant cette position “traditionaliste” c’est-à-dire théologiquement non fondée, ils se meuvent avec leur argumentation sur une base très faible et fragile ce qui se manifeste par leurs négociations menées avec Rome.

[12] Nous, les sédévacantistes véritables, nous nous distinguons, en plus de la constatation du siège vacant, par l’idée qu’il faut travailler à l’occuper à nouveau.

[13] Le texte ci-dessus a été traduit en espagnol pour les journées d’étude du groupe de catholiques fidèles fin août 2002 à Cid, Juarez/ Mexique.

 

36 réponses
  1. Cave Ne Cadas
    Cave Ne Cadas lien permanent*
    juillet 4, 2013

    Message reçu par eMail :

    Cher ami,
    Ayant malheureusement fréquenté Mgr Guérard, (…), nous pensons que cet homme n’avait pas la foi catholique, … Troisième personnage au Saulchoir du temps où Pie XII a vainement essayé de fermer ce cloaque, il était kantien, comme Scmidtberger. Les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets.
    Bien cordialement,
  2. Edouard Marie Laugier
    Edouard Marie Laugier lien permanent
    juillet 4, 2013

    Si je comprend bien le rédacteur pour Pie XII de la constitution apostolique Munificentissimus Deus pour la proclamation du dogme de l’Assomption de la Très Sainte Vierge Marie ….. était un kantien.
    Mince alors, Pie XII se serait entouré d’un kantien pour établir un dogme de Foi Catholique… je sais pas quoi dire.

      ou   ou :roll: ou :lol:  
    vraiment on touche le fond.
     
    Mgr Guérard des Lauriers kantien …

  3. Remy Louis-Hubert
    Remy Louis-Hubert lien permanent
    juillet 4, 2013

    Oui il y avait un obex rendant les élections pontificales nulles !
    http://www.a-c-r-f.com/documents/soda-13_Mgr-G-de-L.pdf
    et http://www.a-c-r-f.com/documents/Abbe_RICOSSA_Le-Pape-du-Concile.pdf

  4. Charles
    Charles lien permanent
    juillet 4, 2013

    Remarquable article dont je remercie Cave Ne Cadas de l’avoir mis en ligne ! Même si la fin me laisse légèrement sur ma faim….
    Mais d’ores et déjà je peux attirer l’attention de tout le monde-nonobstant leur appartenance partisane :D – sur l’acharnement véritablement démoniaque dont font preuve tous les traditionalistes (à part nous peut-être !) à l’égard de Mgr Ngo Dinh Thuc. :mrgreen: J’en veux pour preuve très récente la « réapparution » sur le fameux blog LA QUESTION de leur article intitulé « Les antipapes sédévacantistes » article qui date en réalité de 2011 et  dans lequel Mgr Thuc n’est pas épargné et est qualifié de « progressiste excommunié en 1976 » (par Paul VI !!!!!)  :lol::lol: :lol:
    Et bien entendu la fameuse déclaration de Mgr n’y figure pas ! Interrogeons-nous donc sur la nature profonde de cet acharnement à l’égard de cet évêque… :twisted: Le problème de l’autorité juridictionnelle a été à peine abordé et c’est déjà beaucoup car je reste persuadé que là se tient comme en réserve l’une des clés du dénouement du mystère d’iniquité…si Dieu le veut !
    Personnellement, je prends quelque distance avec les « solutions » restauratrices indiquées par E. Heller, précisément à cause – entre autres – de la dangerosité intrinsèque d’une solution conclaviste en l’état actuel de la catholicité. Méfions-nous des verges que l’on pourrait tendre à l’ennemi pour nous fouetter… Mais ce n’est que mon opinion et, pour le moment, je la partage !!!  :oops: :roll: :wink: :lol:

  5. Charles
    Charles lien permanent
    juillet 4, 2013

    Et pour revenir sur cet INCROYABLE mail nous apprenant le kantisme (supposé ou réel) de Mgr Guérard des Lauriers je dirai que le commentaire est tout mâché à l’intérieur même du mail. Ce qui m’arrange beaucoup étant parfaitement incompétent en philosophie kantienne… :cry: Voici : « Les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets ». Voilà il n’y a rien à ajouter sinon à méditer longuement sur les causes…et sur les effets… Alors c’est selon : pour les uns la soirée va être d’enfer et complètement pourrie…et pour les autres – peut-être – elle va être illuminée par la grâce et la méditation spirituelle! Bonne soirée à tous ! :lol: :wink:

  6. Avatar
    Olivier lien permanent
    juillet 4, 2013

    Cher Cave ne Cadas,
     
    Et en quoi Mgr Guérard n’était pas catholique et était kantien ?!

    • Edouard Marie Laugier
      Edouard Marie Laugier lien permanent
      juillet 4, 2013

      Apparemment ses amis n’ont pas précisé le pourquoi, ni même qui ils étaient (des proches des moins proches etc. )

      • Avatar
        Martial lien permanent
        juillet 4, 2013

        Comme tout le monde, je suis suffoqué d’apprendre cela !

        Le camp kantien est extrêmement vaste.
        On peut y ranger facilement Ratzinger, par exemple. Mais comme tout philosophe ou même petit prof (comme l’était le Retraité Pontife de la secte) ; on pourrait y ranger de manière très large Mgr Guérard, après ce petit rappel dont on voudra bien pardonner le caractère schématique et bien rudimentaire.
         
             1/ Selon Platon il existerait une  ressemblance de pensée, entre la pensée humaine d’un côté, et la pensée qui serait en toute choses, de l’autre  côté (Les  « Idées » animeraient le monde)  
             2/ Selon Aristote,  il existe une ressemblance à la fois de pensée (mentale , mais aussi intelligible, par la logique – et la substance, l’essence et l’existence –  qu’il met au jour) mais aussi réelle avec la réalité brute des choses.
        Ce contact réel se fait en particulier par le truchement de l’idée, (et les classifications qui en découlent),  de substance, individuelle, (la moins déterminée, la substance spécifique, la substance générique).
        Cette dernière est le point de rencontre ultimement réel entre l’esprit humain en tant que réalité,
        et la nature brute élémentaire. La dix catégories  de la pensée (substance, et les autres, qualité, temps, espace, relation etc.) ne sont qu’internes à la pensée humaine, sans contrepartie tangible dans le réel perceptible aux sens.
             3/ L’aristotélisme néo-platonisant continue l’apport considérable du Philosophe, mais l’assujettit en quelque sorte comme  simple instrument logique, à une conception où les différences, les distinctions et les définitions,  que la pensée humaine perçoit dans les choses réelles, ne seraient de manière certaines que des communication d’idées plus abstraites, à des idées moins abstraites, et ainsi de suite.

