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14 novembre. Saint Josaphat Kuncewicz de Wladimir, archevêque de Polotsk et martyr. 1623.

2014 novembre 14

 

La seule solution pour la conversion de la Russie !


Dom Guéranger, L’Année Liturgique

Le XIV Novembre

Saint Josaphat Kuncewicz de Wladimir, archevêque de Polotsk et martyr. 1623.

Saint Josaphat, Évêque et Martyr.

 

Contemporain de François de Sales et de Vincent de Paul, Josaphat Kuncewiez a l’allure d’un moine grec du XI° siècle, pénitent à la façon d’un ascète de la Thébaïde. Étranger à la culture intellectuelle de l’Occident, il ne connaît que les livres liturgiques et les textes sacrés à l’usage de son église ; prêtre, archimandrite, réformateur de son Ordre basilien, et enfin archevêque, il combat toute sa vie contre les conséquences du schisme de Photius ; et martyr, il cueille enfin dans cette lutte la palme de la victoire. Cependant la scène se passe en pleine Europe, dans des contrées soumises alors à la Pologne catholique, sous le règne du plus pieux de ses rois. Comment expliquer ce mystère ?

« Au lendemain des invasions mongoles, la Pologne reçut dans ses bras bien plus qu’elle ne conquit la nation ruthène, c’est-à-dire les Slaves du rit grec du Dnieper et de la Dwina, qui avaient formé autour de Kiew, leur métropole religieuse et leur capitale, le noyau primitif de cette puissance, appelée aujourd’hui la Russie. En faisant participer à sa vie nationale ces frères séparés, mais non pas ennemis de l’unité romaine, qui venaient à elle pleins de confiance dans sa force et dans son équité, la Pologne aurait assuré le triomphe de la cause catholique et sa propre hégémonie dans le monde slave tout entier. L’union au Pontife romain des nouveaux arrivants, qui avec plus d’esprit politique et de zèle religieux, aurait dû être conclue dès le XIV° siècle, ne fut proclamée qu’en 1595.

« Ce fut l’Union de Brzesc. Par le pacte signé dans cette petite ville de Lithuanie, le métropolite de Kiew et les autres évêques grecs, sujets de la Pologne, déclaraient rentrer dans la communion du Saint-Siège apostolique. Chefs spirituels de la moitié de la nation, ils achevaient ainsi la fusion des trois peuples ruthène, lithuanien et polonais, réunis alors sous le sceptre de Sigismond III. Or une réforme religieuse, fût-elle décrétée dans un concile, ne devient une réalité que si des hommes de Dieu, de vrais apôtres et, au besoin, des martyrs apparaissent pour la consommer. Tel fut le rôle de saint Josaphat, l’apôtre et le martyr de l’Union de Brzesc. Ce qu’il ne fit pas lui-même, ses disciples l’achevèrent. Un siècle de gloire était assuré à la nation, et sa ruine politique en fut de deux cents ans retardée.

« Mais la Pologne laissa dans un état d’infériorité humiliante ce clergé et ce peuple du rit gréco slave, qui s’abritaient dans son sein ; ses politiques n’admirent jamais dans la pratique que des chrétiens du rit grec pussent être de véritables catholiques, égaux à leurs frères latins. Bientôt cependant un duel à mort allait s’engager entre la Moscovie, personnifiant l’influence gréco-slave, et la Pologne latine. On sait comment cette dernière fut vaincue. Les historiens signalent les causes de sa défaite ; mais ils oublient d’ordinaire la principale, celle qui l’a rendue irrémédiable : la destruction presque totale de l’Union de Brzesc, le retour forcé au schisme de l’immense majorité des Ruthènes ramenés autrefois à l’Église catholique par saint Josaphat. La consommation de cette œuvre néfaste, bien plus que les circonstances politiques et les triomphes militaires, a rendu définitive la victoire de la Russie. La Pologne, réduite à ses neuf ou dix millions de Latins, ne peut plus lutter contre sa rivale d’autrefois, devenue sa rude dominatrice d’aujourd’hui.

