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Le Père Feeney, les “Frères” Dimond et l’enseignement de l’Église sur le dogme “Extra Ecclesiam nulla salus” et les baptêmes de désir et de sang
 
— Partie II —

2014 septembre 9

 

Le Père Feeney, les “Frères” Dimond et l’enseignement de l’Église sur le dogme Extra Ecclesiam nulla salus et les baptêmes de désir et de sang.

 

« “Les laïcs peuvent être trompés, mais les clercs se trompent difficilement sans être de mauvaise foi, surtout si cela dure longtemps” (Mgr de Castro-Meyer). En effet un clerc a tous les livres disponibles pour vérifier sa position. » (citation tirée de la page 72 du livre “Quarante ans d’erreurs. Réfutation des arguments erronés concernant l’infaillibilité de l’Église” de l’abbé Michel Marchiset)

 

Partie II : La chaîne catholique et le boulet de l’hérésie

 

Être créé, l’homme a une intelligence limitée. Nous en faisons l’expérience quotidiennement. En effet, n’utilisons-nous pas de multiples objets (voiture, téléphone, ordinateur, …) dont nous ne pourrions expliquer tous leurs fonctionnements internes si l’on nous le demandait ? Certains d’entre nous pourraient probablement – avec un certain effort – acquérir la connaissance du fonctionnement de plusieurs de ces objets. Mais il est évident que nous ne pourrons jamais acquérir personnellement la connaissance du fonctionnement de tous les objets qui nous entourent. Notre intelligence et notre mémoire sont bien trop limitées pour cela. De même, l’homme se rend compte qu’il est bien loin de comprendre tous les phénomènes naturels qui l’environnent (avalanche, tremblement de terre, …). Au contraire, plus il réfléchit à certains de ces phénomènes, plus il est à même de mesurer son ignorance face à la création (Prenons pour seul exemple, le Linceul de Turin. L’étude de cet objet a ouvert beaucoup plus de questions qu’elle n’en a résolues) et à fortiori face à son Créateur.

L’homme n’est qu’une créature. La contemplation des œuvres de son Créateur devrait donc l’amener à une grande humilité.

S’il en est ainsi des choses naturelles, qu’en est-il alors des choses surnaturelles et en particulier de ce que l’on nomme les “mystères” dans la religion catholique ?

Devant les mystères révélés par Dieu, l’acte de foi est nécessaire. Nous croyons d’une foi surnaturelle le mystère de la Sainte Trinité, le mystère de l’Incarnation, le mystère de la Rédemption, … Credo. « Mon Dieu, je crois fermement toutes les vérités que vous nous avez révélées et que vous nous enseignez par votre Église, parce que vous ne pouvez ni vous tromper et ni nous tromper. »

Pourtant, à première vue, un seul Dieu en trois personnes, un Dieu qui s’incarne, un Dieu qui meurt sur une croix, …, tout ceci semble défier notre raison !!! Et pourtant, nous y croyons ! Nous y croyons non à cause de notre intelligence mais à cause de l’autorité de celui qui nous a révélé ces mystères, c’est-à-dire Dieu lui-même ! Credo.

Ces vérités transmises par Dieu nous sont également enseignées par son Église. D’où la nécessaire soumission à l’Église et à son enseignement. Credo. L’histoire des hérésies n’est rien d’autre que l’histoire de la non soumission de l’intelligence des hérésiarques au magistère de l’Église.

Voici ce que le grand Bossuet enseignait à ce sujet :

Jacques-Bénigne Lignel Bossuet, Portrait de Hyacinthe Rigaud (1698)« Quand donc nous nous mettons à raisonner, nous devons d’abord poser comme indubitable que nous pouvons connaître très certainement beaucoup de choses, dont toutefois nous n’entendons pas toutes les dépendances ni toutes les suites. C’est pourquoi la première règle de notre logique, c’est qu’il ne faut jamais abandonner les vérités une fois connues, quelque difficulté qui survienne, quand on veut les concilier ; mais qu’il faut au contraire, pour ainsi parler, tenir toujours fortement comme les deux bouts de la chaîne quoiqu’on ne voie pas toujours le milieu par où l’enchaînement se continue. »

Prenons quelques exemples pour illustrer les propos de Bossuet. Voici deux bouts d’une même chaîne qui ont toujours posé problème à nos intelligences :

  • La Providence de Dieu et notre liberté
  • La toute-puissance de Dieu et le mal dans le monde
  • L’infinie bonté de Dieu et l’enfer

 

Sur le dernier exemple donné, le raisonnement de bon nombre de nos contemporains est de nier l’existence de l’enfer (ou bien de le déclarer “vide”) ce qui est évidemment une hérésie. Dieu est certes miséricordieux mais il est également juste.

