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Du Saint Carême et de la dévotion à la Sainte Face de Notre-Seigneur

2015 février 17

 

Du Saint Carême et de la dévotion à la Sainte Face de Notre-Seigneur.

 

En ce Mardi dans la Quinquagésime,

Fête de la Sainte Face de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

L’image de la Sainte Face de Notre-Seigneur diffusée à la suite du miracle du 6 janvier 1849L’image de la Sainte Face de Notre-Seigneur diffusée à la suite du miracle du 6 janvier 1849
et telle qu’elle est exposée dans l’« Oratoire de la Sainte Face », à Tours

 

Le mardi dans la Quinquagésime est le jour particulier qui, à la veille de l’entrée dans le grand et saint Carême, a été assigné pour la célébration de la fête liturgique de la Sainte Face de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Ce n’est pas une fête inscrite au calendrier universel, mais une fête propre à certains diocèses, paroisses ou congrégations religieuses, et c’est aussi – bien évidemment – la fête patronale de l’Archiconfrérie de la Sainte Face.

L’origine de cette archiconfrérie est liée à Monsieur Léon Papin-Dupont, surnommé « le saint homme de Tours » (1797-1876) : ce pieux laïc a marqué profondément le catholicisme du XIXe siècle et pas seulement à Tours, où il vécut, car il eut, en effet, un rayonnement qui dépassa les frontières de la France.

On lui doit en particulier l’initiative des fouilles qui permirent la redécouverte du tombeau de Saint Martin, perdu en raison de la destruction – lors de la grande révolution – de l’antique basilique qui lui servait d’écrin.

Bannière du Sacré-Cœur brodée en 1870 par les Visitandines de Paray-le-Monial à la bataille de LoignyIl fut un chrétien très actif dans les œuvres de charité et pour le renouveau spirituel catholique du milieu du XIXe siècle. Notons aussi que c’est à lui que fut envoyée la bannière du Sacré-Cœur brodée en 1870 par les Visitandines de Paray-le-Monial, bannière afin qu’il la remît au colonel-baron Athanase de Charette de La Contrie, qui rentrait de Rome avec les Zouaves Pontificaux, cette bannière qui serait bientôt après élevée au milieu de la terrible et célèbre bataille de Loigny.

Monsieur Léon Papin-Dupont avait accueilli avec ferveur les révélations particulières transmises par Sœur Marie de Saint-Pierre (1816-1848), carmélite de Tours, concernant la dévotion réparatrice à la Sainte Face de Notre-Seigneur.

Monsieur Léon Papin-Dupont, « le saint homme de Tours ».Monsieur Léon Papin-Dupont, « le saint homme de Tours ».

 

À la suite du miracle de l’apparition de la Sainte Face sur le voile dit de Véronique, à Rome le 6 janvier 1849, Monsieur Dupont avait obtenu un fac-similé de cette relique qu’il exposa dans son salon transformé en oratoire.

Dès lors, cet « oratoire de la Sainte Face » devint un lieu de très grandes grâces, un foyer d’intense dévotion et le centre spirituel à partir duquel rayonna le culte de la Sainte Face.

En 1884, Son Excellence Monseigneur l’Archevêque de Tours érigea canoniquement dans cet oratoire une confrérie, qui, dès l’année suivante, fut élevée au rang d’archiconfrérie par Sa Sainteté le pape Léon XIII (1er octobre 1885).

Tous les membres de la famille Martin d’Alençon (puis de Lisieux) étaient membres de l’Archiconfrérie de la Sainte Face, et l’on sait à quel point le culte de la Sainte Face tient une place de tout premier ordre dans la vie religieuse de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de la Sainte Face

L’Oratoire de la Sainte Face, dans la maison de Monsieur Dupont à Tours, dans son état originelL’Oratoire de la Sainte Face, dans la maison de Monsieur Dupont, à Tours :
ci-dessus dans son état originel

 

Après ce bref rappel historique, vous trouverez ci-dessous en annexe, quelques textes, extraits des anciens manuels et livrets de dévotion de l’Archiconfrérie de la Sainte Face : ils font ressortir combien – malheureusement ! – cette dévotion garde toute sa brûlante et douloureuse actualité, spécialement pour ce qui touche au blasphème et au respect du dimanche…

Nous vous souhaitons une très sainte et fervente entrée en Carême.

“Si vous ne faites pénitence, vous périrez tous” (Luc, xiii, 3)

 

Entrons en carême avec sérieux et courage, seul moyen d’être agréable à Dieu et de racheter nos péchés

Faisons pénitence comme nos pères, là est la source de nombreuses grâces

Le Carême est un temps spécialement consacré à la pénitence ; et la pénitence s’y exerce principalement par la pratique du jeûne. Le jeûne est une abstinence volontaire que l’homme s’impose en expiation de ses péchés, et qui, durant le Carême, s’accomplit en vertu d’une loi générale de l’Église. Dans la discipline actuelle de l’Occident, le jeûne du Carême n’est pas d’une plus grande rigueur que celui qui est imposé aux Vigiles de certaines fêtes et aux Quatre-Temps ; mais il s’étend à toute la série des quarante jours, et n’est suspendu que par la solennité du dimanche. Nous n’avons pas besoin de démontrer à des chrétiens l’importance et l’utilité du jeûne ; les divines Écritures de l’Ancien et du Nouveau Testament déposent tout entières en faveur de cette sainte pratique. On peut même dire que la tradition de tous les peuples vient y joindre son témoignage ; car cette idée que l’homme peut apaiser la divinité en soumettant son corps à l’expiation a fait le tour du monde et se retrouve dans toutes les religions, même les plus éloignées de la pureté des traditions patriarcales.