« La puissance des Slaves séparés de l’unité catholique grandit chaque jour. De jeunes nations, émancipées du joug musulman, se sont formées dans la presqu’île des Balkans ; la fidélité au rite gréco-slave, dans lequel s’identifiaient pour eux leur nationalité et le christianisme, a été la force unique qui a empêché ces peuples d’être broyés sous les pieds des escadrons turcs ; victorieux de l’ennemi séculaire, ils ne peuvent oublier d’où leur est venu le salut : la direction morale et religieuse de ces nations ressuscitées appartient à la Russie. Profitant de ces avantages avec une habileté constante et une énergie souveraine, elle développe sans cesse son influence en Orient. Du côté de l’Asie, ses progrès sont plus prodigieux encore. Le tzar qui, à la fin du XVIII° siècle, commandait seulement à trente millions d’hommes, en gouverne aujourd’hui cent vingt-cinq ; et par la seule progression normale d’une population exceptionnellement féconde, avant un demi-siècle, l’Empire comptera plus de deux cents millions de sujets.

« Pour le malheur de la Russie et de l’Église, cette force est dirigée présentement par d’aveugles préjugés. Non seulement la Russie est séparée de l’unité catholique, mais l’intérêt politique et le souvenir des luttes anciennes lui font croire que sa grandeur est identifiée avec le triomphe de ce qu’elle appelle l’orthodoxie et qui est simplement le schisme photien. Pourtant, toujours dévouée et généreuse, l’Église romaine ouvre les bras pour recevoir sa fille égarée ; et, oubliant les affronts qu’elle en a reçus, elle réclame seulement qu’on la salue du nom de mère. Que ce mot soit prononcé, et tout un douloureux passé sera effacé.

« La Russie catholique, c’est la fin de l’Islam et le triomphe définitif de la Croix sur le Bosphore, sans péril aucun pour l’Europe ; c’est l’empire chrétien d’Orient relevé avec un éclat et une puissance qu’il n’eut jamais ; c’est l’Asie évangélisée, non plus seulement par quelques prêtres pauvres et isolés, mais avec le concours d’une autorité plus forte que celle de Charlemagne. C’est enfin la grande famille slave réconciliée dans l’unité de foi et d’aspirations pour sa propre grandeur. Cette transformation sera le plus grand événement du siècle qui la verra s’accomplir et changera la face du monde.

« De pareilles espérances ont-elles quelque fondement ? Quoi qu’il arrive, saint Josaphat sera toujours le patron et le modèle des futurs apôtres de l’Union en Russie et dans tout le monde gréco-slave. Par sa naissance, son éducation, ses études, toutes les allures de sa piété et toutes les habitudes de sa vie, il ressemblait plus aux moines russes d’aujourd’hui qu’aux prélats latins de son temps. Il voulut toujours la conservation intégrale de l’antique liturgie de son Église, et, jusqu’à son dernier soupir, il la pratiqua avec amour sans altération, sans diminution aucune, telle que les premiers apôtres de la foi chrétienne l’avaient apportée à Kiew de Constantinople. Puissent s’effacer les préjugés, fils de l’ignorance ; et si décrié que soit aujourd’hui son nom en Russie, saint Josaphat sera, aussitôt que connu, aimé et invoqué par les Russes eux-mêmes.

« Nos frères gréco-slaves ne peuvent fermer plus longtemps l’oreille aux appels du Pontife suprême. Espérons donc qu’un jour viendra et qu’il n’est pas éloigné, dans lequel la muraille de division s’écroulera pour jamais, et le même chant d’action de grâces retentira à la fois sous le dôme de Saint-Pierre et les coupoles de Kiew et de Saint-Pétersbourg ».

(Rme D. A. Guépin, Un apôtre de l’union des Églises au XVII° siècle, saint Josaphat ; en l’Avant-propos, passim).

 * * *

Nous n’aurons pas la prétention de rien ajouter à ces considérations autorisées, que le récit liturgique complétera de lui-même.

Saint Josaphat Kuncewicz de Wladimir, archevêque de Polotsk.

Josaphat Kuncewicz naquit de parents catholiques et nobles d’origine à Wlodimir en Volhinie. Un jour de son enfance que sa mère lui parlait de la passion du Seigneur, il fut blessé au cœur d’un trait parti du côté de l’image de Jésus crucifié. Embrasé de l’amour divin, il se livra dès lors de telle sorte à la prière et autres œuvres pieuses, qu’il était l’exemple et l’admiration de ses compagnons plus âgés. À vingt ans il embrassa la règle monastique dans le cloître basilien, et fit dans la perfection évangélique des progrès merveilleux. Il marchait nu-pieds dans les plus grands froids des rigoureux hivers de ces régions. L’usage de la viande lui était inconnu ; et pareillement celui du vin, sauf quand l’y contraignait l’obéissance. Il garda jusqu’à la mort sur sa chair un rude cilice. Inviolable demeura la fleur de pureté que dès l’adolescence il avait vouée à la Vierge Mère de Dieu. La renommée de sa vertu et de sa science devint telle en peu de temps, qu’on le mit malgré sa jeunesse à la tête du monastère de Byten, et que bientôt archimandrite de Vilna, il fut enfin, contre son gré, mais à la grande joie des catholiques, proclamé archevêque de Potock.

