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LA « GRANDE NOUVELLE » DE LA SALETTE EST-ELLE UN ORACLE DIVIN ?

2015 juillet 11
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par Cave Ne Cadas

 

Après Le “secret” donné par la « Belle Dame » à Mélanie Calvat poursuivons quelques temps avec Maurice CANIONI dans son dernier livre :

 

Dieu Sera Servi et Glorifié

Par Maurice CANIONI

(Extraits)

 

Canioni : Dieu sera servi et glorifié

 

INTRODUCTION

La Sainte Église est Maîtresse par son pouvoir doctrinal, sanctificateur, législatif et coercitif ; elle est Reine car toutes les nations, doivent lui être « assujetties et lui obéir (Dan. 7, 27). »

La concorde de la Sainte Église et de la puissance civile est voulue par Dieu. Elle est éminemment aimable et désirable, car elle concourt à la Gloire de Dieu, édifie le Règne social de Notre-Seigneur Jésus-Christ, facilite aux individus, aux familles, aux sociétés l’acquisition du nécessaire à la vie temporelle dans la paix sociale, et surtout à chaque personne la poursuite du salut éternel.

Veuillot par NadarDans L’illusion libérale, Louis Veuillot décrit admirablement cette alliance des deux forces : la tiare et l’épée, la parole de Vérité et le bras séculier :

« La société chrétienne, dans l’état normal, se maintient et s’étend au moyen de deux forces qui doivent être distinctes non séparées, unies non confondues, subordonnées non égales. L’une est la tête, l’autre le bras ; l’une est la parole suprême et souveraine du pontife, l’autre la puissance sociale. La société chrétienne étant premièrement et avant tout chrétienne, soumet tout à cette première loi ; et elle met toutes choses en leur place, parce qu’elle met d’abord à sa place son seul vrai Seigneur et Maitre, Jésus-Christ. Elle le met à sa place souveraine dans la société comme tous les fidèles le mettent à sa place souveraine dans les âmes [et dans la famille] ; et de là naissent l’ordre, la liberté, l’unité, la grandeur, la justice, l’empire, la paix. Ainsi, à travers et malgré les déchirements suscités par les passions de l’infirmité humaine, se forma dans sa variété magnifique cette communauté de l’Europe qu’on pût appeler la République ou même la Famille chrétienne ; œuvre merveilleuse, brisée par l’hérésie lorsque la paix intérieure et le progrès des arts lui promettaient la gloire d’étendre au genre humain tout entier le bienfait de la Rédemption. […] Ces deux pouvoirs unis, distincts et subordonnés, par lesquels la société chrétienne se régit, c’est ce que l’on appelle les deux glaives. Car la parole ne serait rien, si elle ne pouvait être, à certain moment, aussi un glaive. La mansuétude du Christ a voulu deux glaives pour que la répression tombât plus tardive et pût être prévenue. Le premier glaive, celui qui ne déchire que les ténèbres, demeure au pouvoir patient et infailliblement éclairé du Pontife. L’autre, le glaive matériel, est dans la main du représentant de la société, et afin qu’il n’erre pas, il doit obéir au commandement du Pontife. C’est le Pontife qui le fait sortir du fourreau et qu’il y fait rentrer. Son office est de réprimer l’erreur agressive, une fois définie et condamnée, de la lier, de l’abattre ; de donner protection à la vérité, soit qu’elle ait besoin de se défendre, soit qu’elle se trouve dans la nécessité d’attaquer à son tour. La main séculière doit faire passage à la vérité, assurer la liberté de ses enseignements, garder au loin la vie de ses ambassadeurs et de ses disciples (1). »

La Révolution de 1789 a déclenché le paroxysme de la guerre à mort entre les deux postérités (Gen. 111, 15). Dans le but d’instaurer l’imperium de Satan sur les nations et sur l’humanité, les gouvernants qui en sont issus pervertissent les cœurs et les intelligences par les lois et l’instruction, corrompent le christianisme par les modes et les principes maçonniques, instrumentalisent l’Église pour l’affaiblir, l’isoler du peuple chrétien et l’éliminer. Confronté au mépris, à la haine et à la violence des États antichristiques, le Saint-Siège proclama fidèlement la Vérité mais, en pratique, fit preuve d’esprit de conciliation et, au prix de grands sacrifices, « pour le bien et la paix du monde », dira Pie XI, pactisa avec ses ennemis.

On dévoile ici une plaie que d’aucuns préféreraient sans doute laisser ensevelie sous la poussière des archives de la petite histoire ! Cependant, hier, aujourd’hui et demain sont un, et le courage de la vérité de l’histoire du temps passé est garant de celui de la vérité de l’heure présente. Depuis le Concordat de 1801, sous la contrainte des gouvernants issus de la Révolution, le Vatican, par volonté de résignation et d’accommodement, a laissé se distendre jusqu’à la rupture l’amarre qui retenait la société chrétienne solidement fixée au Port, c’est-à-dire le Droit chrétien public fondé sur la théologie et la loi ecclésiastique. Cette politique vaticane généra ce que l’on peut dénommer une antithèse entre la Parole de Vérité et les actes relevant des rapports avec la puissance civile antichrétienne.