        En pratique, cela signifie que la pensée serait première, et que l’être serait second ! Une assertion métaphysique première qui explique bien des choses, comme par hasard,  lorsqu’on s’attarde sur la thèse néo-guérardienne de 2013. 
        Le thomisme est un autre aristotélisme, qui est réaliste, et conçu par son auteur pour être dédié à la défense  de la Révélation Catholique. Que personne n’inverse les choses…! 
        Il existe d’autres traditions philosophiques qui prétendent par exemple que l’être existerait bien, mais qu’on ne pourrait le percevoir que par ce qu’il ne serait pas, que par l’impossibilité de l’exprimer qu’aurait pensée. 
         
         
        Maintenant, à la postérité lointaine de l’aristotélisme néo-platonisant on peut rattacher Descartes,  qui sépare totalement l’âme « intellectuelle », du corps « matériel »,  et  a inspiré lui-même Kant.
        Ce dernier semble avoir poussé au paroxysme la grande découverte « des catégories » intellectuelles du Philosophe. Il assure que le réel serait  inconnaissable en soi, mais surtout, il prétend que la connaissance que peut en avoir la pensée humaine est totalement prisonnière de certaines catégories mentales (l’espace le temps).
        Si pour le Philosophe, la pensée humaine donne accès aux choses un « microscope » ou « télescope », en réalité cet appareil de pensée serait relatif à lui-même.  Dès lors, nous aurions pu vivre dans un monde à dix dimensions et percevoir une « réalité » totalement différente du « réel » que nous percevons ici-bas en tant qu’êtres humains.   
         
         
        J’adresse un grand merci à Cave ne cadas d’avoir apporté ce témoignage qui me semble corroborer l’objection du R.P. M.-D. Philippe.
        Cela autoriserait à penser que  si le R.P. Guérard était bien un parfait thomiste, il aurait cependant perdu de vue que l’être n’était pas seulement une catégorie de la pensée humaine, mais qu’il était surtout, et avant tout, un acte d’être (concret) qui donne une existence tangible, (qui s’impose à notre conscience, comme lorsque nous « reconnaissons » à la vue,  que tel objet particulier est « une table » ou « un être humain ») à ce que nous percevons. (cf. La disputatio II)
        C’est le fondement de la Révélation catholique tout de même !   
        J’espère en tout cas que j’aurais pu un peu éclairer Édouard-Marie et Olivier avec cette réponse improvisée.  

        • Cave Ne Cadas
          Cave Ne Cadas lien permanent*
          juillet 5, 2013

          Merci Martial,

          pour cette « réponse improvisée » !
          (Qu’est-ce que ça doit être, quand c’est murie et travaillé…)

          • Avatar
            Martial lien permanent
            juillet 5, 2013

            Comme Charles, ce n’est pas sans un immense effort que j’ai dû rédiger les deux longues réponses dans la disputatio II. en urgence, pour en respecter le rythme de ce débat.  En outre, c’est respecter un débat organisé sur un blog que d’y rédiger des  contributions personnelles et non pas d’y poser les mêmes copiés-collés et les mêmes liens qui trainent partout. Non cher Cave Ne Cadas, mon précédent message est bien loin d’être parfait :
             ERRATUM
            au lieu de lire
            Si pour le Philosophe, la pensée humaine donne accès aux choses un « microscope » ou « télescope », en réalité cet appareil de pensée serait relatif à lui-même.  Dès lors, nous aurions pu vivre dans un monde à dix dimensions et percevoir une « réalité » totalement différente du « réel » que nous percevons ici-bas en tant qu’êtres humains.   
            il faut lire :
            Si pour le Philosophe, la pensée humaine donne  l’accès  réel aux choses, par le moyen de la raison,  ou de la logique, comparable à  un « microscope » ou « télescope »,
            Pour KANT, en réalité cet « appareil de pensée » serait relatif à lui-même.  Dès lors, à la faveur d’un appareil différent, nous aurions pu vivre dans un monde à dix dimensions et percevoir une « réalité » totalement différente du « réel » que nous percevons ici-bas en tant qu’êtres humains.   
             
            ADDENDUM ET BIS REPETITA
            lire à la suite du 3ième alinéa après le §3 , 
            Le thomisme est un autre aristotélisme, qui est réaliste, et conçu par son auteur pour être dédié à la défense  de la Révélation Catholique. Que personne n’inverse les choses…! 
            Il est le seul qui discerne ce que signifie réellement « être » quand on dit que telle table ou telle personne existe. Cela ne signifie pas  seulement que tel meuble existe parce que nous l’identifions comme étant une « table » (un espèce particulière de meuble) mais c’est prendre conscience que cette table en question devant soi  s’impose subitement à notre vue comme une chose, qu’elle s’impose à notre vue, qu’elle manifeste un « acte d’exister ».
            Cet acte d’exister cause l’existence intelligible de la table pour notre esprit. Ceci est une façon de comprendre ce qu’on appelle la présence active d’immensité, comment Dieu est créateur de toutes choses en permanence, et que Dieu est Celui qui Est. Comprendre cela est paradoxalement difficile pour de grands philosophes  (enfermés dans leurs abstractions) d’après leurs propres aveux !! Cependant je pense que si un catholique fidèle médite cela, il parviendra   à en prendre conscience et à l’admettre, comme la Foi l’y oblige. Car les affirmations suivantes ne sont pas des mots confus ou même finalement vides :  Dieu est. Dieu est créateur. Seules les choses concrètes existent…
            et non des apostats papes potentiels !      
            Quant à la théorie d’origine de Mgr Guérard, je pense pour ma part, que la critique du R.P. Philippe, et telle que je la comprends est suffisamment pertinente, pour montrer les dangers  intrinsèques aux interprétations  métaphysiques, qui semblent viser la résolution d’une urgence nouvelle et particulière, au détriment du critère de l’être en tant qu’acte d’être. Comme cela me semble être le cas.