Cette dignité nouvelle ne changea rien à son genre de vie ; le culte divin, le salut des brebis à lui confiées eurent tout son cœur. Champion infatigable de l’unité catholique et de la vérité, il consacra ses forces à ramener schismatiques et hérétiques à la communion du Siège de saint Pierre. Des erreurs impies, d’impudentes calomnies étaient répandues contre le Souverain Pontife et la plénitude de sa puissance ; il ne faillit jamais à la tâche de les défendre, soit par ses discours, soit en des écrits pleins de piété et de doctrine. Il revendiqua les droits épiscopaux et les biens d’Église que des laïques avaient usurpés. Incroyable fut le nombre des hérétiques ramenés par lui au sein de la Mère commune. Que surtout Josaphat ait été le promoteur incomparable de l’union de l’Église grecque avec l’Église latine, c’est ce qu’attestent expressément les déclarations du pontificat suprême. En outre, c’était à restaurer la splendeur du temple de Dieu, à construire des asiles pour les vierges sacrées, à mille œuvres pies, qu’allaient comme d’eux-mêmes tous les revenus de son évêché. Sa charité envers les malheureux était si grande qu’un jour, ne trouvant rien pour soulager la misère d’une pauvre veuve, il fit mettre en gage son omophorion ou pallium épiscopal.

Tels furent les progrès de la foi catholique, que des hommes pervers en vinrent dans leur haine contre l’athlète du Christ à conspirer sa mort ; lui-même, dans un discours à son peuple, l’avait annoncée. Vitebsk en fut le lieu. À l’occasion de la visite pastorale de l’archevêque, les conjurés envahissent sa demeure, frappant et blessant tout ce qu’ils rencontrent. Lui très doux cependant vient de lui-même au-devant de ceux qui le cherchent, et leur parlant avec amour : Mes petits enfants, dit-il, pourquoi frappez-vous mes gens ; si vous avez quelque chose contre moi, me voici. Alors, se précipitant, ils le meurtrissent de coups, le percent de traits, l’achèvent d’un coup de hache, et le jettent dans le fleuve. C’était le douzième jour de novembre, et l’an mil six cent vingt-trois ; Josaphat était dans sa quarante-troisième année. Son corps, enveloppé d’une lumière miraculeuse, fut retiré du fond des eaux. Ce fut aux parricides mêmes que profita tout d’abord le sang du Martyr ; condamnés à mort, presque tous abjurèrent le schisme, en détestant leur crime. La mort du grand évêque fut suivie d’éclatants et nombreux miracles, qui portèrent le Souverain Pontife Urbain VIII à lui décerner les honneurs des Bienheureux. Le trois des calendes de juillet de l’an mil huit cent soixante-sept, en la solennité centenaire des Princes des Apôtres, étant présent le collège des Cardinaux avec près de cinq cents Patriarches, Métropolitains ou Évêques de tous rites assemblés de toutes les parties du monde en la basilique vaticane, Pie IX inscrivit solennellement parmi les Saints ce défenseur de l’unité de l’Église. Il fut le premier des Orientaux glorifiés en cette sorte. Léon XIII, Souverain Pontife, étendit son Office et sa Messe à l’Église entière.

 

Simmler, Martyre de Josaphat Kuncevyc

Martyre de Josaphat Kuncevyc (c. 1861) par Józef Simmler, Musée National de Varsovie.

 

« Daignez, Seigneur, nous écouter et susciter en votre Église l’Esprit dont fut rempli le bienheureux Josaphat, votre Martyr et Pontife » (Collecte de la fête). Ainsi prie aujourd’hui la Mère commune ; et l’Évangile achève de montrer son désir d’obtenir des chefs qui vous ressemblent (Jean, X, 11-16). Le texte sacré nous parle du faux pasteur qui fuit dès qu’il voit le loup venir ; mais l’Homélie qui l’explique dans l’Office de la nuit flétrit non moins du titre de mercenaire le gardien qui, sans fuir, laisse en silence l’ennemi faire son œuvre à son gré dans la bergerie (Chrys. in Jean, Homil. LIX). « Ô Josaphat, préservez-nous de ces hommes, fléau du troupeau, qui ne songent qu’à se paître eux-mêmes » (Ibid.). « Puisse le Pasteur divin, votre modèle jusqu’à la fin (Jean, XIII, 1), jusqu’à la mort pour les brebis » (Ibid. X, 2), « revivre dans tous ceux qu’il daigne appeler comme Pierre en part d’un plus grand amour » (Ibid. XXI, 15-17).