Cette « fine diplomatie », menée opiniâtrement durant près de 150 ans, a sapé la résistance des autorités religieuses et celle des fidèles à la grande SÉDUCTION de la fin du temps des Nations (Lc. 21, 24). Elle a favorisé et accéléré la « défaite des saints » (Apoc. 13,7) en soumettant les baptisés, constitutionnellement, juridiquement, socialement, aux « pouvoirs établis » tous imbus « des valeurs et des principes » sataniques de la Révolution. Tôt ou tard, « les chefs, les conducteurs du peuple » devaient butter sur l’alternative, soit d’une remise en ordre RADICALE afin d’œuvrer réellement pour le règne social et politique de Notre-Seigneur Jésus-Christ, soit de fuir en avant en définissant, formulant, en principes et en droit, leur transmutation du royaume de Dieu en paradis socialiste et démocratique. La deuxième voie a été choisie en Vatican II qui a réalisé les épousailles des Princes de l’Église avec la démocratie de la maçonnerie universelle et transmué la religion de Jésus-Christ en un diabolique syncrétisme religieux. Contra factum non valet argumentum.

L’Église a perdu sa suprématie sur les Peuples, les Nations et les États quand elle a été privée de son bras séculier. « La force à sa place et faisant son office, voilà l’état régulier. […] Il faudrait (…) donner avec joie tout son sang pour remettre la force dans son sens légitime, pour l’attacher au seul service du droit. La force doit protéger, affermir, venger le plus grand, le plus illustre, le plus nécessaire droit de l’homme, qui est de connaitre et de servir Dieu ; elle doit mettre l’Église à même de dispenser ce droit à tout homme sur la terre. N’abandonnons pas cette vérité que le catholique libéral jette et noie dans le courant, avec tant d’autres (2). »

L’impuissance grandissante du Saint-Siège, sa collusion avec les ennemis du Christ-Roi, l’asservissement des nations chrétiennes aux puissances antichristiques, triple cause instrumentale de l’apostasie générale, étaient-ils inéluctables, irrémédiables ? Mysterium iniquitatis !

Pourquoi s’étonner ? C’est notre histoire depuis la fin du 17ème siècle, résumée dans la « grande nouvelle » apportée à La Salette. La sainte foi sera oubliée, le relâchement pour le service de Dieu sera universel ; les méchants se livreront à toutes sortes de crimes : le blasphème, la profanation du dimanche, la violation de l’abstinence et du jeûne, l’oubli de la prière ; les gouvernants se ligueront pour combattre Jésus-Christ ; les bruits de guerre rempliront la terre ; les mauvais livres abonderont, personne ne s’entendra plus, on ne verra qu’homicides ; une fausse lumière accumulera les ténèbres sur toute la terre, le Saint-Siège perdra la foi et l’Église sa visibilité ; de grands malheurs s’abattront sur l’humanité à la mesure de ses crimes qui percent la voûte des cieux. Nous sommes les témoins et les acteurs de ce drame de la fin des temps brossé par la Vierge à grands traits bibliques. Les hommes s’inquiètent et s’angoissent pour leur avenir ; ils espèrent un libérateur, un homme providentiel qui remettrait de l’ordre dans la maison de l’humanité : Satan se rendra roi du monde en la personne de l’Antéchrist.

Mais alors, le dernier jour du monde serait-il proche ? La Très Sainte Vierge ne le laisse pas entendre. Au contraire, elle promet le Règne de Dieu après la purification universelle et le renouvellement de toutes choses.

 

CHAPITRE I

 

La « Grande Nouvelle »
de la Salette
Est-Elle un Oracle Divin ?

 

Notre-Dame de La Salette

« Et Bien, Mes Enfants.
Vous le Ferez Passer à Tout Mon Peuple »

 

Dans le cours de cette étude, nous appliquerons fréquemment les paroles de Notre-Dame de La Salette aux évènements et à la tragique situation ecclésiale actuelle. Nous pensons en effet qu’il y aurait grande imprudence et sûrement inconvenance, sinon du mépris envers la divine Marie, de ne pas éclairer par ses avertissements la « crise affreuse » que nous traversons, et de ne pas voir en eux une confirmation du jugement théologique que nous devons porter sur ce drame sans précédent. Certains clercs et laïcs, bien que se disant dévots de La Salette, se récrieront : Le Message de la Vierge de La Salette n’est pas un oracle divin, il n’est qu’une révélation privée ; par conséquent nous sommes tenus à certaines réserves dans son utilisation et son interprétation ; on ne peut, sans analogies imprudentes ou prophétisme de mauvais aloi, en voir la réalisation dans l’évolution ecclésiale du dernier siècle et demi, ni l’appliquer aux gravissimes et inouïs désordres actuels.

 

Que penser de telles objections ? Ne peut-on vraiment se prévaloir du céleste Message pour confirmer l’extinction universelle de la prédication du Bon Dépôt« une fausse lumière éclairera le monde » —, de l’absence de toute personne « digne d’offrir la divine Victime » et de l’usurpation du gouvernement des âmes et des institutions par des « antichrists », selon le fameux constat de Mgr Marcel Lefebvre (3) ? Ne devons-nous considérer les paroles de Notre-Dame que comme un simple reproche général de l’inconduite du clergé et des fidèles, et les prophéties touchant à l’histoire future de l’Église comme une ligne d’horizon qui recule au fur et à mesure où nous avançons dans le temps ?