            Je viens de lire la réaction de Monsieur Rémy. Je partage son avis sur les dérives des qualifications trop larges ; de superficielles elles risquent d’en devenir non-caractéristiques et même trompeuses. Je ne connais pas les tenants et aboutissants de la pensée générale de Mgr Guérard.  J’ignore les références intellectuelles de ceux qui l’ont qualifié de « kantiste », un de ces termes qui dispensent aussi peut-être d’approfondir et étayer philosophiquement les objections que l’on a  à formuler à l’encontre d’un adversaire.  
             
             

            • Avatar
              Martial lien permanent
              juillet 7, 2013

               
              — Si l’on s’en tient « au cœur de doctrine » de la thèse propre à Mgr Guérard, 
              — indépendamment de toutes autres considérations en l’espèce,
              — en s’en tenant à la critique du R.P. Philippe,
              — et sous toutes réserves philosophiques (cette discipline étant convoitée aux fins de tant de machinations intellectuelles),
              le  seul rapprochement intellectuel que l’on pourrait discerner avec le raisonnement kantien serait  mon humble avis, le suivant :

              Du côté de Kant,
              L’avis de substance est (selon Kant) la forme abstraite du jugement de prédication. De quoi s’agit-il ?
              c’est (toujours aux dires de ce philosophe) « une forme ultime et nécessaire de la pensée. »
              (Parenthèse N.B. Cela distingue Kant et ses disciples des philosophes matérialistes, pour qui la pensée est un produit empirique individuel ou social de la vie humaine. C’est pour cette raison que ces disciples (mêmes très partiels comme Ratzinger, s’opposent à ces matérialistes. Et c’est encore pour ce motif, que nos traditionalistes s’imaginaient voir en leur « pape présumé inconscient de ses propres hérésies » (!)  un bon « spiritualiste » donc un bon catholique se simplement trompant sur quelques points secondaires…)
              Ce serait le mode de fonctionnement de la pensée emprisonnée dans ses structures de fabrication inhérentes à la nature humaine.  

              Du côté de R.P. Guérard,
              La substance étant le composé  de l’essence et de l’existence, cette catégorie de l’être sert de support permanent au multiples attributs  changeants (essentiels ou accidentels). On comprend son rôle logique.
              Et lorsqu’on examine telle substance dans un état déterminé, on y discerne que c’est une chose qui existe, et en même temps que cette chose est vue, analysée,  par la pensée comme une essence sujette à accidents.
              En rester là, c’est réduire la substance à son aspect fonctionnel, comme le souligne le R.P. Philippe, son aspect analytique et explicatif dans l’opération de la pensée.
              Alors que la « crise » et l’éclipse sont l’ont l’occasion chez les derniers fidèles théologiens d’un sursaut de travail intellectuel, nécessairement uni à un sursaut de vie contemplative, donc de sainteté, à l’instar des géants comme Saint Thomas.  
               
              C’est donc là qu’on pourrait discerner un outil commun avec l’opinion kantienne postulant que toute vérité est emprisonnée dans les limites de fabrication et de fonctionnement de la pensée humaine.
              Il faut cependant bien comprendre ce qui distingue foncièrement les deux pensées, si l’on s’en tient encore une fois à la thèse originelle de Mgr Guérard.
              La cause et la finalité de cette dernière étaient d’apporter une solution théologique –  en question lorsque nous avons affaire à des  « clowns François » , – à une crise émergente affectant l’Église dont il était un Fils. 
              Kant veut démontrer que Dieu est une hypothèse inutile et fausse sur le plan de la connaissance, puisque l’homme serait voué par nature à être auto-suffisant, de par la prison biologique et psychique de son entendement. « Penses par toi-même » : son exhortation ne participe pas en premier lieu de la morale ou de la sagesse; en fait elle la fatalité qui assujettirait la condition humaine cantonnée aux dimensions du « monde » qu’il perçoit. 
                 
                       
               
               

  7. Charles
    Charles lien permanent
    juillet 4, 2013

    Concernant les sacres sans mandat romain faits par Mgr Ngo Dinh Thuc, voici ce qu’en disait Mgr Guérard :
     
    « Il faut en effet savoir que, par un Bref en date du 15-111-1938, Pie XI institua Mgr Thuc comme étant son Légat [« deputamus in Nostrum Legatum Petrum Martinum Ngô-dinh-Thuc Episcopum titularem Soesinensem ad fines Nobis notos, cum omnibus necessariis facultatibus »]. Mgr Thuc avait donc le pouvoir de consacrer des Évêques, SANS en référer ANTÉCÉDEMMENT au Saint-Siège, et par suite sans « mandat romain ». Mgr Thuc conserva ce MÊME pouvoir, lorsqu’il fut institué Archevêque de Hué par Pie XII. La preuve en est que ce fut lui, Mgr Thuc, et non l’Administrateur apostolique, qui choisit et consacra tous les Évêques du Vietnam entre 1940 et 1950. »

  8. Charles
    Charles lien permanent
    juillet 4, 2013

    Et sur les pouvoirs de Mgr Thuc, voici ce qu’en dit Sous la Bannière :
    Tout d’abord , la rétractation arrachée à Mgr dans des circonstances troubles (enlèvement puis mise au secret)
    Carthage, le 11 juillet 1984.

    Je soussigné, Pierre Martin Ngo Dinh Thuc, archevêque titulaire de Bulla Regia et ancien arche­vêque de Hué, par la présente entend rétracter publiquement toutes mes erreurs précédentes, en ce qui concerne les ordinations épiscopales que j’ai conférées de manière illicite en 1981 à M. L. Guérard des Lauriers, 0.P., à Mosé Carmona et à Adolfo Zamora. De même, je veux rétracter la déclaration, publiée à Munich en 1982, par laquelle je refusais le Concile Vatican II, le nouvel « Ordo Missae », et en particulier la dignité de Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II, actuel Successeur légitime de saint Pierre.

    Je veux demander sincèrement à vous tous de me pardonner, de prier pour moi et aussi de réparer le scandale causé par ces actions et déclarations déplo­rables.

    Je voudrais également exhorter les prêtres mention­nés ci-dessus, à qui j’ai conféré illégitimement l’ordi­nation épiscopale en 1981 et tous ceux qu’à leur tour ils ont ordonné évêques et prêtres, à rétracter leur erreur, à abandonner leur faux statut actuel et à se réconcilier avec l’Église et avec le Saint-Père, le Pape Jean-Paul II.