 

« Apôtre de l’unité, secondez les vues du Pontife suprême rappelant au bercail unique ses brebis dispersées » (Ibid. X, 16). Les Anges qui veillent sur la famille Slave ont applaudi à vos combats : de votre sang devaient germer d’autres héros ; les grâces méritées par son effusion soutiennent toujours l’admirable population des humbles et des pauvres de la Ruthénie, faisant échec au schisme tout-puissant ; tandis que, sur les confins de cette terre des martyrs, renaît l’espérance avec le renouvellement de l’antique Ordre basilien dont vous fûtes la gloire. Puissent-elles ces grâces déborder sur les fils des persécuteurs ; puisse l’apaisement présent préluder au plein épanouissement de la lumière, et les ramener à leur tour vers cette Rome qui a pour eux les promesses du temps comme de l’éternité !

 

 

20 réponses
  1. Ludovicus
    Ludovicus lien permanent
    novembre 15, 2014

    Apôtre de la véritable unité et assez peu œcuménique, un grand martyr a honorer.

    Son corps repose à Saint Pierre de Rome (occupée).

  2. Avatar
    hagetmau lien permanent
    novembre 15, 2014

    Très intéressantes observations. On comprend pourquoi il y a actuellement une opposition pratiquement mondiale contre la Russie. La Contre-Église sait très bien que la Russie représente un danger incommensurable pour ses intérêts et fait tout ce qu’elle peut pour la maintenir dans un certain état de sujétion.

    J’ajouterai aussi, et c’est là le point capital depuis Fatima, que la clé du dénouement de la crise universelle, dans l’Église et dans la société civile, c’est la CONSÉCRATION DE LA RUSSIE au CŒUR IMMACULÉ DE MARIE. Il n’y a pas d’autre solution, comme l’a dit la TSV Marie. Il est quand même mystérieux que depuis Pie XI la Russie n’ait pas été consacrée comme le Ciel le demandait (y compris Pie XII qui a tout fait sauf ce qui était expressément demandé !…). C’est que le résultat doit bouleverser le Monde et nos ennemis (lucifériens) ne doivent pas avoir envie d’un monde rechristianisé, d’une Église triomphante (comme l’annoncent toutes les prophéties) et que leur immonde société de surveillance à la 1984 et au “Meilleur des Mondes” soit réduite en cendres.

    Raison de plus de prier sans relâche pour que cet heureux événement ait enfin lieu. Il est vraiment temps que le Mondialisme Anglo-Israélo-Saxon disparaisse de la surface de la Terre !…
     

    • charles
      charles lien permanent
      novembre 15, 2014

      Tout à fait Hagetmau !!!

      Et vous me permettrez d’ajouter et de penser — à titre tout à fait personnel — que cette impossibilité mystérieuse de la consécration de la Russie, MÊME DU TEMPS DE L’ÉGLISE EN ORDRE, s’explique par le mystère d’iniquité déjà à l’œuvre dans l’Église et dont le CHÂTIMENT ultime (?) fut le conciliabule de Vatican d’EUX !!!!
       

      • Avatar
        hagetmau lien permanent
        novembre 16, 2014

        Oui, bien vu ; sans cette clé du “Mystère d’iniquité” à l’œuvre dans l’Église, bien avant le Concile, on ne peut s’expliquer certaines défaillances. C’est d’ailleurs le thème du livre d’Augustin Delassus, paru aux ESR, à la fin du premier trimestre 2014. L’Ennemi était déjà dans la place pour bloquer certaines entreprises qui lui auraient été préjudiciables. Il est vraiment temps que Dieu nettoie ces immondes “Écuries d’Augias”…

         

  3. Avatar
    Abenader lien permanent
    novembre 17, 2014

    Cher Hagetmau, je suis toujours surpris et étonné lorsque je lis, comme vous l’écrivez, que la Russie doit être consacrée au Cœur Immaculé de Marie, parce que cette consécration a déjà été faite, par Pie XII, en son Encyclique Sacro vergente anno du 7 juillet 1952 :

     

    “Nos interea, ut Nostrae vestraeque preces supplicationesque facilius exaudiantur, utque singulare erga vos benevolentiae Nostrae praebeamus documentum, quemadmodum paucis ante annis universum hominum genus Immaculato Deiparae Virginis Cordi consecravimus, ita in praesens cunctos Russiarum populos eidem Immaculato Cordi peculiarissimo modo dedicamus ac consecramus

     

    • Fert Fert Fert
      Fert Fert Fert lien permanent
      novembre 17, 2014

      Cher Abenader,

      cette consécration ne devait-elle pas être faite en union avec tous les évêques du monde ?