Pouvons-nous avoir quelque certitude de la Grande Nouvelle, puisque, n’appartenant pas au dépôt de la Révélation elle ne peut faire l’objet d’une foi divine ? Oui, car la certitude qu’elle nous procure est une certitude humaine provenant de preuves parfaitement établies et, par suite, évidemment convaincantes. Nous nous proposons donc de répondre aussi clairement que possible à la question qui fait le titre de ce premier chapitre : La « Grande Nouvelle » de la Salette est-elle un oracle divin ? Et nous montrerons qu’elle exige, non seulement notre attention respectueuse, mais encore notre méditation attentive et notre assentiment plénier, car la Très Sainte Vierge n’est pas venue faire du tourisme sur « la terre souillée de crimes » et son Fils veut que l’on « fasse cas de ses paroles » et de ses larmes.

I.          Motif extrinsèque de crédibilité : la Voix de l’Église.

 

La Belle Dame, tout en lumière et en gloire, conversa avec les deux bergers qui la contemplaient. Son Discours, public et secret, est encadré par les paroles : « Avancez, mes enfants… » et « … vous le ferez passer à tout mon peuple … » Après une longue et minutieuse enquête canonique, l’Ordinaire du diocèse de Grenoble authentifia en 1851, et le Fait miraculeux de l’Apparition et globalement le Discours, avec l’accord exprès de Pie IX. Vers la fin de son pontificat, ce Pape connut le Secret complet. Léon XIII en eut également connaissance ainsi que de la Règle de l’Ordre des Apôtres des derniers temps. Il voulut que le secret fût publié et demanda à M. Amédée Nicolas d’en rédiger un commentaire afin que le public le comprenne bien dans son entier, et il ordonna à Mgr Fava, évêque de Grenoble, de faire pratiquer la Règle aux missionnaires et aux religieuses de La Salette, sous la surveillance de Mélanie. Hélas ! Léon XIII se laissa “déborder” par la rébellion ouverte de Mgr Fava, et par l’odieux complot ourdi par une douzaine de cardinaux et d’évêques français et par des prêtres. Néanmoins, le Secret circula pendant plus de quarante ans avec l’accord de plusieurs papes. Documents à l’appui, nous avons expliqué cela dans notre livre La Femme et le Dragon. On peut dire qu’après Pie IX, aucun pape ne prit véritablement en mains l’avenir de La Salette. Ainsi s’explique que les demandes de Notre-Dame soient restées lettre morte et qu’aujourd’hui encore, nombre de catholiques demeurent très dubitatifs à l’égard du Secret.

II.          Arguments ad hominem à l’intention de ceux qui prétextent que le Secret de La Salette n’étant qu’une révélation privée, il n’est pas convenable de s’en servir pour éclairer et expliquer la situation ecclésiale actuelle.

 

Un oracle est une prophétie, il est divin quand Dieu en est la source. (Ex. : dans l’A.T. la volonté divine annoncée par les prophètes). C’est aussi le prophète lui-même. La Très Sainte Vierge, qui est la Reine des Prophètes, certifie et signe toutes ses visites et ses paroles par des miracles qui permettent à l’Église de les authentifier.

De deux choses l’une, ou le Message délivré par la Mère de Dieu à La Salette, est un ORACLE DIVIN, ou il n’est que le roman d’une fabulatrice ou une tromperie diabolique, et dans ce cas, l’Église s’est trompée et nous a trompés. On ne peut pas, en même temps, affirmer l’authenticité de cette « révélation privée » et en nier le caractère d’oracle divin, comme si ce n’était pas la Mère de Dieu qui avait parlé. Une telle négation équivaudrait à remettre en cause le FAIT miraculeux lui-même.

Les révélations privées peuvent devenir publiques, mais elles ne font pas partie du dépôt de la Révélation commune, infailliblement proposée par l’Église à tous les fidèles, elles fondent seulement une pieuse croyance distincte de la foi catholique. Une révélation privée comme celle faite à sainte Marguerite-Marie sur le culte à rendre au Sacré-Cœur, reste privée (en elle-même), mais elle attire l’attention sur les conséquences pratiques d’une vérité déjà connue : le Sacré-Cœur de Jésus mérite l’adoration et un culte de réparation et de louange. (4)

Prenons garde aux conséquences du principe de la « révélation [qui n’est que] privée » si on l’appliquait à toutes les interventions célestes.

La révélation à sainte Bernadette confirme le dogme de l’Immaculée Conception de Marie et rappelle le précepte évangélique de la prière et de la pénitence.

Mgr Charles GayMgr Charles Gay commente ainsi cette parole : Je suis l’Immaculée Conception : « La Vierge eût dit : Je suis l’Immaculée ; ou bien : Je suis celle qui a été conçue sans péché ; je suis la Vierge de l’Immaculée Conception, c’était le langage ordinaire, et tout le monde aurait compris. Mais pourquoi dire : « Je suis l’Immaculée Conception », comme si elle n’était pas seulement le sujet du mystère, mais le mystère lui-même, et que sa grâce et sa personne fussent comme identifiées ? […] partant de cette première grâce qui est la base et comme le germe de toutes les autres que Dieu lui a faites et qui l’ont élevée au-dessus de tout ce qui n’est pas lui, la douce Vierge de Lourdes, a voulu par là signifier le déploiement entier et la consommation parfaite de sa grâce initiale, et se montrer à nous comme la conception universelle de Dieu totalement accomplie dans une pure créature.