    Encore une fois, je désire implorer votre compréhen­sion bienveillante et le soutien de vos prières pour que je puisse plaire à Dieu pour le reste de ma vie.

    A tous mes sincères remerciements.

    Votre frère en Jésus et en sa sainte Mère.

                                                                               P. M. NGO DINH THUC,
                                                                                              archevêque.

    Le détail de ces pouvoirs est explicité par Pie XI lui-même, ainsi que le rapporte le Père Lesourd dans les termes suivants :

    « Oralement, le Saint-Père détailla d’abord tous les pouvoirs qu’il donnait, y compris de choisir des prêtres à sacrer et leur conférer l’épiscopat. Sans qu’ils eussent besoin de bulles pontificales, ni donc de donner leurs signatures les engageant à s’y conformer sous la foi du serment.

    Puis, après avoir longuement détaillé de vive voix tous les pouvoirs vraiment extraordinaires, le pape se résuma ainsi très solennellement :

    — En un mot Nous vous accordons tous les pouvoirs pontificaux du pape même, qui ne sont pas de droit divin incommunicables. »

    Monseigneur Ngo Dinh Thuc disposait donc des mêmes pouvoirs. Ils n’ont jamais été rapportés à notre con­naissance. Et ce grand prince de l’Eglise a croupi pendant des années dans un taudis de 15m², où il devait son toit et son pain à la charité de quelques incroyants qui l’avaient pris en affection et en pitié. Tout son argent avait été distri­bué à plus pauvre que lui : les réfugiés du Vietnam aban­donnés par la France. Sans secours, abandonné de tous, il fut kidnappé et sequestré en Amérique par l’Eglise moder­niste, et mourut entre les mains de ceux qui prétendent lui avoir arraché son allégeance à Vatican II… mais nous ne sommes pas obligés de les croire !

    En tout cas, nous en avons maintenant la preuve. Il détenait d’un pape authentique les pleins pouvoirs de Patriarche. Il était coupé de Rome par la jungle conci­liaire, plus féroce dans sa forme que ne l’était celle du Vietnam dans la sienne. Voilà qui apporte un élément important concernant la licéïté des sacres qu’il a conférés. Cette preuve matérielle est une importante pièce du dos­sier.

    S.L.B.
     http://www.phpbbserver.com/phpbb/viewtopic.php?t=310&start=0&sid=3e48accac90d57f339dd57f2058f7e5f&mforum=micael

  9. Charles
    Charles lien permanent
    juillet 4, 2013

    Et voici  la réplique de l’Abbé Zins !!! (Je vous avais promis une soirée d’enfer, non ?) :
    Dans le même but, quoique apparemment en sens inverse, les « guérardiens » ont usé d’un faux document pour paraître rattacher malgré tout ces « sacres » gravement illicites à des « autorisations » pontificales.

    c) Le directeur de la revue alors ouvertement « guérardienne » Sous la Bannière, en son n°9 de début 1987, après avoir publié comme authentique un document selon lequel le Pape Pie XI aurait accordé des pouvoirs spéciaux à Mgr Ngo Dinh Thuc pour des sacres en Indochine, a cherché à en tirer argument en faveur de ses récents « sacres » illégitimes :
    « Nous en avons maintenant la preuve. Il détenait d’un pape authentique les pleins pouvoirs d’un Patriarche… Voilà qui apporte un élément important, concernant la licéité des sacres qu’il a conférés. Cette preuve matérielle est une importante pièce au dossier. » (M. Bonnet de Viller, SlB 9. 11)

    d) Pour mieux « prouver » l’ « authenticité » de ce document, celui-ci était publié (p. 10) en face d’un autre étrangement tout semblable, mis à part la taille de l’entête et quelques détails supprimés dans celui de Thuc, tiré d’un livre sur Mgr d’Herbigny, envoyé secrètement par Pie XI comme légat au-delà du rideau de fer communiste.

    Mais, à y regarder de plus près, on s’aperçoit que, comme par hasard, d’un côté le texte accordant des pouvoirs spéciaux à Mgr d’Herbigny est rédigé de la main même du Pape Pie XI, tandis que de l’autre le pseudo-texte est imprimé avec des caractères d’imprimerie imitant bellement une écriture humaine.

    • Cave Ne Cadas
      Cave Ne Cadas lien permanent*
      juillet 5, 2013

      Cher Charles,
      ce débat « est faussé » l’Abbé Zins est partisan !

      Voir :

      Pie XI pape, pour Pierre Martin Ngo Dinh Thuc évêque titulaire de Saigon, le 15 mars 1938


      Pie XI pape, pour Michel d’Herbigny (s.j.) évêque titulaire de Troie, le 10 mars 1926

      __________
      observation : le mandat de Mgr Thuc n’est pas imprimé, il est manuscrit. Les variations des caractères le montrent aisément (regardez par exemple les F et les O). Idem pour la variation de l’interligne.
      Ce mandat est écrit par un scribe professionnel, comme il y en avait un certain nombre à Rome.
      __________

      Débat (partisan) sur « Mi ca El !? » : Mgr Thuc, légat universel ?

      http://www.phpbbserver.com/phpbb/viewtopic.php?t=310&start=0&sid=3e48accac90d57f339dd57f2058f7e5f&mforum=micael

      Je suis convaincus (comme plusieurs d’entre-nous) de la grande honnêteté, catholicité et valeurs de Mgr Thuc !…

      Dieu a jugé. Dieu jugera. Quant à nous, ne jugeons pas… au moins de l’intention.
      Mgr Guérard

  10. Edouard Marie Laugier
    Edouard Marie Laugier lien permanent
    juillet 4, 2013

    D’après l’opinion de Mgr des Lauriers qu’il publia dans le périodique CASSICIACUM, Wojtyla fut élu légitimement à la papauté – par une pars minor et sanior, c’est à dire 10 cardinaux environ, créés par Pie XII –, raison pour laquelle il est « Papa materialiter ».

    Question :

    Comment peut-on être absolument certains que ces dix derniers cardinaux de Pie XII ( en adhérant à l’idée qu’ils sont encore catholiques -sic- ) ont bien élu lolek/wojtyla ?
    Les votes ne sont ils pas secrets ?
      :?: :idea:

  11. Charles
    Charles lien permanent
    juillet 5, 2013

    Merci à Martial qui pallie l’ignorance d’un crétin comme moi. Je ne sais si j’ai tout compris mais je vois que nous sommes riches, dans notre camp, de fidèles qui ont une culture solide et même philosophique.