       

      • Avatar
        Abenader lien permanent
        novembre 18, 2014

        En effet, à ce qu’il paraît, cher Fert au cube.

         

    • Cave Ne Cadas
      novembre 17, 2014

      Abenader vous avez tout faux…
       
      En mai 1952, la Sainte Vierge apparaît de nouveau à sœur Lucie, cette fois au carmel de Coïmbre, en lui disant :

      “Fais savoir au Saint-Père que j’attends toujours la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé. Sans cette consécration, la Russie ne pourra se convertir, ni le monde avoir la paix.”

      Le message fut communiqué à Pie XII en juin, et le 7 juillet 1952 le Pape publia la lettre apostolique Sacro vergente anno, consacrant la Russie au Cœur Immaculé ; mais cette consécration ne remplissait pas les conditions posées, puisque Pie XII ne faisait aucune allusion à la dévotion réparatrice des cinq premiers samedis du mois (*) et qui devait, elle aussi, contribuer à obtenir de Dieu le miracle de la conversion de la Russie ; mais surtout, il n’avait pas donné l’ordre à tous les évêques du monde catholique de s’unir à lui dans un acte public de réparation et de consécration.
      Sœur Lucie écrira à un correspondant :

      “…Je vous remercie également de la coupure de journal qui rapporte la consécration de la Russie. Je suis peinée qu’elle n’ait pas encore été faite comme Notre-Dame l’avait demandée. Patience !… Espérons que Notre-Dame, comme une bonne Mère, daignera l’accepter.”

       


       
      (*)

           « De la pratique de la dévotion des premiers samedis, unie à la Consécration (Nota : de la Russie) au Cœur Immaculé de Marie, dépend la guerre ou la paix du monde. C’est pourquoi, je désire tant leur diffusion, et surtout parce que c’est la volonté du bon Dieu et de notre Mère du Ciel ».
      Sœur Lucie, le 19 Mars 1939.

      Les réponses de l’Église catholique

      85 ans après la demande de Tuy et 75 ans après la réaffirmation, par Sœur Lucie, de la volonté du Ciel, quelle sont été les réponses que la Sainte Église catholique et romaine a apportées à ces deux demandes auxquelles il faut ajouter celle de la publication du “Troisième Secret”, à partir de 1960, car, ainsi, d’après Sœur Lucie, « ce sera plus clair » ?

      1. Concernant l’approbation de la dévotion réparatrice des premiers samedis de cinq mois consécutifs : Pie XI et ses [son] successeurs n’ont rien fait à ce jour. Cependant, Mgr Da Silva, Évêque de Leiria-Fatima l’a approuvée, le 13 Septembre 1939, “seulement dix jours après le début de cette horrible guerre qu’elle devait empêcher”. On peut estimer donc à 1 % l’état d’avancement de cette demande.

      2. Concernant la consécration de la seule Russie au Cœur Immaculé de Marie au cours d’un acte collégial, solennel, public, explicite et clair de réparation : Pie XII a consacré la seule Russie au Cœur Immaculé de Marie, le 7 Juillet 1952, dans sa lettre apostolique “Sacro Vergente Anno”. Mais il n’était pas entouré des Évêques. Toutes les autres consécrations faites concernaient le monde, avec mention plus ou moins voilée de la Russie (Nota : 31 Octobre et 8 Décembre 1942 / 21 Novembre 1964 / 7 Juin 1981 / 8 Décembre 1981 / 13 Mai 1982 / 16 Octobre 1983 / 24 et 25 Mars 1984 [faites par la secte conciliaire]). On peut donc estimer à 50 % l’état d’avancement de cette demande.

      3. Concernant la publication, à partir de 1960, du “Troisième Secret de Fatima” : Rien n’a été fait à ce jour. Bien au contraire, le 8 Février 1960, sous le “Pontificat” de Jean XXIII, un communiqué anonyme de l’Agence de presse portugaise A.N.I. (Agencia Nacional de Informaçao) a informé le monde qu’il ne serait pas divulgué. On peut donc estimer à 0 % l’état d’avancement de cette demande.