« N’est-ce pas d’ailleurs ce que nous trouvons explicitement écrit dans ces passages célèbres des Livres sapientiaux que l’Église, dans ses saints offices, approprie à la Mère de Dieu ? Moi, je suis sortie de la bouche du Très-Haut, née et posée dans son Esprit avant toute créature ; conçue dès le principe et, comme telle, présente à Dieu dans l’œuvre de sa création. (5) »

Bien que privée, la révélation à sainte Bernadette est en parfaite correspondance avec l’Écriture Sainte et la foi de l’Église ; elle réclame de ce fait notre assentiment et nous entraîne au culte que l’Église prescrit.

À Fatima, la révélation rappelle le privilège du Cœur Immaculée de Marie et attire notre attention sur la nécessité pressante d’une dévotion plus officielle et plus fervente voulue par le Père céleste pour le salut de l’Église et du monde. D’autre part, en se nommant « Notre-Dame du Rosaire » (allusion on ne peut plus claire à la victoire de Lépante), la Très Sainte Vierge rappelle que c’est avec son aide et par son intercession que nous vaincrons les forces du mal. Lorsque Notre-Dame enjoint, et avec quelle insistance ! : « Je veux que l’on dise le chapelet tous les jours… », ou bien encore : « Si l’on fait ce que je vais vous dire… », ces paroles et les autres ne sont pas anodines et facultatives, elles ont l’importance et l’autorité d’un oracle divin.

La révélation aux petits bergers de La Salette rappelle le devoir de conserver le dépôt de la foi, d’observer les commandements de Dieu et de l’Église, de ne pas donner à César ce qui revient à Dieu.

La doctrine enseignée par Dieu à sainte Catherine de Sienne, doctrine dont Pie II dit, dans sa Bulle de canonisation, qu’elle « fut infuse et non acquise » (6) ; et aussi au « secret que Montfort n’a pu trouver en aucun livre ancien ou nouveau, le secret de perfection qu’il a reçu de l’Esprit-Saint » (7), et dont Mgr Caron, Archevêque de Gênes, a dit que « Montfort [l’]avait écrit velut spiritu sancto afflatus : comme sous la dictée de l’Esprit-Saint. (8) » ? (9)

Les « révélations privées » n’étant pas des articles de foi, il semble que les papes n’aient commis aucune faute en ne tenant pas compte, dans le gouvernement de l’Église, des demandes du Ciel. Cependant, Notre-Seigneur a confié à sœur Lucie : « Fais savoir à mes ministres, étant donné qu’ils suivent l’exemple du roi de France en retardant l’exécution de mes demandes, qu’ils le suivront dans le malheur. » Le Pasteur a été frappé et avec lui la Hiérarchie, le Magistère, le Clergé et nous-mêmes, insignifiantes brebis.

III.          Double motif intrinsèque de crédibilité : substance et concordance du Message.

 

La Très Sainte Vierge Marie a commencé ainsi son Discours : « Avancez, mes enfants [chacun de nous], n’ayez pas peur [je veux votre plus grand bien] ; je suis ici pour vous annoncer une grande nouvelle. »

Mgr Jacques Marie Achille GinoulhiacQuelle « grande nouvelle » ? Le pourrissement des « truffes (10) » ou d’autres végétaux ? Non. Alors, le drame du tremblement mortel des petits enfants ? Non plus. Elle se trouve dans ce qu’on appelle le Secret, lequel devait être publié en 1858 mais qui ne l’a été que quelques années plus tard, Mélanie ayant été enfermée dans le Carmel de Darlington sur l’ordre du très impérialiste Mgr Ginoulhiac. Ce dernier n’hésita pas non plus à la traiter de folle. Mais cela est bien connu. (11)

Alors en quoi consiste donc cette « grande nouvelle », si grave que la Mère de Dieu daignât quitter le Paradis pour venir vers ses pauvres et indignes enfants de la terre, inconsolable et en larmes ? « La douleur m’accable ; mon visage est gonflé de larmes et mon regard tout obscurci. (12) »

1– « Rome perdra la foi et deviendra le siège de l’Antéchrist… L’Église sera éclipsée… » Chose inimaginable, incroyable, ceux qui ont mission de conduire les âmes au ciel deviendront des loups déguisés en brebis. Pie IX, Léon XIII et Saint Pie X confirmeront que le Mystère d’iniquité était déjà de leur temps en cours de réalisation. Nous traversons ces heures de tragiques ténèbres.

2– « II est temps ; le soleil s’obscurcit ; la foi seule vivra. » Saint Thomas d’Aquin dit : « Alors en effet, « le soleil s’obscurcira et la lune ne donnera plus sa lumière (13) … », parce que l’Église n’apparaîtra plus, tandis que les impies persécuteurs séviront outre mesure. Alors « des étoiles tomberont du ciel et les vertus des cieux seront ébranlées [Les Princes et les Colonnes de l’Église] », parce que beaucoup qui semblaient resplendir par la grâce de Dieu, cèderont aux persécuteurs et chuteront, et même les fidèles les plus fermes seront troublés » (Saint Thomas in Mat. 24, 29). Le soleil, c’est Jésus-Christ qui sera de moins en moins répandu et communiqué par ses ministres. Le corps des pasteurs, chargé d’administrer le Soleil, ira en s’affadissant jusqu’à cesser de dispenser sa lumière et sa chaleur. Durant cette désorientation universelle du Sel de la terre et de l’éclipse qui s’en suivra, que deviendront les baptisés privés de tout secours ministériel valide et licite ?

3– « Allez, montrez-vous comme mes enfants chéris ; je suis avec vous et en vous, pourvu que votre foi soit la lumière qui vous éclaire en ces jours de malheurs. »

La Très Sainte Vierge promet de prodiguer à ses « enfants chéris » tous les secours nécessaires pour parvenir à « la plénitude de l’âge », secours qui ne viendront plus par les canaux habituels de la grâce.