    Au-delà de toutes ces interrogations sur Mgr Guérard, et notamment sur cette incongrue « pars minor et sanior », ce qui n’arrange rien du tout à mon avis, il nous faut garder raison et nous dire que le problème est pourtant fort simple : ces princes de l’Église n’étaient plus catholiques avant leur élection et donc ne pouvaient accéder à quelque élection que ce soit, étant déjà ipso facto hors de l’Église ! Quant aux cardinaux, véritables ou non, même chose ! Tous ces gens ont adhéré et voté les schémas hérétiques du conciliabule Vatican II. Ils ont donc failli collectivement et personnellement et n’étaient plus inspirés par l’Esprit Saint. Comment dès lors auraient-ils pu élire un pape catholique ??? Ou alors il nous faut dire et proclamer que V.2 est un véritable concile catholique avec la note d’infaillibilité qui lui est attachée.

    À force de vouloir découper en tranches historiques, canoniques et sociologiques cette malheureuse institution en partie humaine, et qui , en tant qu’Église militante a les promesses de Notre-Seigneur (nous devons en accepter le mystère) l’on finira par ne plus rien comprendre du tout (avec tout ça je commence moi aussi à avoir mal au crâne !) et toutes les belles thèses et théories diverses ne feront que nous précipiter dans un état d’esprit ou sectaire ou déprimant, et tout cela au seul bénéfice du Prince de ce monde qui est des millions de fois plus « malin « que nous tous.

    Alors je suis de plus en plus persuadé que Mgr Guérard, avec sa tentative de trouver une explication, voire un remède, à l’éclipse de l’Église, a fait plus de mal que de bien, renforçant chez beaucoup de mauvaises tendances naturelles (suivez mes regards !) qui n’ont demandé qu’à s’épanouir à l’ombre des « bonnes intentions »…comme toujours ! Nous ne saurons lui jeter la pierre, à Mgr,  dans la mesure où sa tentative, de réelle bonne intention (jusqu’à preuve du contraire… ce qui reste possible à cause de son « kantisme »), s’est faite dans un contexte et à une époque où sa toxicité n’était que relative. Mais en 2013 il m’apparait que tout cela a atteint le niveau d’alerte d’une toxicité majeure et que nous devons nous débarrasser de tout cela, faute, à notre tour, de risquer d’être contaminés très subtilement.

    Je dois aussi ici rappeler, par charité bien comprise (même si ça me coûte) que Mgr a aussi favorisé, encouragé ou du moins avalisé d’étranges vicaires d’abord « pape » puis non pape comme Pierre II du Perreux par exemple.
    Comme je connais personnellement ce dernier (« Vicaire » du Christ) et que j’ai vu à deux ou trois reprises Mgr Guérard y officier dans les années 80, je crois avoir le droit de dire mon petit mot là-dessus…

    Tout cela laisse dans l’âme un sentiment de malaise et de confusion extrême. L’intelligence est comme torturée et ce n’est pas bon signe car ce qui vient de Dieu est simple, évident et ignore toutes ces arguties et difficultés. La chaisière  doit en saisir la vérité de foi au même titre que le thomiste de haut niveau. Si c’est trop compliqué ou trop intellectualisé, il y a du démon là-dessous. D’aucuns vont se récrier peut-être et me faire un procès d’intention. Tant mieux !

    Nous arrivons, je pense, à un tournant grave de la vie ecclésiale. Bientôt vont être « canonisés » infailliblement par la secte Jean XXII et Jean-Paul II ! Il nous faut trouver non plus une solution à la crise mais une explication catholique et je crois que dans notre « camp » on est déjà bien partis pour cela grâce aux grandes figures des auteurs anti-libéraux, grâce à des meneurs d’homme comme LHR et grâce à tous les fidèles qui refusent de se laisser enfermer ans quelque querelle que ce soit ou quelque sectarisme que ce soit.

    Plus que jamais nous devons méditer ce passage de l’exorcisme de Léon XIII :

    « Là où fut institué le siège du bienheureux Pierre, et la chaire de la Vérité, là ils ont posé le trône de leur abomination dans l’impiété ; en sorte que le pasteur étant frappé, le troupeau puisse être dispersé. »

     

    • Avatar
      Martial lien permanent
      juillet 6, 2013

      Cher Charles, vous soulignez ci-après, un vice majeur des néos-guéardiens. 
      À force de vouloir découper en tranches historiques, canoniques et sociologiques cette malheureuse institution en partie humaine, et qui , en tant qu’Église militante a les promesses de Notre-Seigneur.
       
      Si devant toute et quelconque information (Premier stade) qui est confuse et indistincte par nature, il convient toujours pour enseigner expliquer, analyser en divers ordres,  en divers genres de la connaissance, de façon abstraite mais très précise, cela ne constitue que le SECOND stade de l’opération.
      Ensuite doit venir le TROISIÈME qui celui de la synthèse, donc de la saine et intelligente « interprétation » de  découpage et cette mise ne morceaux. 
      Or ce que font nos contradicteurs, c’est en premier lieu de s’emparer alternativement d’un seul, ou d’un autre.
      En certaines occasions, ce sera  donc la théologie catholique qui devra  se plier à une construction métaphysique incertaine et en tout cas de nature caduque et précaire, et séparée des autres données.
      En d’autres circonstances , ce qui fera l’affaire, ce sera le droit canon,  également sollicité de manière isolée et coupé des autres ordres, et appliqué en 2013, de façon aujourd’hui anachronique, dans un esprit de juridisme déplorable, et hors-sujet.
      Et en lieu et place de la compréhension catholique en situation d’éclipse, ils fabriquent une supercherie intellectuelle indigne. Ils la propagent au moyen de trafiquants, objectivement parlant, et qui sont souvent des idiots utiles manipulés par leurs faiblesses humaines. Ils produisent de l’idéologie révolutionnaire de la pire espèce.
      Par exemple, lorsque leur théorie théologique d’Église matérielle délirante contredit des révélations privées reconnues par l’Église, ils nient tout simplement ces faits reconnus. Que n’entendrait-on pas de leur part, si nous adoptions un comportement similaire mutatis mutandis ! (cf. la discussion récente relative à ce sujet sur ce blogue).
      Lorsque leur théorie idéologique du droit canon sombre dans la farce grotesque, en présence aujourd’hui d’un « François » « élu » par d’autres « François », ils prétendent que N.S.-J.-C. la Tête de l’Église aurait attendu ces clowns pour assurer la succession apostolique. (cf. la discussion entre Octavo et Cave ne Cadas et Édouard).  
       