      Si l’on additionne ces trois états d’avancement, et si on en déduit le pourcentage correspondant, on peut hélas conclure que, 97 ans après, le message de Fatima a seulement été mis en œuvre à 17 %. D’où les plaintes successives de Notre Seigneur, en Août 1931, puis de sa Mère en 1957.
       
      Source : LES APPARITIONS À TUY
       

  4. charles
    charles lien permanent
    novembre 18, 2014

    17 % !!!!!!!!!!!!!!!!!!!…… Faudra-t-il alors s’étonner de ce terrible châtiment qui est l’aveuglement spirituel  des hommes d’Église et de l’éclipse de celle-ci par la défection complète de ses Pontifes après Pie XII ?

    Poser ce genre de question…c’est y répondre !!!
     

  5. Avatar
    Abenader lien permanent
    novembre 18, 2014

    D’accord Cave ne cadas. J’entends bien vos arguments. Mais que valent-ils réellement ?

     

    À Fatima, la Sainte Vierge demande la consécration et y met des conditions, puis elle dit qu’il y aura des problèmes, et enfin, le 13 juillet 1917, elle dit qu’à la fin, son Cœur immaculé triomphera, et que “le Saint Père me consacrera la Russie qui se convertira (…)”. Le Saint Père est nommé seul, sans plus mention de tous les Évêques du monde entier. Et c’est ce qui s’est passé.

     

    Ensuite, Pie XII a été élevè à l’épiscopat le jour même des apparitions de Fatima, a été témoin du miracle du soleil, et est à juste raison surnommé le Pape de Fatima.

     

    Il y a tellement de mystères autour de Fatima, tant de mains sataniques ont poissé les différents messages, on ne sait toujours pas ce qui est advenu de la véritable sœur Lucie… mais dans tout ces troubles, il reste un fait, et on ne peut le nier : Pie XII a consacré la Russie au Cœur immaculé de Marie.

     

    • Cave Ne Cadas
      Cave Ne Cadas lien permanent*
      novembre 18, 2014

      Abenader vous êtes TÊTU  
       
      …les fruits, quels sont les fruits ???
       
      “le Saint Père me consacrera la Russie qui se convertira” ?
       
      La Russie EST-ELLE convertie ?
       

      • Avatar
        Abenader lien permanent
        novembre 18, 2014

        “Abenader vous êtes TÊTU”

         

        Niveau têtu, vous êtes un maître pour moi.

         

        “…les fruits, quels sont les fruits ???”

         

        Chais pas… voyons ce qu’en dit un des posts : “On comprend pourquoi il y a actuellement une opposition pratiquement mondiale contre la Russie. La Contre-Église sait très bien que la Russie représente un danger incommensurable pour ses intérêts et fait tout ce qu’elle peut pour la maintenir dans un certain état de sujétion.”

         

        « le Saint Père me consacrera la Russie qui se convertira » ?

         

        La consécration n’a-t-elle pas été faite par le Saint Père Pie XII in Sacro vergento anno ?

        La Russie EST-ELLE convertie ?

         

        Peut-être est-elle en voie de ? Pourquoi sinon y a-t-il une opposition mondiale envers la Russie ?
         

        • Cave Ne Cadas
          novembre 18, 2014

          TÊTU, TÊTU, TÊTU…
           
          “Peut-être est-elle en voie de ? Pourquoi sinon y a-t-il une opposition mondiale envers la Russie ?”
           
          …en voie de… en voie de… (en voie de ?)… Avec la Très Sainte Vierge, il n’y a pas de “en voie de”

          C’est immédiat !

           
          C’est le signe des Miracles !

          “le Saint Père me consacrera la Russie qui se convertira”

          …pas demain ou après demain !
          …pas le temps que ça se fasse !
           

          Fiat !

           

  6. Avatar
    Abenader lien permanent
    novembre 18, 2014

    La Sainte Vierge n’y a-t-elle pas également dit qu’au Portugal se maintiendra le dogme de (la) foi ?

     

    Le Portugal a-t-il maintenu le dogme de (la) foi ?