4– « voici le temps des temps, la fin des fins. » Marie annonce la fin des Temps, elle le confirmera à Fatima en 1917, en apportant à l’Église et au monde, de la part du Père, le dernier remède, le dernier recours, et il n’y en aura pas d’autre : le Rosaire et la dévotion à son Cœur Immaculé.

5– « La terre deviendra comme un désert. » Si l’on n’écoute pas les avertissements et les conseils de Notre-Dame, si l’on ne fait pas ce qu’elle demande, Dieu enverra sur le monde un châtiment universel qui fera « trembler d’épouvante les montagnes et la terre entière. »

6– « Voici le roi des rois des ténèbres… ». Le règne de l’Antéchrist est proche. Comme la Tradition le pense, les « deux témoins », non nommés par saint Jean dans son Apocalypse, seront Énoch et Élie.

7– « Tout sera renouvelé. » La purification sera totale et universelle. (14)

8– « Dieu sera servi et glorifié. » Ce sera le Règne de Dieu. Voir la Prière embrasée de saint Grignion de Montfort : « Templus faciendi, Domine, dissipaverunt legem tuam (15) ; il est temps de faire ce que vous avez promis de faire… »

Toutes ces annonces ne sont vraiment pas banales, mais propres à renverser un rationaliste, à réveiller un catholique endormi et à enflammer un juste !

La « grande nouvelle » n’est pas un autre Évangile, au sens des novateurs de tous les siècles et des conciliaires du jour ; elle est en parfaite conformité et correspondance avec l’Écriture Sainte, elle est une Apocalypse mariale ou, pour mieux dire et plus exactement, elle est le couronnement de la Bonne Nouvelle. Dès l’origine, l’Immaculée a reçu de Dieu le pouvoir et la mission d’écraser la tête de l’antique Serpent, elle est chargée de préparer le second Avènement de son Fils dont le règne n’aura pas de fin. À la fin des temps, elle « doit éclater, plus que jamais, en grâce, en force et en miséricorde (16) ». Voilà le pourquoi du grand Cycle marial débuté en 1830, lequel comprend les dogmes de l’Immaculée Conception et de l’Assomption, et aurait dû comprendre celui de la Médiation universelle de Marie. Rien en effet ne s’opposait à la définition du dogme de Marie Médiatrice, car cette doctrine est implicitement révélée et proposée par le magistère ordinaire, communément reçue par les chrétiens depuis la primitive Église. Les 2400 Princes de l’Église réunis au Vatican y renoncèrent, entraînés par une poignée de prélats modernistes et de leurs théologiens (les abbés Rahner, Semmelroth, Ratzinger, Grillmeier, Küng, etc.), lesquels craignaient de déplaire aux protestants et aux faux dévots, et par volonté de s’écarter de la Tradition ; ils consentirent à un compromis qui mettait en sourdine ce rôle de Marie (17). Une si noire ingratitude à l’égard de la Mère de Dieu ne pouvait rester impunie. La chute était inexorable.

« Si le maître de maison savait à quelle heure le voleur doit venir (18)… » Le maître de la parabole, explique le Père Durand, c’est Dieu, ou mieux encore, le Christ, qui, avant de retourner à son Père, a confié les gens de sa maison (l’Église) aux Apôtres et à leurs successeurs. La parabole concerne directement les membres de la hiérarchie ecclésiastique. Que fera le Maître à l’intendant infidèle lorsqu’il reviendra à l’improviste ? « II le fera déchirer de coups (littéralement : il le coupera en deux (19) ; et le rangera avec les hypocrites », c’est-à-dire avec les pharisiens, ces administrateurs infidèles de la Maison de Dieu (20).

Au peuple Hébreu, inconstant et rebelle, Moïse adressait ces paroles : « Je prends aujourd’hui à témoin le Ciel et la terre que je vous ai proposé la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction (21). » À tout son peuple, Marie fait de même. Elle l’exhorte à choisir la vie, afin que son Fils règne sur nous et sur notre postérité. Si par une légèreté insensée ou un criminel mépris, ce peuple ne fait pas cas de ses paroles, l’affliction seule lui donnera l’intelligence (22). Aussi le Seigneur présentera-t-il à tous les peuples un calice de vin très amer et tous en boiront, mais les pécheurs en épuiseront la lie (23). Ceux qui seront marqué du Thau, le sceau des élus, verront de leurs yeux le triomphe de Jésus-Christ, quand il secouera le monde des impies (24).

IV.          Identité et autorité de l’auteur du Discours.

 

L’Église mosaïque était fondée sur deux autorités : le Sacerdoce lévitique, ou autorité ordinaire et permanente, et le Prophétisme, ou autorité extraordinaire et intermittente. Les prophètes vétérotestamentaires étaient des messagers de Dieu, à l’image de Marie Reine des Prophètes. Mais Marie n’est pas, comme ces derniers, messagère au sens instrumental. Elle n’est pas une sorte de premier ministre, dit l’abbé Bouzoud : « Mais non ! Un ministre est pris, maintenu, renvoyé au gré de son souverain : Marie occupe un trône d’où elle ne descendra jamais. Un ministre est chez autrui ; Marie est chez elle, elle occupe une place qui est sienne et que personne ne peut tenir. Un ministre gère les affaires de son maître ; Marie gère les siennes, qui sont celles de Dieu même. Un ministre sert, obéit ; Marie ne sert pas, n’obéit pas. Au jour de l’Annonciation, il est vrai, elle s’est dite la servante du Seigneur ; ce titre, elle l’a gardé par humilité et par amour. Mais, au moment même où elle se le donnait, de servante elle devenait Mère de Dieu. (25) »

Jésus et Marie ont même Cœur et même Volonté. La céleste Trésorière a reçu tout pouvoir sur le Cœur de son Fils, qu’elle peut ouvrir à son gré pour répandre sur les hommes tous les trésors d’amour et de miséricorde, de lumière et de salut qu’il renferme (26).