Revenons-en maintenant au Père Feeney :

Le magistère de l’Église nous enseigne que hors de l’Église, il n’y a pas de salut : Extra Exclesiam nulla salus. Voici le premier bout de notre chaîne.

Le magistère de l’Église nous enseigne également que l’ignorance invincible excuse l’homme de sa non-appartenance à l’Église (Pie IX, Allocution Singulari quadam du 9 décembre 1854). Voici le deuxième bout de notre chaîne.

 

Le premier bout de cette chaîne n’exclut pas le second bout, contrairement à ce que font les successeurs du Père Feeney. Ces derniers refusent de poser l’acte de foi pourtant indispensable face à l’enseignement du Magistère sur l’ignorance invincible.

En lieu et place de l’acte de foi qu’ils refusent de poser, ils s’érigent en “Super Magistère” jugeant ainsi eux-mêmes ce qui doit être cru ou non dans le magistère de l’Église. Ils agissent ainsi exactement comme les membres de la FSSPX qui eux aussi se permettent de juger ce qui est – selon eux – bon, moins bon voire mauvais dans le Magistère de l’Église. Ainsi, nous avons le loisir de découvrir que le Pape Pie IX – pour ne prendre qu’un seul exemple – a enseigné à plusieurs reprises l’erreur (sic) !!! Après plus de 150 ans, il était donc temps que quelqu’un réagisse contre ce scandale. Grâces soient donc rendues à Dieu d’avoir suscité les “Frères” Dimond et l’abbé Marchiset pour suppléer aux carences de Pie IX et des véritables Papes qui lui succédèrent, saint Pie X en tête !!

Leur péché (ceux des successeurs du Père Feeney) est d’aller directement contre la vérité connue. Ces vérités sont enseignées dans tous nos catéchismes. Et pourtant, ils les nient pertinacement. Ce sont de véritables aveugles conduisant des aveugles.

Chers lecteurs, ne riez pas ! Comme nous le montrerons bientôt, tous les catéchismes de ces 200 ans dernières années comportent – selon les successeurs du Père Feeney – des hérésies graves contre la foi. Et même celui du Concile de Trente ! Vraiment, une fois de plus, louons le Bon Dieu de nous avoir suscité les “Frères” Dimond et l’abbé Marchiset, véritables marteaux (1) contre l’hérésie !!

En refusant les deux bouts de la chaîne catholique, ces bien tristes personnages se proposent d’exporter à travers le monde le boulet de l’hérésie. À l’heure de l’Internet où jamais l’erreur n’a pu se propager aussi rapidement, quelle responsabilité !

 

Nordland.

(à suivre…)

 

 

 


[1] À ne pas confondre avec la saucisse de Morteau que l’on trouve également en Franche-Comté.

Une réponse
  1. Joseph-Marie lien permanent
    septembre 18, 2014

     
    BAPTÊME ET CORPS MYSTIQUE (1)
     

    Dire que le Baptême est une mort au péché et une incorporation au Christ, c’est proclamer avec évidence son absolue nécessité de moyen. Puisque personne ne peut être sauvé s’il n’est incorporé au Christ, et que d’autre part c’est le Baptême qui nous fait membres du Christ, la conclusion s’impose : pas de salut sans le Baptême (2).
     
    Mais, dira-t-on, avant le Christ on pouvait se sauver sans recevoir le Baptême ; et dans la Loi nouvelle, qui est la Loi d’amour, on ne le pourrait pas ? Le Christ aurait-il donc rétréci la voie du salut ? ― Nullement, répond saint Thomas (3), rien n’a été changé dans la condition essentielle du salut : avant comme après l’Incarnation, nul ne pouvait se sauver sans devenir membre du Christ : « non enim aliud nomen est sub cælo datum hominibus, in quo oporteat nos salvos fieri (4). » La différence réside dans le moyen de l’incorporation. Avant l’Incarnation, les hommes étaient incorporés au Christ par la foi en sa venue future, foi dont la circoncision devint le sceau et la marque (5). Aussi le Baptême est-il présenté par l’Apôtre comme la réalité figurée par la circoncision ; le baptême est pour lui une circoncision spirituelle : « Circumcisi estis circumcisione non manufacta in exspoliatione corporis carnis, sed in circumcisione Christi, consepulti ei in baptismo (6). » Sans doute la circoncision n’avait pas, comme le baptême, par sa vertu propre, c’est-à-dire par la seule application du rite, le pouvoir de conféré la grâce, et ne possédait cette efficacité que par la foi en la passion du Christ futur ; mais cependant elle produisait, le caractère excepté, les mêmes effets de grâce que le Baptême (7). Avant l’institution de la circoncision, la foi au Messie Rédempteur était, selon saint Grégoire (8), professée par l’offrande de sacrifices : et par là les hommes étaient incorporés au Christ. Depuis la venue du Messie, c’est toujours la foi qui incorpore au Christ ; seulement le rite attestant la foi n’est plus le sacrifice ni la circoncision : c’est le Baptême que le Concile de Trente appelle : « sacramentum fidei, sine qua nulli unquam contigit justificatio (9). » Notons du reste qu’il n’a pas seulement pour but d’attester la foi : il a encore la vertu de la produire.
     