    • Cave Ne Cadas
      Cave Ne Cadas lien permanent*
      novembre 18, 2014

      Abenader qui rit

      • Fert Fert Fert
        Fert Fert Fert lien permanent
        novembre 18, 2014

        Chers Cave Ne Cadas, LHR et les autres comment expliquer en effet que ce que la vierge a prophétise pour le Portugal ne se soit pas réalisé ? Le dogme de  foi ne s’est pas conservé  au Portugal !!! Moi j’ai mon idée, tout simplement que les prophéties sont conditionnelles. Peut-être est-ce la raison ?

        • Avatar
          Abenader lien permanent
          novembre 18, 2014

          C’est exactement ça, mon cher Fert au cube ! Les prophéties sont conditionnelles, voilà un bon argument, que je fais mien également.

           

        • Cave Ne Cadas
          novembre 18, 2014

          La meilleure approche sur la question de Fátima reste l’œuvre de Frère Michel de la Sainte Trinité, publiée en 3 volumes.
           

          Un secret en rapport avec la crise de la foi

           
          « La Très Sainte Vierge, explique Lucie, m’a fait comprendre que nous sommes dans les derniers temps du monde ».
          Et sœur Lucie d’ajouter :
          « Le démon est en train de livrer une bataille décisive avec la Vierge, et comme il sait ce qui offense le plus Dieu et qui en peu de temps lui fera gagner le plus grand nombre d’âmes, il fait tout pour gagner les âmes consacrées à Dieu, car de cette manière il laisse le champ des âmes désemparé, et ainsi il s’en empare plus facilement. »
           
          Dans son commentaire, Frère Michel apporte des précisions :
          « Pour elle, le mal n’est pas seulement dans le monde, « plongé dans les ténèbres de l’erreur, de l’immoralité et de l’orgueil ». Il est dans l’Église où le démon a ses sectateurs et ses partisans, qui agissent avec une énergie surhumaine. Il ne s’agit pas seulement de tiédeur ou de négligences pastorales, sœur Lucie laisse clairement entendre que c’est la foi elle-même qui est attaquée : elle parle de « fausses doctrines », de « désorientation diabolique », « d’aveuglement »… et cela, y compris chez ceux « qui ont de grandes responsabilités » dans l’Église et ont pour mission de guider les âmes des fidèles.
          La question se pose : la voyante oserait-elle employer des expressions aussi vigoureuses si elles n’étaient pas un simple écho des révélations reçues, un écho des prophéties du troisième secret ? »

           

          Un secret qu’il fallait absolument cacher

           
          En se focalisant sur le troisième secret, on oublie un peu vite que celui-ci s’insère dans un message global, dont les deux premiers ont été révélés, et dont il fait partie.
          On ne peut étudier le troisième secret sans tenir compte du contenu des deux premiers, car il y a une suite logique dans ces messages.
          Or les deux premiers secrets concernent déjà les châtiments humains : les deux premières guerres mondiales et le danger du communisme. Si le troisième secret avait concerné une autre guerre, pourquoi le cacher ?
           
          C’est pourquoi, Frère Michel, au terme de sa longue étude, en conclut que le troisième secret concerne plutôt la perte de la foi et la crise dans l’Église.
          Effectivement, sa divulgation en 1960, d’après la demande de la Vierge, donc sous le “pontificat” de Jean XXIII, aurait été « plus claire » selon les propos de Lucie, car à la veille du “concile” Vatican II ; concile qui, du coup, n’aurait peut-être pas eu lieu.
          D’où le refus du premier “pape” conciliaire de le divulguer. Et pour cause !
           
          Frère Michel a très bien résumé l’interconnexion des trois secrets :
          « Nous voyons dans le premier secret de Marie un appel urgent à la conversion, dans le second la réponse du Ciel à la révolution bolchevique et dans le troisième l’annonce prophétique de l’apostasie qui a précédé, accompagné et suivi la Réforme conciliaire. »
           
          D’où aussi le moyen très subtil employé pour justifier sa non-divulgation : faire croire qu’il contient des événements apocalyptiques qu’il vaut mieux éviter de révéler. C’est ce qu’ont fait notamment les cardinaux Ottaviani et Ratzinger, ainsi que Jean-Paul II, lors de vraies-fausses indiscrétions savamment distillées, et reprises par tous les ouvrages et articles dissertant sur ce thème.
          D’où l’appréciation de Frère Michel : « Leur but évident était de fixer l’imagination des lecteurs sur l’annonce de terribles châtiments matériels, guerres ou cataclysmes effroyables, pour leur faire oublier l’essentiel, qu’ils avaient parfois laissé deviner dans des déclarations antérieures : il s’agit avant tout des périls qui menacent la foi. »
           

          Le texte des trois secrets

           
          Voici donc l’ensemble du message de la Sainte Vierge à Fatima :
           

          « Vous avez vu l’enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs.
          Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé.