« Marie est Reine, poursuit l’abbé Bouzoud, non par analogie, mais vraiment, par droit et par pouvoir. Par conséquent, elle dispose, elle gouverne, elle commande, elle règne. […] Au ciel, c’est Jésus qui règne, gouverne ; et Marie, qui y règne, y gouverne.

« Elle est Reine, comme son Fils est Roi. Comme lui, elle a un trône ; comme lui, un sceptre ; comme lui, une couronne. Elle fait partie du conseil divin : elle a voix dans ce conseil, elle délibère avec les trois personnes divines. Et je ne saurais dire laquelle des trois met le plus d’empressement à lui complaire. […]

« Reine, elle a le même empire que son Fils Roi, empire gouverné d’un commun accord : le ciel, la terre, le purgatoire, les enfers. Les anges, les saints, les hommes répandus sur la surface du globe, les damnés et les démons eux-mêmes s’inclinent et disent : « Salve Regina ! Notre Reine, salut ! »

« Reine, salut ! À nous surtout, habitants de la terre, de le dire. Car la Vierge exerce envers nous un ministère royal qui se résume dans une proposition consacrée : Marie est dispensatrice de la grâce. »

« Je vous ai donné six jours pour travailler et Je me suis réservé le septième, et on ne veut pas me l’accorder. »

« Si mon peuple [Jn XIX, 25-27] ne veut pas se soumettre… »

« … et tout le peuple de Dieu demandera mon aide et mon intercession… »

« J’adresse un pressant appel à la terre… »

« Eh bien ! mes enfants, vous le ferez passer [mon message] à tout mon peuple. (27) »

Notre-Dame de La Salette Parle En Nom Dieu. Pourquoi ? Parce que, répond saint Jean Eudes : « La divine volonté la remplit, la possède et l’anime tellement qu’elle est comme son âme, son esprit, son cœur et sa vie, en sorte qu’elle n’est qu’une même chose, s’il faut ainsi dire, avec la divine volonté (28). »

Parce que Notre-Dame est intimement liée à la Sainte Trinité, comme Fille, Épouse et Mère, il est juste et vrai d’affirmer que son Discours est un Oracle Divin. L’Église l’a canoniquement reconnu : c’est bien la Mère de Dieu qui a parlé à La Salette.

V.          La miséricordieuse mission de Marie exige ce Message.

 

L’Église fondée par Notre-Seigneur Jésus-Christ est visiblement gouvernée par les Vicaires de Jésus-Christ, par les saints docteurs et réformateurs et par des prophètes (les voyants des apparitions).

Le Saint-Esprit n’est captif de rien ni de personne. C’est pourquoi, saint Paul écrit aux Éphésiens : « Et c’est lui [le Christ] qui a fait les uns apôtres, les autres prophètes, d’autres évangélistes, d’autres pasteurs et docteurs. Pour la perfection des saints, pour l’œuvre du ministère, pour l’édification du corps du Christ, jusqu’à ce nous parvenions tous à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’un homme parfait, à la mesure de l’âge de la plénitude du Christ. (29) »

En ces derniers temps, marqués par l’irrémédiable déclin du clergé, dévoilé à La Salette, c’est la Reine des prophètes et des saints, la Mère de l’Église qui vient elle-même nous réveiller, nous éclairer, nous corriger, nous remettre dans la bonne voie… si nous le voulons bien. À l’approche de l’apostasie générale, le silence de la Mère de Miséricorde eut-il été concevable ?

L’abbé Bouzoud conclut ainsi sa méditation sur Marie, mère des hommes : « Et Marie pouvait dire comme son Fils : “ J’ai consommé, ô Père céleste, l’œuvre que vous m’avez donnée à faire, pour qu’ils aient la vie éternelle ; j’ai consommé l’enfantement des hommes. En leur donnant la vie, j’ai achevé ma première Maternité ; je commence la seconde, qui est d’amour et de miséricorde.” » Cette seconde Maternité, commencée au Calvaire, confirmée le jour de la Pentecôte, prendra fin, quant à l’action médiatrice, le jour où Jésus Roi d’Amour remettra le Royaume à son Père.

Au temps de Noé, « toute chair ayant corrompu sa voie, et la terre étant couverte par l’iniquité (30) », Dieu commanda à Noé de construire une arche, afin que les justes se réfugiassent avant le déluge universel destiné à châtier tous les coupables.

En ce temps d’apostasie des sociétés religieuse et civile, la mission d’amour et de miséricorde de notre Mère trouve un surcroît de nécessité et d’ampleur proportionnel au vide causé par la trahison des ministres de Jésus-Christ, et c’est pourquoi, après avoir annoncé la perte de la foi à Rome et la venue de l’Antéchrist, Notre-Dame appelle ses enfants à se donner totalement à elle, car elle est l’assurance de leur salut et la maîtresse de leur sanctification.