      Comme vous le dites, Charles, nous sommes à la dernière croisée des chemins. Je souscris pleinement à vos paroles:  
       
      « Il nous faut trouver non plus une solution à la crise mais une explication catholique et je crois que dans notre « camp » on est déjà bien partis pour cela. »
           
             

      • Edouard Marie Laugier
        Edouard Marie Laugier lien permanent
        juillet 6, 2013

        Oui il est grand temps de regarder l’Église Catholique d’une façon surnaturelle et non dans un cadre très humain et juridique.
        Et de ne pas s’arc-bouter sur des Lois de l’Église, fussent-elles des Lois Divines (et là nos guérardiens vont hurler) qui sont là non pas pour elles mêmes mais pour un but.
        Assurer a vie de l’Église dans un fonctionnement ordinaire et normal.

        Or Dieu, qui ne s’est pas laissé débordé par la situation, évidemment, mais qui sait très bien de quoi il en retourne, cesse de faire fonctionner son Église d’une manière ordinaire.
        À l’image d’une vacance du pouvoir, il y a toujours la possibilité par exemple e dire la messe même sans una cum un pape et un évêque, il y a toujours la possibilité de professer sa Foi, de recevoir des grâces etc. de se sanctifier.

        Mais plus qu’une simple vacance entre deux papes c’est une période extra-ordinaire où l’Église, attaquée de toute part est réduit à sa plus simple expression. Mais elle demeure l’Église.

        Que nos guérardiens n’aillent pas nous dire que ce n’est qu’une question d’absence de pouvoir formel quoi que légitime (matériel).
        Il y a la disparition de l’Église enseignante ce qui exclu la possibilité délirante de Bontemps de quelques cardinaux, (un) ayant encor la Foi : Car où est il ?
        L’Église hiérarchique, enseignante, serait matériellement chez les modernos …. mais ils n’enseignent plus, (où alors il faut adhérer à leur conciliabule), et n’assurent donc plus le rôle qui le définit et  les justifient dans leurs dignités.
        C’est indéniable et ce n’est pas courant dans une Église en ordre.
        Dès lors la situation n’est pas ordinaire, et l’Église enseignante a disparue, il n’y a plus visible, d’enseignement, d’individu capable de perpétuer la doctrine.
         
        Mais nos amis Guérardiens peuvent ils lutter contre la réalité des faits ?

  12. Remy Louis-Hubert
    Remy Louis-Hubert lien permanent
    juillet 5, 2013

    Mgr Guérard kantien et surtout non-catholique !
    On aura tout entendu, tout vu ! !
    Cela me rappelle l’attaque d’un zoïle qui le traitait de gnostique !
    http://www.a-c-r-f.com/documents/LHR-Monseigneur-Guerard-etait-il-Gnostique.pdf 
    Tout ce qui est excessif est insignifiant !
     

  13. Ludovicus
    Ludovicus lien permanent
    juillet 6, 2013

    Il est clair que la thèse n’est qu’une hypothèse, et une hypothèse inadéquate, en faire un quasi-dogme, une condition sine qua non, relève plus de la démarche sectaire que de l’esprit de la Sainte Église catholique.

  14. Charles
    Charles lien permanent
    juillet 6, 2013

    Oui tout cela reste à démontrer et nous attendons des preuves du supposé kantisme de Mgr Guérard.
    Cher Cave Ne Cadas pouvez-vous nous en dire plus sur les auteurs de ce mail ???

    • Cave Ne Cadas
      Cave Ne Cadas lien permanent*
      juillet 6, 2013

      Ce que je peux vous dire… c’est qu’après avoir demandé à mon correspondant (suite aux questions posées ici) :

      — Et en quoi Mgr Guérard n’était pas catholique et était kantien ?!

      J’ai reçu la réponse suivante :

      Cher ami,
      Guérard célébrait sans ornement, se moquait éperduement des rubriques, mettait moitié eau/moitié vin dans son calice : ses messes étaient donc invalides. Il s’asseyait sur le secret de la confession : plusieurs exemples ; en cela il n’était pas catholique.
      Au point de vue philo, il disait que saint Thomas avait des vues étroites et il professait que le monde matériel n’était pas fini, comme le démontre saint Thomas, mais indéfini. Pour cela il imaginait une bête à 2 dimensions, qui donc n’avait pas conscience de la 3°, et prétendait que nous, qui sommes limités à 3 dimensions, ne pouvons nous projeter dans la 4°.
      Par ailleurs il professait que saint Joseph était « véritablement père de Jésus Christ », doctrine des juifs cabalistes qui rejettent la conception miraculeuse de Jésus. Il professait sur la Sainte Vierge une doctrine qui L’assimilait à la Sophia des gnostiques, qui introduisent le sexe féminin dans la divinité ; blasphème judaïque abominable.

      (…) 

      Voilà, il y aurait  encore pas mal à dire.
      Bien cordialement

      ——————-

      Souffrez, cher ami, que je ne vous donne pas plus d’informations sur mes « indicateurs »…

      En cela, je ne porte pas de jugement… sur sa réponse…

  15. Edouard Marie Laugier
    Edouard Marie Laugier lien permanent
    juillet 6, 2013

    Vos indicateurs, qui apparemment veulent rester anonyme pour affirmer des accusations graves et assez délirantes, sont de misérables poltron.
     
    Quand on a le courage de ses opinions on agit visage découvert et pas … vivons heureux vivons caché.
    C’est Caïn qui se cacha pour perpétrer ses crimes odieux.

    • Cave Ne Cadas
      Cave Ne Cadas lien permanent*
      juillet 6, 2013

      Cher Édouard,
      où avez-vous vu que (mes) « indicateurs, qui apparemment veulent rester anonyme » ?