          Si l’on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d’âmes se sauveront et l’on aura la paix. La guerre va finir. Mais si l’on ne cesse d’offenser Dieu, sous le règne de Pie XI, en commencera une autre pire.

          Quand vous verrez une nuit illuminée par une lumière inconnue, sachez que c’est le grand signe que Dieu vous donne qu’il va punir le monde de ses crimes, par le moyen de la guerre, de la famine et des persécutions contre l’Église et le Saint-Père.

          Pour empêcher cela, je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis du mois.

          Si l’on écoute mes demandes, la Russie se convertira et l’on aura la paix. Sinon elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties.

          Au Portugal se conservera toujours le dogme de la foi.

          [ici le texte du troisième secret]

          À la fin mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira, et il sera donné au monde un certain temps de paix. »

          Et voici le contenu du troisième secret reconstitué par Frère Michel, à insérer ci-dessus :
           
          « Tandis qu’au Portugal se conservera toujours le dogme de la foi, dans bien des nations, peut-être dans le monde presque entier, la foi se perdra.
          Les pasteurs de l’Église manqueront gravement aux devoirs de leurs charges. Par leur faute, les âmes consacrées et les fidèles en grand nombre se laisseront séduire par des erreurs pernicieuses partout répandues.
          Ce sera le temps du combat décisif entre la Vierge et le démon. Une vague de désorientation diabolique déferlera sur le monde.
          Satan s’introduira jusqu’au plus haut sommet de l’Église. Il aveuglera les esprits, il endurcira le cœur des pasteurs. Car Dieu les aura livrés à eux-mêmes en châtiment de leur refus d’obéir aux demandes du Cœur Immaculé de Marie.
          Ce sera la grande apostasie annoncée pour les derniers temps, le
          Faux agneau, Faux prophète, trahissant l’Église au profit de la bête, selon la prophétie de l’Apocalypse. »

           
          Peut-être que le message indique aussi la nature des grands châtiments qui menacent l’humanité, mais ce n’est pas certain, puisque, on le sait, le message se termine par « À la fin mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira, et il sera donné au monde un certain temps de paix. »
           
          Or, jusqu’à la première phrase du 3ème secret (Au Portugal se conservera toujours le dogme de la foi), tout s’est déjà accompli (seconde guerre mondiale, expansion du communisme et son corollaire : la disparition de certaines nations, persécutions contre l’Église). Il restait donc à voir se réaliser à partir de 1960 car « là ce sera plus clair » selon sœur Lucie, la troisième partie.
           
          S’il s’agit bien de l’apostasie dans l’Église (Conciliaire ???) et du grand combat entre Satan et le Ciel, on peut effectivement affirmer aujourd’hui que la Sainte Vierge ne s’est pas trompée.
          Reste à élucider ce qui se passe à la fin.

           


           
          Ce que nous connaissons de la “Troisième Partie du Secret”, c’est qu’au Portugal sera toujours conservé le dogme de la foi. C’est-à-dire la Foi Catholique. Nous avons alors un message prophétique à propos de la conservation de la Foi Catholique au Portugal.
          C’est pourquoi il semble que la petite phrase : « Au Portugal … », ne s’est pas accomplie. Elle est future…
           
          Un jour le Pape, Successeur de Saint Pierre, se lèvera comme Vicaire du Christ et dira avec clarté que tous ceux qui veulent appartenir à l’Église, au Corps Mystique de Christ, doivent croire dans tous les Dogmes de Foi, comme ils ont été toujours enseignés par le Magistère Infaillible de l’Église et accepter également la Morale de ce Magistère. Ce même Pape restaurera la Liturgie Ancienne de l’Église de la Messe et des Sacrements…
           
          Et seulement un Pays, le Portugal, suivra le Pape, parce que tous les autres se sépareront ??? …mais ça ne cadre pas car le Grand Pape et le Grand Monarque sont liés !
           

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            Abenader lien permanent
            novembre 19, 2014

            Cher ami, merci pour ces informations.

             

            Je suis heureux de voir que le Cave ne s’est pas rebiffé !

             

  7. Avatar
    Charles Henri Adolf Olivier de l'Abbaye du Chêne lien permanent
    novembre 18, 2014

    Au vu de tout ceci il n’est pas inutile de préciser le Cœur Douloureux et Immaculé de Marie, le douloureux n’étant pas de trop !!

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