« … j’appelle mes enfants, mes vrais dévots, ceux qui se sont donnés à moi pour que je les conduise à mon divin Fils, ceux que je porte pour ainsi dire dans mes bras, ceux qui ont vécu de mon esprit… »

Marie est l’arche dans laquelle trouvent refuge, protection et instruction, tous ceux qui voient en elle leur dernière espérance de salut spirituel et temporel.

D’une manière générale, l’arche du salut est l’Église, et aussi, d’une manière très particulière en cette fin des temps, le Cœur Immaculé de Marie, car l’Église éclipsée où vivent et souffrent les âmes fidèles à la sainte foi de Dieu, « le petit troupeau » auquel le Bon Pasteur enjoint de ne rien craindre, l’Église éclipsée, c’est « la femme » de l’Apocalypse réfugiée au désert (31).

Et Isaïe : « Va, mon peuple, entre dans tes chambres, ferme les portes sur toi, cache-toi un peu pour un moment jusqu’à ce que soit passée l’indignation. (32) »

L’Église nous enseigne que « La femme vêtue du soleil », représente Marie et ses privilèges divins, qui « a enfanté Jésus-Christ et les fidèles (33) », car nous sommes, dit saint Paul, « un seul corps avec Jésus-Christ (34) » ; en elle est la vie : « Quiconque m’aura trouvée trouvera la vie, et il puisera dans le Seigneur le salut (35) ». Cette Femme de l’Apocalypse, « c’est [aussi] l’Église éclatante de la lumière de Jésus-Christ ; qui a sous ses pieds la lune : les lumières douteuses et changeantes de la sagesse humaine ; une couronne de douze étoiles : les douze apôtres (36) »

Grâce à son sens spirituel, que nous pouvons étudier ou méditer en distinguant les mystères de la Vierge et de l’Église, et en ayant toujours présent à l’esprit le sens littéral qui est premier : « la femme », la vision de saint Jean montre qu’il existe entre l’Immaculée et l’Église une union si intime, profonde et indissoluble, que la négligence des ministres de Jésus-Christ pour les demandes de sa Mère est punie par l’éclipse de l’Église et par ses conséquences. À l’abaissement de Marie correspondent le déclin et la chute des ministres. « … Dieu [les a] livrés à son ennemi… »

Parlant de l’amour de Jésus pour sa Mère, Mgr Gay dit : « … Marie résume son Église… (37) », et quelques pages plus loin : « Aimer Marie [parlant de l’Apôtre Jean qui nous représente], c’était déjà aimer l’Église dont elle est la somme éminente… (38) »

On ne conçoit pas l’Église sans Marie ni Marie sans l’Église. Bien sûr, celle-ci est fondée sur Pierre, et là où est Pierre, là est l’Église (Saint Ambroise et saint Cyprien). Pierre est le fondement, non le fondateur. Ce sont Jésus et Marie qui ont enfanté l’Église au Calvaire. Pierre est le Chef visible et le premier Serviteur du Christ. Marie n’est pas servante, elle est une Reine qui règne et gouverne ; son rôle est essentiel, incessible, irremplaçable ; sans elle, pas d’Incarnation, pas de Sauveur, pas de Rédempteur, pas de Loi nouvelle, pas de sacrements, pas d’Église, pas de société chrétienne. Aucun patriarche, prophète, martyr, confesseur, aucune vierge, aucun saint ou juste de tous les temps qui ne lui doive sa sainteté ou sa dignité. L’Église affirme que Marie est leur Reine. On ne peut ni amoindrir ni supprimer son rôle de Trésorière et de Dispensatrice de toute grâce, sans renverser l’économie de la Rédemption.

Quand le Siège de Pierre est usurpé par des valets de Satan et que les sacrements ne sont plus que des simulacres, le Refuge des pécheurs et Secours des chrétiens est là pour « défendre, nourrir, instruire et sauver (39) » ses enfants. N’est-elle pas notre Maman ? Marie formera elle-même dans le secret les Apôtres des derniers temps et les enverra en mission : « ….enfin, j’appelle les Apôtres des derniers temps. Allez, et montrez-vous comme mes enfants chéris [mes choisis] (40) »

Marie a promis de mettre fin à l’éclipse : « À la fin, mon Cœur Immaculé triomphera. » Avec SES choisis, elle écrasera l’Impie et réalisera l’Adveniat regnum tuum… et erit unum ovile et unus pastor. Telle est sa mission.

Le triomphe de l’Église et le triomphe de Marie, c’est tout UN.

 

 

 

Source du livre : https://books.google.fr/books?id=R8MnCQAAQBAJ&dq=%C3%89dition++++AEMC&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

À suivre…

 

 


[1] Louis Veuillot, L’illusion libérale, IX et X, p. 28-32, Dismas, 1986.

[2] Louis Veuillot, Op. cit.

[3] Lettre aux futurs évêques, le 29 août 1987. « La chaire de Pierre et les postes d’autorité de Rome sont occupés par des antichrists. » Autrement dit, le Saint-Siège et les sièges épiscopaux du monde entier ! C’est donc tout l’organisme vaticandeux qui est concerné ! Nous aurons à répondre à la question : Des ennemis du Christ peuvent-ils être des pasteurs légitimes, des représentants du Christ ?

[4] R.P. Garrigou-Lagrange, La Mère du Sauveur et notre vie intérieure.