    Il importe de remarquer, avec saint Thomas (10), que le désir sincère du Baptême, procédant de la foi sous l’action de la charité, peut suppléer à la réception réelle du sacrement, quand celle-ci est impossible : dans ce cas la foi, sans le rite où elle s’exprime et par lequel normalement elle s’imprime, possède la puissance d’incorporer au Christ et par là de justifier. Aussi, saint Ambroise se consolait-il ainsi de la mort de Valentinien survenue avant le baptême : « Quem regeneraturus eram, amisi ; verumtamen illi gratiam quam proposcit non amisit (11). » Évidemment, ce désir, supposé sincère, doit se traduire en acte sitôt que l’impossibilité a disparu, car la parole du Christ est formelle : « Si quelqu’un ne renaît de l’eau et de l’Esprit-Saint, il ne peut entrer au royaume de Dieu (12). » De plus, cette justification par la foi et la charité, avec le désir du baptême, ne confère pas le caractère baptismal, qui donne le droit de recevoir les autres sacrements. Pour ce motif, si des enfants naissaient sanctifiés dès le sein de leur mère, on devrait cependant les baptiser afin de les conformer, par l’impression du caractère, aux autres membres du Christ, et leur donner cette initiation sacerdotale nécessaire à la réception des autres sacrements (13).
     
    À plus forte raison, ce pouvoir d’incorporation au Christ appartient-il au baptême de sang, c’est-à-dire au martyre souffert pour le Christ. Tout d’abord, en effet, il contient le désir du baptême et en est l’expression la plus éloquente ; de plus, il y ajoute une satisfaction souveraine, abolissant toute dette ; cette satisfaction consiste dans la communion jusqu’à la mort à la passion de Jésus-Christ. Aussi, s’il n’imprime pas le caractère, il possède, à l’égard du péché, dans les enfants et dans les adultes, la même efficacité que le baptême d’eau. D’où celui-ci en effet tire-t-il sa vertu ? De ce qu’il nous associe à la passion et à la mort du Christ : or, quelle manière plus parfaite de se conformer au Christ mourant et de s’unir à lui que de subir la mort par amour pour lui ? Dans le baptême d’eau, vous exprimez votre foi au Christ par une représentation de sa mort, en vous plongeant, en vous ensevelissant dans l’eau : « Passio Christi operatur in baptismo aquæ per quamdam figuralem repræsentationem » ; dans le baptême de sang, ce n’est plus une simple image et représentation, c’est la mort réellement subie qui vous assimile au Christ : « in baptismo sanguinis per imitationem operis (14). »   
     


    [1] Extrait de LA DOCTRINE DU CORPS MYSTIQUE ET LA JUSTIFICATION PAR LA GRACE DU CHRIST. D’après les Principes de la Théologie de Saint-Thomas d’Aquin. Abbé J. ANGER. 1929
     
    [2] S. Thom. 3 P., q. 68, art.1, corp.
     
    [3] Ibid. ad 1.
     
    [4] Act. IV, 12.
     
    [5] Rom., IV, 11 : « Signum accepit circumcisionis, signaculum justitiæ fidei quæ est in præputio… »
     
    [6] Col., II, 11.
     
    [7] S. Thom. 3 P., q. 70, art.4.
     
    [8] S. Gregor. Moral. Lib.4, cap. 3, P.L., LXXV, col.635, cité dans S. Thom. q. 68, art.1, corp.
     
    [9] Conc. Trid., sess. 6, cap. 7. Denz., n°789 (681). Cf. S. August. De patientia, c. 21, n° 18. P.L., t.XL.,col. 621.
     
    [10] S. Thom. q. 68, art.2 et q. 66, art. 11.
     
    [11] Ambros. De obitu Valentiniani, n° 29-30. P.L., t. XVI, col. 1368.
     
    [12] Joan., III, 5.
     
    [13] S. Thom. 3 P., q. 68, art.1, ad 3.
     
    [14] S. Thom. 3 P., q. 68, art.11 et 12.
     

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