      Souffrez vous aussi, cher ami, que je ne vous donne pas plus d’informations sur mes « sources »…

      • Edouard Marie Laugier
        Edouard Marie Laugier lien permanent
        juillet 6, 2013

        Je souffre en effet de voir que des personnes qui attaquent Mgr Guérard et portent contre lui des accusations assez graves (quand même elles seraient véridiques, imaginons le) le fassent anonymement.

        Ce n’est pas un reproche qui vous est fait, mais pour moi c’est inexplicable.

        • Cave Ne Cadas
          Cave Ne Cadas lien permanent*
          juillet 6, 2013

          Je n’ai pas dis que je partageais son opinion… Je n’ai jamais connu Mgr Guérard.
          Je peux simplement me référer à la « bonne opinion » de LHR qui l’a bien connu lui ! et qui l’a qualifié de « défenseur de la Foi »… avec deux abbés que j’ai en revanche très bien connus ! Les abbés (†) Vérité et (†) Schoonbroodt…

          Trois défenseurs de la Foi
          Cliquer sur l’image pour l’agrandir

  16. Avatar
    un vilain "guérardien" lien permanent
    juillet 6, 2013

    Jusqu’où iront ces méchancetés et calomnies honteuses de CatholicaPedia ?
    Certains auteurs d’articles et de messages semblent les dignes fils spirituels de qq auteurs de feu- ‘Virgo Maria’ ! Prions pour eux. N’adhérons pas à cet esprit ! Ces calomniateurs – tant qu’ils ne réparent pas leurs calomnies – nous rappellent très tristement certains accusateurs de l’évangile.
    Il est facile de comprendre à qui a connu Mgr Guérard d’où viennent ces calomnies honteuses par mail sur ce dernier.

    • Cave Ne Cadas
      Cave Ne Cadas lien permanent*
      juillet 6, 2013

      Même réponse que précédemment LIEN PERMANENT !

      …Je n’ai jamais connu Mgr Guérard.
      Je peux simplement me référer à la « bonne opinion » de LHR qui l’a bien connu lui ! et qui l’a qualifié de « défenseur de la Foi »… avec deux abbés que j’ai en revanche très bien connus ! Les abbés (†) Vérité et (†) Schoonbroodt…

  17. Edouard Marie Laugier
    Edouard Marie Laugier lien permanent
    juillet 6, 2013

    Certains auteurs d’articles et de messages semblent les dignes fils spirituels de qq auteurs de feu- ‘Virgo Maria’

    Et quoi, vous n’appréciez pas messieurs les abbés Marchiset et Schoonbroodt ?
    Quel mépris fort dommageable pour vous …
    De si bons prêtres capables d’analyses fines et poussées sur la crise actuelle.
    Il est triste de devoir dire « feu » Virgo-Maria.org

  18. Avatar
    un vilain "guérardien" lien permanent
    juillet 6, 2013

    Je parle de Virgo Maria après que l’abbé Marchiset ait donné la main à d’autres :
    je ne connais pas assez avant pour me prononcer.
    L’abbé Schoonbroodt n’était pas l’auteur des articles de ce site (et c’est mieux ainsi pour lui), c’est une chose assez connue.
    Cave ne Cadas ne devait pas mettre sur la place publique des accusations gravissimes
    contre Mgr Guérard, cela jetterait des soupçons gravissimes sur lui : c’est GRAVE. Oui, c’est objectivement une faute GRAVE, indépendamment de sa bonne foi que DIEU seul connaît !
    Connaissez-vous donc la Morale catholique, vous et d’autres qui faites tous les jours les Docteurs en Israël ?
    Je crois qu’il nous faudrait un petit peu plus d’humilité pour rester à notre place et même de bon sens !
    Quelle image donnons de notre sainte Religion aux autres avec de telles accusations gravissimes balancées sans aucun scrupule sur Mgr Guérard et… tant d’autres (ça vous dit qqc Machin Bidule Chose) ?
    Réfléchissons et… changeons. Que DIEU ait pitié de nous, « défenseurs de la Foi »…

  19. Edouard Marie Laugier
    Edouard Marie Laugier lien permanent
    juillet 6, 2013

    et… tant d’autres (ça vous dit qqc Machin Bidule Chose) ?

    Oui ça me dit quelque chose.

    Il est en effet intolérable de continuer à attribuer le nom de « Bon Conseil » et plus encore d’associer à la Très Sainte Vierge Marie le nom d’un institut dont son supérieur rejette la Salette, falsifie l’Apocalypse, et enfin adhère et oblige les membres de cet institut à adhérer à cette fou-thèse absolument pas tenable du point de vue de la Foi.
    Donc l’institut machin, avec son évêque ramolli au discours stérile (il suffit d’écouter son allocution au tro breizh pour comprendre que le reste est à l’avenant. Quand on sait prêcher on prêche bien tout le temps)

    Pas une allure de combattant, de chef, de meneur :



    Un Évêque aujourd’hui doit être une armoire à glace doctrinale, un chevalier de la Foi, un guerrier, voir autre chose mais cela choquerait le petit bourgeois bien pensant de l’institut et lui ferait pousser des cris d’orfraie .

    Toute cette foire à dudules libéraux et sectaires ne mérite pas d’autres nom que l’Institut Machin Bidule Chose.

    Alors oui Mr l’anonyme Guérardien, je maintiens ce que je dis sur l’Institut Machin Bidule Chose, le mal que je pense d’une œuvre aussi stérile et qui retarde à son niveau la Solution de Dieu.
    Et cela ne me posera pas de scrupules pour communier. Sans rétractations.

  20. Edouard Marie Laugier
    Edouard Marie Laugier lien permanent
    juillet 7, 2013

    Chose étonnante, Bontemps et ses fidèles disciples sectaires ne s’en prennent pas beaucoup à Martial un peu comme s’ils étaient incapables d’avancer sur le terrain de la véritable philosophie, c’est à dire au delà des mots, des titres et des concepts pour aller vraiment au fond des choses.

  21. Remy Louis-Hubert
    juillet 7, 2013

    Je suis effaré par les accusations contre Mgr Guérard.

    Il « célébrait sa messe sans ornement ». Je témoigne de ne jamais l’avoir vu célébrer la messe sans ornement et cela pendant plus de dix ans que je l’ai connu. Le juge qui le condamne l’a peut être vu dans cette situation, une fois ou l’autre, pour des raisons peut être explicable, comme c’est arrivé une fois au curé Schoonbroodt qui avait oublié sa chasuble, mais personnellement je n’ai JAMAIS vu Mgr célébrer sans ornement.