Dom Guéranger, du Carême ; à télécharger, lire et méditer pour cette entrée dans le Carême, 12p :

 

 

Annexe

 La Sainte Face de Notre-Seigneur Jésus-Christ

 

— Notions sur la dévotion à la Sainte Face —
(tirées d’un livret publié avec imprimatur en 1959)

La dévotion à la Sainte Face a pour but principal de rendre à la Face adorable de Jésus-Christ défigurée dans la Passion, des hommages de respect et d’amour ; de réparer les blasphèmes et la violation du dimanche qui l’outragent de nouveau ; enfin, d’obtenir de Dieu la conversion des blasphémateurs et des profanateurs du saint jour.

Cette touchante dévotion, que Notre-Seigneur semble avoir instituée Lui-même le jour de Sa mort, en imprimant miraculeusement Ses traits ensanglantés sur le voile de Véronique, a toujours été connue et pratiquée dans l’Église. Le saint voile, conservé précieusement à Rome dans la basilique Vaticane, y est entouré d’honneurs et de marques de confiance. Plusieurs fois l’an, on l’expose à la vénération des fidèles. Les Souverains Pontifes ont accordé de nombreuses indulgences à ceux qui visitent pieusement cette relique insigne.

Plusieurs saints et saintes se sont distingués par leur piété envers la divine Face et en ont retiré toutes sortes de fruits de grâces pour le salut ; nous citerons parmi les personnes mortes en odeur de sainteté, la Sœur Marie de Saint-Pierre, carmélite de Tours, la Mère Marie-Thérèse, fondatrice de la congrégation de l’Adoration Réparatrice, enfin le vénéré M. Dupont, l’infatigable propagateur du culte de la Sainte Face. Cette dévotion a pris en ces derniers temps un développement considérable. C’est un souffle de l’Esprit-Saint qui semble passer sur tout l’univers catholique, c’est un remède providentiel offert au monde pour combattre les ravages de l’impiété et se prémunir contre les fléaux de la divine justice.

Les magnifiques et consolantes promesses de Notre-Seigneur, confirmées par une heureuse expérience, montrent combien la dévotion à la Sainte Face est agréable à Dieu et utile à tous les chrétiens. Que de succès dans les affaires, que de lumières surnaturelles, que de conversions inespérées, que de grâces de choix obtenues par ce moyen ! En particulier, que de guérisons merveilleuses opérées par la vertu de l’huile qui brûle constamment à Tours devant la vénérable image.

Il est à remarquer que Notre-Seigneur, en aucune partie de Son Corps adorable, n’a souffert autant de mauvais traitements, d’outrages et d’ignominies qu’en Son aimable Visage. Aucune circonstance de la Passion n’a été aussi clairement annoncée par les Prophètes, ni aussi minutieusement rapportée par les Évangélistes. Tous ces détails n’ont pas été consignés dans l’Écriture sans un dessein particulier de Dieu. Ils nous exhortent éloquemment à donner, entre les différents mystères de la douloureuse Passion du Rédempteur, une place à part aux humiliations et aux douleurs de Sa Très Sainte Face.

Chrétiens, qui avez à cœur la gloire de Dieu et le salut du prochain, avec une confiance absolue, priez devant l’image de la Face sanglante et humiliée de votre Sauveur. En réparation de toutes les impiétés du monde, offrez au Père adorable cette Face avec Ses tristesses, Ses larmes, Ses meurtrissures, Ses plaies, Son sang, Ses ignominies. Par là, vous apaiserez la colère de Dieu, vous obtiendrez la conversion de vos frères égarés, vous contribuerez puissament au triomphe de l’Église et au salut de la patrie, et vous participerez aux magnifiques récompenses que promet Notre-Seigneur.

Albrecht Dürer : la Sainte Face portée par deux angesAlbrecht Dürer : la Sainte Face portée par deux anges (1513 – musée du Louvre)

 

Promesses faites par Notre-Seigneur Jésus-Christ
en faveur de tous ceux qui honoreront Sa Sainte Face :
(promesses données à Sainte Gertrude, Sainte Mechtilde et Sœur Marie de Saint-Pierre)

 

1 – « Ils recevront en eux, par l’impression de Mon humanité, un vif éclat de Ma divinité, et ils en seront éclairés au fond de l’âme, de sorte que, par la ressemblance de Mon Visage, ils brilleront plus que beaucoup d’autres dans la vie éternelle » (Sainte Gertrude, « Insinuations » livre I, chap. VII).