[5] Mgr Charles Gay, Conférences aux mères chrétiennes, t. II, 5ème, p. 462, Marne, 1927. Voir tout le chap. VIII des Proverbes et le chap. XXIV de l’Ecclésiastique.

[6] R.P. J. Hurtaud, 0.P., Le Dialogue de Sainte Catherine de Sienne, T. I, P. XVII, Lethielleux, Paris, 1913.

[7] T.V.D., Th. Ronsin, S.M.M., Sup. Gén., Ayant-propos, p. VII, Libr. Mariale, Calvaire Montfort, Pontchâteau, 1942.

[8] T.V.D., Avant-propos, p. VIII.

[9] Sous la plume de Dom Bernard Maréchaux, O.S.B., on lit ceci :

« Émile et Célinie étaient déjà avancés en âge et ne songeaient plus qu’à servir Dieu par la prière et les bonnes œuvres, quand arriva le prodige que nous allons raconter. Dans une forêt voisine de Laon vivait un saint ermite aveugle, nommé Montan, qui priait ardemment pour la cessation des maux, notamment le fléau de la guerre, qui désolaient la Gaule-Belgique [au 5ème siècle]. Après une nuit tout entière passée en prière, il eut une révélation. Dieu lui commanda d’aller trouver au château de Laon la pieuse dame Célinie, et de lui annoncer qu’elle aurait un fils, et que ce fils était élu de Dieu pour le salut de tout le peuple. “Ce fils devra s’appeler Remi, ajouta l’oracle céleste, car il sera le remède aux maux qui affligent la terre.” » (Les saintes mères des saints, p. 49, Éditions du Sel). Célinie (sainte) crut que cette révélation privée était un oracle céleste et y conforma sa conduite, pour le plus grand profit de l’Église et de la France. Nous connaissons la suite. Nous savons aussi comment fut expliqué, par un solitaire soudain animé d’un esprit prophétique, le songe qu’avait eu Alette, alors qu’elle attendait un enfant qui devait être saint Bernard. L’hagiographie contient une multitude d’exemples semblables. Heureux siècles de sainte Foi !

[10] Pommes de terre, en patois de Corps.

[11] L’indéfectible constance de Mélanie, jusqu’à son dernier souffle, à affirmer que le Secret est celui de Marie, en dépit de toutes les tribulations dont la plupart lui sont venues d’une partie de l’épiscopat et du clergé, est le sceau de la Reine des prophètes en l’esprit de sa messagère.

[12] Job, XVI, 8 et 17.

[13] Mat. XXIV, 29.

[14] Voir Apoc. XXI et II Pi. III, 8-13.

[15] Ps. CXIX, 126.

[16] Saint Grignion de Montfort, TVD 50, 6°.

[17] Ralph Von Wilgen, Op. cit., p.151 à 156.

[18] Synoptiques : Matt. XXIV, 36-61 : Mc. XIII, 33-37 ; Lc. XXI, 34-38.

[19] Est-ce l’annonce d’une scission de la secte vaticandeuse ?

[20] Père Alfred Durand, L’Évangile selon Saint Matthieu, p. 444 à 448.

[21] Deut., XXX, 19.

[22] Ps. XXVIII, 19.

[23] Ps. LXXV, 9.

[24] Ez. IX, 5-6 et Job XXXVIII, 13.

Pour un regard plus approfondi de la concordance du Message de La Salette avec l’Écriture Sainte, nous invitons le lecteur à se reporter à l’étude du chanoine Émile Millon, insérée dans notre ouvrage La Femme et le Dragon, page 404 à 423.

[25] Abbé A. Bouzoud, Entretiens sur la Sainte Vierge, 1932, réédition Delacroix, 2005. Livre extraordinaire dont la lecture et la méditation sont vivement recommandées pour mieux connaitre Marie et l’aimer toujours davantage. (NDRL : dans la bibliothèque des ACRF : http://www.a-c-r-f.com/documents/BOUZOUD-Entretiens_sur_la_Sainte_Vierge.pdf)

[26] Souvenez-vous à Notre-Dame du Sacré-Cœur.

[27] Ordre donné deux fois.

[28] R.P. Hérambourg, Saint Jean Eudes, ses vertus, p. 75.

[29] Eph. IV, 12-16

[30] Gen. VI, VII.

[31] Apoc. XII, 6.

[32] Ps. XXVI, 20.

[33] Bossuet, Sermons panégyriques, t. 6, p. 394, Lebel, Versailles, 1822.

[34] Ro. XII, 5.

[35] Prov. VIII, 35.

[36] Scripturæ Sacræ, cursus completus, Commentaire de l’Apocalypse, chap. XII, p. 1321, Migne, 1840.

[37] Op. Cit. p. 469.

[38] Op. Cit. p. 475.

[39] Oraison du Père de Montfort à l’usage des personnes ayant fait la “Consécration”.

[40] Pourquoi dans le secret ? « La vertu se dérobe, pour l’ordinaire, aux regards des hommes. Elle cherche des lieux écartés, et ne peut avoir pour confidents de ses œuvres que les esprits célestes. Mais, malgré cet amour de l’obscurité, la vertu ne saurait demeurer longtemps cachée, les ombres, qui la couvrent s’évanouissent avec le temps, et Dieu la tire, enfin, des ténèbres, pour la montrer au grand jour. » (R. P. Calixte de la Providence, Vie de saint Félix de Valois, p. 13, Bray, 1869).

 

 

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