    Oui Mgr préparait son calice avant la messe. Mais pour une raison simple : c’est le rite dominicain ! Notre juge montre son incompétence.
    Oui Mgr mettait moitié eau et vin.  Parce que il avait l’estomac détraqué et ne supportait pas le vin. La sainte Église le permet.
    Pour les rubriques, quelles compétence à notre bourreau ? Connait-il les rubriques dominicaines ?
    Pour le secret de la confession est-ce bien des secrets de confession ou des faits plus ou moins publics ?
    Pour ce qui concerne la TSVM, Sophia des gnostiques, c’est scandaleux ! Qui est ce témoin ? Quelle compétence ? Serait-ce celui qui avait traité Mgr de gnostique ? On a pu voir la réfutation que j’en ai fait.

    Je suis heureux d’en profiter pour rendre un témoignage sur Mgr que j’ai vénéré. Que ce soit son courage, sa piété, sa bonté, sa délicatesse, son humilité (j’ai appris de ses nièces qu’il avait été plusieurs fois confesseur de Pie XII et nommé par lui cardinal, mais refus du gouvernement français), son ascèse (ne supportant que des carottes râpées : manger des carottes râpées des jours et des jours), son dévouement (faisant des centaines de kms pour assurer l’oblation pure), son martyr (par les abandons de ceux qui aujourd’hui oublient cet abandon), son martyr par des attaques incessantes, sa patience, son amour de la TSVM et particulièrement de La Salette (trahi par ses héritiers), etc.

    Quelles grâces d’avoir écouté ses sermons ! Quel amour de Dieu ! Quelle qualité d’enseignement !
    Il est étonnant de voir, que comme pour Mgr Lefebvre, ses sermons tous enregistrés n’ont jamais été mis sur internet ! Je n’en ai malheureusement pas, mais pourquoi Verrua qui les a, ne les fait pas connaître ? Par exemple ses sermons sur La Salette ou celui de la consécration de Mgr Mac Kenna, etc.
    Il y aurait tant à dire ! Relire : http://www.a-c-r-f.com/documents/Mgr_GUERARD_des_LAURIERS-textes.pdf

    On est dans une autre ambiance, loin des caniveaux !
    Je sais trop les grâces obtenues par les mérites de Mgr Guérard !
     

    • Cave Ne Cadas
      Cave Ne Cadas lien permanent*
      juillet 7, 2013

      Merci cher Louis-Hubert,
      pour ce témoignage vécu !

      Cela nous permet, pour ceux qui n’ont pas connu le Père — Monseigneur — Guérard, un témoignage (parmi d’autres) plus conforme à la (grande) réputation internationale de ce “fidèle” de Pie XII

      Comme quoi, la “liberté d’expression” des témoignages contradictoires permet la révélation des vérités…

      Dieu a jugé. Dieu jugera. Quant à nous, ne jugeons pas… au moins de l’intention.
      Mgr Guérard

      Le lecteur se fera une opinion !

  22. Charles
    Charles lien permanent
    juillet 7, 2013

    Que tout cela est attristant et doit nous remettre sans cesse dans un état d’esprit d’acceptation du châtiment qui s’appesantit chaque jour davantage sur tous les débris du catholicisme.
    Que conclure de tout cela ?
    Nonobstant la bonne foi ou non des sources des « accusateurs » de Mgr Guérard (et je comprends bien que Cave ne puisse livrer ses sources en pâture à la vindicte publique) nous devons considérer les dites accusations comme d’abord des éléments factuels, donc possiblement, en théorie, vérifiables par divers procédés (regroupement de témoignages, recherche d’écrits, etc…).

    Il est vrai que moi aussi j’ai peu connu Mgr Guérard, même si à l’époque j’ai eu l’occasion de le rencontrer deux ou trois fois  chez Mgr Maurice, alias PIERRE II (Vicaire du Christ « non Pape » !). J’ai le souvenir d’un petit (par la taille !)  homme très affable et sympathique, facile à aborder, et dont les sermons étaient en général de haute volée et toujours fort intéressants, même si d’aucuns pouvaient considérer qu’il avait, par le fait même, un peu de mal à se mettre à la portée du « tradi moyen ». Voilà c’est tout. En outre j’ajouterai que Mgr, comme beaucoup, paraissait très affecté, en tant que personne humaine ayant connu une Église en ordre, par la crise de l’Église. (il n’était pas le seul !!!)

    Est-il possible, qu’en certains domaines, et ça reste toujours à démontrer, Mgr eut une petite tendance à une légère hétérodoxie ? Je ne sais. Je m’en remets donc pour cela entièrement à des personnes d’une autre envergure et compétence doctrinale  que la mienne et qui ont connu Mgr de beaucoup plus près, comme Louis-Hubert Rémy, pour ne pas le citer…!

    Je pense qu’à présent il nous faut clore ce débat, qui ne change rien à l’usage téméraire et évolutif qu’ont pu faire dans l’avenir (après la mort de Mgr) certains prêtres et fidèles, de la thèse de Mgr Guérard. Et, dans l’attente d’éventuelles recherches par des personnes qualifiées, s’en remettre à l’avis de LHR sur Mgr jusqu’à plus ample informé.

    IL reste néanmoins important de souligner que, quelque pertinents que seraient les éventuels résultats d’une  recherche sur une quelconque hétérodoxie de Mgr, cela  n’enlèverait et n’ajouterait rien à notre critique fondamentale d’une thèse revue et corrigée par Verrua  que nous jugeons incompatible avec une saine analyse catholique (voyez tout ce qu’en dit ici même  Édouard par ex.).

    Il n’est donc pas requis et absolument  nécessaire d’enfoncer davantage Mgr pour mieux critiquer les conséquences de sa thèse ! Si d’aucuns le faisaient de manière fallacieuse ce serait non seulement un acte hautement blâmable et méprisable mais cela ne ferait que contribuer un peu plus à la désorientation générale des esprits. Soyons persuadés, que, s’il s’avérait que les sources disent vrai, la vérité, dont la recherche est toujours légitime mais pas toujours opportune, finirait par s’imposer  d’elle-même  par des contributions humaines inattendues car voulues par la divine  Providence.
     

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