2 – Sainte Mechtilde demandant à Notre-Seigneur que ceux qui célèbrent la mémoire de Sa douce Face ne soient jamais privés de Son aimable compagnie, Il répondit : « Pas un d’eux ne doit être séparé de Moi » (Sainte Mechtilde, « de la grâce spirituelle » livre I, chap. XIII).

3 – « Notre-Seigneur, dit la Sœur Marie de Saint-Pierre, m’a promis d’imprimer dans les âmes de ceux qui honoreront Sa Très Sainte Face, les traits de Sa divine ressemblance » (21 janvier 1847). « L’image de cette face adorable est comme le cachet de la divinité qui a la vertu de réimprimer, dans les âmes qui s’appliquent à Elle, l’image de Dieu » (6 novembre 1845).

4 – « Vous obtiendrez par la dévotion à l’image de Ma Sainte Face le salut de beaucoup de pécheurs. Par cette offrande, rien ne vous sera refusé. Si vous saviez combien la vue de Ma Face est agréable à Mon Père ! » (22 novembre 1846).

5 – « Tous ceux qui s’appliqueront à honorer Ma Sainte Face en esprit de réparation feront en cela l’office de la pieuse Véronique » (27 octobre 1847).

6 – « Selon le soin que vous aurez de réparer Mon portrait défiguré par les blasphémateurs, de même J’aurai soin du vôtre qui a été défiguré par le péché ; J’y imprimerai Mon image et Je le rendrai aussi beau qu’il était au sortir des fonts du baptême » (3 novembre 1845).

7 – « Notre-Seigneur m’a promis, dit encore la Sœur Saint-Pierre, pour tous ceux qui défendraient Sa cause en cette œuvre de réparation, par paroles, par prières ou par écrits, qu’Il défendrait leur cause devant Son Père ; à leur mort, Il essuiera la face de leur âme, en effaçant les taches du péché, et leur rendra leur beauté primitive » (12 mars 1846).

 

 

 

3 réponses
  1. Nordland
    Nordland lien permanent
    février 17, 2015

    Bon et saint Carême à tous.

    Profitons bien de ce temps que le Bon Dieu nous donne !

    Pénitence de la chair mais surtout pénitence de l’esprit. Relire l’Année Liturgique sur ce sujet est capital ! Ne nous contentons pas du strict minimum ! Soyons généreux !

     

  2. Charles
    Charles lien permanent
    février 18, 2015

    Aide-mémoire pour nos lecteurs :

     

    Mercredi des Cendres : jour de jeûne et d’abstinence
     
    Des règles du jeûne
     
    La loi du jeûne oblige tous les fidèles non excusés ou dispensés, dont l’âge se situe entre les 21 ans révolus et les 60 ans également révolus. Celle de l’abstinence de la viande oblige dès l’âge de 7 ans.
    Le jeûne consiste à faire un seul repas pas jour, mais deux petites collations, que les théologiens limitent à 60 grammes le matin et 250 grammes le soir, sont tolérées.
    Les jours de pénitence sont les suivants :
     
    I – De la seule abstinence de la viande
     
    Tous les vendredis sauf ceux dans lesquels tombe une fête de précepte.
     
    II – De l’abstinence et du jeûne
     
    1) le mercredi des Cendres
    2) chaque vendredi et samedi de Carême
    3) les mercredi, vendredi et samedi des Quatre-Temps, ou des quatre saisons, c’est à dire :
    a) – du printemps, dans la première semaine de Carême
    b) – de l’été, dans la semaine de Pentecôte
    c) – de l’automne, dans la troisième semaine de septembre
    d) de l’hiver, dans la troisième semaine de l’Avent
    4) les vigiles :
    a) de Noël, le 24 décembre
    b) de la Pentecôte
    c) de l’Immaculée Conception (7 décembre)
    d) de la Toussaint (31 octobre)

     
    III – Du jeûne seul
     
    Tous les autres jours de férie du Carême

     

  3. Ludovicus
    Ludovicus lien permanent
    février 18, 2015

    Félicitations à Cave ne Cadas, pour cette magnifique introduction à la Sainte Quarantaine et ce bon article sur le vénérable M. Dupont.

    Revêtez-vous de l’armure de Dieu, afin de pouvoir résister aux embûches du diable. Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les princes, contre les puissances, contre les dominateurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits mauvais répandus dans l’air. C’est pourquoi prenez l’armure de Dieu, afin de pouvoir résister au jour mauvais, et après avoir tout surmonté, rester debout. Soyez donc fermes, les reins ceints de la vérité, revêtus de la cuirasse de justice, et les sandales aux pieds, prêts à annoncer l’Évangile de paix. Et surtout, prenez le bouclier de la foi, par lequel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du Malin. Prenez aussi le casque du salut, et le glaive de l’Esprit, qui est la parole de Dieu.Ep. 6, 11-17

    Saint Carême.
     

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